
Association et forum Francophone créés le 8 avril 2009 avec Comité de Lecture. Ici, les terres de l’imaginaire sont foulées par des écrivains en herbe, en devenir ! Ici, la langue française parle le fantastique ! Ici ! Votre œuvre sera lue, évaluée. |
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| | Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. | |
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olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Jeu 1 Sep 2011 - 12:16 | |
| Le comité se prononcera pour la lecture entière de ton manuscrit au plus tard le 3 septembre avant minuit, pour donner sa décision de continuer sa lecture sur l’entièreté du récit ou de ne pas poursuivre au-delà de ce qu’il vient de lire. Extrait du règlement :Le comité peut ne s’astreindre qu’à une lecture du début du manuscrit présent sur le forum (avec un maximum de 50 pages) dans le cas ou plus de 3/4 de ses membres trouvent celui-ci pas suffisamment abouti. Une rubrique dans le forum leur est réservée pour en débattre. Dans ce cas, les commentaires des membres se feront directement dans la rubrique commentaire du texte soumis et le tableau d'évaluation ne sera pas utilisé.Encore quelques jours d'attente, mais déjà un grand bravo pour avoir porté à terme ce projet. Merci Cécile, pour ton activité sur RdF pendant que le comité s'attardait sur ton manuscrit. Amicalement Olivier. 
Dernière édition par olivier.lusetti le Dim 26 Fév 2012 - 18:12, édité 2 fois |
|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Sam 3 Sep 2011 - 22:51 | |
| Bonjour, chère Cécile. Ton manuscrit malgré son fort potentiel n’a pas suffisamment convaincu le comité dans son ensemble pour le lire entièrement. Nous pensons que dans l’état il serait au final refusé, car il possède trop de lacunes à combler. Nous croyons sincèrement que ton histoire mérite une nouvelle présentation. Dans l’espoir que nos remarques t’aideront, voici les commentaires des membres du comité sur les cinquante premières pages. Amicalement au nom de tout le comité. Olivier.
P.-S. Un sujet dans la rubrique actualité t’est dédié afin que tu puisses donner ton avis sur les commentaires du comité.
Dernière édition par olivier.lusetti le Sam 3 Sep 2011 - 23:14, édité 1 fois |
|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Sam 3 Sep 2011 - 22:52 | |
| Commentaires du membre A : Akram.
Bonjour Cécile.
Suite à la soumission de ton roman "Neven, le visage de la mort" à l'Antichambre du Comité de lecture de RdF, j'ai lu le prologue et les trois chapitres que tu as posté. J'ai hélas le regret de t'informer qu'à mon sens, ton roman manque de maturité pour obtenir mon approbation. Je ne désapprouve pas pour autant ton évaluation par le Comité de lecture, mais préfère donner un avis neutre. Afin que tu puisses comprendre les raisons de mon choix, je te livre mon avis concernant le début de ton projet, avis qui se veut bien entendu personnel mais le plus objectif possible.
Mais avant cela, je tiens à t'informer que ton style, bien qu'agréable à lire, n'est pas abouti. Au fil de ma lecture, je n'ai pu que constater un manque certain de travail sur la forme : fautes d'orthographe (dont l'absence des tirets de liaison requis pour certains mots) et de ponctuation (règle de dialogue non respectée, espaces insécables manquantes), mauvaise concordance des temps (emploi du présent dans un texte au passé), répétitions. Des lourdeurs qui ne peuvent qu'entacher ton style qui se lit bien, mais exige à l'évidence d'être corrigé et travaillé.
Prologue : Le récit s'ouvre sur une veillée où hommes et enfants écoutent avec attention les fables contées par le doyen de l'assemblée, fables qui ont pour thème l'Ankou, le serviteur de la Mort. Ainsi, ce prologue remplit à mon sens son rôle premier en exposant un fait antérieur, mais intimement lié à la trame du roman. Par le biais de ces histoires qui mettent en scène l'Ankou, il s'avère donc évident que le récit va s'articuler autour de cet être mystérieux qui semble fasciner les personnages présents, et ce malgré quelques divergences d'opinion entre le doyen et un autre vieillard. Dès lors, tu présentes par le biais de ces fables empruntées à des auteurs réels, tel Anatole Le Braz, un portrait ambigu de l'Ankou, ce qui a le mérite de familiariser les lecteurs avec cette icône macabre du folklore breton. Et bien que j'éprouve un sentiment mitigé quant à ces extraits — non pas sur leur intérêt, mais plutôt sur le procédé en lui-même avec lequel je ne suis pas habitué —, je reconnais volontiers qu'ils contribuent à donner le ton et à immerger les lecteurs dans un univers qui s'annonce funèbre comme l'atteste la fin de cette introduction : "Deux jours après, le doyen n'était plus". Quoi qu'il en soit, ton texte se lit bien. Les descriptions que tu livres me sont apparues courtes, mais satisfaisantes, puisque tu mets les sens à contribution et n'oublie pas de faire interagir les personnages avec le décor. Néanmoins, et même si le statut de tes personnages est clairement établi, j'ai trouvé dommage que tu ne t'attardes à aucun moment sur leurs psychés, et en particulier sur les sentiments de Neven à l'égard de ces fables. Car comme le laisse présager la fin du prologue, il va être le protagoniste de ton récit. Tu manques ainsi le moyen de brosser son portrait, lui qui pourtant s'impatientait d'être en âge afin de participer comme son frère aîné à cette veillée et qui entend a priori pour la première fois ces histoires sur l'Ankou. Un autre point qui m'a fortement gêné : la transition entre la narration de la troisième personne du singulier à la première qui s'avère mal amenée. J'ai toutefois appris qu'il s'agissait d'une mauvaise mise en page sur le forum, aussi ne t'en tiendrai-je pas rigueur.
Chapitre un : Sept ans se sont écoulés depuis que Neven a entendu les fables sur l'Ankou, et c'est donc la veille de son anniversaire qu'il fait l'expérience de quelques événements inhabituels, sinon fâcheux, qui viendront briser la routine de son quotidien jusqu'à bouleverser à jamais son existence. Dans l'ensemble, ce premier chapitre use d'un schéma narratif traditionnel et éculé : introduction où la vie journalière du protagoniste est mise en avant, suivie de l'événement déclencheur qui va lancer l'intrigue. Néanmoins, l'incident que tu relates dès l'ouverture te permet somme toute de t'en distinguer en créant du suspense, suspense que tu parviens à entretenir tout au long du chapitre grâce aux réactions cohérentes du narrateur à l'égard de la situation à laquelle il fait face. Dès lors s'entremêlent ce procédé classique et la technique actuelle de l'in media res, mais en plus atténué toutefois, ce qui a l'avantage de susciter la curiosité des lecteurs en les amenant à s'interroger aux côtés de ton protagoniste quant à ce qui se passe dans le pressoir à la nuit tombée. En parallèle, tu prends le temps de présenter ton protagoniste, ses occupations journalières en cette période de vacances, ainsi que son entourage, mais sans réellement approfondir leurs personnalités. Dès lors, les lecteurs en apprennent sur le passé de Neven, devenu orphelin comme son frère qui à sa majorité devient son tuteur, mais aussi qu'il travaille dans la carrière des environs. Ses pensées et sentiments transparaissent convenablement, bien qu'un tant soit peu succincts : de sa crainte de cet orage qui s'abat sur la région à la déception de savoir que son frère ne pourra être là le soir de son anniversaire, sans omettre sa peur panique face à sa destinée. Quant aux descriptions, elles se révèlent suffisamment éloquentes, mettent à contribution les différents sens pour offrir à ton lectorat les informations dont il a besoin afin de s'imprégner des scènes que tu décris. Bref, ce premier chapitre s'avère agréable à suivre. Toutefois, quelques maladresses apparaissent sur la fin lorsque le récit se veut plus haletant. En premier lieu, j'ai trouvé peu convaincant le fait que Neven associe d'emblée l'inconnu à la faux qui se tient sur le perron de sa demeure lorsqu'il tente de rentrer chez lui à l'Ankou. En effet, il est clairement indiqué dans les dernières lignes du prologue "Et à aucun moment ces légendes ne ressurgirent de sa mémoire". Alors comment ton protagoniste en arrive-t-il à cette conclusion ? N'aurait-il pas plutôt été logique, d'autant plus à l'époque contemporaine où se déroule ton récit, qu'il craigne d'avoir croisé un criminel ou un fou dangereux ? Surtout que cette impression aurait été confortée par sa certitude première que des vagabonds avaient investi l'ancien pressoir. Ensuite, il m'a aussi semblé peu cohérent que le frère de Neven se réveille en pleine nuit, lui qui n'avait pas été réveillé par le déluge qui s'était abattu la veille, pour aller à la recherche de son frère, non sans ameuter le voisinage.
Chapitre deux : Neven apprend dans ce chapitre qu'il est voué à incarner l'Ankou durant une année, car étant le dernier trépassé de celle en cours, et se retrouve dans un espace-temps entre deux univers où il fera la rencontre de Briac et du Meneu qui vont lui enseigner ce dont il a besoin de savoir pour remplir sa tâche. Ainsi, tu bouscules les lecteurs en passant d'un registre légèrement fantastique à de la fantasy plus marquée, ce qui n'est pas désagréable, loin s'en faut. La transition opérée avec le décès de Neven est intéressante, puisqu'il espère retrouver sa mère qu'il n'a jamais connue pour au bout du compte se retrouver au pied du mur, coincé dans un univers calqué sur la réalité, mais néanmoins surnaturel. Les descriptions que tu livres ici sont nettement plus abouties que dans le chapitre précédent, sans doute car tu n'as pas jugé nécessaire de trop t'attarder sur l'environnement du monde réel où vivait Neven qui s'avère commun à tout un chacun. Quoi qu'il en soit, le décor tant intérieur qu'extérieur est amplement dépeint, permettant aux lecteurs de visualiser sans peine les lieux où le narrateur se retrouve. Dommage que cet entre deux mondes ne soit pas plus exotique, cela aurait contribué à créer davantage de dépaysement, mais il ne s'agit là que d'un avis subjectif. Quant à ton protagoniste, ses émotions transparaissent bien tout au long du récit, mais toujours de manière succincte, d'abord par l'espoir de retrouver sa mère dans l'Au-delà, puis par son déconcertement lorsqu'il se réveille dans cette maison qui lui est inconnue, son refus d'endosser le rôle de l'Ankou, et évidemment son acceptation. Et à ce propos, les lecteurs peuvent comprendre que Neven est un jeune homme bienveillant car s'il se résout à devenir le pourvoyeur de la faucheuse, c'est en partie pour s'opposer à Erell, une elfe noir au service "d'Eurasie, démon prince de la mort". L'intrigue s'avère donc lancée : Neven deviendra l'Ankou pour une année et devra combattre les forces du Mal. Et justement, cela annonce une trame manichéenne. Espérons que tu parviennes à outrepasser ce poncif, ce dont je verrai peut-être ultérieurement. Pour l'heure, j'ai noté deux éléments qui m'ont laissé dubitatif. D'une part, tu indiques que Neven doit devenir l'Ankou car il est le dernier mort de l'année au sein du canton. Cela voudrait-il dire que l'Ankou, avatar de la Mort, n'exerce sa fonction que dans cette subdivision territoriale alors qu'il est issu du folklore breton, donc d'une région entière ? D'autre part, et de manière plus anodine, tu écris que le Meneu range son couteau qu'il vient d'affûter dans son pantalon. Il aurait plus logique qu'il le mette en travers de sa ceinture, voire dans une gaine. En outre, j'ai été étonné que là où tu parviens à offrir des descriptions détaillées de l'environnement de Neven, tu n'en fasses aucune des personnages secondaires de ton histoire. Pourtant, cela contribuerait, à l'instar de leurs psychés qui notamment émergent tout juste pour le Meneu et Briac tandis que celle du narrateur s'avère plus concrète, à les personnifier.
Chapitre trois : Dans ce troisième chapitre, Neven poursuit tant sa découverte de la demeure qui lui servira dorénavant de havre que de sa nouvelle fonction et fera lors de son initiation la rencontre d'Erell, celle qui lui a été désignée comme son ennemie, avant de céder à sa curiosité en allant épier son frère. Ton protagoniste suit donc une série d'épreuves, de l'ingestion d'un breuvage qu'il a commencé à boire lors du chapitre précédent à sa chute de la falaise, en passant par son retour dans le monde des vivants pour y recevoir les souvenirs des anciens Ankous et y affronter indirectement l'elfe noir. Il endosse pour se faire l'apparence de l'Ankou et s'arme de sa faux en argent, épaulé par le Meneu qui commande aux loups et Briac, tous deux capables d'employer l'intégralité des passages accédant à la réalité. Ainsi, tes personnages secondaires acquièrent davantage de substance grâce à ses simples informations, mais demeurent néanmoins nébuleux, ressemblant pour l'heure à un miroir aux images inversées, le premier jovial et à même d'aider Neven là où le second se montre bourru et préfère éviter tout attachement. Quant à l'ambiance, elle est construite non plus sur l'environnement de Neven, mais sur sa funeste besogne. Tu livres de ce fait une description tant de son apparence que de ses attributs qui contribue à rappeler aux lecteurs, après un second chapitre surréaliste, le caractère macabre de son rôle : Neven est l'Ankou, l'effroyable pourvoyeur de la Mort. Et le passage où il rencontre ses prédécesseurs le rappelle tout aussi bien par le biais de leurs esprits qui viennent lui apporter leur savoir. L'idée principale de ton roman se révèle donc attrayante, cela est indéniable, pourtant, elle se dirige inexorablement vers un schéma on ne peut plus classique. Pourquoi classique ? Tout simplement parce que outre le caractère manichéen qui pointe comme je l'ai indiqué plus haut, la trame prend un virage bien trop caractéristique : celle du jeune héros qui doit tout apprendre, mais qui n'en est pas moins dénué d'un fort potentiel, pour faire face à sa destinée. Dès lors, les lecteurs ne peuvent qu'attendre de ton récit qu'un simple roman d'aventure sans introspection ni questionnement sur la vie et la mort. Et cela, pour un roman qui traite de l'Ankou, se révèle dommage car à mon sens, tu sembles vouloir éluder des facettes bien plus complexes et intéressantes que ce sujet devrait soulever. Mais peut-être que j'anticipe ce qu'il n'y a pas lieu d'être, pourtant rien ne me permet d'affirmer le contraire. Et c'est bien cela qui me gêne.
Pour conclure, ton roman présente une idée principale dont le fort potentiel n'est qu'à peine effleuré. La narration à la première personne manque également de consistance, d'immersion dans la psyché de Neven malgré les sentiments et questionnements succincts que tu livres aux lecteurs, mais qui auraient sans doute nécessité d'être plus immersifs, plus approfondis. Ce qui est regrettable, d'autant qu'il manque peu pour s'y attacher. Quant aux personnages secondaires, ils se révèlent sans réelle profondeur : les lecteurs s'y habituent, mais ne peuvent se familiariser avec eux. Seules les descriptions s'avèrent travaillées, surtout celles du chapitre deux qui présentent l'entre deux mondes, mais tu ne t'y attèles qu'à partir dudit chapitre, ce qui tranche quelque peu avec le prologue et le premier chapitre où elles se montrent plus sommaires.
J'espère que mes impressions te seront utiles.
Cordialement.
Akram.
Dernière édition par olivier.lusetti le Mar 6 Sep 2011 - 2:06, édité 2 fois |
|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Sam 3 Sep 2011 - 22:54 | |
| Commentaire membre B : Olivier. Bonjour, chère Cécile, après la lecture des cinquante premières pages je tenais d’abord à te féliciter pour avoir trouvé un sujet fascinant : l’Ankou ! Quoi de plus passionnant que ce personnage revenant souvent dans la tradition orale et les contes bretons, l'Ankou (an Ankoù) qui est la personnification de la Mort en Basse-Bretagne. La mort, ce sujet qui fascine l’homme depuis l’aube des temps. Extrait : Mircea Eliade : Histoire des croyances et des idées religieuses tome 1 p19 : « À partir du Moustérien (~ 70.000-50.000), on peut parler avec certitude de sépultures. Mais on a trouvé des crânes et des mandibules inférieures dans des sites beaucoup plus anciens, par exemple à Chou-Kou-tien (à un niveau datable ~ 400.000-300.00) et leur présence a posé des problèmes. Puisqu’il ne s’agit pas de sépultures, la conservation de ces crânes pouvait s’expliquer par des raisons religieuses. » Méconnaissant cette légende de l’Ankou j’ai fureté sur un moteur de recherche et j’ai découvert ce qui suit à l’adresse suivante : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ankou L'Ankou semble être un héritage de la mythologie celtique, et plus précisément du Dieu-père dont la fonction est la perpétuation des cycles vitaux, comme la naissance et la mort, les saisons ou le cycle jour nuit. Bien qu'on lui attribue désormais la faux ou la pique, son arme canonique est le mell benniget ([br] maillet béni). Tout indique sa proximité avec le dieu gaulois Sucellos et le dieu irlandais Eochaid Ollathair, ou Dagda, qui tuent et donnent la vie avec leur arme, maillet ou massue. L'Ankou est une figure panbrittonique de cette fonction, et est appelé Anghau au Pays de Galles et Ancow en Cornouailles. Sa fonction a par la suite été réduite à la seule Mort[2].
Il ne représente pas la Mort en elle-même, mais son serviteur : son rôle est de collecter dans sa charrette grinçante (karr an Ankoù, karrigell an Ankoù, karrik an Ankoù) les âmes des défunts récents. Remplissant ainsi un rôle de "passeur d'âmes", l'Ankou est à considérer comme une entité psychopompe. Lorsqu'un vivant entend le bruit de la charrette (wig ha wag !), c'est qu'il (ou selon une autre version, quelqu'un de son entourage) ne va pas tarder à passer de vie à trépas. On dit aussi que celui qui aperçoit l'Ankou meurt dans l'année.
Voici comment le décrit Anatole Le Braz dans son recueil de légendes La Légende de la Mort :
« L'Ankou est l'ouvrier de la mort (oberour ar maro). Le dernier mort de l'année, dans chaque paroisse, devient l'Ankou de cette paroisse pour l'année suivante. Quand il y a eu, dans l'année, plus de décès que d'habitude, on dit en parlant de l'Ankou en fonction :
- War ma fé, heman zo eun Anko drouk. (Sur ma foi, celui-ci est un Ankou méchant.)
On dépeint l'Ankou, tantôt comme un homme très grand et très maigre, les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d'un large feutre; tantôt sous la forme d'un squelette drapé d'un linceul, et dont la tête vire sans cesse au haut de la colonne vertébrale, ainsi qu'une girouette autour de sa tige de fer, afin qu'il puisse embrasser d'un seul coup d'oeil toute la région qu'il a mission de parcourir.
Dans l'un et l'autre cas, il tient à la main une faux. Celle-ci diffère des faux ordinaires, en ce qu'elle a le tranchant tourné en dehors. Aussi l'Ankou ne la ramène-t-il pas à lui, quand il fauche ; contrairement à ce que font les faucheurs de foin et les moissonneurs de blé, il la lance en avant. »
Ainsi l'Ankou est un être mouvant, un relais que se passent chaque année les derniers défunts de décembre. Graphiquement il est représenté comme un être sans âge, d'aspect non distinct puisque couvert par une cape, souvent noire (ou d'un linceul). Contrairement aux représentations squelettiques de la Mort, l'Ankou est la plupart du temps représenté comme un être de chair, puisqu'il a été homme un jour. Cependant, les figurations sculptées de l'Ankou de certaines églises (La Martyre) le présentent en squelette aux orbites creuses, armé d'une flèche ou d'une faux.Toute cette introduction pour te dire que ton sujet fascine, car la mort est sans doute le plus grand mystère de la vie, mais qu’il a déjà fait couler beaucoup d’encre. Et que le personnage de l’Ankou figure dans L'encyclopédie du merveilleux, T3 : Des peuples de l'ombre, Édouard Brasey, Le Pré aux Clercs, 2006.Donc ton manuscrit ne peut se contenter de présenter ce personnage, pour tenir debout. Il doit comme tout bon roman s’appuyer sur un style agréable, une histoire haletante, des personnages attachants et à force de peindre un univers personnel, atteindre l’originalité. Pour ma part, je trouve ton écriture simple et efficace. Elle se lit sans déplaisir, mais aussi sans force, ni éclat. Comme dans la plupart des romans contemporains de Fantasy, me diras-tu. Ce qui est vrai, mais ce n’est pas une raison non plus, pour ne pas faire mieux. Cependant, ton texte est aussi empli de fautes : orthographe, grammaire et autres. Tu utilises parfois des mots dans une mauvaise signification. Et les rares images que tu utilises sont souvent curieuses. Voici quelques fautes, Extrait : | Citation: | | Entre ces deux dates, il pris le temps de recueillir, jusque dans les entrailles de la Bretagne profonde, des dizaines de discours mémorisés par les uns ou par les autres. |
Remarque : Prit s’accorde en personne avec il (apparemment mis pour Anatole).
Extrait :
| Citation: | | Du moins, c’était-ce qu’il pensait. |
Remarque : Le trait d’union n’est pas requis ici. L’adverbe exclamatif ce que (« que [exclamatif] ») constitue une expression familière.
Extrait :
| Citation: | | la charrette se remit en marche, grinçant tout autant qu’avant, mais roulant. |
Remarque : Grinçante et marche doivent être du même genre et du même nombre.
Extrait :
| Citation: | | Après deux semaines d’attente voués à nous même au sein d’un orphelinat, mon frère et moi n’eûmes pas d’autres choix que de suivre cette grande femme rousse qui était venue nous chercher, et qui trois heures plus tard nous séparait l’un de l’autre. |
Remarque : Vouées et semaines doivent être du même genre et du même nombre.
Extrait :
| Citation: | | Une tâche difficile que je m’efforçais d’aimer, alors que dans le village certains passaient leurs journées à rire et à discuter autour de plusieurs chopes de bières. |
Remarque : Bière doit être au singulier dans cette expression avec chopes. L’intérieur chaleureux nous accueille dans un bruit de chaises et de chopes de bière.
Extrait :
| Citation: | | J’ai remis en route l’électricité. Sans doute une panne cette nuit. Passe une bonne journée et surtout repose toi bien. Si tu croises Yvan, invite le à venir passer la soirée avec nous. |
Remarque : Il manque le trait d’union. Je ne relève pas tous les traits d’union manquants, car ils sont nombreux sans doute le résultat d’un problème de mise en page.
Extrait :
| Citation: | | Yvan, un de nos rares voisins, devait approcher les quatre vingt ans, mais restait d’une jeunesse exemplaire, autant physiquement que mentalement. |
Remarque : Vingts doit être ici pluriel, car il est multiplié par quatre et il termine le nombre. Le trait d’union est requis puisque vingts et le nombre qui le précède sont tous les deux inférieurs à cent.
Extrait :
| Citation: | | On pouvait presque dire qu’il nous avait vu naître, mon frère et moi. |
Remarque : Vus doit s’accorder avec son COD, nous, puisqu’il est bien le sujet sous-entendu (celui qui fait l’action) de naître.
Extrait :
| Citation: | | Il était vrai qu’il aurait suffit de peu pour que je me retrouve enseveli sous toutes ces vieilles pierres. |
Remarque : Ne pas confondre la forme verbale suffit et le participe passé suffi.
Extrait :
| Citation: | | Cette cabane n’a pas été ouverte depuis belles lurettes. |
Remarque : Adverbe donc invariable. ◆(Depuis) longtemps. Il y a belle lurette que je ne l’ai pas vu. Elle est partie depuis belle lurette.
Extrait :
| Citation: | | En ouvrant le couvercle, un chapeau de feutre noir m’apparût. |
Remarque : L’indicatif est requis plutôt que le subjonctif.
Extrait :
| Citation: | | Je n’y aurai pas vu d’inconvénients s’ils ne faisaient pas autant de dégâts dans la région |
Remarque : Employé dans cette construction, le verbe doit être au conditionnel.
Extrait :
| Citation: | | Il avait sur le nez de minuscules petites lunettes rondes, les verres pas plus gros que des pièces de monnaie de un Euro. |
Remarque : Dans l’écriture d’un montant d’argent, euro doit s’écrire avec une minuscule.
Extrait :
| Citation: | | car je me rappelai de cette créature et la reconnus. |
Remarque : L’expression se rappeler de qqch. est une impropriété. On écrit plutôt se rappeler qqch. ou se souvenir de qqch.
Et dès le début du chapitre deux
Extrait :
| Citation: | | Ce galbe se rapportait plus à celui d’un homme, habillé d’un long manteau noir, une capuche baissée sur sa tête penchée en avant, et une faux à la main ! Encore lui ! Cela ne lui suffisait pas d’avoir causé ma mort, il fallait en plus qu’il me poursuive outre tombe ! |
Remarque : Le mot galbe ne correspond pas. ◆Contour, profil harmonieux, plus ou moins arrondi d’un objet ou d’une partie du corps. Le galbe d’un vase. Le galbe des hanches, d’une jambe. Il manque le trait d’union pour outre-tombe.
Voici une liste de phrases, souvent imagées, plutôt curieuses glanées entre le prologue et le chapitre 1.
| Citation: | | Une voix plus haute que les autres surplomba le groupe. |
| Citation: | | mais la peur que la maison se noie sous toute cette eau qui tombait du ciel. | .
| Citation: | | Un métier payé peu, mais un métier quand même. |
| Citation: | | La journée passa à nettoyer un peu la maison, à laver le linge. | .
| Citation: | | Je m’autorisai un peu de repos en début d’après midi et parcourus le journal quotidien qui m’avait été livré dans mon lit. |
| Citation: | | La fatigue tombait et il était temps d’aller nous coucher. |
| Citation: | | Ce n’était pas le moment de laisser prendre un incendie. |
| Citation: | | Les hululements d’une tempête approchante se laissaient entendre. |
| Citation: | | Un tas d’anciennes bouteilles vides traînait par terre, recouvert de poussière au moins tricentenaire. Mais j’avais beau balayer l’endroit du regard, je ne voyais pas de traces d’hommes… |
| Citation: | | Soudain, j’entendis au loin un hurlement qui me glaça le sang encore plus qu’il ne l’était déjà. |
| Citation: | | Seule sa voix résonna jusqu’à moi, dans la trêve que nous offrait la tempête, fuyante devant lui, puis en l’espace d’un temps que je ne pus compter, il passa derrière moi et me murmura juste à l’oreille. |
| Citation: | | Je courus aussi vite que mes jambes l’acceptaient. |
| Citation: | | me brûlant et griffant au contact des orties et des ronces dont je troublais la tranquillité. |
À partir du chapitre deux, le héros Neven se trouve entre deux mondes. Il est mort, mais son rôle étant de remplacer l’Ankou il ne peut pas aller vers la Lumière que l'auteure définit comme une sorte de paradis. Ici, j’ai particulièrement tiqué sur le nombre de phrases faisant référence au physique alors que Neven mort est devenu esprit. Un esprit qui peut s’incarner d’accord, mais un esprit surtout.
Extraits :
| Citation: | | qui glissa instantanément de mes doigts. |
| Citation: | | Un souffle chaud me caressait le visage, |
| Citation: | | Je n’en croyais pas mes oreilles. |
| Citation: | | Je commençai à tourner en rond comme un lion en cage. |
| Citation: | | ma déception prenait un goût amer. |
| Citation: | | Mais voilà, j’étais censé être mort, ce qui était loin de me faire sourire. |
| Citation: | | Il resta à me regarder, les yeux grands ouverts et la bouche béante. |
| Citation: | | Chez moi. Une foule d’autres questions s’accumulèrent sur le bord de mes lèvres. |
| Citation: | | Je sentais un air chaud s’engouffrer dans mon manteau. |
Je terminerai par cette phrase qui ouvre le chapitre trois :
Extrait :
| Citation: | | J’ignorais que les morts pouvaient dormir, c’est pourtant ce que je fis jusqu’au petit matin |
Toutes ces impressions physiques ! on ne s’en sort pas. On ne ressent absolument pas le monde spirituel.
Je vais maintenant parler de la construction du roman.
Le prologue ouvre sur une veillée ou un vieux raconte des histoires sur L’Ankou.
Extrait :
| Citation: | | Ce soir-là, ils se retrouvaient près d’une quinzaine. Le plus jeune venait de fêter ses dix ans, l’âge minimum pour rester écouter les légendes du pays breton contées par les plus anciens. Le doyen, qui approchait de ses quatre-vingt-trois ans, raffolait particulièrement de toutes ces fables, et les transmettre à la prochaine génération lui donnait l’exquis sentiment de se sentir vivre. |
Neven le héros est là qui écoute :
Extrait :
| Citation: | | Le jeune garçon nommé Neven, tout juste âgé de sa dixième année, jeta un regard à son père assis en tailleur à ses côtés. |
Le doyen commence à raconter les fables :
Extrait :
| Citation: | | — Je souhaite commencer la soirée par l’histoire du « Char de la mort » ( Conté par Françoise Omnès de Bégard, et recueilli par Anatole Le Braz) : |
Les histoires s’écoutent et expliquent que l’Ankou vient chercher ceux qui vont mourir. Le voir signifie que l’on mourra bientôt. À part les écouter, on ne ressent en aucune manière l’influence de ces histoires sur Neven. Elles sont un prétexte pour accepter l’idée de l’Ankou.
