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 Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.

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olivier.lusetti
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MessageSujet: Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.   Mar 5 Avr 2011 - 21:01

Bonjour, chère Barla (Aurélie Genêt), voilà le moment de rendre notre avis sur ton manuscrit en son entier, le Sang d’Aldesie.

Le 14 janvier 2011, tu as eu la volonté de nous proposer ta création. Le Comité a accepté sa soumission le 15 janvier.

Extrait du règlement :
Une fois celle-ci acceptée par le comité, l’écrivain en herbe doit produire les cinquante premières pages de son manuscrit dans la rubrique l’antichambre du Comité en se conformant aux directives données, sans oublier d’ouvrir un sujet commentaire dans la section du même nom.
Une lettre d’information est envoyée à tous les membres pour les prévenir de la soumission afin de recueillir le plus d’appréciations possible. En agissant ainsi l’auteur augmente considérablement l’intérêt des membres pour sa création. Toutes les personnes ayant une charge sur le forum seront invitées à le lire.
Comptez un délai de trois semaines avant de récolter l’avis du comité.


Le comité peut ne s’astreindre qu’à une lecture du début du manuscrit présent sur le forum (avec un maximum de 50 pages) dans le cas ou plus de 3/4 de ses membres trouvent celui-ci pas suffisamment abouti. Une rubrique dans le forum leur est réservée pour en débattre. Dans ce cas, les commentaires des membres se feront directement dans la rubrique commentaire du texte soumis et le tableau d'évaluation ne sera pas utilisé.

Le 6 février, avec une très grande joie le comité de RdF s’est prononcé à l’unanimité après lecture des cinquante premières pages de ton manuscrit et a voté oui pour son évaluation complète.
Les cinq membres du comité étaient :

Sunny Blue,
Akram,
Solon,
MissCoco
Olivier Lusetti.


Extrait du règlement :
Étape 2
Le comité a accepté de lire en entier le manuscrit.
Une information sera donnée en ce sens. L’administrateur vous contactera pour que vous lui remettiez l’intégralité de votre tapuscrit par courriel, qu’il communiquera ensuite à tous les membres du comité. Comptez un délai de deux mois avant de récolter l’avis du comité. Avec l'accord du romancier, le comité pourra s’appuyer sur l’avis participatif de quelques inscrits désireux d’aider, qu'il peut même proposer.
L'auteur se doit de continuer à être actif par l’apport de critiques constructives sur les autres écrits du forum pendant toute la période nécessaire au comité pour forger son opinion. Aucune nouvelle soumission de tapuscrit ne peut être acceptée tant que le comité travaille.
Le fait d’être oisif pendant cette durée, à moins d’un cas de force majeure, pourrait autoriser (après délibération) les membres à ne pas poursuivre la découverte du manuscrit. Toutes les personnes ayant une charge sur le forum seront invitées à le commenter.


Et nous nous sommes donné rendez-vous au mardi 5 avril pour la décision sans appel du comité qui statuera sur l’ensemble du roman en utilisant pour cela le tableau d’évaluation pour une mise en avant de celui-ci.

Nous sommes aujourd’hui le mardi 5 avril.

Les cinq membres du comité sont :

Sunny Blue,
Akram,
Solon,
MissCoco
Olivier Lusetti.

Avec en supplément la participation de Foenidis (séraphin de notre ciel), dont le travail de lectrice et d’humour sur ton manuscrit viendra en sus des commentaires des cinq membres ci-dessus.

Rappel du mode de fonctionnement des points pour qu'une création soit validée par le comité.
Son fonctionnement ? Chaque œuvre achevée (dans les univers du forum) soumise au comité de lecture (cinq personnes au maximum et trois au minimum) fera l’objet d’un vote. Si les trois quarts des membres du comité ont aimé l’œuvre, elle sera sélectionnée (vote pour : un point, vote neutre : 1/2 point, vote contre : zéro point). Soit un total requis de 3,75 points (pour un comité de cinq personnes) pour être validé. Le comité se base sur son sentiment, mais aussi sur des critères d’évaluation. Chaque membre du comité se doit de rédiger un commentaire expliquant son choix.

Pour rappel de Yves Ménard directeur littéraire.
Quatre aspects d'un texte :
Un texte de fiction est une chose très complexe, que l'on évalue sur un grand nombre d'échelles simultanément. Pour simplifier les choses, j'aime rassembler les caractéristiques d'un texte en quatre aspects : l'intrigue, les personnages, les idées et le style. Dans un texte idéal, ces quatre aspects sont tous également réussis. Un bon texte peut avoir des faiblesses sur l'un ou l'autre de ces aspects, si les autres sont forts pour compenser.

Une bonne intrigue est captivante : on veut savoir ce qui va se passer ensuite. Elle est plausible, ou du moins crédible : en lisant le texte, on ne se prend pas à croire que l'auteur se moque de nous. Elle se termine de façon satisfaisante : le problème est résolu, le mystère trouve une réponse, la protagoniste parvient à ses fins.

Un bon personnage est émouvant : ça ne veut pas forcément dire qu'on l'aime, on peut le détester -- mais le lecteur doit s'intéresser à son sort. Un bon personnage est profond : il ne se limite pas à un trait de caractère superficiel, mais il porte en lui la même complexité qu'une vraie personne.

Une bonne idée est originale : on n'a pas l'impression qu'on l'a déjà vue et lue cent fois -- du moins pas sous cet angle. Une bonne idée n'existe pas par elle-même : elle est en relation avec le monde du texte, elle a des causes et des conséquences.

Un bon style est agréable : il y a un réel plaisir à lire les phrases que vous écrivez. Il est clair : il permet de bien saisir la pensée de l'auteur, au lieu de la noyer sous un torrent de mots vaseux.

Ce n'est pas facile de réussir sur tous les plans ; mais pour qu'un texte fonctionne, il ne peut pas échouer sur plus d'un de ces aspects. Ainsi, si votre intrigue est captivante, on vous pardonnera d'avoir des personnages peu consistants. Si vos personnages sont riches et attachants, on vous pardonnera