Dans le chapitre 1, l’auteur passe à la première personne, et nous retrouvons Neven plus âgé.
Extrait :
| Citation: | | À présent, j’en aurai dix-sept dans deux jours, lors du solstice d’hiver, le vingt et un décembre. |
Le choix de l’auteur de passer à une narration à la première personne est voulu pour nous plonger plus facilement dans la psyché de Neven. Il aurait pu compléter la démarche et écrire au présent, mais tel n’est pas son cas. Mais ce choix idéal pour nous familiariser, nous immerger plus rapidement avec le héros, ce procédé ne peut se suffire à lui-même. Il faut nous amener à nous intéresser à ce protagoniste inconnu, nous le rendre digne d’intérêt, par ses qualités, ses actions, ces choix difficiles, ses problèmes, son mal de vivre, un pouvoir qui sommeille en lui, le mettre dans une situation compliquée, que sais-je encore. Ou bien tout simplement en nous le montrant vivre sa vie de tous les jours étalés sur plusieurs semaines, pour nous accoutumer à son univers. Rien, ici, de tout cela. La narration coule sans le moindre torrent. Quelques informations sur la mort de ses parents, et le fait qu’il vit avec son frère dans la maison familiale. Sauf de dire, qu’il pleut et que le double battant d’ordinaire fermé de la vieille bâtisse délabrée dressait en face de sa maison, lui semblait la nuit étrangement ouvert.
Je trouve pour ma part que l’auteur ne décrit que fort peu, cela nuit à l’immersion.
Extrait décrivant le héros :
| Citation: | | En passant devant le miroir accroché près de la porte d’entrée, je jetai un regard désinvolte au reflet qu’il me renvoyait. Mes cheveux bruns en bataille retombaient sur mon front de façon nonchalante et mes yeux noirs encore embués de sommeil traduisaient bien la fatigue que je pouvais ressentir. Je me passai les mains sur les joues pour leur redonner un peu de couleur |
C’est plutôt mince.
À la fin du chapitre il entendra du bruit, il sortira, il verra dans la veille bâtisse, l’Ankou accompagné de ses deux acolytes et d’une horde loups. Neven prendra la fuite, mais :
Extrait :
| Citation: | | Tout à coup, je me pris les pieds dans les racines d’un des arbres qui peuplaient le cœur de la forêt, et je ressentis une douleur intense à la tête. |
Ici, je trouve dommage que l’apparition de l’Ankou soit directement responsable de sa mort. Qui n’aurait pas fui devant une telle apparition ?
Chapitre 2 :
Le héros meurt et se retrouve dans l’au-delà. Et nous abordons le chapitre le plus intéressant, le chapitre deux où vont se télescoper beaucoup de croyances, mais où jamais le mot dieu n’est évoqué. Je vais vous les énumérer. Avant je me permets ici de souligner une différence entre la métempsychose et la réincarnation qui est une sorte de vision occidentale de la première. Voir ci-dessous, car l’auteur emploie bien le terme réincarnation :
Extrait :
| Citation: | Oui, acquiesça le Meneu. Parfois là-bas, ils acceptent, ou décident, de faire repartir certaines âmes. Cela se passe régulièrement ainsi d’ailleurs. On vit, on meurt, et on retourne faire un tour de manège sur Terre. Cela peut permettre à certains de se racheter ou, dans la majorité des cas, de pouvoir apprendre un peu plus et ainsi de s’élever dans sa spiritualité. [#] - Vous me parlez de réincarnation, c’est ça ? [#] - Appelle cela comme tu le souhaites, me répondit Briac, mais la sentence “ Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ” est on ne peux plus correcte et réelle, tous mondes confondus. |
Remarque On constatera que Briac contourne le problème en ne répondant pas directement à la question posée. Puisque Neven devient l’Ankou et donc la mort ou son représentant, on peut dire que l’auteur botte en touche. On aurait aussi en savoir plus sur ce : « ils ». Une autre question vient aussitôt à l’esprit pendant le temps (sept jours) de la formation et de la transformation complète de Neven en Ankou, les gens sur Terre cessent-ils de mourir ? La question n’est jamais soulevée.
Au passage, je relève une faute : Peut s’accorde en personne avec on.
Définition de métempsycose, nom féminin Réincarnation de l’esprit dans plusieurs corps humains, animaux ou végétaux. La métempsycose est le passage, le transvasement d'une âme dans un autre corps, qu'elle va animer. Le métempsycosisme est la croyance selon laquelle une même âme peut animer successivement plusieurs corps soit d'humains soit d'animaux, ainsi que de végétaux : la transmigration des âmes peut intervenir non seulement dans l'humain (réincarnation), mais encore dans le non-humain, bêtes ou plantes. - Le mot "métempsycose" vient du grec métempsycosis (μετεμψύχωσις), qui signifie "déplacement de l'âme" ; le mot paraît chez Diodore de Sicile (X, 6, 1) ; les Grecs disaient : "palingénésie" (παλιγγενεσία), c'est-à-dire "nouvelle naissance", "genèse de nouveau" ; ainsi, pour Pythagore, "ce qui a été renaît" (palin ginetaï) (Porphyre, Vie de Pythagore, § 19).
Plusieurs religions ont fait de la métempsycose un dogme fondamental.
L'hindouisme défend la métempsycose, la loi du karma. Il croit à la métempsycose : l'âme individuelle (âtman) doit se fondre dans l'Âme cosmique, dans le Brahman immanent et absolu, afin de se dégager du cycle des renaissances (samsâra). La Bhagavad-Gîtâ (II, 22) présente ainsi la transmigration des âmes : "A la façon d'un homme qui a rejeté des vêtements usagés et en prend d'autres, neufs, l'âme incarnée, rejetant son corps, usé, voyage dans d'autres qui sont neufs." Selon swâmi Dayânanda Sarasvatî, "en punition des péchés physiques, un homme renaîtra sous forme végétale ; pour les péchés de la parole, il prendra la forme d'un oiseau ou d'un quadrupède ; et, pour les péchés de la pensée, il vivra dans les conditions humaines les plus basses" (Satyârtha-prakâsha. La Lumière de la Vérité, 1865, trad., Adrien-Maisonneuve, 1940, p. 335).
La croyance en la réincarnation peut être assimilée à une doctrine selon laquelle un certain principe immatériel (« esprit », « âme », « conscience individuelle ») s'accomplit au travers de vies successives dans différents corps (humains, animaux ou végétaux selon les croyances). Dans cette doctrine, à la mort du corps physique, l'« esprit » quitte ce dernier pour habiter, après une nouvelle naissance, un autre corps, ce qui permettrait à l'individualité de poursuivre ses expériences de vie et son évolution spirituelle ou morale.
Définition de réincarnation, nom féminin ◆Dans certaines religions, incarnation dans un nouveau corps au moment de la mort. La réincarnation est une forme de la transmigration des âmes, proche des concepts de métempsycose, palingénésie, et l'Éternel retour.
On retrouve la croyance en la réincarnation à différentes époques et en divers lieux (bien que le terme soit récent, traduisant une conception occidentale de type social apparaissant vers la fin du xixe siècle, de sorte que la question de savoir si le terme "réincarnation" est réellement approprié pour désigner les concepts hindou et bouddhiste fait actuellement débat, notamment dans la pensée grecque et en Extrême-Orient, où elle est au cœur de l'hindouisme, du jaïnisme et du bouddhisme, et du sikhisme. Même si certains veulent voir des allusions codées dans les textes sacrés, elle est généralement récusée par les trois religions monothéistes, qui lui préfèrent la doctrine du Jugement dernier et de la résurrection de la chair. Aujourd'hui, la réincarnation est une croyance religieuse partagée par plus d'un milliard d'hommes [les hindous, les bouddhistes, les jaïns, les sikhs, les adeptes des religions tribales africaines auxquels s'ajoutent différents groupes spiritualistes].
Poursuivons.
Extrait :
| Citation: | | Mon travail est terminé, camarade. Tu es bien vivant, car la mort n’est qu’un passage. Je suis l’Ankou, ton guide et ton ami. |
Remarque : Là, on a du mal à suivre. Mieux formulé, nous aurions : tu es mort, mais tu continues d'exister, car la mort n’est qu’un passage. C’est sans doute le plus gros reproche que je ferai à l’auteur cette incapacité à faire ressentir le monde spirituel, il nous donne l’impression d’un monde juste différent et tout aussi matériel que le nôtre. Alors que pourtant il nous décrit bien un univers situé après la mort physique ou différentes notions telles que le corps astral (non expliquée), la lumière la réincarnation, l'âme sont énoncées. Et pourtant nous trouvons lorsqu’il boit la liqueur des souvenirs toujours des références et des sensations au physique et à la matière :
| Citation: | | Après quelques secondes, ma gorge se mit à me piquer avec violence et à s’engourdir. Je portai les mains à mon cou dans l’espoir d’arrêter le supplice avant qu’il ne se propage à mon œsophage. |
Plus loin dans le chapitre trois : Extrait :
| Citation: | | Je me levai les jambes tremblotantes, |
Et encore à la toute fin du chapitre trois : Extrait :
| Citation: | | Un choc électrique inonda mon cerveau, s’il m’en restait un, et je me mis à courir à toutes jambes. |
Remarque : Outre le fait que l’on continue à avoir des informations physiques, l’expression choc électrique doit être remplacée par décharge électrique, car elle constitue un calque [traduction littérale] de l’anglais.
L’auteur mélange les genres dans ce monde qu’il invente, et cela n’est pas une mauvaise chose en soi, ce syncrétisme peut néanmoins surprendre. Il brasse large. Nous apprenons ainsi que ce monde contient :
Extrait :
| Citation: | | Erell fait partie de la race des Alps, commença-t-il, de l’espèce des Elfes noirs. Des créatures souterraines destinées au vice. Erell est l’une des plus redoutables, bien qu’elle soit solitaire puisque reniée de son clan. Elle œuvre sans rancune pour un démon qui lui offre en retour une sorte d’immortalité. |
Extrait :
| Citation: | Les lutins ? - Ils nous rendent bien des services Neven. Ils accompliront tout pour te faire plaisir si tu les respectes, mais la journée tu les verras peu. Seul un ou deux se risquent à se montrer de jour. Ils n’aiment pas croiser le chemin des fées. Beaucoup de peuples préfèrent ainsi s’éviter ici, et c’est mieux comme ça, sûrement. |
Extrait où Briac affirme :
| Citation: | | - Je suis ce qu’on peut nommer un genre de nécromancien, avança t-il d’une voix qui dissimulait à peine sa fierté. J’échange avec ceux déjà passés de l’autre côté, sauf que je suis mort moi aussi. |
Remarque : Le terme de nécromancien ne me semble pas ici approprié, car il signifie : Évocation des morts pour connaître l’avenir. Et comme il est mort et qu’il semble pratiquer sa besogne depuis des temps immémoriaux…
Extrait :
| Citation: | Et je t’assure que celui-ci ne les emmène pas vers la lumière, mais bien au contraire, il les cloître au plus profond des ténèbres, se nourrissant de leurs peurs, torturant leurs âmes de mille souffrances jusqu’à les plonger dans l’obscurité la plus totale, privés de toutes réflexions, de toutes vies… - C’est affreux. Il n’y a pas un moyen d’empêcher ça ? [#] - Bien sûr que si ! TOI tu peux l’en empêcher. L’Ankou a le pouvoir de faire déguerpir les êtres obscurs et abjects comme Erell. Tu es le seul dont elle peut avoir peur. Toi et ta faux d’argent, toi et ton courage. | Remarque : Les réflexions de Neven sont limites enfantines. On remarquera que l'on ne parle pas ici du bien et du mal. Les bons et les méchants ont-ils la même destination dans l’au-delà ? Ici on dirait qu’indépendamment des actes dans la vie sur terre, le fait d’aller au paradis ou en enfer, dépend d’un affrontement entre l’Ankou et les sbires du démon Erell. Et Dieu dans tout ça, il n’intervient pas ? Sur ces questions fondamentales, l’auteur va souvent botter en touche :
Extrait :
| Citation: | | Chez moi. Une foule d’autres questions s’accumulèrent sur le bord de mes lèvres. Mais je me souvins que le Meneu m’avait conseillé de ne pas faire preuve de trop d’indiscrétion avec Briac. Je restai donc muet, attendant qu’il me parle de lui-même. |
Extrait :
| Citation: | | Tu nous demandes si un dieu ou quelque chose dans le genre existe, compris le Meneu. C’est une question à laquelle je ne peux te répondre, l’ignorant moi-même. |
Extrait :
| Citation: | | Peut-être le Meneu avait-il raison après tout, certaines énigmes se doivent de rester sans réponses… |
Remarque :
| Citation: | | Là, je trouve que l’auteur joue la facilité, avec cette phrase bon marché, toute faite pour ne pas montrer la cohérence ou l’incohérence de son monde. Mais cela continue : |
Extrait :
| Citation: | | Son ton, beaucoup plus amer sur ces derniers mots, m’interpella sans que je n’ose lui demander pourquoi. J’avais déjà fait preuve d’assez de maladresses pour réitérer et me contentai de continuer à l’écouter. | Remarque : Déjà je ne vois pas quelle maladresse ? Ensuite je trouve le procédé un peu éculé, dès qu’une question pourrait éclairer un peu ce micmac, l’auteur fait intervenir une pensée de son héros qui va dans le sens de ne pas trop en demander.
Autant j’ai trouvé la transformation physique (toujours le corps) de Neven en Ankou assez réussie, autant j’ai trouvé qu’elle n’avait en rien altérée sa psyché, tout comme la première absorption de la liqueur des souvenirs ne semblait l’avoir en rien modifiée.
Paroles de Neven, après avoir goûté à cette fameuse mixture devant lui donner accès aux souvenirs des Ankou.
Extrait :
| Citation: | - Vous me parlez de réincarnation, c’est ça ? [#] - Appelle cela comme tu le souhaites, me répondit Briac, mais la sentence “ Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ” est on ne peux plus correcte et réelle, tous mondes confondus. [#] - Oui, j’ai déjà entendu cette phrase pendant mes cours de chimie. Et quand vous dites qu’ils acceptent parfois d’en laisser repartir certains… |
Remarque : C’est à se demander ce que la liqueur du souvenir a changé en lui, sauf à lui rappeler ses cours de chimie ! (maxime d'Anaxagore de Clazomè nes, puis d'Antoine Lavoisier).
Pourtant à la toute fin du chapitre deux nous avons un Briac qui affirme :
| Citation: | | - Bienvenue parmi nous, Ankou ! |
Remarque : À cette annonce, on peut s'attendre, dans un texte à la première personne à une description des pensées de Neven après l’absorption de la liqueur des souvenirs et là, rien. C’est à se demander à quoi sert ce choix. L’auteur au lieu d'utiliser un point de vue interne qui devrait nous donner accès aux états d’âme du personnage, préfère nous y faire accéder au moyen de dialogue entre les différents protagonistes
Extrait :
| Citation: | | - J’ignorais que les morts pouvaient dormir, c’est pourtant ce que je fis jusqu’au petit matin |
Extrait :
| Citation: | | Ça ne va pas ! Vous voulez me tuer une deuxième fois ou quoi ? |
Conclusion
Au final, je dirai que ce manuscrit possède un sujet fort et que l’auteur déroule une histoire passionnante, mais au bout de cinquante pages, elle n’arrive pas encore à livrer son potentiel. Je pense que l’écrivain en herbe devrait retravailler son texte aux ressources certaines afin d’atteindre dans cette première partie du récit un premier climax, dont l’absence limite l’envie de continuer. Par contre, le travail déjà fourni est assez conséquent pour ne pas laisser tomber un projet de mon point de vue très prometteur. Enfin l’auteur devrait améliorer son style. Voici pour finir quelques exemples, qui ne sont pas du plus bel effet, tous pris dans le chapitre trois.
Extrait :
| Citation: | | Ici, tu ne ressentiras pas beaucoup de fatigue tant que tu prendras la peine de bien te reposer. |
Remarque Cette phrase banale revisite les évidences.
Extrait :
| Citation: | | la chaleur de ce soleil tamisé, aux rayons ondulés comme sur des dessins d’enfants. |
Remarque : Le terme ondulé ne correspond pas, un rayon de lumière n’ondule pas. Et puis je ne vois pas le rapport avec des dessins d’enfant. ◆Présenter un mouvement de va-et-vient lent et continu, se balancer. Vagues, drapeaux, blés qui ondulent.
Extrait :
| Citation: | | Il nous fit passer par la gauche, à l’opposé du chemin que j’avais vu emprunter les chevaux. |
Remarque : Phrase à revoir. Exemple : Il nous fit passer par la gauche, à l’opposé du chemin emprunté par les chevaux.
Extrait :
| Citation: | | cette forêt si épaisse que les arbres semblaient danser entre eux au gré d’une brise légère. |
Remarque : Un arbre ne danse pas, sa ramure, ses rameaux, son feuillage à la rigueur.
Extrait :
| Citation: | | Je saisis le peu de courage que je pus trouver au fond de mon âme et me plaçai face à cette fenêtre qui me renverrait mon écho. |
Remarque : Une fenêtre peut renvoyer un reflet, mais pas un écho. Répétition d’un son causée par la répercussion des ondes sonores sur un obstacle
Extrait :
| Citation: | | Nous avancions bon train dans la forêt. L’obscurité ne me dérangeait pas, elle était parsemée ici ou là de quelques rayons de lune qui frayaient leur chemin à travers les branchages. |
Remarque : Le verbe frayer ne convient pas dans ce contexte. Il signifie : tracer, rendre [un passage] praticable. Frayer un sentier
Extrait :
| Citation: | | Comme pour la lumière du jour, la nuit arborait une couleur délayée à celles de la nature. |
Remarque : Le terme utilisé ne correspond pas ici à l’idée de l’auteur. ◆Mélanger [une substance] avec un liquide. Délayer du chocolat en poudre dans du lait. Délayer une sauce à chaud. Délayer de la chaux, du plâtre, du mortier. •[Figuré] Rendre confus [un texte] en le noyant dans un flot de mots. Délayer une idée, un discours.
Extrait :
| Citation: | | Sur le sol, au milieu des arbres, une fleur unique pointait la tête vers le ciel de la nuit. |
Remarque : Phrase un peu lourde. Une fleur n’a pas de tête. Dire le ciel de la nuit est aussi tarabiscoté que de dire le ciel du jour.
Extrait :
| Citation: | | Je percevais bien leurs distinctions, mais, par une étrange impression, je n’arrivais pas à les dissocier les uns des autres. |
Remarque : Plutôt employer le terme différence au lieu de distinction.
Extrait :
| Citation: | | Le soleil était haut dans le ciel et sa chaleur cognait sur le sol. Pourtant, je n’avais ni chaud, ni froid, |
La chaleur ne cogne pas. Sinon comment le héros peut-il se rendre compte de la température si lui-même n’y est pas sensible ?
Extrait :
| Citation: | | Elle avait les oreilles en pointe et les yeux vides d’iris ; seul le noir de ses prunelles, pas plus épaisses qu’une tête d’épingle, tranchaient sur le blanc de son globe oculaire. |
Remarque : Iris : Partie centrale colorée du globe oculaire composée de muscles, dont la dilatation ou la contraction déterminent l’ouverture de la pupille. Le terme trancher pour désigner quelque chose de la dimension d’une tête d’épingle est trop fort. Bref, un œil blanc comme celui d’un aveugle où l’on ne voyait que la sclérotique. Membrane fibreuse et résistante opaque, recouverte par la conjonctive, qui enveloppe le globe oculaire et assure la protection de ses structures internes.
Amicalement Olivier.
P.-S., j’ai annoté une centaine de remarques sur les trois chapitres, je suis prêt à les remettre à l’auteur, à sa demande et par courriel.
Dernière édition par olivier.lusetti le Dim 4 Sep 2011 - 0:09, édité 1 fois |
|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Sam 3 Sep 2011 - 22:56 | |
| Commentaire membre C : Sunny Blue.
Le roman s’ouvre d’entrée de jeu sur une lourdeur stylistique, à savoir : « Après que les plus jeunes enfants furent couchés et bordés dans leurs lits par leurs mères » à laquelle tournure celle-ci lui serait préférable : « après que les mères eurent couché et bordé les plus jeunes enfants ». Tout au long de l’extrait proposé, le style n’est guère plus flamboyant - à cause notamment de ce foisonnement de « c’état » et de « c’est » que je conseille de supprimer - même s’il présente la qualité de la clarté. Autrement dit, tu parviens toujours à te faire comprendre, et c’est déjà bien, mais ce n’est pas suffisant. Si les descriptions sont en général satisfaisantes, d’autres dénotent. Ainsi celle de la maison sous la pluie : « Ce n’était pas tant le bruit qui m’empêchait de dormir, mais la peur que la maison se noie sous toute cette eau qui tombait du ciel. Si ce déluge ne cessait pas, ce serait l’inondation assurée et, demain matin, la maison ne ressemblerait plus qu’à une île sur son rocher ! ». Le paragraphe est mal construit, les idées se répètent et donc les mots (il a deux fois peur de la même chose). Soit la maison est engloutie, soit elle perdure sur une île. En outre, la description de la première pièce où Neven atterrit après sa mort souffre d’un autre problème : tu situes plutôt que tu ne décris. Je pense que l’organisation du mobilier importe peu dans ces moments là, surtout si cette disposition ne tend pas à démontrer quelque chose. Par la suite, tu éprouveras le besoin de re-préciser les emplacements comme si ce paragraphe n’avait pas servi. Il est certain qu’un style plus abouti, plus percutant, aiderait le roman à convaincre, mais pas seulement.
Je reviens sur ce prologue. Les histoires sur l’Ankou m’ont bien plu, mais pas l’habillage, et surtout le fait que le narrateur ne se souvienne pas de celles-ci. Ces soirées ont certainement marqué la mémoire du Neven enfant. L’amnésie volontaire ne se justifie pas. De toute manière, cela ne change rien au fait qu’il ne s’en souvienne pas. S’il les a oubliées, pourquoi est-il présent puisque, visiblement, elles s’adressent au lecteur, non à lui ? À toi d’améliorer encore cette mise en contexte qui, je le rappelle, est le premier contact entre le lecteur et le roman, donc capitale.
Ce qui m’amène à la seconde invraisemblance de poids : à la fin de l’extrait, Neven décide d’aller faire un petit tour chez lui après que, curieusement, ses anges gardiens le quittent. Et, comme par un (mal)heureux hasard, il est confronté au grand méchant, Erell. Je sais bien qu’il est tout indiqué de le confronter à son frère puis de présenter l’opposant principal assez tôt. Cela montre d’ailleurs que tu maîtrises ton scénario et connais les règles narratives. Mais mieux vaut adapter le récit à lui-même que d’appliquer ces dernières avec rigueur.
En cela, le rythme est bien alimenté, l’enchaînement rapide, la structure bien trouvée, le suspense présent… pour ce début. Car ce qui m’ennuie, c’est le fond. Les personnages tout d’abord. Le Meneu et Briac, normalement terrifiants, n’ont en réalité rien d’inquiétant et s’avèrent en outre lisses l’un comme l’autre au point de les confondre. Leur seule fonction, c’est d’expliquer à Neven ce qu’il ne pourrait comprendre lui-même, de donner au lecteur les clefs contrat en main de cet autre monde. Ce que le récit gagne en clarté, il le perd en atmosphère. Et Neven ne va pas y contribuer. Si j’ai trouvé le personnage intéressant tant qu’il était vivant, parce qu’il est orphelin et obligé de travailler dur pour survivre, donc adulte avant l’heure avec tout ce que cela implique, le personnage se vide de toute consistance dès qu’il est mort. Il réagit à son décès en deux temps et demi : étonnement (1er temps) entraînant un réflexe défensif (1/2 temps) puis acceptation de sa mission (2ème temps). En plus d’être conciliant, il adopte le comportement de tout adolescent banal (ce qu’il n’est pas) devant un schéma similaire, celui, par exemple, du quidam qui se découvrirait des pouvoirs de super-héros et auquel un adjuvant lui exposerait la mission qui lui incombe, combattre le mal et sauver les gentils. En fait, si Neven a une personnalité, tu n’as pas osé ou réussi à l’appliquer à son état d’Ankou, car à l’origine, l’Ankou n’est pas une personne mais une figure.
De cette réflexion s’est posée à moi la question suivante : l’auteur va-t-elle me conter l’histoire de l’Ankou ou exploiter cette cosmétique pour m’en servir une autre ? Et cette phrase « une multitude de créatures vivent ici, assez pour que tu n’aies pas le temps de toutes les connaître en une année », m’a laissé penser que ce roman serait l’occasion de me présenter un monde surnaturel et bigarré à travers un parcours initiatique où le thème de l’Ankou ne serait qu’un prétexte, un parti pris esthétique. En effet, Erell semble davantage tenir du méchant de l’histoire que de l’autre face d’un tout, la mort, comme si l’Ankou pouvait être gentil et sympathique. Il y a un retournement entre l’image fantastique de l’Ankou et cette réalité inventée qui se veut originale mais qui me paraît relever du cliché et m’a semblé trop facile. L’opposant naturel de l’homme se transforme en sauveur mais se découvre un autre opposant. Le triptyque classique héros-opposant-adjuvant est certes respecté mais ne se justifie pas selon moi car l’Ankou est d’abord la personnification de la mort.
Le sujet est original mais ce début de roman ne joue que cette carte. Si je suis curieux de connaître son traitement, je crains que l’intrigue ne s’aiguille vers un hors sujet qui le condamnera lors d’une soumission globale. Car ce qui me paraît essentiel dans un tel roman, ce n’est pas qu’un adolescent se batte contre un vilain monstre et qu’il finisse sans surprise par le vaincre - il en est ainsi depuis la nuit des temps, pourquoi et comment en serait-il aujourd’hui autrement avec Neven ? Au contraire, c’est cette transformation qui m’interpelle, ce passage de la vie à la mort, de se retrouver dans une mort où l’on se croit encore en vie, cette faculté de côtoyer les vivants alors qu’on ne l’est plus, de détenir le pouvoir suprême sans être forcément prêt à l’assumer. La rencontre esquivée de Neven avec son frère passe ainsi à côté de cet « essentiel » puisqu’il est prétexte à sa confrontation avec Erell, non à sa confrontation avec ce qu’il n’est plus, d’où un simplisme qui m’a laissé sur ma faim. Il m’a semblé d’ailleurs étonnant qu’il n’éprouve aucun regret, aucune nostalgie, alors qu’il a trépassé et que, plus jamais, même s’il gagne un jour le réconfort de la lumière et retrouve sa mère, il ne respirera d’air, vivra sa vie.
Tu as assurément rassemblé une documentation solide, or, malgré cette richesse esthétique, son exploitation manque de profondeur. La légèreté du point de vue évite d’aborder le fondement de ces légendes, la confrontation de l’homme avec sa finitude, incarnée ici par l’Ankou et le destin, pour se concentrer sur une histoire d’opposition entre créatures d’un autre monde et fonder l’intérêt de la lecture sur la découverte. L’ennui dans la narration romanesque, c’est qu’il ne s’agit ni d’une thèse universitaire ni d’un documentaire. La précision historique ou mythique apportera un « plus », c’est certain. Tu parviens à t’approprier ces légendes et leur insuffler une interprétation personnelle. Tu es donc sur la bonne voie, mais cela m’a paru encore trop court, trop facile, trop simpliste, pour me convaincre en l’état actuel.
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|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Sam 3 Sep 2011 - 22:57 | |
| Commentaire membre D : MissCoco
Bonjour Cécile, Tu as présenté les 50 premières pages de ton manuscrit au comité, et rien que pour cela bravo. Se confronter à nos critiques a du te demander du courage, mais ta démarche pourra certainement t’aider à perfectionner ton récit. J’ai commencé ma lecture avec un bon a priori sur ton roman, car le thème me paraît intéressant et très original. Après avoir lu les cinquante premières pages, j’ai décidé de me positionner neutre, car pour moi ces 50 premières pages méritent d’être encore retravaillées. Ton roman a cependant des qualités, dont je vais brièvement parler, car ce qui m’intéresse, c’est ce qui pour moi ne va pas, afin de pouvoir l’améliorer. De bons pourcentages (verbes ternes, participes présent, répétitions, etc) qui t’ont permis d’améliorer ton style, un sujet original et maîtrisé, comme le montre le prologue, un rebondissement très intéressant à la fin des 50 pages qui donne envie de lire la suite. Je vais maintenant me baser sur les « quatre points cardinaux du roman », le style, le scénario, les personnages et l’originalité, pour critiquer ton récit.
- Le style : Tes lacunes te pénalisent. Ton style respecte les pourcentages conseillés par le forum, ce qui t’a permis de mieux écrire. Mais : -Tes descriptions sont insuffisantes, et pas encore maîtrisées. Or, sans elles, le lecteur est aveugle. P11 : Mes cheveux bruns en bataille retombaient sur mon front de façon nonchalante et mes yeux noirs encore embués de sommeil traduisaient bien la fatigue que je pouvais ressentir. Je me passai les mains sur les joues pour leur redonner un peu de couleur. Un sourire goguenard étira mes lèvres lorsque mon teint redevint aussi pâle qu’à l’accoutumée, presque aussitôt. Il s’agit quand même du personnage principal. Un jeune homme aux cheveux bruns, yeux noirs et teint pâle. C’est trop vague. Le moment est idéal pour présenter Neven, en mêlant habilement informations physiques et caractérielles. Ainsi, le lecteur s’attachera, voire s’identifiera à lui. P9-10 : Tu as fait des efforts pour créer une bonne description, mais elle me semble encore superficielle. Tes images (maquillage, danse, lumière bleutée) n’ont pas de lien commun, ce qui donne un aspect désordonné au passage. Tu pourrais par exemple te concentrer sur l’idée d’un paysage fantastique, ou onirique. Plus embêtant : le cadre temporel n’est pas clairement donné. P18 : Il avait sur le nez de minuscules petites lunettes rondes, les verres pas plus gros que des pièces de monnaie de un Euro D’un euro : Donc, nous serions dans les années 2000 ? A moins que ce soit un anachronisme ? Je ne le sais pas : on ne retrouve pas des éléments matériels ou modes de pensées caractéristiques d’une époque. Pas de références à des outils modernes comme la télévision, Internet, de la musique, un mode de pensée typique d’une époque… - A cela s’ajoute le fait que tu uses d’images trop coquettes. P31 : Ici ou là, de petites touffes de fleurs multicolores ornaient ce décor tel une parure de pierres précieuses sur une peau ensoleillée. P37 : Je le suivis à l’extérieur de la maison et, pour la première fois, je sentis sur ma peau la chaleur de ce soleil tamisé, aux rayons ondulés comme sur des dessins d’enfants. Elles jurent avec le thème du récit : la Mort. Ce style est inadapté. Ton récit, raconté d’une manière plus sombre, mystérieuse, serait valorisé. Conséquence : il n’y a malheureusement pas d’atmosphère. Je prends comme exemple le Prologue. Il s’agit d’une veillée où l’on raconte contes macabres. Donc, le conteur est censé effrayer ses auditeurs, et perpétuer la tradition, n’est-ce pas ? Pourtant, les auditeurs ne prennent pas ces contes au sérieux. Loin d’être épouvantés, ils s’amusent : P1 : Le doyen grogna quand il entendit les autres rire aux démentis de son ami. P4 : — C’est vrai qu’elle est bien celle-là ! Mais l’histoire que je préfère est celle de l’homme qui a fini de couvrir le toit de sa maison. En effet, l’ancien se contente de réciter les textes d’Anatole le Braz. Or, ce dernier ne fait que relater les faits, de manière neutre. C’est au conteur, s’il est aussi bon qu’il le dit (P2), de donner vie à l’histoire. Humaniser les personnages, -car sinon, pourquoi s’intéresser à leur sort ?- créer une atmosphère inquiétante, étoffer le récit, créer le suspense… Ce récit pourrait être coupé par des incises qui montreraient l’évolution des spectateurs : au début sceptiques, la pièce leur paraît soudain plus menaçante, le feu dans la cheminée perd de son intensité, dehors, le vent hurle de plus en plus fort, leurs cœurs s’accélèrent… Moins important, de nombreuses fautes d’orthographe et mauvais emploi des mots. Exemple : P19, en parlant de loups, tu emploies le mot « fauve » (gros félins). P38, tu parles de « gouttes d’écume », or l’écume est une mousse, pas un liquide (donc, pas de gouttes). P40, emploies le mot « canasson » (cheval) pour désigner une ânesse. Etc.…
- Les personnages Tu as fait le choix d’un récit à la première personne. Ce point de vue permet une meilleure identification au personnage, si l’on sait bien l’exploiter. Malheureusement, je trouve que tu n’y es pas encore arrivée. Comme je l’ai dit précédemment, tu es partie du mauvais pied, avec une vague description de Neven. Conséquence : le lecteur n’a qu’une vague image de ton personnage. Il n’a pas pu le prendre en sympathie. Et tu lui imposes les pensées de ton héros. D’autre part, tu ne profites guère des possibilités du « je » : les émotions de Neven sont trop rarement exprimées. Que ressent-il quand il sait qu’il est mort ? Des regrets, pour tout ce qu’il aurait pu être ? De la culpabilité, car à cause de son attitude irréfléchie, il laisse son frère seul au monde ? Ou au contraire un sentiment de paix intérieure, étonnamment ? A sa place, je me questionnerais beaucoup : Qu’ai-je de spécial ? Pourquoi l’ancien Ankou m’a-t-il choisi ? Autre exemple, P8 : [#] Solenn, mon frère aîné, m’avait recueilli avec lui dans la maison de nos parents depuis presque trois ans. [#] Après la disparition de notre père, il y a sept ans, nous avions tous deux été séparés, placés dans la famille. Moi chez ma grande tante paternelle, lui, chez un vieux cousin éloigné. À ses dix-huit ans, Solenn put toucher l’héritage légué par notre mère, la petite maison où nous avions grandi et il devint mon tuteur en choisissant de m’y accueillir. Nous étions enfin revenus dans notre village natal, sur une petite côte bretonne entourée de champs et de forêts clairsemées. J’avais alors quatorze ans. À présent, j’en aurai dix-sept dans deux jours, lors du solstice d’hiver, le vingt et un décembre. Certaines informations sont répétées « m’avait recueilli avec lui dans la maison de nos parents depuis presque trois ans », « Solenn put toucher l’héritage légué par notre mère, la petite maison où nous avions grandi et il devint mon tuteur en choisissant de m’y accueillir ». Par ailleurs, l’abondance des nombres (« trois ans, sept ans, dix-huit ans, quatorze ans, dix-sept, deux jours, vingt et un décembre») fait plus penser à un problème de mathématiques qu’à un passage de littérature. Je préférerais un paragraphe un peu plus long, mais intéressant, raconté de manière plus humaine. Gratitude pour son frère, tristesse pour la mort de ses parents, les années passées chez une grand-tante… Dans ce modeste passage, tu résumes toute la vie de Neven. L’inconvénient de ce point de vue (à part pour quelques exceptions) est un amoindrissement de l’écriture. Comme c’est le personnage qui s’exprime, on raconte de manière plus banale.
L’originalité : L’Ankou étant une divinité bretonne, je m’attendais à un roman « du terroir », susceptible d’intéresser une maison d’édition régionale. Et à un cadre historique bien plus lointain, car l’Ankou dans sa charrette paraît inadapté à notre époque. Au contraire, tu as voulu universaliser cette croyance si spécifique, en mêlant réincarnation, paradis, nirvana, etc. Tu mélanges des concepts qui ne peuvent former un tout : si le but des réincarnations est d’atteindre le nirvana, comme les sages qui commandent l’Ankou, quel est l’intérêt d’un Paradis ? Pourquoi les deux serviteurs de Neven et lui-même ignorent-ils l’existence de Dieu ? Comme il représente la mort, il devrait le savoir mieux que personne, non ? De plus, tu ajoutes des créatures « clichés» en fantasy : elfes normaux, elfes noirs, lutins. C’est dommage, tu n’en as pas besoin. Bref, en mêlant la légende de l’Ankou à une religion universelle, et à des créatures fantasy classiques, je pense que le récit perd en originalité.
Le scénario : Premier problème : je trouve que le récit n’est pas assez rythmé. Ton prologue, explicatif, n’est pas assez accrocheur pour moi. Comme je l’ai expliqué plus haut, je trouve que les histoires devraient être narrées d’une manière plus vivante, et l’ambiance est trop sereine. Personnellement, je pense que ce prologue pourrait être supprimé. Les informations pourraient arriver par petits « flash-back », par exemple, aux moments propices. A cela s’ajoute le manque de scènes d’action. En cinquante-deux pages, il n’y a qu’un seul combat, l’affrontement entre l’Ankou et Erell. Par ailleurs, je trouve que ce combat comporte une incohérence : Je ne compris pas comment, mais en un millième de seconde je me retrouvai derrière elle, lui attrapai le poignet de libre, le gauche, et le retournai dans son dos. Pourquoi ne l’a-t-il pas attaquée avec sa faux ? (C’est comme attaquer quelqu’un à mains nues alors qu’on a une épée ou un pistolet). Mais la fin des 50 premières pages se termine sur un rebondissement intéressant, qui donne envie de lire la suite. A cela s’ajoute quelques incohérences : P31 : C’est ici que tu pourras te reposer pour récupérer l’énergie que tu auras dépensée pendant tes missions. C’est là que tu viendras te ressourcer. Si l’Ankou est mort, il ne devrait pas avoir besoin de se reposer (quand il se repose, que se passe-t-il ? Les morts cessent-elles ? Il serait plus logique que l’Ankou se limite à une catégorie de personnes), manger.
Conclusion : Malgré des qualités certaines, je pense que ton récit mérite d’être encore retravaillé : ton style, plus abouti, apporterait beaucoup au récit. Neven, le personnage principal, mérite d’être plus mis en valeur, en profitant de la narration à la première personne pour le rendre plus charismatique (s’il a été choisi, c’est qu’il a quelque chose de spécial) et plus attachant. Le scénario, pour l’instant, est intéressant mais pas assez rythmé à mon goût. Le thème est original, mais je suis partagée quant à la manière de le traiter. D’où mon positionnement neutre. Je te souhaite une bonne continuation ! Amicalement, MissCoco
Dernière édition par olivier.lusetti le Sam 3 Sep 2011 - 23:04, édité 1 fois |
|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


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 | Sujet: Re: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Sam 3 Sep 2011 - 22:59 | |
| Commentaire membre E : Solon Par ce commentaire, j’apporte mon avis sur le passage dans son intégralité devant le comité de lecture de RdF de « Neven, le visage de la mort », écrit par 0664Cécile.
Puisque tout roman commence par un titre, je ferai de même. Il est nettement plus tranchant et donc efficace que le précédent. En cela, c’est une agréable surprise que de le découvrir. De plus, si l’on veut parler stratégie, il sera certainement plus vendeur que le précédent.
Concernant le prologue. Les contes ont tous une chute un peu rapide, c’est dommage car ils sont intéressants. Cette rapidité les fait un peu tomber à plat. Toutefois, puisque je ne connais rien des contes bretons, ni des contes en général d’ailleurs, je ne puis savoir si l’auteure les as inventés ou juste relatés. Dans le dernier cas, ces chutes rapides ne sont donc peut-être pas de son fait. Mais puisque l’auteure s’approprie le mythe de l’Ankou et le modifie à sa guise, pourquoi ne pas édulcorer un peu les contes ? Cela ne l’oblige pas forcément à les dénaturer, simplement les rendre plus vivants, plus réalistes. Car en les lisant ainsi présentés, un lecteur pourrait douter de la capacité de l’auteure à raconter une histoire, ce qui serait une erreur dommageable. Néanmoins, le dernier paragraphe du prologue est intriguant et donne envie de continuer. Une question me vient cependant : quel est l’intérêt de ce prologue ? Nous verrons si la suite répond à cette question. En tous les cas, l’envie de continuer la lecture est là, c’est indéniable (le dernier paragraphe en est toutefois plus responsable que les contes, car les chutes hâtives des contes cassent un rythme déjà difficile à trouver dans ces mêmes contes). Concernant la forme de ce prologue, peut-être mériterait-elle d’être retravaillée, dans le sens où l’on sent clairement que l’auteure n’est pas à l’aise avec la troisième personne. Or, même si ce n’est que pour quelques lignes, quelques pages, et surtout lorsqu’il s’agit des premières pages, un roman visant l’édition ne doit montrer aucune faiblesse de style.
Chapitre 1 : la description de l’orage est très belle. Le vocabulaire y est riche et bien choisi. Malheureusement, la qualité stylistique de ce passage n’est pas suivie par la suite. Il n’est pas nécessaire d’avoir une écriture ampoulée, bien au contraire, le style général de ces 50 premières pages, sans être extraordinaire, me semble suffisant et agréable à lire. Ce qui est indispensable en revanche est que le texte possède une régularité dans son niveau de langue. Et c’est cette régularité qui fait défaut au chapitre 1. Voilà une erreur fréquente et compréhensible dans un début de roman, mais dès lors que celui-ci prétend à l’édition, cette erreur n’a plus raison d’être. Mais le défaut majeur de ce chapitre ne réside pas dans son irrégularité d’écriture. Il reste en effet moult fautes très dommageables. J’en veux pour exemples : « Tu nous demandes si un dieu ou quelque chose dans le genre existe, compris le Meneu. » « Je me demandai si un jour je pourrai connaître la lumière diurne de ce monde. » Comme le montrent les exemples que j’ai choisis, il ne s’agit jamais de fautes d’orthographe pure, mais plutôt de conjugaison. Je n’ai aucun doute sur le fait que l’auteure maîtrise ces règles, car il y a une grande majorité de phrases bien construites. Il s’agit donc de fautes qui ne sont pas parties à la correction. Dans mon second exemple, il y a confusion entre passé simple et conditionnel. Certainement l’erreur la plus fréquente. Enfin, il manque parfois quelques tirets de-ci, de-là. Certaines parenthèses d’ouverture ou fermeture sont respectivement suivies et précédées d’espaces, ce qui ne devrait pas être le cas. Je ne dis pas qu’un texte visant l’édition ne doit comporter aucune faute (il suffit de feuilleter quelques livres dans une librairie pour comprendre qu’il en reste encore dans des textes corrigés, recorrigés et édité, voire réédités, donc encore corrigés), mais si quelques unes sont acceptables, leur nombre est encore trop élevé en à peine 50 pages. Et c’est bien là que réside le très gros point faible de ce début de roman. C’est un handicap majeur pour la suite. Néanmoins, loin de moi l’idée de dresser un tableau complètement noir de ce chapitre 1. Si la forme pèche encore, le fond, lui, est nettement plus abouti. En effet, ce chapitre nous amène sur les traces de Neven, un jeune homme au sortir de l’adolescence. Je me suis vite pris d’amitié pour celui-ci. Il vient d’une famille démunie, non aidée par le destin. On sent qu’il est désireux de « bien faire ». Il possède une curiosité qui d’ailleurs lui coutera la vie. Tout au long de ce chapitre 1, Neven est suffisamment réaliste pour inciter le lecteur à poursuivre sa lecture. Sur un plan plus global, le chapitre 1, qui sert de situation initiale, est suffisamment long pour s’imprégner du quotidien du héros, mais suffisamment court pour ne pas tomber dans l’ennui. Il se conclut par l’élément perturbateur, à savoir la mort de Neven.
Mais si ce chapitre commence doucement à plonger le lecteur entre les lignes de l’auteure, c’est à partir du chapitre 2, et de la très belle intervention de Neven… « - J’ai certainement eu une seconde d’inattention et j’ai atterri ici. C’est sûrement une erreur… Ramenez-moi vers cette lumière et vous trouverez quelqu’un d’autre pour devenir votre Ankou, un homme plus fort et plus courageux que moi. Regardez-moi, je ne vous serais d’aucune utilité… » … qu’à mon sens démarre réellement l’intrigue. J’ai senti que l’auteure prenait son rythme à partir de là. Et de ce fait, les fautes sont nettement moins présentes dans ce chapitre 2. Le fait que le rythme soit supérieur à celui du 1, m’a peut-être rendu aveugle à quelques unes d’entre elles. Mais reste que ce chapitre 2 est bien plus immersif et mieux construit que le précédent. Il a effectivement l’avantage de servir d’élément perturbateur, de nous transporter dans ce qui fait l’originalité de l’univers : l’Ankou. On y découvre pour de vrai les deux acolytes qui semble-t-il aideront Neven dans son périple. Ils ne m’inspirent que peu d’intérêt pour le moment, mais j’ai bon espoir que cela change. A vrai dire, il faut ce que cela change, car tout bon livre se doit d’avoir des personnages secondaires (surtout ceux-là qui manifestement possèdent une grande importance) d’envergure. J’oserais presque dire que l’envergure des personnages secondaires se doit d’être égale, voire supérieure à celle du personnage principal. En somme, nous avons-là un chapitre 2 bien plus intéressant que le premier (qui pourtant n’était pas déplaisant sur le fond), bien meilleur sur la forme. Et Il semblerait que l’auteure ait trouvé son rythme.
Lors du début du chapitre 3, l’élément perturbateur est derrière nous. Nous avons été dépaysés par cette histoire d’Ankou. Et nous cherchons à rentrer plus encore dans ce monde. Malheureusement, ce chapitre ne remplit pas complètement son office. Le plaisir de lecture est toujours présent, mais le dépaysement retombe. Il semblerait qu’on entre dans le travers du bien (l’Ankou), contre le mal (Erell). De ce fait, une question surgit : est-ce que derrière l’idée très originale de l’Ankou (et c’est à souligner !) il n’y a pas une histoire très classique et manichéenne ? A vrai dire, ce genre de scénario ne me gêne pas outre mesure (mais il ne m’emplit pas de plaisir non plus). Cependant, il faudra que l’auteure ait insufflé suffisamment de bonnes idées pour ne pas faire tomber à plat l’exotisme de l’univers de base. Malgré tout, mes quelques craintes n’empêchent pas une lecture agréable de ce chapitre (comme des précédents, malgré leurs travers). Et le plus problématique de ce chapitre n’est pas tant la possible apparition d’une histoire manichéenne, que la réapparition des erreurs de style présentes dans le chapitre 1. Je pensais que l’auteure s’en était débarrassée, avait trouvé son rythme. Il semblerait au contraire qu’elle le perde sur certains paragraphes. On trouve un passage truffé de « que/qui » : « Son éclat m’était plus doux que tous ceux que j’avais connus auparavant, et sa teinte subtile que j’avais déjà remarquée en soirée demeurait d’un confort sans égal en journée. Briac me laissa quelque temps pour profiter de l’instant et me prit par le bras pour m’emmener découvrir l’autre côté de la maison. Il nous fit passer par la gauche, à l’opposé du chemin que j’avais vu emprunter les chevaux. En contournant le bâtiment, j’eus l’impression qu’il était encore plus grand que la veille. Il dégageait un charme et un caractère qui me correspondait et je me sentis soudain fier d’avoir la possibilité d’y habiter le temps d’une année. Je pensai que, dans mon malheur de devoir assumer la responsabilité de l’Ankou, je pouvais trouver dans ce refuge comme une compensation, une petite consolation d’habiter dans un endroit qui me plaisait. » On revoit apparaître des fautes. C’est dommage, ça gâche la lecture. Il semblerait donc que l’effort fait au chapitre 2 pour donner une unité de langue et de style au roman soit abandonné dans le chapitre 3, et le fond en pâtit, malheureusement.
Pour faire une analyse plus globale, le fond démarre avec une bonne situation initiale, se poursuit avec élément perturbateur qui nous plonge dans un univers exotique et inhabituel, suivi d’un très bon début de péripéties. Apparaît ensuite la crainte de faire face à un scénario pas si extrait des sentiers battus qu’on aurait pu le penser. Mais ce ne sont que des craintes, à ce stade de la lecture. A ce stade du commentaire, lorsqu’il faut prendre une décision sur l’acceptation d’une lecture entière d’un roman, il faut naturellement répondre à la question « est-ce qu’on a envie de lire la suite ». Oui, c’est évident, ce début est assez intéressant, même s’il n’est pas parfait, pour donner envie de continuer. Mais d’autres questions tout aussi importantes doivent être posées : est-ce que ce début semble suffisamment abouti pour présager d’un roman prêt à être édité ? Et là, malheureusement, du fait de l’inégalité de la forme tout du long, tantôt très bonne (début du chapitre 1, première moitié du chapitre 2), tantôt moyenne (chapitre 1), voire limite (prologue), du fait d’un nombre de fautes encore trop importantes, il est difficile de répondre favorablement à cette question. L’auteure s’est-elle posée les questions suivantes : Mon écriture est-elle régulière ? Ai-je réuni suffisamment d’avis ayant pour but de corriger l’ensemble du texte, sans vocation à le juger ? Faut-il encore travailler la forme ? Certainement oui, car tout auteur en herbe se les pose. Mais possède-t-elle les bonnes réponses ? Je ne saurais que trop conseiller l’auteure de faire lire son texte en entier par des lecteurs n’ayant pas pour but de juger le roman, mais uniquement de le corriger. Et ce, pas dans le cadre d’une lecture par posts, mais par le biais d’une lecture globale. En ce sens, parce que l’histoire m’intéresse suffisamment, je ne peux me résoudre à refuser catégoriquement le passage de Neven dans sa totalité. Mais parce que la forme est encore trop faible, trop irrégulière, que les fautes sont trop nombreuses pour un livre prétendant à l’édition, et parce que le comité n’a pas vocation à corriger, mais seulement à juger de la qualité d’un livre, tant sur le fond que sur la forme, je ne peux pas non plus lui rendre un avis favorable à une lecture complète. Je propose donc à l’auteure d’uniformiser sa forme, de corriger et faire corriger ses fautes, de revoir les quelques phrases à la construction trop bancale (d’en profiter pour s’assurer que l’approche de l’Ankou n’est pas trop manichéenne et donc risque d’être pâle), puis de revenir présenter Neven au comité. Alors je serai ravi d’en continuer la lecture et de pouvoir me plonger à plein dans le fond sans devoir en ressortir pour buter contre une forme pas totalement aboutie et gâchant le plaisir de lecture.
Je terminerai ce commentaire en rassurant l’auteure sur un point : il est bien plus aisé de reprendre la forme que de devoir modifier en profondeur le fond !
Solon
PS : voici un condensé des différentes erreurs que j’ai pu relevées tout au long de ma lecture. Cette liste n’est pas exhaustive, elle tend à souligner les erreurs les plus fréquentes. Certaines remarques portent sur des erreurs, d’autres sont plus subjectives et nécessitent l’avis de l’auteure avant correction. « Entre ces deux dates, il pris le temps de recueillir, jusque dans les entrailles de la Bretagne profonde, des dizaines de discours mémorisés par les uns ou par les autres » Prit « Il avait sommeil et se hâtait de pouvoir rentrer chez lui, il reviendrait les chercher le lendemain se disait-il » Virgule avant « se disait-il » « Elle disait : « Qui je suis, vous l’apprendrez à vos dépens si, tout à l’heure, l’arbre que vous avez mis en travers de la route n'est pas rangé contre le talus. Voilà ce que je veux. Venez. » » Retour à ligne superflu. « Si ce déluge ne cessait pas, ce serait l’inondation assurée et, demain matin, la maison ne ressemblerait plus qu’à une île sur son rocher ! » Récit au passé : « demain » doit être remplacé par « le lendemain » « À présent, j’en aurai dix-sept dans deux jours, lors du solstice d’hiver, le vingt et un décembre. » Idem : deux jours plus tard. « Par précaution, je préférai aller couper l’électricité au disjoncteur. Je me méfiais des courts circuits que pouvait occasionner un tel orage, et cette drôle de sensation d’électricité dans l’air me confortait dans ma prudence » Répétition de « électricité » « J’en bus plusieurs gorgées et relevai les yeux sur la fenêtre posée au dessus de l’évier. » Au-dessus « Sans doute les bourrasques et la violence de la pluie les avaient fait s’ouvrir. » Il s’agit d’une interrogation sous-entendue. Cette phrase serait donc mieux amenée avec une inversion explicite : avaient-elles. « Cela attendrait demain. » Le lendemain. « Quelques jours après son absence, mon frère et quelques hommes du village partirent à sa recherche, en vain. » Absence ne convient pas ici, puisqu’il est toujours absent. On est donc toujours PENDANT son absence. Suggestion : disparition « J’ouvris en grand les volets et constatai que le ciel, toujours gris, ne déversait plus son flot de pluie que par une légère bruine. » Dans ce cas, ce n’est pas de la pluie. « Il était vrai qu’il aurait suffit de peu pour que je me retrouve enseveli sous toutes ces vieilles pierres. » Suffi. « Salut Yvan, j’aurai juré que la grande porte était ouverte cette nuit, durant l’orage. » Aurais « Il la relâcha et la laissa se balancer. La dernière vis menaçait de tomber elle aussi à tout moment, et peut-être était-ce ce qu’elle avait de mieux à faire. Rien ne pouvait laisser croire que cette porte avait pu s’ouvrir d’une façon ou d’une autre depuis dix ans au moins. » Répétition de « laisser » « Je ne me sentais pas à l’aise en leur compagnie, même avec ceux avec qui j’avais grandi à l’école primaire » Doublon de « avec » assez lourd. « Fais moi brûler bien vite une de ces bûches. » Fais-moi « Je viendrais te raconter les miens. » Viendrai « Je fus réconforté qu’un ami serait avec moi ce soir-là, et que je ne resterai pas seul. » Cette phrase devrait être au conditionnel. « Je posai le chapeau sur la table avant de nous servir un verre de la dernière bouteille de cidre qu’il nous restait. » Qui « Au réveil, deux heures et quarante deux minutes venaient de s’afficher. » Quarante-deux « J’enfilai mes bottes et mon manteau de laine. Je pris soin de bien enfoncer mon nouveau chapeau sur mes oreilles pour ne pas qu’il s’envole. » Retour à la ligne superflu. « De plus, il aurait une dure et longue journée demain, il avait besoin de repos pour faire le plein d’énergie. » Le lendemain « Soudain, j’entendis au loin un hurlement qui me glaça le sang encore plus qu’il ne l’était déjà. » Il te faut mettre « sang » au pluriel, et accorder en conséquence. « Un hurlement tel une longue plainte volant au dessus des champs. » « Tel » doit s’accorder avec la suite : telle. « Je m’empêchai de raisonner, car je me rappelai de cette créature et la reconnus. » On se souvient de quelque-chose, mais on rappelle quelque-chose, dans « de » « J’avais assisté une fois, il y a longtemps, à une de ces soirées mais jamais je n’aurais cru une seule fois que ces histoires pouvaient être vraies. » Longtemps avant/auparavant. « Je me souviens avoir pensé que j’aurai une sacré bosse le lendemain matin. » Aurais « Jamais je n’aurai mes dix-sept ans. » Aurais (un texte au passé ne peut pas accepter de futur dans la narration). « Peut-être maman viendra-t-elle me chercher ? Elle sera contente de me retrouver, et moi, je la serrerai fort dans mes bras. C’était ce que je pensais... » Idem, sauf si dans la version word, cette phrase est en italique. « Un loup dormait sur mon épaule en m’offrant son haleine de carnivore. » Soit « m’offrait » soit il faut remplacer le « et » par une virgule. « Ses toutes petites lunettes lui tombaient sur le bout de son nez légèrement retroussé. » Sur le bout DU nez. « bien qu’elle soit solitaire puisque reniée de son clan. » Par son clan « Tu nous demandes si un dieu ou quelque chose dans le genre existe, compris le Meneu. » Comprit « Je me demandai si un jour je pourrai connaître la lumière diurne de ce monde. » Pourrais « Je levai le nez pour en absorber toute l’énergie et remarquai que sa luminosité ne m’obligea pas à plisser les yeux comme j’aurai dû le faire sur terre. » « obligeait » rendrait beaucoup mieux. « j’aurais » « Ils broutaient le peu d’herbe qu’ils pouvaient trouver sur les quelques centaines de mètres carrés qui séparaient l’habitation de la forêt, et à peine l’avaient-ils avalée qu’il en repoussait d’autre instantanément. » « instantanément » et « à peine… qu’il » font double emploi. « Je ne voyais pas les loups, mais à vrai dire, cela me convenait tout à fait comme ça ! » « convenait » et « comme ça » font double emploi. « Le Meneu me sourit et tapa avec complaisance trois coups énergiques sur la croupe du plus gros. Un nuage de poussière prit forme au dessus du pelage et retomba lentement. » Au-dessus « La fatigue commençait à engourdir peu à peu mon esprit. » « commençait » et « peu à peu » font double emploi. « L’air sentait une bonne odeur de cire d’abeille dont tous soupçonnaient le vieil homme d’en cirer même encore à son âge chaque lame de son parquet. » Répétition de « cire » « Dans la vaste salle de séjour où les meubles en bois massif, sculptés dans la matière par un fin artisan » Dans la matière ? Superflu « dont les feuilles de houx disposées à l’intérieur commençaient à se faner » Disposés à l’intérieur ? Superflu « Le soir tomba rapidement et j’allumai les quelques brindilles qui nous restaient dans le foyer pour y faire griller… » « nous » inutile. Il alourdit la phrase. « Mais c’était ainsi et un jour je le retrouverai, je le savais à présent et j’aurais tant voulu le lui dire. » « aurais » « Je tendis ma main gauche de libre devant moi et contemplai les rides et les fissures qui s’y formaient. » « ma main gauche DE libre » n’est pas français. « Ma faux à la main, j’ouvris spontanément la marche et contournai la maison. Je ne savais pourtant pas où nous devions nous rendre pour rejoindre ce fameux tourbillon, du moins pas consciemment. Mais mon instinct, lui, savait où guider mes pas et je me laissai mener avec une douce sensation d’aplomb que je ne me connaissais pas. » Deux fois savoir. « Les fées et les lutins par exemple, ont été chassés du monde des vivants par les hommes qui les craignaient. » Problème de virgule(s) « D’un sifflement parfait, le Meneu leur inculqua l’ordre de me laisser en paix ; ce que je déduisis du fait que tous s’écartèrent de moi immédiatement. » « inculquer » n’est pas heureux. Intimer ? « seul le noir de ses prunelles, pas plus épaisses qu’une tête d’épingle, tranchaient sur le blanc de son globe oculaire. » « tranchait » « e ne compris pas comment, mais en un millième de seconde je me retrouvai derrière elle, lui attrapai le poignet de libre, le gauche, et le retournai dans son dos. » « le poignet de libre » n’est pas français. Pourquoi pas tout simplement « son poignet gauche, libre, et le… » ? « Son poignet toujours emprisonné dans la force de mes doigts et incapable de se libérer, je lâchai la faux et attrapai un autre outil, fixé entre mes omoplates. » Mauvaise construction. « Mis à part me montrer qui était Erell, et me laisser l’amertume de la mort d’un enfant, pourquoi m’offrir ce souvenir là ? » « souvenir-là » « J’aurais aimé croire qu’il lui racontait une de ses nombreuses histoires merveilleuses, comme à son habitude durant les fêtes de fin d’année, mais je me doutai que son sujet de ce soir était tout autre. » L’imparfait eût été préférable à se douter « Ah, pauvre Yvan qui ce soir là avait retrouvé mon corps inerte, étendu sur cette pierre. » « soir-là » « Ils allaient presque tous au lycée de la ville voisine, et nos sujets de conversation étaient bien différents, nos préoccupations pas les mêmes. » « pas les mêmes » mal dit. « Quelques unes, plus belles, commençaient à lécher l’écorce. » Le passé simple serait le bienvenu, ici. « seules quelques cendres incandescentes rougeoyaient encore faiblement. » Si elles sont incandescentes, c’est qu’elles rougeoient. Les deux termes font doublon. « Subitement, le bruit d’un petit carillon chantant revint encore à mes oreilles, mais plus distinctement cette fois-ci. » Doublon entre « revint » et « encore ». « Je renouvelai une nouvelle fois ma question : » « une nouvelle fois » pas forcément très utile. A voir. Je trouve ce passage très beau : « Sans que je n’aie le temps de comprendre, je me sentis propulsé en avant, entamant une chute vertigineuse. Tilio, sans m’avertir, m’avait poussé dans le vide par une grande claque dans le dos. Pas un cri ne sortit de ma bouche. Si la surprise m’avait d’abord effrayé, un calme serein m’enveloppait à présent. Je tombai pourtant à une vitesse fulgurante. Le vent me frappait le visage, mes cheveux fouettaient l’air avec force et mes vêtements se plaquaient contre mon corps dans une étreinte voluptueuse. Les récifs se rapprochaient à chaque millième de seconde. L’impact serait immédiat. » |
|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Sam 3 Sep 2011 - 23:01 | |
| Commentaire membre F :Fonenidis.
Bonjour 0664Cécile.
Après une première lecture rapide, j'étais indécise concernant un neutre pour mon avis sur la soumission de "Neven, le visage de la mort" au Comité de Rêve de Fantasy. Après correction, je suis au regret de voter contre.
Pour résumer, on sent que tes idées sont abouties sur un thème original et intéressant. Mais, outre que le style pêche souvent par sa qualité, il y a beaucoup trop de fautes, essentiellement dans le choix du temps des verbes, parfois dans les tournures. Quelques incohérences et étourderies aussi. Trop pour un passage de cinquante pages seulement.
Franchement, tout un roman en l'état n'a aucune chance de passer au Comité. Il ne manque pas grand-chose au tien, mais ce pas grand-chose représente toutefois une somme de travail quelque peu conséquente.
Mes conclusions un peu plus en détail selon les quatre points fondamentaux, critères du Comité :
1 - Le Style : À retravailler. Pauvre, sans couleur… pas désagréable à lire en soi, mais plat. Il pourrait toutefois fort bien convenir pour une littérature jeunesse une fois purgé de trop fréquentes tournures maladroites, voire incorrectes pour certaines.
2 – L'intrigue : Bien montée jusqu'à ce que Neven se réveille à l'entre-deux mondes. Les moments précédant sa mort sont ceux le mieux mis en scène selon moi, les mieux écrits aussi. L'histoire perd de son souffle à partir de l'entre-deux mondes… on a l'impression que tout est joué : il est mort, il est l'Ankou… et ? Bon, on a bien des elfes et des fées, mais leur intérêt, à ce stade de l'histoire en tout cas, est inexistant… un lointain démon à peine évoqué pour personnifier le côté manichéen de l'histoire, une elfe noire pour jouer les seconds couteaux du grand vilain méchant. Le décor est posé : le bien contre le mal… Au milieu, un Neven qui se laisse porter par les évènements avec un peu trop de bonne grâce selon moi. Le scénario souffre par endroits de petites incohérences, des oublis dans le traitement de certaines situations. Le plus gros problème se situant dans la position de l'histoire dans le temps. Mises à part les ampoules électriques, tout dans le mode de vie de Neven et son frère renvoie à une époque antérieure à l'ère moderne, jusqu'à l'habillement. Quel jeune offrirait à son frère de 17 ans un chapeau en feutre ? Combien de personnes ramènent un poulet sans emballage pour le repas du soir ? Qui lave encore son linge à la main ? On n'entend pas parler de télévision… vous en connaissez des jeunes qui ne regardent pas la télévision ? Et la musique, depuis l'invention du disque vinyle, quels sont les jeunes qui n'écoutent pas de musique, la radio ? Le frère travaille, ils sont logés dans la maison de leurs parents (qui disposaient d'une certaine aisance financière : vacances à la montagne donc télé et machine à laver devaient être de mise), ne paient donc pas de loyer et malgré ça ils n'ont pas de quoi se chauffer, doivent se contenter d'une poignée de châtaignes pour le repas du soir et vivent comme au XIXème siècle ? Le trait est un peu forcé syndrome "Cosette" je trouve quand même. Dernière remarque : Tous disent à Neven qu'en aucun cas l'Ankou ne tue… pourtant ils ont bien tué Neven, même si l'ancien Ankou lui dit qu'il a glissé, ils l'ont un peu beaucoup poussé quand même ! S'ils n'avaient pas fait tout leur cinéma, il serait resté bien au chaud dans son lit, ce n'est pas vraiment ce que j'appelle le destin. À la place de Neven, cette injustice me révolterait quelque peu… J'avoue que ce détail me chagrine.
3 – Les personnages : Neven le personnage principal peine à nous entraîner dans sa psyché malgré un traitement de son histoire à la première personne. Pour l'instant, je trouve que l'Ankou, sujet principal, personnalisé en premier lieu par un illustre inconnu, manque de profondeur… de charisme. C'est d'ailleurs un peu le défaut de tous les personnages, on a du mal à les trouver attachants ou intrigants… mis à part un petit effort sur Briac. Petit regret aussi pour la façon d'agir et de réfléchir de Neven, il me fait plus penser à un garçonnet de 7 ou 8 ans qu'à un ado de 17 ans que ses hormones travaillent. À cet âge là on a normalement la révolte dans le sang ; lui, malgré ce qui lui arrive, reste d'un calme et d'une docilité effarantes. Il est même étrangement asexué, il meurt et à aucun moment ne regrette de ne jamais connaître l'amour, tant d'un point de vue physique que psychique… pourtant, dieu que ça les travaille à cet âge là ! Pareil, à dix sept ans, il n'y a plus de bois pour se chauffer, il ne lui vient pas à l'idée de choper une tronçonneuse ou une hache pour aller en faire, ou même à la limite ramasser le bois mort dans la forêt, de nos jours, ce n'est pas ce qui manque car plus personne ne s'en sert. Et même, son vieux voisin lui dit qu'il va en couper et Neven ne lui propose pas d'aller l'aider, le rat !
4 - Idée, originalité : Le vrai point fort de cette histoire ! La mort n'est pas un thème courant, l'approche par le biais de mythes traditionnels régionaux original. Les deux ont l'avantage d'être extrêmement porteurs. L'idée de ce passeur qui se sert de l'enveloppe du dernier décédé est séduisante, son parcours vécu par les yeux d'un de ses hôtes intrigue et intéresse fortement. Les caractéristiques du monde et de l'entité sont bien pensés, on sent que tout ça a été mûrement réfléchi, l'univers semble riche pour ce qu'on peut en voir à ce stade du récit. Petit bémol avec l'elfe et le nécromancien… j'avoue que ces deux là ont jeté un froid sur mon enthousiasme.
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|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Sam 3 Sep 2011 - 23:09 | |
| Remarques de Foenidis (entre parenthèse) à même le texte : ________________________________________ Après que les plus jeunes enfants furent couchés et bordés dans leurs lits par leurs mères (formulation à revoir), les hommes du voisinage se rejoignirent près du feu, comme le voulaient leurs habitudes à la veille du Nouvel An. [#] Ce soir-là, ils se retrouvaient (mauvais choix du temps) près d’une quinzaine. Le plus jeune venait de fêter ses dix ans, l’âge minimum pour rester écouter les légendes du pays breton contées par les plus anciens. Le doyen, qui approchait de ses quatre-vingt-trois ans, raffolait particulièrement de toutes ces fables, et les transmettre à la prochaine génération (pluriel les générations) lui donnait l’exquis sentiment de se sentir vivre. (ses rhumatismes doivent bien s'en charger… lol – non oublie, c'est de l'humour… ^^)
[#] Ce soir, ce serait chez lui que se passerait (mauvais temps encore, ils y sont déjà non ?) la veillée. Dans la vaste salle de séjour où les meubles en bois massif, sculptés dans la matière (dans quoi d'autre ? lol) par un fin artisan, emplissaient l’espace par leur imposant caractère. Un napperon de dentelle blanche reposait ici ou là (euh, il se téléporte le napperon ? ^^), sur le dossier d’un fauteuil, au milieu de la table, sous le vase de porcelaine posé sur un guéridon près de la fenêtre et dont les feuilles de houx disposées à l’intérieur commençaient à se faner.(étrange, des feuilles de houx qui fanent à l'intérieur d'un napperon) L’air sentait une bonne odeur de cire d’abeille dont tous soupçonnaient le vieil homme d’en cirer même encore à son âge chaque lame (précision inutile) de son parquet. [#] La nuit s’annonçait froide et le vent ne tarderait pas à se lever, mais le feu flambait haut dans la cheminée aux parois tapissées de suie. Les hommes échangèrent quelques mots, regardèrent autour d’eux et s’assirent là où ils pouvaient trouver une place. Sur une chaise, un tabouret à trois pieds, ou encore à même le sol pour ceux qui pourraient se redresser sans trop de mal. Un mutisme digne d’un cloître s’installa tandis qu’ils se dévisageaient tour à tour, un plaisir certain dissimulé dans les yeux. Ils attendaient que le vieil homme commence son récit. [#] — Bien… tout le monde est installé ? demanda-t-il d’une voix plus claire que l’aurait voulu son âge. [#] Il balaya l’assemblée d’un coup d’œil rapide, laquelle ne lui répondit que par quelques froissements de tissu, quelques mouvements presque inaudibles qui trahissaient l’impatience de certains, et surtout celle des plus jeunes. [#] — Très bien, annonça-t-il en croisant ses doigts tordus par les années sur sa poitrine. Comme me l’a raconté mon cher ami Anatole… [#] — Arrête avec ça, le coupa un autre (ce mot inutile enlaidit la phrase) vieillard assis en face. Tu n’as jamais connu Anatole Le Braz. Tous les ans tu veux nous faire croire à ces sornettes aussi grotesques que toi. [#] Le doyen grogna quand il entendit les autres rire aux démentis de son ami. Il redressa les épaules et releva le menton. [#] — Peut-être que je ne l’ai jamais connu, mais mon père oui ! J’en veux pour preuve le livre dédicacé à son nom qu’il m’a laissé après sa mort, cela fait maintenant un petit paquet de temps… [#] — Va savoir, relança l’autre. En tous cas, tu n’es pas le seul à les connaître toutes ces histoires de bonnes femmes. Je pourrais t’en relater quelques-unes. Ben s'il n'aime pas ces veillées (dont il doit connaître toutes les histoires vu son âge), pourquoi il y va ?
[#] — Sans doute, mais Neven, lui, ne les a encore jamais entendues et il lui faut un bon orateur. C’est peut-être la dernière année que je pourrais (mauvais choix de temps) le faire, alors laisse-moi commencer. [#] Le jeune garçon nommé Neven, tout juste âgé de sa dixième année, jeta un regard à son père assis en tailleur à ses côtés. Son frère aîné, posté un peu plus loin, lui avait déjà parlé des disputes entre les deux complices. Donc il pense à ce que lui a dit son frère, mais regarde son père… étrange logique. Chaque année, lui avait-il dit, ils se querellaient pour savoir lequel prendrait la parole. Pourtant il me semble normal que ça soit celui chez qui ça se passe qui raconte. Question de politesse. Personne ne lui avait jamais révélé le contenu de leurs histoires et maintenant que son âge lui permettait de les écouter, il avait hâte, et peu importait qui des deux grands-pères les lui apprendrait. [#] — Donc, comme je le disais, Monsieur Le Braz connaissait mieux que personne la légende de l’ange de la mort. [#] — La faucheuse, oui ! reprit l’autre. [#] — Veux-tu me laisser parler à la fin ! Neven, as-tu déjà entendu parler de l’Ankou ? [#] Le garçon se racla la gorge et secoua la tête doucement. Non, il ne connaissait pas l’Ankou, mais il en brûlait d’envie. Toutes les personnes présentes dans la pièce se tordaient les mains d’impatience à l’évocation de ce nom, et le vieil homme prenait un plaisir amusé à les voir ainsi l’attendre. C'est un peu exagéré comme réaction, ils les connaissent déjà ces histoires, alors de là à se tordre les mains d'impatience… Il soupira. Dehors, le vent glacial de l’hiver commença à gémir doucement. [#] — Anatole Le Braz est né un deux avril mille huit cent cinquante-neuf. Il nous quitta soixante-sept ans plus tard, en mars mille neuf cent vingt-six. Entre ces deux dates, il pris le temps de recueillir, jusque dans les entrailles de la Bretagne profonde, des dizaines de discours mémorisés par les uns ou par les autres. Dans le temps, tout le monde connaissait l’Ankou. Personne ne craignait la mort, non, mais ils avaient une peur effroyable de son serviteur. Les souvenirs et les témoignages ont traversé les âges pour que les gens n’oublient pas. Pour qu’ils se souviennent qu’un jour eux aussi devront rendre des comptes au passeur. Vous aussi, tous là, le jour de votre dernier souffle, vous serez seuls face à l’Ankou. [#] Il prononça cette dernière phrase en pointant chacun du doigt avec un sérieux qui effaça au passage le sourire de quelques-uns (quelques sourires). Il ouvrit son livre de La légende de la mort qu’il tenait jusqu’ici contre lui (Ah ? Plus haut il avait les mains simplement croisées sur la poitrine) et commença son récit, les yeux fermés, la main droite posée à plat sur la (une) page ouverte au hasard. [#] — Je souhaite commencer la soirée par l’histoire du « Char de la mort » ((espace en trop) Contée par Françoise Omnès de Bégard, et recueilli par Anatole Le Braz) :
[#] En une douce soirée de fin de printemps, lorsque l’été commence à s’impatienter de revenir comme chaque année (précision inutile), un jeune homme revenait(répétition) de sa journée de travail après être allé conduire ses chevaux aux prés (singulier !). La brise était agréable et le rafraîchissait de ses longues heures passées sous le soleil. Heureux de pouvoir profiter d’un peu de temps libre avant de se coucher, il s’en revenait(répétition) en sifflotant, dans la clarté offerte par l’astre lunaire. En marchant d’un pas léger, il entendit venir face à lui, par le chemin, une charrette dont l’essieu certainement mal huilé grinçait. Le jeune homme connaissait l’histoire du serviteur de la mort, et ce crissement de roue à la nuit tombante ne pouvait être attribué qu’à la charrette de l’Ankou. Plus haut, il est éclairé par la lune, donc c'est déjà la nuit… à la nuit tombante, la lune n'est pas assez forte pour offrir la moindre clarté. Pourquoi pense-t-il à cette charrette ? Ne pouvait-il s'agir de quelqu'un qui, comme lui, rentrait de sa journée de dur labeur ?
[#] « Quelle chance, se dit-il, je vais enfin pouvoir voir de mes propres yeux cette charrette dont on parle tant ! » Cool, je sais que si on voit l'Ankou, ça veut dire qu'on va rapidement mourir, mais je vais le regarder quand même, ça va être amusant ! ^^ Il repéra, de l’autre côté du fossé, un buisson de noisetiers dans lequel il se pressa d’aller se cacher. De là, il pourrait tout voir sans être remarqué. Du moins, c’était-ce qu’il pensait. [#] Il entendait la charrette approcher et rapidement l’aperçut au bout du chemin. Trois chevaux blancs attelés en flèche la traînaient (tractaient) et deux hommes l’accompagnaient, tous deux(répétition) vêtus de noir. L’un d'eux conduisait par la bride le cheval de tête, l’autre se tenait debout à l’avant du char.(s'il est sur la carriole, il ne l'accompagne pas !) Quand l’attelage arriva au niveau de la touffe de noisetiers, là où se dissimulait notre ami (précision inutile ! Le lecteur n'est pas benêt à ce point là), l’essieu eut un craquement sec. « Arrête ! » dit l’homme de la voiture à celui qui menait les chevaux. Celui-ci cria : « Ho! » et tout l’équipage fit halte. « La cheville de l’essieu vient de casser. » reprit l’Ankou, car c’était bien l’Ankou. « Tu pourras couper de quoi en faire une neuve à la touffe de noisetiers, de l’autre côté de ce fossé. » [#] Le jeune homme pensa sa dernière heure arrivée et regretta son indiscrète curiosité. S’il s’en sortait, se jurait-il, il ne mettrait plus jamais son nez là où il ne devait pas traîner ! Cependant, il ne fut pas puni sur-le-champ de son indiscrétion (ça fait doublon avec "indiscrète curiosité"). Le charretier s’approcha, coupa une branche et la tailla à quelques centimètres de lui sans sembler le repérer. Apparemment satisfait de son ouvrage, il repartit sur la route, introduisit la branche taillée dans l’essieu (je doute que la roue puisse tourner avec une branche complète sur son axe.. lol), et, ainsi réparée, la charrette se remit en marche (une charrette automatique ?), grinçant tout autant qu’avant, mais roulant. Le pauvre petit fouineur put rentrer chez lui sain et sauf, à son grand soulagement ; mais vers le matin, une subite fièvre s’empara de lui, et le lendemain, on l’enterrait. [#] Des chuchotements captivés (?) s’élevèrent tout autour du diseur tandis que le vent, plus fort à présent, s’engouffrait dans le conduit de la cheminée et huait (pour huer ?) entre les flammes comme un fantôme. Une voix plus haute que les autres surplomba le groupe (bof comme formule). [#] — C’est vrai qu’elle est bien celle-là ! Mais l’histoire que je préfère est celle de l’homme qui a fini de couvrir le toit de sa maison. [#] Les autres acquiescèrent. Le vieil homme rouvrit les paupières et réclama un verre d’eau.
Il est chez lui et il se fait servir ? Par qui ?
Il en but deux gorgées d’une main tremblante, rendit le verre à celui qui le lui avait apporté, et, après avoir cherché la page adéquate dans son livre (ben dans quoi d'autre hein … ^^), continua, sans pour autant réellement lire ce qu’il tenait sous ses doigts. Il n’y avait là pour lui rien d’indispensable. Il avait parcouru ces lignes tant de fois qu’il les connaissait dans leurs moindres détails. [#] — « Le couvreur en chaume de Plouzélambre » ( (espace en trop) Source : La Légende de la Mort, d'Anatole Le Braz. (espace en trop)), dit-il sans pouvoir s’empêcher de prendre un ton mystérieux afin d’exciter l’imagination collective.
J'aurais préféré penser qu'il le fait exprès… -_-"
[#] Il se nommait Fulupic, et ce n’était pas sa maison mais celle d’un fermier de la commune qui venait de la faire construire. Il ne restait plus qu’à finir de la couvrir. Fulupic, couvreur de métier, acheva cette tâche un soir, après une journée de travail acharné. La dernière ardoise posée, il descendit de son échelle et se pressa de réunir ses outils pour les ranger avec cette dernière à l’abri dans la maison. Il avait sommeil et se hâtait de pouvoir (formulation incorrecte) rentrer chez lui, il reviendrait les chercher le lendemain se disait-il. Mais, quand il ouvrit la porte de la demeure à cet effet (il revient déjà chercher ses outils ?), il fut surpris d’apercevoir une ombre, debout dans le couloir (une ombre debout ? oO). « Qui est là ? » demanda-t-il, non sans frissons dans le dos, car plus il y réfléchissait, plus il était sûr que personne ne s’était montré dans les environs de toute la journée.
Il ne travaillait pas sur le toit ? Comment peut-il être certain d'avoir tout vu ?
[#] L’ombre resta immobile et silencieuse.
J'ai rarement entendu une ombre faire du bruit faut dire… lol
Alors il répéta sa question : « Qui est là ? » Pas une réponse. On aurait pu dire qu’un ange passait. Fulupic se dit que, Sacré Dieu ! , ce personnage ne semblait pas désireux de lier conversation.
Quel personnage ? Ce n'est pour l'instant qu'une ombre… aucune précision sur sa forme d'ailleurs, il pourrait tout aussi bien s'agir de l'ombre d'une chaise !
Le couvreur l’observa et se dit que l’homme (où ça un homme ?) ne devait pas être un voleur puisque la maison, encore vide, n'était garnie que de son toit et de ses murs.
Non mais les toits et les murs C'EST la maison… ^^
Il n’y avait rien à emporter ! « Je vais l’interpeller une troisième fois ; s’il persiste à faire le muet, tant pis, je lui enfonce mon échelle dans le ventre : ça lui ouvrira peut-être la bouche, du même coup. »
Je trouve un peu étrange le verbe "interpeller" dans ce sens dans un dialogue...
[#] Et Fulupic recommença pour la troisième fois : « Qui est là ? » Il le regretta bientôt quand il vit l’ombre relever la tête et lorsqu’il l’entendit prononcer d’une voix caverneuse : « Ton maître, qui est le maître de tous, puisque tu désires le savoir. » [#] La curiosité de Fulupic était plus que satisfaite ; comme souvent à vrai dire dans ce genre d’histoire. Dans le visage de l’homme (Ah ? ce n'est plus une ombre ?), la place des yeux et celle du nez étaient vides, et la mâchoire inférieure pendait. Le couvreur ne se soucia pas d’avoir d’autres explications. Il planta là son échelle et se sauva aussi vite que ses jambes (manque un mot) lui permettaient. Il avait reconnu l’Ankou. L’histoire ne dit pas si Fulupic vécut longtemps après cette rencontre, mais j’en doute. [#] — Il y en a qui ont survécu à l’Ankou, ajouta le second vieillard qui jusque-là était resté silencieux. [#] — Oui, c’est vrai, répondit le doyen. Comme le raconte le récit de « La route barrée » (Conté par un maçon. Callac.) :
[#] Trois frères du village de l’Enès, en Callac, avaient festoyé toute la soirée et revenaient en fanfaronnant sur le long chemin qui les menait jusqu’à chez eux. En cette nuit d’hiver, le temps était sec et la lune claire, mais le vent d’Est soufflait avec violence. [#] Nos gars, qui avaient bu plus de bolées de cidre qu’ils n’auraient dû, chantaient à tue-tête et s’amusaient à faire résonner leurs voix plus fortes que le vent. C’est alors qu’ils virent quelque chose de sombre sur le côté de la route. C’était un vieux tronc de chêne que la tempête avait déraciné du talus. [#] Le plus jeune des frères, le plus malicieux des trois, s’empara d’une pensée qui lui vint à l’esprit.(très vilaine formule ! ><) « J’ai une idée ! » dit-il, « Nous allons tirer ce tronc en travers de la route. La prochaine voiture qui voudra passer par là, son conducteur devra en descendre pour déplacer l’arbre s’il veut continuer. » « Oui, ça lui fera proférer de beaux jurons », rirent et acquiescèrent les deux autres. [#] Et ils traînèrent le morceau de chêne en travers du chemin. Puis, contents de leur farce, ils regagnèrent leur logis. Comme ils avaient veillé tard et qu’ils accumulaient en plus la fatigue d’une journée de travail, ils ne mirent pas longtemps à s’endormir. Mais peu après leurs premiers ronflements, ils furent réveillés en sursaut. Quelqu’un frappait fort à leur porte. « Qu'est-ce qu'il y a ? » demandèrent-ils en sautant de leurs lits. Celui qui cognait se contenta de heurter à nouveau, sans répondre. Alors, l’aîné des trois frères (précision inutile) courut à la porte et l’ouvrit en grand : il ne vit que la nuit claire et ne sentit que le vent lui claquer au visage. Il essaya de (il voulut… pourquoi aurait-il commencé par essayer ? Qu'est-ce qui aurait pu le faire douter qu'il ne puisse pas y arriver ?) refermer la porte, mais n’y arriva pas.
Je connais peu de gens qui ouvrent grand leur porte la nuit à quelqu'un qui ne daigne pas se faire connaître !
Ses frères vinrent à son aide, mais (ce "mais" n'est pas très approprié) à eux tous ils n’y parvinrent pas mieux. Alors, ils furent saisis du tremblement de la peur (quelle drôle de formule !) et supplièrent : « Au nom de Dieu, parlez! Qui êtes-vous et qu’est-ce que vous voulez ? »
Non là, ils ne supplient pas, ils questionnent plutôt [#] Rien (Personne) ne se montra, seule une voix sourde se fit entendre. Elle disait : « Qui je suis, vous l’apprendrez à vos dépens si, tout à l’heure, l’arbre que vous avez mis en travers de la route n'est pas rangé contre le talus. Voilà ce que je veux. Venez. » [#] Ils allèrent tels qu’ils étaient, c’est-à-dire à moitié nus, et confessèrent par la suite qu’ils n’avaient même pas senti le froid tant l’épouvante les possédait tout entiers. Quand ils arrivèrent sur les lieux, près du corps de l’arbre, (le corps de l'arbre ?) ils virent qu’une charrette étrange, basse sur roues, attelée de chevaux sans harnais, attendait de pouvoir passer. Ils se dépêchèrent, encouragés par leur frayeur, de replacer le tronc à l’endroit où ils l’avaient trouvé. Et l’Ankou toucha ses bêtes en disant : « Parce que vous aviez barré la route, vous m’avez fait perdre une heure : c’est une heure que chacun de vous me devra. Et si vous n’aviez pas obéi incontinent à mon injonction, vous m’auriez dû autant d’années de votre vie que l’arbre serait resté de minutes en travers de mon chemin. »
[#] La veillée se prolongea tard, chacun donnait de sa réplique pour commenter les fables du vieil homme. La dernière nuit du Nouvel An que celui-ci s’amusa à mener, car, dans la jovialité du moment, personne n’avait remarqué que le coq avait chanté en plein milieu de la nuit. [#] Deux jours après, le doyen n’était plus. [#] La vie fit que le jeune Neven n’assista plus à ces soirées de fêtes, et bien vite il délaissa ce que le vieil homme (répétition, il n'a pas de nom le pauvre ?) lui avait appris. Jamais il n’avait pensé qu’un jour tous ces contes le toucheraient de la main. Et à aucun moment ces légendes ne ressurgirent de sa mémoire. [#] Il oublia…
Étrange, son frère allait pourtant lui aussi à ces veillées… pourquoi n'y sont-ils pas retourné une fois revenus au village ?
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|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Sam 3 Sep 2011 - 23:11 | |
| ________________________________________ [#] Yvan, un de nos rares voisins, devait approcher les quatre vingt ans mais restait d’une jeunesse exemplaire, autant physiquement que mentalement. Il avait toujours habité là et avait bien connu nos parents. On pouvait presque dire qu’il nous avait vu naître, mon frère et moi. [#] En avalant mon café, la nuit dernière me revint à l’esprit. Il fallait, après le petit déjeuner, que j’aille refermer la grande porte de la vieille cave, sinon quelques vagabonds y trouveraient (pourraient y trouver non ?) refuge, ce qui aurait été peu rassurant par les temps qui couraient (par les temps qui courent). J’enfilai mes bottes en cuir une demi-heure plus tard dans ce but et sortis de l’armoire un vieux manteau de laine foncée qui avait appartenu à mon père. Il devait maintenant être juste à ma taille.(virgule) J’avais dû prendre une tête de plus durant ce dernier automne et mon ancien pardessus ne m’allait plus. [#] Dehors, une brume épaisse flottait encore sur les champs alentour. Les quelques maisons voisines étaient visiblement toutes réveillées et de la fumée sortait de leurs cheminées. L’hiver se découvrait (formule maladroite) rude cette année et les réserves de bois commençaient à s’amenuiser. C’est pourquoi nous réservions les flambées pour le soir. Des cinq demeures du lieu, nous restions les seuls à ne pas sentir bon cette odeur de bois brûlé.
Je n'ai jamais senti l'odeur du bois brûlé sur une maison… bizarre comme image… et puis le bois brûlé, c'est de la cendre !
Même quand Solenn ou moi étions là, nous ne chauffions pas la journée.(redite) Nos petites économies ne nous le permettaient pas. De temps à autre, le vieil Yvan m’offrait un verre de vin chaud près de son foyer où il faisait fumer le jambon. Il me parlait de mon père, et de ma mère. Sa compagnie m’était agréable. [#] Le double battant de vieux bois était à nouveau clos et, en essayant de le rouvrir, je manquai d’en garder la poignée dans les mains et la laissai pendouiller, détachée de trois de ses vis tombées à mes pieds. Elle n’était plus retenue que par une seule encore en place mais largement desserrée. [#] - Qu’est-ce tu lui veux à ce pauvre pressoir, Neven ? Prends donc garde à ce qu’il ne s’écroule pas sur toi !
Qui parle ?
[#] Il était vrai qu’il aurait suffit de peu pour que je me retrouve enseveli sous toutes ces vieilles pierres. Il manquait plus du tiers des ardoises à la toiture et c’était certainement le lierre grimpant sur tous les pans qui consolidait les murs. Cette gaine de plantes leur permettait encore de tenir debout.
Un lierre, c'est singulier !
[#] - Salut Yvan, j’aurais juré que la grande porte était ouverte cette nuit, durant l’orage. Je venais pour la refermer, mais… j’ai dû me tromper, je n’arrive pas à la faire bouger d’un pouce. Je pense que si j’y parvenais, elle ne tiendrait pas sur ses gonds et me tomberait dessus. [#] Il s’approcha pour examiner l’ouverture de plus près et remit en place avec précaution la poignée, sans réussir à lui redonner sa fonction première.
fonction ? Je vois mal ce que ce terme vient faire là
Mis à part les craquements dans le bois que cela occasionna, nous en restions (temps ou verbe inapproprié) au même point. Il la relâcha et la laissa se balancer. La dernière vis menaçait de tomber elle aussi à tout moment, et peut-être était-ce ce qu’elle avait de mieux à faire. Rien ne pouvait laisser croire que cette porte avait pu s’ouvrir d’une façon ou d’une autre depuis dix ans au moins. [#] - Cette cabane n’a pas été ouverte depuis belles lurettes. Elle ne voit la lueur du jour que par le trou qu’elle a dans le toit. La foudre t’aura fait avoir des hallucinations Neven ! Il faut dire que cette nuit, il y avait de quoi faire des cauchemars ! Bon, je vais abattre un peu de bois. Je vous en apporterai quelques bûches au retour. Peut-être ton frère sera-t-il rentré. [#] - Justement, j’ai failli oublier ! J’ai pour instruction de t’inviter pour la soirée. Je ne sais pas à quelle heure Solenn sera de retour, mais viens quand tu le souhaiteras. Au fait, fais attention à toi dans les bois, il y a encore eu un accident la semaine dernière. Deux doigts en moins sur dix, ça n’en laisse plus que huit ! C’est pas de chance !
Bizarre cette histoire de doigts pour abattre du bois…
[#] Il hocha la tête et, déjà, je ne le voyais plus. [#] La journée passa à nettoyer un peu la maison, à laver le linge.
Une journée qui fait le ménage, chic, je veux la même ! lol L’eau qui avait gelé à mesure qu’elle était tombée du ciel commençait à fondre dans la cour, mais assez lentement pour ne pas arriver jusqu’à notre seuil.
Euh… il a plu partout sauf près du seuil… c'est magique !
Je m’autorisai un peu de repos en début d’après midi et parcourus le journal quotidien qui m’avait été livré dans mon lit. Je m’attardai un peu sur la bande dessinée en dernière page : un western parfaitement illustré qui racontait la vie d’un cow-boy rebelle sans cesse confronté à des situations rocambolesques. Un bon divertissement pour se vider l’esprit. Je n’aimais pas vraiment passer du temps au village avec les autres jeunes de mon âge. Ils allaient presque tous au lycée de la ville voisine, et nos sujets de conversation étaient bien différents, nos préoccupations pas les mêmes (à reformuler). Je ne me sentais pas à l’aise en leur compagnie, même avec ceux avec qui j’avais grandi à l’école primaire. Nos chemins s’étaient séparés et semblaient ne plus pouvoir se rejoindre. Je préférais de loin rester chez moi. [#] Le soir tomba rapidement et j’allumai les quelques brindilles qui nous restaient dans le foyer pour y faire griller une trentaine de châtaignes, notre repas du soir avec du lait froid (pourquoi froid ?).
À noter qu'ils vivent près d'une forêt… quasiment tout le monde fait son bois dans ces conditions… et sans transport, il n'est vraiment pas cher à acheter. Sans compter que les deux garçons doivent quand même bénéficier de la solidarité des habitants du village dont ils sont natifs.
C’était peu, mais bon. Et ça tenait bien au corps pour passer la nuit sans avoir faim. [#] Trois coups résonnèrent sur la porte. J’ouvris en hâte au vieil Yvan qui se pressa d’entrer. [#] - Quel froid ce soir, garçon ! Mes cheveux sont tout gelés, regarde, et je ne sens plus mon nez. Fais-moi brûler bien vite une de ces bûches. Ce n’est pas le foin que tu as mis là qui va réchauffer cette maison ! [#] Il laissa tomber à terre six bons morceaux de chêne. Ce bois était le bienvenu et je ne me fis pas prier. J’en lançai un par-dessus les minces flammes qui vivotaient. Quelques unes, plus belles, commençaient (temps mal choisi) à lécher l’écorce. Bientôt la lueur dansante d’un feu vigoureux enrobait (temps mal choisi) la pièce. [#] La porte d’entrée s’ouvrit soudain à la volée, laissant apparaître Solenn. Il tenait entre ses doigts (on tient rarement avec autre chose… ^^) les pattes jointes d’un poulet plumé et serrait sous son bras un paquet enveloppé de papier kraft. Ses cheveux, aussi bruns que les miens, étaient fraîchement coupés, découvrant largement ses oreilles rougies par le froid. Contrairement à moi, il avait hérité des yeux bleus de notre père, et ceux-ci paraissaient presque translucides, aussi glacés que le lac sur lequel nous avions glissé le week-end dernier.
Bigre, le climat est plus est drôlement plus rude que je ne le pensais en Bretagne ! Pourtant le climat océanique, c'est réputé pour ses hivers doux non ? Parce que pour geler un lac, il faut des semaines à très basses températures ! (moins 5 c'est loin de suffire hein !).
[#] - Brrr…! On se gèle les mains dehors, frangin ! Salut Yvan.
Que les mains ?
[#] Celui-ci s’était assis près de l’âtre sur une chaise en bois et n’avait de cesse de se moucher dans un carré de tissu beige. [#] - Bon anniversaire Neven, me lança joyeusement mon frère en me tendant le paquet. Je te le souhaite un peu plus tôt que prévu, je dois travailler demain soir. Je suis navré. Mais j’ai là de quoi avancer la date. Un bon poulet à rôtir et ton cadeau !
Et alors, ça va l'empêcher de voir son frère ? La journée, c'est pas que le soir… et puis il va bien rentrer après sa soirée finie non ?
[#] Il posa la volaille sur la table et enleva son manteau qu’il jeta avec légèreté sur une autre chaise. Je baissai les yeux pour cacher ma déception. [#] - Je passerai te faire payer un verre, me lança l’ancien. On n’a pas dix sept ans tous les jours ! Je viendrais te raconter les miens. [#] Le vieil Yvan avait dû deviner mon amertume à l’annonce de mon frère (précision inutile), son absence le jour de mon anniversaire. Je fus réconforté qu’un ami serait (lol… grosse faute d'accord !) avec moi ce soir-là, et que je ne resterai pas seul. [#] - Et bien, débarrasse moi de ça, fit Solenn en me tendant le paquet, il faut que je mette notre repas à dorer !
Ben ils sont pas près de manger… ^^
[#] Je saisis le cadeau avec une curiosité mêlée de timidité. Mon frère me fit signe de l’ouvrir et j’arrachai le papier pour découvrir une boîte en carton sans aucune inscription. En ouvrant le couvercle, un chapeau de feutre noir m’apparût. Il était neuf et avait dû coûter cher. La finition était irréprochable et la qualité du travail à la main bien visible. De forme ronde, avec une doublure de soie à l’intérieur, c’était un très beau couvre-chef. [#] - L’hiver, il te tiendra chaud et l’été sa doublure s’enlève pour te protéger du soleil.
Je ne comprends pas très bien comment une doublure en soie peut protéger du soleil.
[#] Je l’essayai et me rendis compte qu’il m’allait à la perfection. (bof comme tournure) [#] - Merci beaucoup Solenn, j’en prendrai soin. [#] Je posai le chapeau sur la table avant de nous servir un verre de la dernière bouteille de cidre qu’il nous restait. Nous trinquâmes à ma santé, et au froid qui, malgré sa rudesse, nous garantirait (erreur de temps et n'est-ce pas parce qu'il est rude qu'il garantit ça ?) un beau printemps. [#] Nous passâmes une agréable soirée. Yvan repartit après le dîner qu’il resta partager avec nous (><). La fatigue tombait (elle s'est pas fait mal au moins… lol) et il était temps d’aller nous coucher. Mon frère m’embrassa sur le front, m’envoya une petite tape sur l’épaule et me souhaita une bonne nuit.
[#] Le vent soufflait et sifflait en s’engouffrant dans la charpente. Au début, je croyais que j’étais encore endormi, semblant entendre dans ces méandres (quels méandres ? comprends pas l'allusion) un tintement de clochettes. [#] Puis une odeur de bougies soufflées parvint à mes narines. Au réveil, deux heures et quarante deux minutes venaient de s’afficher. Je posai un pied sur le sol quand j’entendis un ronflement sonore provenir de la chambre voisine. Manifestement, Solenn dormait toujours (ben euh… à deux heures du mat aussi ^^), digérant le copieux repas de la veille. Le parfum de bougie s’effaçait peu à peu, mais je décidai quand même de me lever (berk la vilaine tournure) pour m’assurer que rien ne brûlait. Ce n’était pas le moment de laisser prendre un incendie.
Ah parce que normalement c'est pas grave ? … lol
[#] Les hululements d’une tempête approchante se laissaient entendre.(>< tournure et mots incorrects) Dehors, la nuit était d’une noirceur opaque. Dans la cheminée le feu s’éteignait, seules quelques cendres incandescentes (des cendres ne peuvent être incandescentes) rougeoyaient encore faiblement. Pas de lumignons ; plus d’odeur non plus. [#] Subitement, le bruit d’un petit carillon chantant revint encore à mes oreilles, mais plus distinctement cette fois-ci. Cela provenait de l’extérieur. J’avais l’impression que c’était juste sous le porche. J’entrouvris la porte et jetai un œil de l’autre côté. Le froid me saisit tout de suite au visage. Le vent, cinglant, me força à fermer les yeux et me brûla les paupières. C’est là que je l’entendis clairement, entre les plaintes des arbres pliant sous les bourrasques. C’était droit devant, mais je ne pouvais plus rien voir. [#] Mon cœur commença à battre plus fort, puis je ressentis une sensation étrange et désagréable. Je refermai d’un geste rapide la porte et la verrouillai à double tour. Me frottant les yeux pour les réchauffer, je tendis l’oreille. Plus rien. Qu’est-ce que c’était ? Ce n’était pas mon imagination cette fois-ci, comme la nuit dernière avec la porte de la vieille cave ? La vieille cave !
Cave ou pressoir ? Faut choisir, ce n'est pas la même chose.
Je courus à la fenêtre de la cuisine. Effaçant du revers de la main la buée qui s’était formée sur la vitre, je scrutai l’obscurité. Je retournai près de la porte d’entrée appuyer sur l’interrupteur qui allumait la lumière extérieure et recollai mon visage à la fenêtre, les mains en visière autour des yeux pour mieux voir. Le double battant de l’ancien pressoir était grand ouvert ! Non, non, je devais rêver…
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________________________________________ [#] En prenant une grande inspiration, je me résolus aussitôt à aller voir sur place. Sans doute que le vent, encore une fois, avait réussi à l’ouvrir d’une façon qui m’était totalement inconnue. Une vieille cloche à chèvre était sûrement accrochée à l’intérieur et frissonnait sous les rafales comme un grelot, attisant mes peurs enfantines. [#] J’enfilai mes bottes et mon manteau de laine. Je pris soin de bien enfoncer mon nouveau chapeau sur mes oreilles pour ne pas qu’il s’envole. Fallait-il que je réveille Solenn ? Je n’en avais pas pour longtemps. Juste refermer cette satanée porte moisie et je reviendrai me réchauffer sous mes draps dans deux minutes. De plus, il aurait (formule incorrecte, je conseillerai de tourner la phrase autrement) une dure et longue journée demain, il avait besoin de repos pour faire le plein d’énergie. Il fallait que j’y aille seul. Et puis, je n’étais pas un peureux, pas plus trouillard que la moyenne.
Ben c'est juste du vent et une porte hein !
[#] Je pris garde à ne pas faire trop de bruit et, repoussant la porte d’entrée derrière moi, je commençai à marcher vers la cave une main sur mon chapeau, me penchant en avant pour lutter contre le vent qui me repoussait (répétition… de plus, toutes les portes d'entrée que je connais s'ouvrent vers l'intérieur, donc quand on sort, on la tire pour la refermer) en arrière. Le cadeau de mon frère m’offrait une bonne protection contre la pluie (Ah ? Il pleut aussi ? Depuis quand ?) et, grâce à son large rebord, j’arrivai à entrouvrir les yeux, ce qui me permettait de voir un peu. [#] Je m’arrêtai brusquement. Derrière le flou que produisaient mes larmes de froid, je vis distinctement la lumière statique d’une lampe dans le fond du vieux pressoir à vin (à vin ? On n'est pas en Bretagne !). C’était bien ce que je redoutais. Un ou des vagabonds venaient y trouver un abri la nuit tombée. Je n’y aurai pas vu d’inconvénients s’ils ne faisaient pas autant de dégâts dans la région : Pillages des poulaillers, des maisons, et même une fois un homme du village s’était fait tabasser par l’un d’eux. Pourtant, une question me taraudait l’esprit : comment faisaient-ils pour entrer ? D’autant plus que j’en avais (à quoi renvoie ce "en" ?) à moitié arraché la poignée le matin même. Le bon sens me dictait de rebrousser chemin, mais ma curiosité l’emporta. J’allai jeter juste un coup d’œil par une des minces ouvertures excavées dans la façade, juste pour savoir qui étaient les opportunistes. J’avançai d’un pas hésitant mais ne me posai plus vraiment de questions. [#] Arrivé à l’interstice, j’approchai mon visage pour voir, en prenant bien soin de ne pas me faire repérer. Dans le coin gauche du bâtiment était posée une vieille barrique, avec trois caisses de bois disposées (posé, disposé… ><) autour, comme des tabourets. Au mur d’en face était accrochée une vieille lampe à pétrole dont la lumière donnait une lueur singulière au lieu. Un tas d’anciennes bouteilles vides traînaient par terre, recouvertes de poussière au moins tricentenaire. (Ah quand même !)
Mais j’avais beau balayer l’endroit du regard, je ne voyais pas de traces d’hommes… (pas beau) [#] Soudain, j’entendis au loin un hurlement qui me glaça le sang encore plus qu’il ne l’était déjà. Un hurlement tel une longue plainte volant au dessus des champs. [#] Je n’en avais jamais entendu dans les environs avant cette nuit, et je n’avais écouté personne non plus rapporter qu’il en avait vu par ici.(virgule) Mais je ne rêvais pas, c’était bien le cri d’un loup ! J’avais pu en entendre autrefois quand, petits, notre père nous emmenait en randonnée dans les Pyrénées. Après avoir été décimés en France, les premiers loups Espagnols rejoignaient (temps incorrect) notre pays. Mais ils restaient rares et craintifs. Je n’en avais jamais croisé mais (répétition) leurs chants à la tombée de la nuit se révélaient être un cadeau à qui tendait l’oreille. J’avais eu moi-même cette chance. Bien à l’abri dans notre chalet, aux creux des bras de notre père, la peur ne nous prenait pas. Cette nuit, dehors et sans quiconque pour me protéger, je ne me sentais pas aussi rassuré que dans mes souvenirs. Toutefois, je repris assez vite mes esprits et, la frayeur passée, j’étais plus surpris et déconcerté qu’autre chose. Comment un loup aurait-il pu arriver jusqu’à (><) nos régions sans se faire remarquer ? D’autant plus qu’en général, les loups se déplaçaient en meute, du peu que j’en savais. Non, impossible. Je devais divaguer. Cela ne pouvait être qu'un chien. Un simple chien. [#] - L’ont-ils senti ? [#] Je sursautai en entendant la voix s’élever de l’autre côté du mur. Elle se faufilait jusqu’à mes tympans, basse et grave. Il y avait donc bien quelqu’un. Une autre voix plus forte et plus ardente répondit. [#] - Oui, ils l’appellent. Ce sera bien cette nuit. [#] Je savais à présent qu’ils étaient au moins deux. Je compris qu’ils se tenaient juste de l’autre côté, à peine à quarante centimètres de moi. C’était pourquoi je ne les voyais pas. Juste l’épaisseur des pierres nous séparait. Que pouvais-je faire ? Je n’étais certainement pas de taille contre deux hommes s’ils décidaient de ne pas être bienveillants. [#] Alors que je décidai que j’avais pris assez de risques, une silhouette sombre passa devant la fente qui me servait d’observatoire. Il était grand, avec des épaules carrées, imposantes. Je fis un pas en arrière et constatai qu’il me tournait le dos. Je n’en voyais que son épais manteau de laine usé et sa longue chevelure blonde ondulée qui lui tombait jusqu’aux omoplates. Il se déplaçait vers le tonneau qui leur servait de table. L’autre restait dissimulé. Que pouvait-il faire derrière ce mur ? [#] - Je vais enfin pouvoir me reposer, reprit la voix basse, ce n’est plus qu’une question de quelques heures. [#] Je vis alors une forme bouger juste en face, dans le recoin gauche. Je ne l’avais pas remarqué avant car ses vêtements, d’une couleur sombre, se confondaient avec la couleur de la terre, mais un troisième homme était tapi dans l’obscurité. Je frissonnai à l’idée qu’il aurait pu me voir depuis le début, mais dans ce cas, sans doute aurait-il averti ses compagnons… Il se leva et me parut assez grand lui aussi, mais plus mince et plus élancé que l’autre. Il avait sur le nez de minuscules petites lunettes rondes, les verres pas plus gros que des pièces de monnaie de (euh..) un Euro. Ses cheveux courts grisonnants étaient coiffés minutieusement sur le côté. Il n’avait certainement pas l’allure d’un vagabond. [#] - Il faut partir, dit ce dernier à l’adresse du plus costaud. Nous n’avons plus beaucoup de temps. Le moment est venu. [#] Il fallait que je rentre vite. Ils allaient sortir et tomberaient nez à nez avec moi. Leur discours était des plus étranges et je ne croyais pas à leur innocence d’âme. [#] Ainsi, je virevoltai pour prendre le chemin du retour. C’est avec peine que je ravalai un cri quand je m’aperçus que j’étais coincé entre le mur et une bonne vingtaine de loups ! Je ne les avais pas entendus m’entourer, certainement trop occupé à mon espionnage. Solenn m’avait toujours dit que j’étais trop curieux, que c’était un défaut qui m’occasionnerait des soucis. C’était chose faite ! [#] C’est alors que j’entendis des pas sur le côté. L’homme taillé comme un bûcheron se présentait à l’entrée du pressoir, moitié dedans, moitié dehors. Une fine moustache dorée tombait de chaque côté de sa bouche, rejoignant une petite barbe en pointe. Ses yeux renvoyaient un gris pâle, surplombés par de grands sourcils du même blond que ses cheveux longs (construction de phrase à revoir). Il me dévisagea sans jeter un regard aux fauves qui grognaient à trois mètres à peine. [#] - Prenez garde aux loups, lui chuchotai-je en gardant ceux-ci à l’œil. [#] Je pensais qu’il ne m’avait pas entendu, ma voix paraissait si faible sous la tempête. Mais il les regarda et, d’une voix gutturale, s’adressa à eux dans un langage que je ne connaissais pas. Je fus tout d’abord surpris, mais je vis les canidés s’écarter, me créant un passage parmi le groupe scindé en deux. L’homme me sourit. Je ne savais pas vraiment comment traduire ce sourire, mais je ne laissai pas l’occasion filer. D’une démarche incertaine je m’engageai dans la haie d’honneur formée par les fauves. Mes pas lents et peureux se transformèrent petit à petit en course alors que je ne sentais plus mes jambes tant la peur les engourdissait. C’est ainsi que, laissant la meute derrière moi, j’arrivai en une quinzaine de foulées à quelques pas de la maison. La pluie me fouettait toujours le visage, de façon moins intense dans ce sens qu’à l’aller mais assez pour m’empêcher de bien voir devant moi, malgré la protection que m’offrait mon chapeau. Du dos de la main et tout en continuant d’avancer, j’essuyai l’eau qui coulait sur mes paupières et relevai la tête. [#] Je m’arrêtai net, le souffle coupé et le cœur prêt à se figer. Sur le porche, une silhouette noire me faisait face, immobile. Je restai un instant à me demander quoi faire. Passer en force ne me paraissait pas la meilleure idée ; et puis je ne savais pas ce que me voulait cet homme. Je ne savais même pas qui cela pouvait être. Peut-être fallait-il m’en informer tout d’abord : [#] - Qui est là ? hasardai-je sans conviction.
Quand on dit "qui est là ?" c'est qu'on ne voit pas la personne… il devrait plutôt demander : "Qui êtes-vous ?"… enfin personnellement j'aurais même mis : "Que voulez-vous ?" parce que là, la question de l'identité me paraitrait secondaire …
[#] Je n’eus pas de réponse (pas très élégant encore une fois). L’homme ne bougeait pas. Il était vêtu d’un long pardessus noir et une capuche rabattue sur son crâne lui cachait la face.
Le crâne est vachement plus haut que la face !
[#] - Qui est là ? lançai-je un peu plus fort. [#] Rien. Comme il ne me répondait toujours pas, je commençai à avancer en sa direction, en espérant que Solenn m’aurait entendu et viendrait à ma rescousse par l’intérieur de la maison.
Comment son frère à l'intérieur pourrait-il l'entendre avec le bruit de la tempête ?
Je n’étais maintenant plus qu’à quelques enjambées de l’inconnu et décidai qu’il était plus sage de rester à distance. Je renouvelai une nouvelle fois ma question : [#] - Qui est là ?! Que voulez vous ? Parlez !
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________________________________________ [#] L’ombre noire (l'ombre ? ce n'est plus un homme ?) releva la tête mais je ne voyais toujours pas son visage dissimulé dans l’ombre de sa capuche. Elle avança alors d’un pas et c’est là que je découvris qu’elle tenait une sorte d’outil, une faux ! Non mais je ne sais pas si tu as déjà vu à quoi ressemble une faux ! Impossible de ne pas la voir ! lol
Je restai paralysé et la sueur commença à perler sur mon cou. Je m’empêchai de raisonner, car je me rappelai de cette créature et la reconnus. Ah… il l'a déjà vue ? Les anciens en parlaient parfois lors des veillées, dans les légendes du pays, dans leurs souvenirs de vieux récits déformés par le temps. J’avais assisté une fois, il y a longtemps, à une de ces soirées mais jamais je n’aurais cru une seule fois (pourquoi une seule fois ? Je ne comprends pas la fonction de cette formule) que ces histoires pouvaient être vraies. [#] Je déglutis le peu de salive que je trouvai dans ma bouche et sa voix me parvint comme un coup de couteau dans les vertèbres. [#] - C’est moi, l’Ankou, camarade ! Pourquoi "C'est moi"… et pas "Je suis" ?
[#] Je reconnus ce timbre, doux et calme comme la mer avant un déluge. Aussi froid que le vent qui me gelait les mains. C’était celui que j’avais entendu de l’autre côté du mur de la vieille cave. C’était celui de la mort ! Je trouve cette déduction incorrecte… de l'autre côté du mur il a entendu la voix d'un inconnu, au mieux, celle d'un vagabond. Il n'a jamais entendu la voix de la mort. Comme cela me parut évident alors… Je paniquai et fus pris d’un spasme respiratoire qui me coupa le souffle durant un instant. [#] - Non, non ! Je ne peux pas mourir. Pas maintenant ! réussis-je enfin à articuler d’une voie aigue. [#] Comme il (elle ! la mort c'est féminin) ne répondit pas, je continuai, suppliant : [#] - Je suis jeune, laisse-moi encore quelques années… Ah, il est pote avec la mort ? Il la tutoie ? [#] Le silence de la nuit m’oppressait. Seule sa voix résonna jusqu’à moi, dans la trêve que nous offrait la tempête, fuyante (><) devant lui (elle si le sujet est toujours "la mort"). [#] - Le temps de la mort est là, souffla t-il, plus proche de nous chaque jour, pour les uns comme pour les autres... Tel est notre chemin. [#] Le sifflement d’une bourrasque perdue passa entre nous. Ne comprenant rien à ses paroles, je songeai à marchander mon existence, mais il me coupa avant que je n’ouvre la bouche. Contradiction : s'il songe à marchander, c'est qu'il a très bien compris
[#] - Je ne veux rien contre ta vie, si c’est ce à quoi tu penses. Si je pouvais écouter les gens, ils m’offriraient toutes leurs richesses pour que je puisse les laisser partir en paix. Mais je ne les épargne jamais, et je ne le ferai pas plus avec toi qu’avec les autres. [#] Il se rapprocha lentement, comme flottant dans les airs. Je pouvais distinguer à présent comme deux rubis flamboyants qui me fixaient à la place de ses yeux. [#] Il continua, maintenant à deux pas de moi : [#] - Il y a certaines personnes qui oseraient me défier... S’ils me croisaient, ils essaieraient de m’affronter pour leur survie. Tu es plus rusé, n’est-ce pas ? [#] Il sembla alors me renifler, je ne savais comment puisque je ne lui voyais pas de nez. Je frissonnai. [#] - Je suis ton plus proche ami, reprit-il. Celui qui n’attend que l’ordre de t’emporter et qui veillera sur toi jusqu’à destination. [#] Il sembla alors me dévisager, puis en l’espace d’un temps que je ne pus compter, il passa derrière moi et me murmura juste à l’oreille. Comment peut-il en juger puisque l'Ankou n'a pas d'yeux ?
[#] - Pauvre homme, je viens t’appeler. C’est moi l’Ankou dont on ne se rachète pas. [#] Son haleine glacée était venue caresser ma nuque et, un instant, je crus qu’il allait me la trancher là, avec sa faux, maintenant. Mais au lieu de cela, il se replaça devant moi, à un bon mètre, semblant attendre. Mon instinct refit surface et mon cerveau se mit à fonctionner à toute vitesse. Il me fallait fuir, vite. COURS ! [#] Je détalai, manquant de déraper sur le sol givré. Givré ? Il pleut ! Comment le sol peut-il être givré ? Je courus aussi vite que mes jambes l’acceptaient. J’abandonnai tout derrière moi. La maison, Solenn. [#] Je n’avais pas pensé à mon frère en prenant la fuite. Je n’avais pu me réfugier chez moi à cause l’Ankou qui me barrait le passage et j’étais parti vers l’Est, sans réfléchir plus (mot inutile). L’Ankou ne s’en prendrait pas à lui. Je ne savais pas pourquoi, mais j’en étais certain. C’était moi qu’il venait chercher. L’Ankou, depuis combien de temps n’avais-je pas prononcé ni même entendu ce nom ? Et maintenant que je le fuyais, je ne doutais plus une seule seconde de sa réelle existence. [#] Le sentier sur lequel je filais était glissant. On commençait à repérer les premiers arbres de la forêt voisine. Hum… un être humain qui fuit ainsi, son premier réflexe c'est l'abri et l'appui de ses congénères… donc > direction une maison voisine, pas la forêt ! Je ne pouvais déjà plus respirer, l’air froid m’embrasait les poumons. Il me fallait trouver un refuge, une cachette pour échapper à la mort. Mais qui pouvait se dérober devant elle, une fois qu’elle vous avait pris pour proie ? Et la pluie, elle est où la pluie ?
[#] Je m’arrêtai pour me cacher comme je le pus derrière un gros châtaignier, me brûlant et griffant au contact des orties et des ronces dont je troublais la tranquillité. Pas d'orties en plein hiver ! >< De plus n'a-t-il pas des bottes et un épais manteau ? Les loups hurlaient à l’horizon. Avais-je été assez orgueilleux, ou naïf, au point de penser que je pouvais semer la mort personnifiée ? Pourquoi "personnifiée" ? Qu’importe, il ne fallait pas abandonner. Je me remis à courir, courir, sans même regarder où j’allais. Je commençai à pleurer. Je n’avais pas pleuré depuis si longtemps… Tout à coup, je me pris les pieds dans les racines d’un des arbres (on se doute que c'est pas des racines de nuage hein ! ^^) qui peuplaient le cœur de la forêt, et je ressentis une douleur intense à la tête. [#] Oh, cela ne dura pas longtemps. Même pas assez longtemps pour avoir compris ce qu’il s’était passé.
[#] La lune brillait au-dessus de moi, elle semblait me sourire. Ah, vachement vite parti la tempête du siècle dis donc ! Puis une chaleur douce m’envahit. Je n’entendais plus les loups, je n’avais plus peur. Je me souviens avoir pensé que j’aurai une sacré bosse le lendemain matin. Mais ce moment de répit ne dura pas. J’entendis des pas non loin de là. C’était lui, sûrement, encore ! Il fallait que je me relève pour continuer ma course. Mais impossible de bouger ! La violence de la chute et le choc sur ma tête m’avaient enlevé tout contrôle de mes membres ! J’étais perdu. [#] Les pas s’arrêtèrent tout près, puis un visage se pencha sur moi. Au début je n’arrivai pas à accommoder ma vue. Ce fut sa voix que je reconnus. [#] - Il est là ! Je l’ai trouvé ! Mon dieu… [#] C’était Yvan, j’étais sauvé. Un autre homme s’approchait. J’essayai de leur dire que je ne pouvais plus bouger, mais en vain. Je ne pouvais pas plus parler qu’ébaucher le moindre geste. Que font-ils en plein milieu du bois en pleine nuit ? Avec quoi s'éclairent-ils ?
[#] Ce que j’entendis le père Yvan dire ensuite me terrifia. - Vois Baptiste, j’ai trouvé le pauvre petit… C’en est fini pour lui… Va prévenir qui s’en faut, et surtout empêche Solenn de venir jusqu’ici. Je reste là… [#] L’homme qui l’accompagnait, un de nos autres voisins (><) qui s’était installé depuis peu dans le village, ne répondit pas et s’éloigna. [#] J’étais mort avait-il dit ? Je n’arrivai pas à le croire. C’était donc ça la mort ? Pas de paradis promis, encore moins de néant ? Juste rester coincé là, dans un corps qui ne nous répond plus ! [#] Yvan s’assit près de moi et me passa un de ses vieux mouchoirs sur le front. Celui-ci fut en peu de temps imprégné de sang rouge et poisseux. Mon sang. (comment le sait-il ? On ne peut pas voir ce qui se passe sur notre front)
Je l’entendis alors sangloter. Cela me fit mal de penser qu’il était triste à cause de moi. Je m’en voulais tellement. [#] - Neven, murmura-t-il entre deux soupirs. Que s’est-il passé ? Pourquoi es-tu venu dans ces bois au beau milieu de la nuit ?… Je ne comprends pas… Je ne comprends pas.
[#] Sans doute mon frère s’était-il réveillé après mon départ et s’était rendu compte de ma disparition. Comme ce n’était pas mon habitude de m’absenter en pleine nuit, il avait certainement frappé à la porte de quelques voisins. Ceux-ci lui avaient prêté main forte pour me chercher. Voilà comment ça avait dû se passer. Et c’est Yvan qui m’avait trouvé, là, gisant par terre dans cette forêt glaciale, en train de me vider de mon sang. Non mais comment en sont-ils venus à la conclusion qu'il était parti en forêt ? En pleine nuit ? C'est le dernier endroit où je l'aurais cherché à leur place. Et puis c'est immense une forêt… la visibilité y est réduite… pour trouver un corps, il faut vraiment arriver dessus, et en pleine nuit, on n'en parle pas, il faut littéralement marcher dessus ! Une mamie atteinte d'Alzeihmer s'est perdue l'an dernier dans nos bois… en pleine journée (elle a échappé à ses proches à la sortie d'une messe)… ils l'ont cherché tout de suite, sachant que n'ayant plus de tête, elle pouvait être allé n'importe où… on a retrouvé son corps six mois plus tard ! Pourtant des centaines de personnes l'ont cherché, chiens de piste, hélicoptères… et le début des recherches, c'était de jour ! (le village est petit, donc ils ont vite cherché dans les bois).
[#] … Mon pauvre frère ! Il se retrouvait à présent seul. [#] Jamais je n’aurai mes dix-sept ans. [#] Nous étions le Vingt et un décembre et j’étais mort ! (euh, je crois que je m'en ficherais de la date moi à sa place… lol)
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|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Sam 3 Sep 2011 - 23:12 | |
| ________________________________________ [#] CHAPITRE 2
[#] Enfin je la voyais cette sacrée lumière, ou lumière sacrée, je ne savais plus et peu m’importait. L’important, c’était qu’elle soit là, comme dans les livres. Elle allait m’emporter vers un monde meilleur, vers le paradis ! Ce n’était pas si dur en fait de la trouver. Pas de long tunnel, pas de fleuve à traverser, juste la laisser venir. [#] Peut-être maman viendra-t-elle me chercher ? Elle sera contente de me retrouver, et moi, je la serrerai fort dans mes bras. C’était ce que je pensais... [#] Où se trouvaient mes bras et tout le reste de mon corps ? Je ne les voyais plus. Bah… ! Je n’en aurai plus besoin à présent. Et Yvan où était-il ? Je ne l’entendais plus non plus. J’avais quitté le monde terrestre. Je planais, béat, vers la lumière blanche, chaude et réconfortante. [#] Une silhouette au loin. Maman ! Quelle joie j’éprouvai ! Mais plus je m’approchais, plus cette silhouette me paraissait familière. Pourtant, elle ne ressemblait en rien à celle d’une femme. Ce galbe se rapportait plus à celui d’un homme, habillé d’un long manteau noir, une capuche baissée sur sa tête penchée en avant, et une faux à la main ! Encore lui ! Cela ne lui suffisait pas d’avoir causé ma mort, il fallait en plus qu’il me poursuive outre tombe ! [#] - Que voulez-vous de plus ? Je suis mort ! le dardai-je furieux. [#] Il releva le visage vers moi et à ma grande surprise leva le bras pour ôter son capuchon. Je m’attendis à une vision horrible, une tête de mort, une peau putréfiée, un semblant (pourquoi "semblant" ?) de mort-vivant en somme. Bref, à tout ce que j’avais pu entendre dans ces fameuses histoires pour faire peur, lors de ces veillées avec les anciens quand j’étais petit et qui remontaient à présent à la surface. Mais au lieu de ça, un homme brun d’une quarantaine d’années, les cheveux lisses et le regard rompu (regard rompu ?), se tenait devant moi. [#] - Qui êtes-vous ? lui demandai-je. [#] - Mon travail est terminé, camarade. Tu es bien vivant car la mort n’est qu’un passage. Je suis l’Ankou, ton guide et ton ami. [#] - Mon ami ? Vous m’avez tué ! [#] - Je ne suis pas ton bourreau. Tu t’es tué seul, par ta précipitation et ton manque de réflexion. Mais c’était ton destin. Tâche de t’en souvenir par la suite (ben s'il s'en souvient, il s'en souvient quoi…). À présent, la pierre qui t’a brisé est marquée de ton sang. Ce sera en ce lieu que le tourbillon prendra forme. Je viens à présent te passer la main. Je m’impatiente de pouvoir me reposer. Prends ta force et ton courage, tu en auras besoin ! [#] Il s’avança et plaça dans ma paume un petit objet rond qui glissa instantanément de mes doigts. Un brouillard intense se forma alors et, masquant la lumière, me fit perdre tous mes sens. [#] Que voulait-il dire ? Je n’avais rien compris à son discours. Quel tourbillon ? Passer la main de quoi ? La fatigue commençait à engourdir peu à peu mon esprit. [#] Moi aussi je voulais (je n'aurais pas employé ce verbe) bien me reposer un peu. Pas longtemps, juste un peu…
[#] Un souffle chaud me caressait le visage, régulier et nauséabond. Je sursautai en ouvrant les yeux et découvris une grosse truffe noire et humide. Au-dessous, une gueule à demi ouverte sur une rangée de dents acérées. L’animal, posé sur mon épaule, semblait dormir profondément. UN LOUP ! Un loup dormait sur mon épaule en m’offrant son haleine de carnivore. Surtout ne pas bouger, ça le réveillerait. [#] En tournant les yeux lentement, je découvris une vaste pièce pourvue d’un haut toit de chaume qui s’étendait au-dessus de moi.(oui, s'il avait été en-dessous, ça aurait été zarbi… lol ) Il y faisait bon et une cocotte fumait au dessus d’un feu flambant à l’intérieur d’une cheminée placée dans l’angle de la pièce, à ma droite. L’âtre était trois fois plus large que le nôtre, il devait falloir une quantité de bois inconsidérée pour le remplir. Les murs en pierres qui constituaient la salle semblaient anciens et ne me rappelaient aucun endroit de ma connaissance. Je me trouvais étendu sur une paillasse à même le sol, près d’une grande table en bois encerclée de quatre chaises. Un peu plus loin, un grand fauteuil recouvert d’un tissu de velours rouge foncé trônait sur le côté gauche de la pièce, à proximité d’un meuble immense qui semblait être une bibliothèque. Celle-ci, vide de tout ouvrage, n’en était pas moins magnifique. Une petite fenêtre la séparait de la cheminée mais, allongé sur ma couche sans pouvoir me relever, ne serait-ce que sur les coudes, je n’arrivais pas à voir au travers. Comment avais-je pu arriver là ? Étais-je vivant ? Je n’y comprenais plus rien. Où était l’Ankou ? Où était ma mère que j’étais sur le point de pouvoir connaître ? Je nageais en pleine confusion.
Il ne connait pas sa mère ? Comment sa silhouette peut-elle lui être familière alors ?
[#] Derrière moi, des voix s’élevèrent de la pièce voisine, séparée de celle-ci par un rideau de lin fixé au mur tout à gauche du fauteuil, dans l’angle opposé à la cheminée. Cela restait des murmures, mais je pus reconnaître la voix de l’homme robuste que j’avais vu dans la vieille cave, ma dernière nuit.
Il ne sait pas très bien s'il est mort… pourquoi parle-t-il de sa dernière nuit ?
C’était lui qui avait ordonné à la meute de loups de me laisser passer. Avec cet étrange dialecte, il pourrait peut-être aussi me libérer de celui-ci ? Mais il m’avait aussi envoyé droit devant la mort.(à reformuler) Je doutais de pouvoir lui accorder ma confiance. [#] Des bruits de pas résonnèrent et ce dernier entra dans la pièce.
Des bruits, c'est pluriel !
Il continua d’avancer, s’immobilisa juste au-dessus de moi et me regarda droit dans les yeux. Je n’osai pas émettre le moindre son, de peur de réveiller la bête sauvage assoupie sur moi. J’essayai de faire passer par mon regard un appel à l’aide suppliant. Mais l’homme m’observait toujours sans bouger, le visage fermé. Il renifla bruyamment, puis s’agenouilla près de moi pour caresser l’animal qui leva un œil et roula sur le dos pour mieux apprécier la cajolerie. [#] - Cette louve sera ton amie, n’aie aucune crainte de ses crocs, elle n’en fera jamais usage contre toi. Maintenant, lève-toi. Nous allons pouvoir faire connaissance. [#] Il me tendit la main et m’aida à me redresser. Il faisait bien deux têtes de plus que moi ; j’arborais pourtant déjà une bonne taille pour un jeune homme de mon âge. [#] - Où sommes-nous ? Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que je fais là ?
Ah … enfin des questions intelligente !
[#] Je jetai clandestinement un coup d’œil vers l’une des trois fenêtres de la pièce. Celle qui était montée près de ce qui ressemblait à une porte d’entrée, face à la bibliothèque. Je ne vis de l’autre côté que l’obscurité totale que pouvait offrir la nuit dans un endroit complètement perdu.
"complètement perdu" c'est peut-être exagéré, il suffit de ne pas être en ville.
[#] - Une question à la fois, veux-tu ? m’interrompit l’homme. Nous avons encore sept bons jours devant nous pour rassasier ta curiosité, qui à mon sens est une grande qualité si elle est bien pensée. Tout de même, je te conseille de ne pas trop être indiscret avec Briac, certaines interrogations doivent parfois rester sans réponses. [#] Il regarda au-dessus de mon épaule et sourit. Je me retournai et me rendis compte que le deuxième individu était assis dans le grand fauteuil rembourré. Je ne l’avais pas entendu arriver et fus surpris de voir cet homme sec et élégant me dévisager d’un air hautain. Ses toutes petites lunettes lui tombaient sur le bout de son nez légèrement retroussé. Il les remit en place d’un geste bref. [#] - Je te présente Briac, et je suis Tilio le Meneu. Mais nomme-moi simplement le Meneu. [#] - … Suis-je mort ? demandai-je sans grande assurance. [#] - Respires-tu Neven ? me questionna celui qui se nommait Briac en croisant une jambe sur l’autre. [#] Si je respirais ? Je pris un temps pour me rendre compte que, effectivement, je ne respirais plus ! Si j’essayais, je pouvais faire entrer un peu d’air dans mes narines, juste de quoi sentir les odeurs, à peine pour pouvoir parler, bien que je n’y trouvai aucune difficulté, mais impossible d’en emplir à plein (pléonasme) mes poumons. C’est alors que la panique m’envahit même si, en me rendant à l’évidence, je sentais bien que je n’en souffrais pas. Mais l’étrangeté de la situation m’inquiétait. Je dévisageai alors tour à tour les deux hommes. [#] - Je ne respire pas, leur dis-je. Et… mon cœur ne bat plus ! Je ne comprends pas, expliquez-moi ! C’est ici le prétendu monde qui nous attend de l’autre côté ? [#] - N’aie pas peur Neven, tu ne crains rien avec nous, s’empressa de me couper le Meneu d’une voix ferme. Tu es bel et bien mort la nuit dernière en tombant la tête la première sur cette caillasse. Mais, vois-tu, tu es et seras le dernier mort de l’année dans le canton. Ainsi, tu deviens le nouvel ambassadeur, et soldat, de ce que vous appelez “le paradis”. [#] Je restai perplexe. Le nouvel ambassadeur du paradis ? Qu’est-ce que cela pouvait bien dire ? Devant ma mine déconfite, Briac expliqua : [#] - Tu deviens celui qui mène les vivants au royaume des morts. Tu es le nouvel Ankou ! [#] Cette nouvelle me tomba dessus comme un coup de massue. Je ne pouvais pas accepter ce qu’ils m’annonçaient. Moi, leur nouveau tueur ? Faire passer les pauvres gens de la vie à trépas ne faisait certainement pas partie de mes vocations ! Pourtant, ils me considéraient tous deux de façon très sérieuse. La louve se mit à japper autour de moi et à me donner des coups de museau dans les jambes. [#] - Vous vous fichez de moi ? C’est une blague ? [#] Le Meneu leva un sourcil tandis que Briac fronçait les siens. À leurs mines, je compris que ce n’était pas une plaisanterie. [#] - Mais je n’ai aucune envie de faire mourir les gens ! Renvoyez-moi vers la lumière ! m’écriai-je avec indignation. [#] - À chaque fois c’est pareil… [#] Briac se leva de son fauteuil, d’un air renfrogné gagna la grande porte qui devait donner sur l’extérieur et disparut derrière. Au moment (formule incorrecte) où il l’eut tirée, il me sembla reconnaître le bruit de l’océan qui se faufilait par l’ouverture. Tilio le Meneu me regardait avec ce qui semblait être de la compassion. [#] - C’est que tu n’as pas le choix, me répondit-il. Cela se passe ainsi depuis des siècles, c’est la règle. Le dernier mort de l’année devient l’Ankou, voilà tout. Mais ne t’inquiète pas, tu vas t’y habituer. Sache que guider les âmes vers le repos est très glorifiant.
Donc je récapitule : il y a un Ankou par canton. Ça en fait des Ankous ! oO Bon des morts, sur un canton, y'en a pas des centaines, il va pas avoir trop de boulot du coup… ^^ [#] Je n’en croyais pas mes oreilles. [#] - Je ne pense pas qu’arracher les personnes à la vie soit “glorifiant”, comme vous dites ! rétorquai-je sèchement. [#] Je commençai à tourner en rond comme un lion en cage. Chacune des trois fenêtres ne laissait toujours rien entrapercevoir d’autre que le noir de la nuit. [#] - C’est rendre leurs proches malheureux, continuai-je, laisser des enfants, des parents et des amis dans la détresse de perdre un être cher. Je le répète, je ne veux pas endosser ce rôle ! [#] Je revins au centre de la pièce tout en essayant de rester à une bonne distance de la louve et repris ma contestation : [#] - Je ne serai peut-être pas le dernier mort de l’année ! Il reste encore quelques jours qui nous séparent du Nouvel An. Comment pouvez-vous être certains qu’il n’y aura pas d’autres décès d’ici là ? [#] - Nous le savons, c’est comme ça et tu n’y peux rien. Tu ne pourrais pas être ici si tu n’étais pas le prochain Ankou. La faucheuse qui t’a accompagné serait encore avec nous, sans successeur. Et toi, tu serais entré comme tous les autres dans la lumière. [#] - C’est que j’aurais bien voulu ! [#] Je sentais le découragement m’envahir. Caché derrière une colère évidente, ma déception prenait un goût amer. [#] - J’ai certainement eu une seconde d’inattention et j’ai atterri ici. C’est sûrement une erreur… Ramenez-moi vers cette lumière et vous trouverez quelqu’un d’autre pour devenir votre Ankou, un homme plus fort et plus courageux que moi. Regardez-moi, je ne vous serais (je n'aurais pas employé ce temps là) d’aucune utilité…
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________________________________________ [#] Il sourit et croisa les bras sur son torse noueux. [#] - Cela ne se passe pas comme ça, et nous avons besoin de toi, du jeune homme qui se trouve là devant moi aujourd’hui et pas d’un autre. Il te faut accepter ce destin, Neven. Ce n’est pas un travail facile à faire, c’est vrai, mais la mort fait partie de l’existence car la vie n’est qu’une étape. Le monde d’après attend ses défunts pour qu’ils puissent continuer leur route. Neven, si toi tu ne veux pas guider ces âmes, si tu ne les accompagnes pas vers l’autre monde, Erell les prendra et les livrera au démon ! Il n’y a plus que toi à présent qui puisse les sauver. [#] Je m’assis sur la chaise la plus proche de moi, las d’arpenter la pièce de long en large.
Ah ? Il se promène dans la pièce à présent, il n'a plus peur de la louve ?
En temps normal, j’aurais éclaté de rire (manque un mot) à de telles affabulations et j’aurais certainement pensé à une plaisanterie de la part de mon frère. Mais voilà, j’étais censé être mort, ce qui était loin de me faire sourire. (rire et sourire, ce n'est pas la même chose) [#] L’homme qui me parlait me regardait le front plissé, me priant presque d’accorder de l’intérêt à sa demande.
Il ne se souvient plus de son nom ?
[#] - Qui est Erell ? le consultai-je. [#] Non pas que j’étais curieux de ce qu’il pouvait me répondre, mais que pouvais-je faire d’autre que de l’écouter ? J’étais coincé.
Non là il n'écoute pas, il questionne !
[#] Il ébaucha un demi-sourire, satisfait d’avoir suscité mon attention, ce qui n’était pas réellement le cas ; je me résignais. [#] - Erell fait partie de la race des Alps, commença-t-il, de l’espèce des Elfes noirs (argh… des elfes ><). Des créatures souterraines destinées au vice. Erell est l’une des plus redoutables, bien qu’elle soit solitaire puisque reniée de son clan. Elle œuvre sans rancune (pourquoi "sans rancune" ?) pour un démon qui lui offre en retour une sorte d’immortalité. On ignore encore comment cela fonctionne vraiment… [#] Le Meneu s’interrompit un instant et alla à son tour s’asseoir dans le fauteuil rouge, placé en biais près de la magnifique bibliothèque vide en pin clair. Il sortit d’un étui accroché à son pantalon un couteau gigantesque et se mit à l’affûter. (il l'affûte avec quoi ? Il est dans un fauteuil !) Il continua. [#] - Erell est sans pitié. Vieillards, hommes et femmes sont ses proies. Les enfants sont ses victimes les plus pourchassées (pourtant, ils ne font pas partie de ses proies !). Ils lui assurent toute la considération d’Eurasie, démon prince de la mort. [#] Il avait prononcé ces derniers mots avec une grimace qui traduisait parfaitement son dégoût. [#] - Et je t’assure que celui-ci ne les emmène pas vers la lumière, mais (mot inutile) bien au contraire, il les cloître au plus profond des ténèbres, se nourrissant de leurs peurs, torturant leurs âmes de mille souffrances jusqu’à les plonger dans l’obscurité la plus totale, (proposition mal amenée, tournure de phrase à revoir) privés de toutes réflexions, de toutes vies (singulier pour les deux)… [#] - C’est affreux. Il n’y a pas un moyen d’empêcher ça ? [#] - Bien sûr que si ! TOI tu peux l’en empêcher. L’Ankou a le pouvoir de faire déguerpir les êtres obscurs et abjects comme Erell. Tu es le seul dont elle peut avoir peur. Toi et ta faux d’argent, toi et ton courage. [#] Il resta à me regarder, les yeux grands ouverts et la bouche béante. Il attendait que je parle mais les mots ne venaient pas. Je regardai autour de moi. Comment ne l’avais-je pas remarquée avant ?
On se le demande effectivement…
Au mur, à droite de la cheminée, sur l’un des pans sans fenêtre de la maison, était accrochée cette faux dont la lame était montée à l’envers. Le manche, en bois de saule fraîchement verni, brillait autant que sa lame d’argent.
Il est fort en bois ! Je connais peu de jeunes capables de dire d'un simple coup d'œil en quel bois est fait un objet s'ils ne travaillent pas dans cette branche ! (jeu de mots voui… ^^)
En m’approchant lentement, je discernai tout le long des brûlures gravées dans le bois (répétition). Celles-ci représentaient de fines fleurs enlacées. Le dessin et ses détails m’y apparaissaient époustouflants et donnaient pratiquement vie à ces corolles qui semblaient danser devant mes yeux. C’était un outil magnifique, un outil de mort !
Je trouve la relation entre "mort" et "magnifique" assez mal venue… de la part d'un guerrier fana d'armes et habitué à tuer oui… mais là…
[#] C’est en observant avec admiration cette faux que je me rendis compte que je commençais à accorder de l’intérêt à toute cette histoire. Malgré tout, comment pouvais-je l’admettre ? Pourquoi moi, Neven, même pas dix-sept ans, même pas un homme (manque un bout de phrase non ?) ? N’aurais-je jamais le droit à une existence normale comme la plupart des gens (ah… c'est ça qui va avec celle d'avant ? Fais sauter le point d'exclamation entre les deux alors) ? J’aurais dû pleurer, mais n’y arrivai pas. J’aurais dû m’enfuir, mais pour aller où ?
Ben pour rentrer chez lui ma foi !
Était-ce cela mon destin ? Le Meneu avait-il raison ? [#] - … Je ne m’en servirai pas contre qui que ce soit, mise à part cette Erell, demandai-je sans quitter l’arme des yeux ? [#] - Elle ne te servira qu’à te défendre. [#] - Et à la fin de l’année, si j’ai bien compris, le dernier défunt prendra ma place, et je pourrai enfin trouver le repos. [#] - C’est bien ça ! [#] Je détachai difficilement mon regard de la faux pour le poser sur le sol dallé de pavés aux bords arrondis. Je serrai les mâchoires et les poings, sentant l’œil du Meneu toujours fixé sur moi. Qu’aurait fait Solenn à ma place ? Je pinçai des lèvres et lançai avec dépit. [#] - Alors, si je n’ai pas le choix… [#] Le Meneu esquissa un rictus de contentement et, après avoir vérifié du bout du doigt que le tranchant de son couteau se montrait aussi fin qu’un cheveu, le rangea à nouveau dans son pantalon. Comment Neven peut-il juger de la qualité du tranchant du couteau ?
Il croisa les mains sur son estomac, posa la tête en arrière sur le fauteuil et ferma les yeux. Il commença à ronfler. [#] Interloqué, je restai à l’observer, persuadé que personne ne pouvait s’endormir aussi rapidement qu’il venait de le faire. Je me rassis en tailleur sur la paillasse et attendis, le dos appuyé à un des pieds de la grande table. La louve vint à nouveau poser son museau sur mon genou, comme aurait pu le faire un chien, puis se roula près de moi. La marmite dans la cheminée bouillonnait toujours. Je me demandai bien à quoi cela rimait ? Si nous étions dans l’au-delà, à quoi nous servait de manger ?
Comment sait-il que dans l'au-delà on ne mange pas ?
Je fermai moi aussi les yeux quelques instants afin de tenter de mettre un peu d’ordre dans mes pensées. Quand je les rouvris, une fine clarté s’infiltrait (je n'aurais pas choisi ce verbe là) dans la pièce par les fenêtres. [#] La porte d’entrée s’ouvrit (elle s'ouvre vraiment toute seule cette porte ?) et Briac me fit signe en silence de le suivre. Je me levai avec méfiance et gardai la louve à l’œil tandis que je le rejoignis. Quand elle me vit m’éloigner, elle souffla avec exagération et posa la mâchoire sur ses pattes avant, les paupières mi-closes. [#] J’étais impatient de découvrir l’extérieur. Serait-ce différent que ce que je connaissais ?
Drôle de question ? Qu'est-ce qui peut lui faire penser que l'extérieur sera moins ordinaire que l'intérieur de la maison ? Le jour vient de se lever, comme n'importe où d'ordinaire…
Je passai le porche et sentis l’air frais sur mes joues. Quel bonheur. Dehors, le ciel s’illuminait d’une douce couleur rosée. Cela me faisait penser au ciel des soirs d’été quand une belle journée s’annonçait pour le lendemain. La seule différence se tenait dans l’impression qu’un voile filtrait cette pâle lumière, comme derrière les verres teintés de lunettes de soleil. C’était une sensation agréable et reposante. Si j’en jugeais par les couleurs de l’horizon, le soir nous guettait. Pourtant tout à l’heure, en regardant par la fenêtre, il faisait nuit, j’en étais persuadé ! L’avancement du temps dans ce monde était-il différent que dans celui où je vivais avec Solenn, ou avais-je fermé les yeux plus de temps que je ne le pensais ?
[#] En avançant d’un ou deux pas, je fus soudain pris de vertige et chancelai sur mes jambes. La maison se tenait perchée sur le bord abrupt d’une falaise haute comme je n’en avais jamais vue (formule maladroite). Le vide ne se trouvait qu’à quelques mètres à peine de la porte, ce qui s’avérait plus qu’inhabituel. La mer démontée se fracassait sur la roche, loin en contrebas, tandis qu’à l’horizon, aucune terre, aucun îlot quelconque ne se détachait du paysage.
Oui bon ça, ça ne devrait pas étonner un Breton !
Le vent avait une odeur sucrée et les vagues projetaient à leurs alentours une multitude de petites étoiles dorées. Sur la gauche, plus loin vers le Sud, la falaise se creusait en arc de cercle et formait une large crique où se déversait une fine cascade.
Comment a-t-il pu situer les points cardinaux sans soleil ?
Elle prenait naissance sur la côte (ben elle n'allait pas prendre naissance dans le ciel hein !) et disparaissait directement dans la mer, donnant au panorama une note de merveilleux telle qu’on en rencontre rarement sur terre. Où pouvions-nous bien être ?
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________________________________________ [#] En me retournant, je découvris que ce que j’avais pris pour une petite cabane modeste était en réalité une vaste et belle maison,(ben je connais peu de cabanes avec plusieurs pièces et un porche !) formée d’énormes pierres grises et ocre, (ça il le savait déjà non ?) ses fenêtres protégées par d’imposantes grilles en fer forgé dont le délicat dessin représentait des fleurs de lys entremêlées.(comment se fait-il qu'il n'ait pas remarqué ces grilles en regardant dehors ?) Ces mêmes fleurs que j’avais remarquées un peu plus tôt sur le manche de la faux. Son toit de chaume et sa cheminée se perdaient dans le tableau d’une immense forêt de sapins en tous genres (des sapins en bord de mer ?!). Étant donné l’épaisseur du rempart végétal, je devinai qu’il devait s’étaler sur des kilomètres. [#] En continuant le tour du panorama, on pouvait voir vers le Nord de nombreuses collines herbeuses aux formes arrondies, le vert assombri par cette teinte diffuse qui régnait autour de nous. Certains de ces monts, les plus éloignés, étaient immenses, mais de plus petits apparaissaient au premier plan. Ici ou là, de petites touffes de fleurs multicolores ornaient ce décor tel une parure de pierres précieuses sur une peau ensoleillée. (l'herbe n'est pas verte ?) [#] L’envie me prit de courir me fondre dans cette nature, d’aller l’explorer dans ces moindres recoins. Je rêvai de m’adosser contre ces grands rochers que je discernais sur les hauteurs, d’en compter un par un tous les éclats brillants qui les composaient et que j’arrivais à distinguer, malgré la distance, de là où je me trouvais. Ah ben la mort le traumatise pas lui ! lol
Je scrutai le firmament aux nuances chaudes et sereines. Je n’y vis aucun oiseau et au raz du sol aucun insecte. Dans mon oreille aucun son autre que le ressac de la mer et que la fine brise glissant d’entre les feuillages ne s’offrait à moi. Les sapins n'ont pas de feuillage ! Où donc se cachait la faune de ce monde ? En existait-il une autre que nous même ? euh… [#] - Où sommes-nous ? demandai-je. [#] Briac, que j’avais presque oublié tant il était resté silencieux à mes côtés depuis notre sortie, mit un moment à me répondre : [#] - Nous sommes là où aucun homme vivant, ni aucun homme mort, ne peut être. Nous nous trouvons dans un espace temps situé entre le monde terrestre et le monde d’après. Un espace temps n'est pas à proprement parler un lieu. Tout juste au milieu. C’est ici que tu pourras te reposer pour récupérer l’énergie que tu auras dépensée pendant tes missions. C’est là que tu viendras te ressourcer. [#] Il marqua une pause. [#] - En quelque sorte, c’est chez toi. [#] Chez moi. Une foule d’autres questions s’accumulèrent sur le bord de mes lèvres. Mais je me souvins que le Meneu m’avait conseillé de ne pas faire preuve de trop d’indiscrétion avec Briac. Je restai donc muet, attendant qu’il me parle de lui-même. Et j’attendis longtemps. Il restait à contempler les vagues s’éclater les unes sur les autres. Puis sans dire un mot de plus, il rentra à l’intérieur en se frottant l’arrière de la tête. [#] Je me demandai si mon mutisme n’avait pas offensé cet homme mystérieux, mais peu de temps après, je le vis ressortir en portant devant lui la grosse marmite que j’avais vu chauffer au-dessus du feu, dans la cheminée. Il la tenait à bout de bras et la posa difficilement sur une dalle ronde en bois,(elle est arrivée là par magie cette dalle ?) à ma gauche. Il y plongea une louche et, après l’avoir remontée à demi remplie d’un liquide fumant, en versa le contenu dans un bol de grès. [#] - Approche, me lança-t-il, regarde ! Ce bol contient l’essence de l’Ankou. Sa mémoire, sa force et son courage. Tous ceux qui sont passés par là avant toi y ont additionné leur vécu. Tu vas en boire un bol chacun de ces sept jours qui nous séparent de l’année à venir. À chaque gorgée bue, tu deviendras à ton tour l’Ankou. On peut considérer que tu as de la chance, d’autres avant toi n’ont pas disposé d’autant de temps pour se préparer à leur nouvelle tâche. Deux jours, trois pour certains… toi, tu as sept journées entières pour faire tes armes. C’est beaucoup. [#] Une semaine nous séparait donc de la nouvelle année. Cela voulait dire que nous étions le vingt-cinq décembre, le quantième de noël (euh… le quantième, c'est un ordre dans une énumération, je ne comprends pas sa fonction ici). Quatre jours quasiment entiers s’étaient écoulés depuis le soir de mon départ. Avais-je dormi pendant tout ce temps ? [#] Il me tendit le récipient. [#] - Je t’avertis, ce n’est pas du bon vin, loin de là ! On l’appelle la liqueur des souvenirs. Je ne crois pas que j'aurais pris du vin en référence pour un gosse de 17 ans… d'autant plus un Breton !
[#] Il s’assit sur une grosse souche morte juste à côté et m’observa. Il me fit signe au bout d’un moment de boire. Ah ? Y'a une souche aussi… Y'en a du bazar alors que la maison est à un poil du bord de la falaise !
[#] Le liquide semblait bouger dans mes mains. Il l'a directement dans ses mains maintenant ? Il paraissait visqueux et fluide à la fois, de toutes les couleurs et dépourvu d’odeur. La texture m’évoquait celle de l’essence, en plus épais peut-être. Peu appétissant… Après une longue hésitation, je portai le grès froid à mes lèvres. Le breuvage brûlant me surprit et m’efforçant d’avaler, je bus ! Aucune sensation ne s’imposa à moi tout de suite. Ce n’était ni bon ni mauvais, cela n’avait même pas de goût. J’avais l’impression d’ingurgiter de l’air. [#] Après quelques secondes, ma gorge se mit à me piquer avec violence et à s’engourdir. Faudrait savoir… si elle pique avec violence, elle est loin de s'engourdir ! Je portai les mains à mon cou dans l’espoir d’arrêter le supplice avant qu’il ne se propage à mon œsophage. En vain. Mes entrailles subissaient (mauvais choix de temps) la piqûre de milliers d’aiguilles aussi fines et pointues que le dard d’insectes malfaisants. Les vagues en-dessous semblaient gronder férocement dans mes tympans. La douleur s’empara peu à peu de tout mon corps et ma tête commença à tourner. Je tombai.
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[#] Des voix imploraient, les regards tremblaient d’effroi.(quels regards ?) Tous les sons se mêlaient autour de moi, émanant des multitudes d’âmes qui m’appelaient. J’avais peur. [#] - Ne t’inquiète pas Neven, ce que tu vois et entends n’est que la mémoire du passé. Les esprits tourmentés sont les premiers à faire surface dans ta nouvelle mémoire. Bientôt tu ne les entendras plus. [#] C’était la voix de Briac. Elle semblait me parvenir de très loin, et pourtant je le sentais m’éponger le front d’eau glacée. Erf… ils lui font boire le truc à un cheveux d'une falaise vertigineuse en sachant qu'il allait tomber dans les pommes ? Ouais bon, il est déjà mort je sais… -_-" Mais n'empêche, s'il était tombé à la mer, ils auraient été embêtés pour aller le chercher en bas non ?
[#] - Les gens me supplient de les épargner, bredouillai-je dans ma transe. Je ne supporte pas leurs plaintes ! Ils souffrent, je le sais. Il faut les emmener à la lumière, pourquoi ne voient-ils pas la lumière ? [#] - Ceux-là sont trop cruels au fond d’eux, leur âme trop gâtée de l’intérieur pour réussir à l’atteindre. Peut-être un jour en auront-ils la chance… [#] - Personne ne mérite leur supplice. Je les entends gémir, c’est insupportable ! [#] - Tu n’entends que l’écho du temps, garde ton calme. Ce sera fini sous peu. Imprègne-toi de ce vécu des siècles passés, laisse-le prendre sa place en toi. [#] Petit à petit, tandis que je tentai de me relâcher, je discernai le bruit des vagues qui murmuraient au loin. Elles se rapprochaient. Les hurlements s’éloignaient et, à mon grand soulagement, l’atmosphère devint plus sereine. Je voyais (mauvais choix de temps) un lac, immense. Les eaux calmes reflétaient une couleur argentée qui venait de derrière moi, à moins que ce ne fût l’eau elle-même qui prenait cette teinte. Je sentais (idem) un air chaud s’engouffrer dans mon manteau. Puis je perçus sur ma joue une sensation humide, suivie d’une mauvaise odeur ! J’ouvris les yeux. [#] La louve laissa échapper un jappement. Briac se tenait à genoux à mes côtés et essorait un torchon blanc imbibé d’eau au-dessus d’une petite soucoupe de porcelaine. Il m’avait transporté à l’abri, certainement au moment où j’étais tombé inconscient, incapable de supporter d’avantage la souffrance infligée par la liqueur des souvenirs. [#] Le bruit d’une porte qui s’ouvrit me fit lever le regard sur l’imposante silhouette qui s’approchait. [#] - Bienvenue parmi nous, Ankou ! [#] Le Meneu, qui venait d’entrer dans la pièce, s’assit à mes pieds sur ce qui semblait être un petit matelas, plus ou moins moelleux, posé à même le sol. Je m’assis lentement et découvris une chambre aux murs cimentés gris, où une fenêtre large comme le mur s’ouvrait sur la falaise, à ma gauche. Non mais ça c'est une baie vitrée… ^^ Ma tête, encore engourdie par ce que je venais de vivre, me parût lourde à porter et je m’efforçai tant bien que mal de la garder droite. [#] - Il semblerait que tu réagisses plutôt bien à la liqueur des souvenirs ! Le dernier Ankou a mis trois jours à s’en remettre, et c’était pourtant un grand gaillard. Mais toi, tu m’as l’air de bien tenir la marée. Ah, la jeunesse… Les autres n'ont eu que deux ou trois jours pour boire les sept fois… s'il leur a fallu trois jours rien que pour la première, comment ont-ils fait pour être dans les temps ?
[#] - Tu reprendras une autre bolée demain. La nuit va inscrire dans ton inconscient tout ce que tu dois savoir pour le moment, m’apprit Briac. [#] - Qui étaient toutes ces âmes en souffrances ? Je ressentais leurs douleurs comme si elles m’appartenaient. [#] - Tout le monde ne peut pas rejoindre la lumière, me répondit-il. Les esprits qui ont engendré trop de malheur lors de leur passage sur Terre y ont perdu trop d’énergie pour pouvoir atteindre l’autre monde. Tu ne peux rien y changer. Ne t’en préoccupe pas. Chacun est responsable de ses actes. Peut-être auront-ils droit à une autre chance lors d’un autre chemin. [#] - Un autre chemin ? [#] - Oui, acquiesça le Meneu. Parfois là-bas, ils acceptent, ou décident, de faire repartir certaines âmes. Cela se passe régulièrement ainsi d’ailleurs. On vit, on meurt, et on retourne faire un tour de manège sur Terre. Cela peut permettre à certains de se racheter ou, dans la majorité des cas, de pouvoir apprendre un peu plus et ainsi de s’élever dans sa spiritualité. [#] - Vous me parlez de réincarnation, c’est ça ? [#] - Appelle cela comme tu le souhaites, me répondit Briac, mais la sentence “ Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ” est on ne peut plus correcte et réelle, tous mondes confondus. [#] - Oui, j’ai déjà entendu cette phrase pendant mes cours de chimie. Et quand vous dites qu’ils acceptent parfois d’en laisser repartir certains… [#] - Oui, me coupa le Meneu, presque toujours même, quand il s’agit de bonnes âmes… Ben si c'est de bonnes âmes, ils auraient dû partir vers la lumière non ?
[#] - Qui ça ils ? l’écourtai-je à mon tour. Qui décide de ça ? [#] - Et bien eux, là-bas… Enfin, ceux qui gèrent l’énergie universelle sans qui rien n’est possible. Ceux qui ont tant vécu qu’ils ont atteint une sagesse immaculée ! [#] - Ah… Et pour eux, qui avait décidé qu’ils pouvaient repartir quand c’était leur tour ? Je ne comprends pas cette question … c'est la même que celle d'avant non ?
[#] - Tu nous demandes si un dieu ou quelque chose dans le genre existe, compris le Meneu. C’est une question à laquelle je ne peux te répondre, l’ignorant moi-même. [#] Il jeta un coup d’œil furtif à Briac. [#] - C’en est assez pour aujourd’hui, conclut celui-ci avec fermeté. Tout cela est trop compliqué et tu as bien d’autres choses à apprendre avant ça. Tâche de te reposer, tu n’en auras bientôt plus beaucoup l’occasion. [#] Ils se levèrent ensemble et, après avoir soufflé la bougie à mon chevet, refermèrent la porte derrière eux, suivis de la louve la queue battante.
[#] Tant de questions se bousculaient dans ma tête. Peut-être le Meneu avait-il raison après tout, certaines énigmes se doivent de rester sans réponses… [#] Dehors, la nuit finissait de s’installer, une fois de plus. Je ne savais pas si ce crépuscule là correspondait à celui des vivants, mais il était de toute beauté. Ben en 17 ans il a quand même eu l'occasion de voir la nuit arriver non ? Le ciel brun, orangé, se perdait dans l’horizon d’une mer aux couleurs d’or ; des teintes rendues pastel sous une lueur expirante, toujours tamisée par ce filtre sibyllin. Je me demandai si un jour je pourrai connaître la lumière diurne de ce monde. Je commençai à somnoler. Aussi, j’espérai que mon frère allait aussi bien que possible. Ah quand même ! Il a un peu vite accepté sa nouvelle vie je trouve et la perte de ses proches…
À présent, il me fallait accepter cette nouvelle étape de mon existence. Si je ne comprenais pas tout de mon rôle, ni de ces mondes, je commençais à accorder ma confiance au Meneu et à Briac. À vrai dire, comme pour tout le reste, je n’avais pas vraiment le choix. [#] Je verrouillai mes yeux et essayai d’arrêter de penser.
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|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. Sam 3 Sep 2011 - 23:12 | |
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________________________________________ [#] CHAPITRE 3
[#] J’ignorais que les morts pouvaient dormir, c’est pourtant ce que je fis jusqu’au petit matin. Je fus tiré de mon sommeil par le bruit inattendu de sabots qui foulaient d’un pas lourd la terre poussiéreuse de sous ma fenêtre.
Ça me paraissait plutôt verdoyant… et ça devrait l'être en bord de mer… surtout que les sapins indiquent un climat froid Il est à l'étage donc ? Parce que pour être sous une baie vitrée, faut être plutôt petit, guère possible pour un cheval.
[#] J’ouvris un œil en espérant que tout cela se révèlerait n’être qu’un mauvais rêve, mais je reconnus rapidement la petite chambre vétuste dans laquelle je m’étais endormi la veille. À travers la vitre, qui laissait largement passer la lumière du petit jour, deux chevaux m’observaient. On aurait dit qu’ils m’attendaient, amusés de ma stupéfaction. L’un, à la robe grise tachetée de noir, affichait une maigreur évidente. L’autre, de couleur brune, supportait au contraire un embonpoint disgracieux. Je me levai lentement et m’approchai de l’ouverture. Je m’aperçus qu’ils étaient accompagnés de la meute de loups de l’autre soir. Rassemblés ainsi, ceux-ci se montraient vraiment impressionnants et, en dépit de leur beauté sauvage, je sentis un frisson me parcourir l’échine. [#] J’entendis la porte d’entrée grincer sur ses gonds (précision inutile) et le Meneu fit son apparition sur la falaise, par la grande porte, à gauche de ma fenêtre.
Si cette baie vitrée est sur la façade (puisqu'il voit le Meneu sortir) pourquoi n'est-elle pas dans la description de sa première sortie ?
Il partit rejoindre le groupe un peu plus loin et s’accroupit à leur niveau.
J'imagine quand même difficilement deux chevaux, et une meute de vingt loups dans l'espace que tu as décrit comme extrêmement restreint entre la maison et la falaise… espace encombré qui plus est d'une souche !
Je me doutai qu’il leur parlait de moi, car les fauves se retournaient de temps en temps pour jeter un regard en (un regard "en" ma direction ?) ma direction. Une chose semblait claire, le Meneu savait parler aux loups, lesquels le respectaient et lui obéissaient. Je l’avais constaté à plusieurs reprises.
Et il se fait la réflexion seulement maintenant ! Pas bien vif d'esprit le pelot…
[#] Après quelques minutes, les équidés me tournèrent le dos et s’en allèrent d’un pas tranquille par le pan Nord de l’autre côté de la maison où il m’était impossible de les voir.
Dans les histoires du prologue il y avait trois chevaux et ils étaient blanc.
Je sortis de ma chambre sur un long couloir.
Il sort SUR un couloir ? Ça vient de quel patois ça ?
Cinq grandes portes donnaient dessus (dessus quoi ?), en comptant la mienne. Les deux en face de moi étaient fermées. Celle qui se dressait sur ma gauche se montrait (une porte qui se montre, c'est original… ^^) juste entrouverte et je retins mon envie d’aller y jeter un œil. Je me raisonnai car j’imaginais bien que la fidèle curiosité qui me piquait encore déplairait certainement à mes hôtes.
Comment ça "fidèle" curiosité… j'aurais sans doute été mille fois plus curieuse que lui en la circonstance !
[#] Tout au bout du corridor, une autre porte plus grande montrait gravées dans le bois ces mêmes fleurs de lys qui barraient les fenêtres de leur fer forgé. Les mêmes aussi que sur le manche de la faux.(Oui bon ça tu l'as déjà dit… si c'est les mêmes que les fenêtres, c'est les mêmes que la faux… faut pas prendre le lecteur pour un demeuré) Ces ornements devaient représenter l’emblème de ce monde pour ainsi les retrouver partout.
En principe un emblème représente plutôt son propriétaire ou une nation.
Mon regard longea le mur vers la droite et aboutit à cette ouverture fermée par le rideau de lin que j’avais vu la veille. Je m’y engouffrai et rejoignis la grande pièce où un bon feu flamboyait toujours en dessous de la fameuse marmite, réchauffant la liqueur des souvenirs. [#] - Bien dormi ? La nuit a été instructive ? [#] Briac, posé dans le grand fauteuil rouge, lisait un livre relié de cuir noir. Il s’était adressé à moi sans quitter sa lecture du regard. [#] - Je ne sais pas si elle a été instructive, lui répondis-je, mais en tout cas elle a été réparatrice. Je me sens en pleine forme. [#] Je m’avançai dans la pièce et découvris que la bibliothèque, près de Briac, était à présent garnie de nombreux ouvrages. Étalés de façon anarchique sur les étagères, ils semblaient tous assez anciens et certains devaient comporter au moins huit cents pages. Je me souvins que la veille elle était complètement vide et je m’étonnai qu’à présent les livres en débordent presque. [#] - Tu dois commencer à t’imprégner de la force de l’Ankou, continua-t-il. Ici, tu ne ressentiras pas beaucoup de fatigue tant que tu prendras la peine de bien te reposer. Celle-ci s’emparera de toi lors de tes missions dans le monde des vivants. Profite de cette plénitude, car ce soir nous t’emmenons sur Terre. [#] - Déjà ! Mais je ne suis pas prêt. Je n’ai bu qu’un bol de la liqueur. [#] - Tu en prendras un autre juste avant le voyage. Ce ne sera qu’un apprentissage. Les esprits des anciens Ankous viendront t’enseigner. [#] Il referma son livre et se leva pour le poser dans la grande bibliothèque. À peine rangé, celui-ci, ainsi que tous les autres, s’éclipsa aussitôt sous mes yeux ébahis.(construction boiteuse) Leur disparition dénuda à nouveau l’ensemble des étagères et Briac remarqua mon effarement. [#] - N’oublie pas Neven, nous sommes dans un monde immatériel. Ni vivant, ni mort. Nous voyons ce que nous voulons voir et nous avons ce que nous voulons avoir ! Viens !
Ah, je ne me souviens pas qu'il lui ait déjà précisé ça…
[#] Je le suivis à l’extérieur de la maison et, pour la première fois, je sentis sur ma peau la chaleur de ce soleil tamisé, aux rayons ondulés comme sur des dessins d’enfants. Je levai le nez pour en absorber toute l’énergie et remarquai que sa luminosité ne m’obligea pas à plisser les yeux comme j’aurai dû le faire sur Terre. Son éclat m’était plus doux que tous ceux que j’avais connus auparavant, et sa teinte subtile que j’avais déjà remarquée en soirée demeurait d’un confort sans égal en journée.
Pas impressionné par le bord de falaise aujourd'hui ? Quelle heure est-il au fait ? Il vient de se lever… ce n'est pas le petit matin ? Là tu nous laisses l'impression qu'il est en milieu de journée
Briac me laissa quelque temps pour profiter de l’instant et me prit par le bras pour m’emmener découvrir l’autre côté de la maison. Il nous fit passer par la gauche, à l’opposé du chemin que j’avais vu emprunter les chevaux. (><) [#] En contournant le bâtiment, j’eus l’impression qu’il était encore plus grand que la veille. Il dégageait un charme et un caractère qui me correspondait et je me sentis soudain fier d’avoir la possibilité d’y habiter le temps d’une année. Je pensai que, dans mon malheur de devoir assumer la responsabilité de l’Ankou, je pouvais trouver dans ce refuge comme une compensation, une petite consolation d’habiter dans un endroit qui me plaisait.
Eh ben, pas nostalgique de son ancienne vie le petit gars ! On croirait qu'il vient de faire la bonne affaire qu'il cherchait depuis longtemps… lol
[#] C’est alors que, longeant le pan Sud de la maison, je vis se dresser devant moi cette forêt si épaisse que les arbres semblaient danser entre eux au gré d’une brise légère.
Et la mer ? Elle n'y est plus la mer ? Gens de mer ou pas, je ne connais personne qui ne regarde l'état de la mer en étant à côté !
Cette muraille de pins aux épines menaçantes ne fut pas sans me rappeler ce bois où mes dernières secondes de vie m’avaient échappé.
Des pins ?! Où sont passés les sapins ?
Les deux chevaux se trouvaient là eux aussi. Ils broutaient le peu d’herbe qu’ils pouvaient trouver sur les quelques centaines de mètres carrés qui séparaient l’habitation de la forêt, et à peine l’avaient-ils avalée qu’il en repoussait d’autre (>< faute !) instantanément. Tilio, à leurs côtés, nous adressait de grands signes au fur et à mesure que nous avancions. Je ne voyais pas les loups, mais à vrai dire, cela me convenait tout à fait comme ça !
Donc les humains morts ne mangent pas, mais les chevaux si !
[#] - Bonjour Neven ! C’est une belle journée qui s’annonce là. Je te présente les amis qui t’accompagneront lors de toutes tes missions, me dit-il en désignant les chevaux. [#] Je ne sus pas comment réagir ; je ne connaissais absolument rien aux chevaux et hésitai à les caresser, de peur de les effrayer. Je me contentai d’acquiescer. Le Meneu me sourit et tapa avec complaisance trois coups énergiques sur la croupe du plus gros. Un nuage de poussière prit forme au dessus du pelage (on ne parle pas de pelage pour un cheval) et retomba lentement. Le cheval s’ébroua et tendit le cou pour arracher l’herbe à nos pieds. [#] - En attendant suis-moi, poursuivit le Meneu, on va commencer par te mettre un peu dans le bain, et c’est peu de le dire ! [#] Je suivis Tilio jusqu’au bord de la falaise, là où elle se présentait la plus raide.
? Comment ça "la plus raide"… dans sa description elle apparaissait carrément comme vertigineuse
Sous nos pieds, seul un petit bout de roche nous maintenait en l’air (en l'air ?! Ils flottent ?), car en dessous, le bloc rongé par les éléments, se creusait de façon redoutable (ils se mettent sur un petit bout de roche instable sur un rocher en train de se creuser sous eux ? oO) et donnait à ce côté de la paroi un angle irréel qui aurait fait s’écrouler en peu de temps le morceau où nous étions juchés si nous nous étions trouver sur Terre. Loin en dessous, les vagues continuaient à lécher violemment les rochers. Elles éclataient de temps à autre en milliers de gouttes d’écume. [#] Le Meneu se pencha dangereusement et scruta les flots. Je pensai qu’il observait quelque chose qu’il aurait souhaité me montrer et, fidèle à ma tentation (?), je l’imitai, le bout du pied frôlant l’arête escarpée. [#] Sans que je n’aie le temps de comprendre, je me sentis propulsé en avant, entamant une chute vertigineuse. Tilio, sans m’avertir, m’avait poussé dans le vide par une grande claque dans le dos. Pas un cri ne sortit de ma bouche. Si la surprise m’avait d’abord effrayé, un calme serein m’enveloppait à présent. Je tombai pourtant à une vitesse fulgurante. Le vent me frappait le visage, mes cheveux fouettaient l’air avec force et mes vêtements se plaquaient contre mon corps dans une étreinte voluptueuse. Les récifs se rapprochaient à chaque millième de seconde. L’impact serait immédiat. (><)
Ben dis donc, il est vite habitué à être mort lui !
[#] Or, au lieu de m’écraser lamentablement, je me retrouvai, en une petite secousse, affalé dans l’énorme fauteuil pourpre. Tilio affûtait son couteau, assis sur une chaise de bois devant la cheminée et Briac, accoudé à la table, (pas confortable d'être accoudé à une table quand on est debout !) soufflait sur ce qui semblait être un café brûlant. Je me levai d’un bon en hurlant : [#] - Ça ne va pas ! Vous voulez me tuer une deuxième fois ou quoi ?
Ben faudrait savoir ? Il y a un instant, il était vachement serein de tomber !
[#] Les deux me regardèrent presque amusés. Tilio souriait et Briac avala une gorgée de sa tasse, impassible. [#] - C’était… FANTASTIQUE ! Qui parle ? Le loup ?
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________________________________________ [#] J’éclatai de rire et me laissai retomber lourdement dans mon assise.("son" assise ?) Je pris quelques secondes pour savourer le souvenir de cette descente vertigineuse durant laquelle je n’avais jamais ressenti une pareille sensation de liberté. En reprenant mon sérieux une question me vint à l’esprit. [#] - Comment se fait-il que je me retrouve ici ? [#] - Lorsque tu seras dans l’entre deux mondes, c’est-à-dire ici, m’expliqua Tilio, tu auras le réflexe inconscient de transporter ton corps astral en lieu sûr dès que tu te sentiras en réel danger. C’est ce que tu as fait. Il me pointa du doigt en poursuivant : [#] - Mais ce ne sera pas le cas quand tu te rendras dans le monde des vivants. Il faudra te tenir sur tes gardes. [#] - Je ne comprends pas, je pensais que nous nous trouvions dans un lieu de repos, sans dangers. Quel est l’intérêt de cet automatisme ? [#] - Nous t’avons appris que cette maison resterait un lieu sûr, répondit Briac. Mais l’extérieur peut abriter des créatures imprévisibles, et parfois mauvaises. Certaines peuvent nous suivre dans le tourbillon lors de nos passages d’un monde à l’autre. [#] - L’ancien Ankou m’avait (temps inapproprié) déjà parlé de “tourbillons”, qu’est-ce que c’est ? [#] - Un tourbillon est un peu comme un sas qui mène dans le monde où tu auras besoin de te rendre. Tantôt ici quand ta mission est terminée, ou au seuil de l’au-delà quand tu dois y conduire une âme, soit encore sur Terre quand tu dois te rendre auprès de l’une d’elles. C’est un point empli d’énergie (comment peut-on remplir un point ?). Lors de ta mort, tu as créé ton tourbillon à l’endroit même où tu as déversé le sang qui te faisait vivre. Cette pierre dans la forêt sera donc notre passage de cette année pour le monde des vivants. Mais quand il s’ouvre pour nous laisser passer, il s’ouvre aussi pour d’autres le temps qu’il se referme complètement. Il est toutefois rare que ça laisse assez de temps aux indésirables, mais c’est arrivé une ou deux fois. Pour notre part, à Tilio et à moi-même, nous pouvons utiliser la totalité des tourbillons ouverts par l’ensemble des autres Ankous ayant existé, et il y en eut beaucoup. Mais peu importe.
Donc si le dernier mort meurt au milieu du salon, il devra passer par ce salon pour faire son année d'Ankou ! Pas pratique pour les autres habitants de la maison tout ça… lol
[#] - Depuis combien de temps êtes-vous ici tous les deux pour connaître toutes ces choses ? demandai-je sans me rendre compte de mon indiscrétion. [#] Je vis à la mine du Meneu, qui fronça des sourcils, et au visage de Briac qui se ferma, que j’avais posé une question à ne pas aborder. Je savais qu’ils n’y répondraient pas. Pas maintenant en tout cas. Près du feu, le Meneu me fit un geste de la tête, signe pour me faire comprendre de laisser passer ce moment d’inconfort. Il reprit peu de temps après et changea de sujet de conversation.
Euh… je ne crois pas qu'il faille tant de temps que ça pour savoir ce qu'ils ont dit jusqu'à maintenant… moi je ne lis que depuis tout à l'heure et je les sais par exemple… XD
[#] - Tu as donc vu tout à l’heure les amis qui ce soir tireront ton carrosse ? [#] - Oui, mais je ne connais absolument rien aux chevaux ! Le seul canasson que j’ai pu approcher durant ma vie était une vieille ânesse de mon grand-père. [#] - Ce n’est pas grave, c’est la tâche de Briac. Il les guidera aussi bien au travers de la nuit que sous les rayons flamboyants du soleil. Et lui seul peut entendre le glas des futurs défunts, c’est lui qui te préviendra quand on devra partir. [#] Celui-ci finit sa tasse d’une traite et se leva pour mélanger le contenu de la marmite toujours sur le feu. [#] - Je suis ce qu’on peut nommer un genre de nécromancien, (oh non… après les elfes, un nécromancien… ><) avança t-il d’une voix qui dissimulait à peine sa fierté. J’échange avec ceux déjà passés de l’autre côté, sauf que je suis mort moi aussi.
Je ne comprends absolument pas le sens de cette dernière phrase ! Il me semble logique que s'il peut échanger avec les défunts, c'est qu'il est mort aussi…
[#] Son ton, beaucoup plus amer sur ces derniers mots, m’interpella sans que je n’ose lui demander pourquoi. J’avais déjà fait preuve d’assez de maladresses pour réitérer et me contentai de continuer à l’écouter. Il serra les dents, se détendit et reprit : [#] - J’entends l’appel des moribonds de l’autre côté et je te conduis jusqu’à leur lit de mort. [#] - Et moi, je pars en éclaireur avec mes loups, poursuivit le Meneu. Ils hurleront pour vous mettre en garde des dangers que j’aurais pu repérer. [#] - En parlant de danger, je ne sais pas me servir de la faux. Dois-je faire quelque chose en particulier ? [#] - Ne t’inquiète pas pour ça, me coupa Briac, ils vont t’y initier ce soir et ton apprentissage se poursuivra chaque jour qui nous sépare du premier Janvier. D’ailleurs, reposons-nous un peu, la nuit approche vite dans ce monde et il te faudra toutes tes forces. [#] En effet, j’eus à peine le temps de poser ma tête sur mon lit que le ciel s’assombrissait déjà, annonçant une nuit longue et froide.
[#] Deux coups frappèrent sèchement à ma porte. [#] - Neven, lève-toi ! Nous t’attendons dehors. Prends ta faux au passage. [#] Je reconnus la voix du Meneu. Il paraissait tendu et sa nervosité s’empara malgré moi de ma raison.(><) Je me levai les jambes tremblotantes, ouvris la porte et me dirigeai vers l’extérieur. Dans l’obscurité, la maison paraissait différente. Des ombres dansaient sur les murs et des bruits semblaient venir de toutes parts. Était-ce réel ou bien dans ma tête ? En passant par l’ouverture laissée libre par le rideau de lin béant, mon regard fut immédiatement attaché à cette faux suspendue à la cloison. [#] Sa lame étincelait de mille feux. Les flammes de la cheminée se reflétaient sur le tranchant et lui donnaient les nuances de l’or, de l’argent et du bronze. Sur la table, à ma droite, était posé le chapeau de feutre noir que m’avait offert mon frère, le dernier soir. Sur le dossier de la chaise la plus proche sommeillait mon manteau de laine. Ces derniers vêtements que j’avais portés lors de ma vie terrestre m’avaient suivi outre tombe. Du moins leurs essences immatérielles, mais cela me suffisait. J’étais soulagé de pouvoir porter le souvenir du dernier cadeau de mon frère sur la tête. Solenn me manquait. Mais c’était ainsi et un jour je le retrouverai, je le savais à présent et j’aurais tant voulu le lui dire. [#] J’enfilai une manche après l’autre, enfonçai le galurin sur mes cheveux et me tournai vers l’outil. Déterminé, j’avançai. Le bruit sourd de mes bottes de cuir m’étonna. Je n’avais jamais remarqué qu’elles étaient si lourdes. Un pas puis deux me rapprochèrent de la faux. J’appréhendais cet instant depuis le début. À ce moment précis, je pris réellement conscience de mon nouveau destin. [#] Je levai les bras et des deux mains attrapai le manche de bois mort. En la décrochant de son support, une sensation de puissance m’envahit. Mes doigts se resserrèrent, tandis que je regardais le tranchant réfléchir mon image. [#] C’est là que je vis, dans ce miroir de fortune, les bords de mon chapeau s’élargir sur bien soixante-dix centimètres. Je sentis mon manteau, qui à l’origine m’arrivait aux cuisses, tomber sur mes genoux, et finir par frotter sur mes chaussures ! Mon ombre projetée sur le mur semblait avoir doublé d’envergure. Je tournai le visage vers la fenêtre à ma droite avec l’envie d’y découvrir ce que j’avais craint intérieurement depuis le départ. Mais, lorsque j’entraperçus le reflet de ma silhouette dans la vitre, je détournai le regard.
Était-ce de la peur que je ressentais ? Mes yeux balayaient le sol ; j’éludai ma propre image, la nouvelle. [#] Je tendis ma main gauche de libre (><) devant moi et contemplai les rides et les fissures qui s’y formaient. Les articulations de mes doigts s’épaississaient et la couleur même de ma peau se modifiait, palissait et se ternissait (mauvais choix de temps pour les trois verbes). Je saisis le peu de courage que je pus trouver au fond de mon âme et me plaçai face à cette fenêtre qui me renverrait (mauvais choix de temps) mon écho. Quand je relevai l’œil et me regardai à nouveau, je découvris un visage à faire trembler de peur. Pourtant, je savais que c’était le mien, mon nouveau visage, celui de la mort.
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________________________________________ [#] Ma peau grise et trop fine semblait avoir mille ans,
À mille ans, une peau n'existe plus !
et l’on devinait aisément le squelette aux pommettes saillantes qui se cachait dessous. Mes orbites creusées abritaient des yeux aux paupières amincies et aux pupilles rouges de sang. Mes cheveux bruns s’effilochaient et me dégoulinaient jusqu’aux épaules, sous mon chapeau plus large que moi-même. Mes lèvres avaient perdu de leur consistance et quand je les retroussai, des dents longues et découvertes de leur gencive m’apparurent. Elles se révélaient plus blanches que je ne l’aurais pensé ; une faveur sans doute due à mon jeune âge ; et mon cou, bien qu’amaigri se montrait large et fort. Je penchai la tête sur le côté et mes os craquèrent de façon sinistre. Si je n’avais pas su que c’était moi, je me serais enfui en courant, ce qui pourtant avait déjà causé ma perte la première fois. Il faudrait que je devienne plus courageux, moins fougueux, plus réfléchi.(fougueux est synonyme de courageux) Et ce par la force des choses. [#] Je tendis le bras sur le côté, tenant ma faux par le milieu, l’extrémité de son manche en appui sur les dalles de pierres qui recouvraient le sol. Sa lame pointait vers le ciel. Alors c’était donc ça ma nouvelle apparence ?
Impossible ! Une lame de faux est perpendiculaire à son manche.
Après tout, je devais avoir une certaine allure… Allez, en route !
Ben tiens, tout guilleret d'être la mort maintenant !
[#] Je pris la porte avec un pas d’une lourdeur surnaturelle. Mes deux compatriotes m’attendaient de l’autre côté. Briac était assis sur la même souche morte qu’hier et le Meneu faisait les cent pas. Quand ils me virent, Briac se leva en hâte. [#] - Il t’a fallu du temps ! Les autres se découvraient plus rapidement. [#] - Ils mettaient moins longtemps en effet, ils sortaient tout de suite en hurlant ou ils tombaient dans les vapes, défendit le Meneu. Il y en a même eu qui ne se rendaient pas compte de leur transformation. [#] Il se mit à rire doucement tandis que Briac me lança un de ses rictus mystérieux. Il me fixa, hésita et finalement me tendit un bol de liqueur des souvenirs. Le second. Je me souvins de la douleur éprouvée lors du premier, pourtant il me fallait passer au-dessus de cette appréhension, il ne pouvait pas en être autrement.
Vachement docile !
Je l’avalai d’un trait et sentis mon estomac me brûler. J’attendis mais, à mon soulagement, la douleur s’estompa plus vite que je ne l’aurais escompté. Je levai les yeux vers la mer. Elle était déchaînée, noire à y perdre la notion de l’espace.
Ah quand même… la mer est revenue ! Il arrive à voir la mer de nuit ?
[#] - Allons-y, je suis prêt. [#] Ma voix s’imposait rocailleuse et gutturale, éraillée comme si je venais d’avaler toute une poignée de gravier. Mais paradoxalement, elle se montrait aussi calme, douce et posée. Elle venait des profondeurs de la terre et semblait m’appartenir depuis toujours.
Ben c'est la sienne non ? Si ce n'est plus sa voix, ce n'est pas assez précisé. Là on a juste l'impression d'une altération passagère due au piquant du breuvage.
[#] Ma faux à la main, j’ouvris spontanément la marche et contournai la maison. Je ne savais pourtant pas où nous devions nous rendre pour rejoindre ce fameux tourbillon, du moins pas consciemment. Mais mon instinct, lui, savait où guider mes pas et je me laissai mener avec une douce sensation d’aplomb que je ne me connaissais pas. En jetant un dernier coup d’œil en arrière, je distinguai nettement des silhouettes s’agiter de l’autre côté des fenêtres de la maison. [#] - Les lutins s’affairent ce soir, m’annonça le Meneu. Tu dois leur plaire. [#] - Les lutins ? [#] - Ils nous rendent bien des services Neven. Ils accompliront tout pour te faire plaisir si tu les respectes, mais la journée tu les verras peu. Seul un ou deux se risquent à se montrer de jour. Ils n’aiment pas croiser le chemin des fées. Beaucoup de peuples préfèrent ainsi s’éviter ici, et c’est mieux comme ça, sûrement. [#] - Moi qui croyais que nous étions seuls dans ce demi-monde !
Des lutins, des fées, et il n'est pas plus étonné que ça !
[#] - Nous sommes entre deux mondes, me coupa Briac, cela ne veut pas dire qu’il n’y ait que nous dans ce que tu appelles ce demi-monde. Une multitude de créatures vivent ici, assez pour que tu n’aies pas le temps de toutes les connaître en une année. [#] - Une multitude dis-tu ? [#] Briac acquiesça d’un hochement du menton. Nous avancions bon train dans la forêt. L’obscurité ne me dérangeait pas, elle était parsemée ici ou là de quelques rayons de lune qui frayaient leur chemin à travers les branchages.
Impossible de voir quoi que ce soit à travers les ramures d'une forêt de sapin !
Comme pour la lumière du jour, la nuit arborait une couleur délayée à celles de la nature. L’orangé pâle de la journée laissait place à un noir bleuté qui dansait avec les ombres des ténèbres. [#] Après quelques pas, Briac répondit à mon interrogation. J’avais déjà remarqué cette habitude, de rarement répondre tout de suite aux questions que je lui posais, comme s’il y cherchait la meilleure explication possible à me fournir, les meilleurs mots à employer. Ou peut-être était-ce pour se donner un côté énigmatique. Toujours est-il que la plupart du temps, je me trouvais suspendu à ses gloses.
Je vois très mal ce dernier mot dans la bouche d'un gosse de 17 ans qui n'est pas allé au lycée.
[#] - On peut trouver ici toutes les entités qui n’ont leur place ni sur Terre, ni dans le monde d’après et encore moins chez les démons. Les fées et les lutins par exemple, ont été chassés du monde des vivants par les hommes qui les craignaient.
Ils les ont rabaissés au rang de légendes ou de contes pour enfants. Mais s’ils vont chercher assez loin dans leur passé, ils se rappelleront qu’un jour ils partageaient le même territoire. [#] - Tu n’auras pas beaucoup à les croiser, me confia le Meneu. Les moments que tu auras ici seront surtout pour te reposer et non pas pour aller courir les fées…
Ah… la mort à droit à la gaudriole … lol
[#] Nous nous enfoncions toujours plus dans la forêt, quand soudain j’entendis japper derrière nous. Je me retournai et vis la louve qui accourait jusqu’à nous. Je m’étonnai d’oublier mes craintes et, à son approche, ébauchai même le geste d’étirer mes doigts pour l’encourager à venir vers moi. Arrivée à ma hauteur, elle me donna un petit coup de museau sur la main. Je lui caressai la tête, à présent sans méfiance. [#] - Elle s’appelle Loan, m’apprit le Meneu. [#] Bientôt, le bruit de centaines de pattes feutrées nous rattrapait.(20 x 4 = 80) Nous cheminions à présent au milieu de la meute de loups, où chacun venait me renifler tour à tour sans que j’en éprouve la moindre appréhension. D’un sifflement parfait, le Meneu leur inculqua (mauvais choix de verbe) l’ordre de me laisser en paix ; ce que je déduisis du fait que tous s’écartèrent de moi immédiatement. (phrase à reformuler) [#] Briac et le Meneu s’arrêtèrent de marcher peu avant moi.(><) Sur le sol, au milieu des arbres, une fleur unique pointait la tête vers le ciel de la nuit. C’était un lys de couleur noire. Ses pistils rouge vermillon reposaient sur le velours sombre des pétales, des petits galets gris dispersés autour, comme jetés à la volée. Description confuse, qu'est-ce que ces galets font là ? Quoi est dispersé autour de quoi ?
[#] - C’est ici ! [#] Je me tournai vers Briac et il ajouta : [#] - Nous t’attendons. [#] - Comment ça vous m’attendez ? Vous ne m’accompagnez pas ? Je ne sais même pas où aller.
Ah… moi j'avais pas compris de quoi il parlait avec "C'est ici !"… je croyais qu'il devait s'entraîner à la faux… pas aller je ne sais où
[#] Il baissa les yeux vers le sol et s’accroupit. [#] - Prends ces deux galets. L’un te permet de partir, l’autre de revenir. Mais n’oublie pas que cela ne peut se faire que par le tourbillon, ne t’en éloigne surtout pas ! Dépêche-toi à présent. La liqueur devrait commencer à délivrer les souvenirs d’ici peu de temps. [#] Je regardai les deux cailloux qu’il m’avait glissés dans la paume de la main. [#] - Ne t’en fais pas, tenta de me rassurer le Meneu, les anciens seront avec toi, mais tâche de ne pas perdre ton galet retour.
Ah ce sont de tout petits galets… non mais moi quand on me parle de galets, je les vois plutôt gros… genre un seul remplit la main. C'est qu'il en existe plein de tailles de galets !
[#] L’un d’eux m’échappa alors des doigts. J’eus l’impression qu’il tombait au ralenti, comme dans un rêve. Briac chuchota quelque chose que je ne compris pas. Sa voix s’éloigna trop rapidement pour que j’en saisisse le sens et quand je relevai les yeux, il n’y avait plus personne.
Aucune consigne sur le temps qu'il doit rester sur Terre ?
[#] En observant autour de moi, je compris que je n’étais plus au même endroit. Ce n’était pas la même forêt et, à la place du lys noir à mes pieds, se tenait une grosse pierre encore tachée de sang séché.
Ben une forêt de sapin, il n'y en a pas en Bretagne, pas difficile de voir la différence avec une forêt de feuillus ! C'est au premier coup d'œil qu'il aurait dû s'en rendre compte.
Ma pierre. Celle qui avait accueilli mon crâne lors de ma chute. Celle qui serait maintenant la porte qui m’ouvrirait les deux mondes. Le tourbillon. J’étais revenu dans le monde des vivants, dans les bois où j’étais mort. [#] Soudain, à travers le feuillage, je crus distinguer une ombre. Puis bientôt ce fut deux, et trois silhouettes noires que je vis courir parmi les troncs et les branches. En l’espace d’un clignement d’œil, elles étaient dix à m’entourer. Leurs corps se mouvaient tels de la fumée et je ne pouvais les suivre du regard tant elles bougeaient. Je tins ma faux à deux mains devant moi, prêt à frapper. Une des ombres s’avança vers moi et s’arrêta à environ trois mètres. La forme s’opacifia pour prendre l’apparence d’un homme, vêtu d’un long manteau noir, capuche baissée. [#] - L’Ankou, chuchotai-je les dents serrées. [#] - Non, camarade. L’Ankou, c’est toi. Je ne suis qu’un souvenir. Nous ne sommes tous ici que des souvenirs, sauf toi. [#] La liqueur était-elle si puissante que j’en avais des hallucinations ? Car tous prirent forme humaine, tous différents et pourtant tous semblables. Je percevais bien leurs distinctions mais, par une étrange impression, je n’arrivais pas à les dissocier les uns des autres. Les habits,(><) pour la plupart, et les faciès portaient des dissimilitudes, mais mon instinct me soufflait qu’il n’y en avait qu’un, ou que tous ne formaient qu’un. Cette perception me dérangeait et je décidai de ne fixer mon attention que sur le plus proche de moi, celui dont nos routes s’étaient déjà croisées le soir de ma mort. (fin de phrase à reformuler) [#] - Nous sommes ici réunis pour t’enseigner (quoi ? il manque un COD ici), me dit-il. Nous sommes les dix dernières faucheuses de ces dix dernières années, mais nous avons en mémoire les connaissances des dix mille ans précédents. [#] Tout devint brusquement flou autour de moi. Les arbres s’effacèrent pour laisser place à un grand champ de tournesols au milieu duquel je me tenais. Le soleil était haut dans le ciel et sa chaleur cognait sur le sol.
Les rayons du soleil ne peuvent atteindre le sol au milieu d'une végétation telle que celle d'un champ de cultivé.
Pourtant, je n’avais ni chaud, ni froid, mais cette lumière trop agressive comparée à celle de l’entre deux mondes me fit plisser les yeux. Une odeur pestilentielle arriva à mes narines. L’odeur de millier de larves de mouches qui auraient festoyé dans un tas d’ordures.
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________________________________________ [#] - Que vois-tu ? [#] La voix de l’ancien Ankou résonna dans ma tête. [#] - Un champ de tournesols. C’est l’été. Il doit être environ deux heures de l’après midi. [#] Des pleurs d’enfants montèrent soudain dans les airs. Je regardai tout autour mais ne distinguai rien d’autre que les vapeurs produites par la chaleur du sol au contact de l’atmosphère.
Vu leur taille, dans un champ de tournesol, il ne peut voir que les tiges des tournesols qui l'entourent… lol
[#] Les pleurs redoublèrent. À quelques pas, les tournesols se couchèrent. Le mouvement trahissait le passage de quelqu’un ou de quelque chose. [#] - Un enfant pleure, dis-je. Et je vois bouger non loin de moi. [#] - Bien, à présent tu vas te laisser guider. Garde à l’esprit que tu es nous, et que nous sommes toi. [#] Cette dernière phrase avait été prononcée par tous les Ankous en même temps. Elle retentit en écho à l’intérieur de mon être. Je sentis alors mon bras droit, qui tenait la faux, se dégager vers l’arrière ; je fléchis le coude vers le ciel. Je tins mon manche à deux mains et serrai mon avant bras gauche contre mon ventre, abaissant la lame près du sol. Mon pied se posa devant moi, jambe arquée, il m’offrait ainsi une stabilité à toute épreuve.
Je ne vois pas comment il pourrait manier un truc aussi encombrant qu'une faux dans un champ avec des végétaux aussi grands, forts et serrés autour de lui…
[#] Et elle apparut devant moi. Elle se tenait assez à distance pour que mon arme ne puisse la toucher. Dans ses bras, l’enfant effrayé ne devait pas avoir plus de quatre ans.
Si elle est hors de portée de la faux, il ne peut pas la voir parfaitement… les tournesols sont trop serrés pour ça…
Elle me regardait d’un air déterminé, les cheveux noirs, raides et longs jusqu’aux genoux. Je n’aurais su lui donner un âge.
Quel rapport entre sa détermination et ses cheveux ?
Elle avait les oreilles en pointe et les yeux vides d’iris ; seul le noir de ses prunelles, pas plus épaisses qu’une tête d’épingle, tranchaient sur le blanc de son globe oculaire. Sa peau, blême comme le sel de la mer, laissait apparaître en transparence des veines noires et sinueuses telles les nervures du marbre. Elle revêtait (temps inapproprié) une tunique couleur terre qui flottait autour d’elle (par-dessus les cheveux ?) et, plus j’(faute) humais l’air, plus je m’assurais (><) que l’odeur d’asticots émanait d’elle. Elle, c’était Erell. [#] - Laisse l’enfant ! [#] Je sentis l’ancien Ankou parler à travers moi, et non pas ma propre personne. Je reconnus sa voix feutrée. J’étais comme un spectateur aux premières loges. J’habitais le corps de mon prédécesseur et voyais par ses yeux le temps d’un souvenir.
Je ne comprends pas comment il en vient à cette dernière déduction. Ni comment il reconnaît Erell qu'il n'a jamais vu.
[#] Erell secoua lentement la tête de gauche à droite et serra plus fort l’enfant contre elle. Celui-ci sanglotait, les yeux noyés de larmes. Je lisais sur ses lèvres qu’il appelait sa mère, tout bas.
Comment peut-il voir le visage de l'enfant si elle le serre tant contre elle ?
[#] - Laisse l’enfant rejoindre la lumière, Erell ! [#] L’Ankou parlait avec autorité, aucune peur n’apparaissait dans sa tonalité. [#] - Cet enfant est ma vie, répondit l’alp. Tu ne l’auras pas ! [#] La voix de la créature, aiguë, grinçante, provoqua un long frémissement du bas de mon dos jusqu’à ma nuque. Sa bouche se distendit sur son visage, découvrant de longues dents noires et acérées. L’enfant se remit à pleurer avec force et se débattit pour essayer d’échapper à ces (aux) bras osseux qui l’emprisonnaient. [#] Elle tenta de s’avancer en me contournant par la droite. Je ne compris pas comment, mais en un millième de seconde je me retrouvai derrière elle, lui attrapai le poignet de libre, le gauche, et le retournai dans son dos.
Où sont les tournesols ? C'est plus grand qu'un homme un tournesol, avec une tige énorme ! Et dans un champ ils ne sont qu'à une dizaine de centimètres les uns des autres.
Elle poussa un grognement maléfique et me cracha au visage une salive gélatineuse qui me brouilla toute vision. Son poignet toujours emprisonné dans la force de mes doigts et incapable de se libérer, je lâchai la faux et attrapai un autre outil, fixé entre mes omoplates.
Je ne comprends pas la logique de l'action. La façon dont tu la décris laisse à penser que c'est parce le poignet de l'elfe est incapable de se libérer qu'il lâche la faux…
Un genre de petit fusil de pêche.
oO
J’appuyai la pointe du harpon sur sa main plaquée derrière elle et pressai la gâchette sans hésitation.
Donc il est bien derrière elle… comment a-t-elle pu réussir à lui cracher à la figure dans une telle position ?
Gentil avec les démons l'Ankou ! lol
Un autre rugissement s’échappa de sa gorge déployée alors que je lui arrachai l’enfant puis, immédiatement, elle disparut.
Il lui prend le gosse alors qu'il est derrière elle… pas clair !
[#] Je me retrouvai seul avec le garçon. Il sauta doucement de mes bras et regarda tout autour, de son petit mètre de hauteur,
Je ne connais aucun enfant qui sauterait ainsi des bras d'un adulte.
le front toujours plissé de crainte. J’essuyai cette bave répugnante et visqueuse de mes yeux pour retrouver un peu de ma vue tandis qu’il m’observait d’un oeil apeuré et méfiant.
Il ne pleure plus ?
Plus loin, je distinguai deux silhouettes qui se rapprochaient. Je reconnus la carrure du Meneu et la démarche nonchalante de Briac. Je m’agenouillai près de l’enfant et ma main, qui était celle de l’ancien Ankou, lui caressa les cheveux.
Où sont les tournesols ?
[#] - N’aie plus peur, petit homme. C’est moi, l’Ankou, et je viens t’appeler. [#] Les yeux encore embués de larmes, l’enfant demanda : [#] - Ma maman, elle est où ? [#] - Ta mère te rejoindra plus tard, petit. Pars l’esprit tranquille, je veillerai à ce qu’elle te retrouve. [#] Briac et le Meneu arrivaient à notre hauteur. Je tendis à l’enfant un petit galet gris dont il s’empara avec résolution. [#] - Tu vas partir dans un autre monde, lui appris-je. Dans le monde d’après où la vie continue. Ton grand-père et tes deux grands-mères t’y attendent. Rejoins-les sans crainte dans la lumière. Ce soir, tu iras avec eux embrasser ta mère et ton père dans leur sommeil, et tu partiras patienter à ton tour. [#] Après que j’eusse fait un signe à Briac, celui-ci prit la main de l’enfant et lui sourit d’une façon que je ne lui connaissais pas encore. Apaisante et réconfortante. Je m’entendis lui dire : [#] - Va, petit. Et ne te retourne pas. [#] Tout se mit à virer autour de moi, et j’eus du mal à distinguer Briac et l’enfant qui lâchaient leurs galets.
[#] Je secouai la tête et passai ma main décharnée sur mon visage. Je tentais de reprendre mes esprits. Les dix ombres voletaient sans bruit autour de moi. J’étais de retour dans la forêt. [#] - Où étais-je ? Qui était cet enfant ? [#] Les dix âmes se réunirent alors en une seule. Elles ne formaient plus qu’une immense fumée noire. Elle s’immobilisa à quelques pas de là où je me trouvais. Tous les Ankous me répondirent de leurs dix voix mêlées. [#] - En ce souvenir, tu en as acquis plus de cent. À la fin de ces sept jours, la liqueur t’aura offert la mémoire de nos siècles de labeurs. Quand tu auras fini ton travail, camarade, tu nous rejoindras… [#] Sans un mot de plus, ils s’évaporèrent. [#] J’avais bien compris que ce que je venais de vivre s’était déjà passé, avant (pléonasme). Que je n’avais été qu’un observateur de ce souvenir, mais je n’en avais pas compris l’objectif. Mis à part me montrer qui était Erell, et me laisser l’amertume de la mort d’un enfant, pourquoi m’offrir ce souvenir là ? Je n’avais pas appris davantage à me servir de ma faux, ni à me battre…
Euh… il savait comment se passait le passage pour les nouveaux défunts ?
[#] Dans ma main gauche, je tenais toujours mon galet de retour. Je balayai du regard les environs. Plus personne ; ils étaient vraiment partis. Je me retrouvais seul. Sans doute fallait-il que je rentre moi aussi. Je n’avais aucune idée du temps qui avait pu s’écouler, cependant, l’envie irrésistible d’aller voir ce que devenait mon frère s’empara de moi. Après tout, je savais où je me trouvais et je savais aussi que c’était tout près de là où nous habitions. C’était décidé. Je pensai que je le regretterais si je ne saisissais pas l’occasion. Et puis, je m’inquiétais terriblement pour Solenn. [#] Je commençai alors à marcher entre les arbres jusqu’à la lisière de la forêt, où je retrouvai le sentier qui menait jusqu’à la maison. La nuit était comme je l’avais pensée, froide et humide. Mais un beau clair de lune éclairait tout alentour. Arrivé au bout du chemin, je pus voir le haut de la cheminée qui avait tant de fois craché la fumée du feu qui me réchauffait les mains. À mon grand étonnement, un fin filet blanc en sortait encore, malgré l’heure certainement tardive.
Il est vraiment très difficile de voir une fumée de cheminée sur le toit d'une maison sous un ciel nocturne, alors un fin filet…
J’avançai à grandes enjambées. La hâte et le bonheur de revoir mon frère me poussaient en avant. Mais bien sûr, il ne valait mieux pas qu’il me voie ! Je n’étais plus Neven. Du moins pas le Neven qu’il avait connu, et ce serait ainsi pendant une année entière. Mais je repensai à l’Ankou qui apprenait à l’enfant qu’il pourrait une dernière fois embrasser ses parents pendant leur sommeil. Je n’avais pas eu ce cadeau. [#] Arrivé à quelques pas de la maison, je discernai la lumière que projetaient les flammes sur la fenêtre de la cuisine.
Juste un fin filet de fumée, et des flammes assez fortes pour éclairer dehors ?
Je m’approchai tout doucement de l’ouverture et y jetai un œil en me cachant dans l’embrasure. Mon frère se trouvait assis là, sur une chaise, juste devant le foyer, le regard perdu dans les braises.
Euh… des braises, ça ne projette pas de lumière et ça ne fait pas de fumée non plus !
Il paraissait avoir vieilli de dix ans. À ses côtés, le vieil Yvan lui parlait sans s’arrêter. J’aurais aimé croire qu’il lui racontait une de ses nombreuses histoires merveilleuses, comme à son habitude durant les fêtes de fin d’année, mais je me doutai que son sujet de ce soir était tout autre. [#] Ah, pauvre Yvan qui ce soir là avait retrouvé mon corps inerte, étendu sur cette pierre. J’entendais encore ses pleurs planer douloureusement jusqu’à mon esprit. [#] Soudain, le regard du vieil homme se tourna vers moi, sans doute attiré par le cri d’un animal nocturne qui venait de glapir au loin. Je crus alors qu’il ne me verrait pas. Quelle erreur… Ses yeux s’écarquillèrent et sa bouche resta entrouverte de terreur. Je fus tout à coup pris de panique, paralysé. Mon frère le regarda avec interrogation et, comme Yvan lorgnait toujours en ma direction, Solenn commença à se retourner. [#] Un choc électrique inonda mon cerveau, s’il m’en restait un, et je me mis à courir à toutes jambes. Cette course n’était pas sans m’évoquer ma fuite de l’autre soir, devant l’Ankou. Même trajet, même peur au ventre. Je voulais rejoindre au plus vite le tourbillon. J’avais voulu trop en voir, et on m’avait vu ! [#] Mes bottes si lourdes me parurent alors très légères. Si légères que mes pieds décollèrent du sol et que je me retrouvai (mauvais choix de temps) déjà devant la pierre. Comment avais-je fait, je n’en savais rien et je m’en fichais. Je voulais juste rentrer dans l’entre deux mondes au plus vite. Je fouillai dans la poche de mon manteau et enserrai de mes doigts le petit caillou qui assurait mon retour. Lorsque j’eus lâché mon galet, et avant qu’il ne touche le sol, j’entendis résonner tout autour de moi un rire démoniaque. Aussi aigu que suintant de mauvaiseté. [#] Erell !
Il me vient une question idiote : la charrette et les chevaux, c'est juste pour le folklore… parce que là, à aucun moment ils ne servent à rien. Les morts vont direct vers la lumière par leurs propres moyens.
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|  | | | | Résultat du comité, sur les cinquante premières pages, de Neven le visage de la mort de 0664cecile. | |
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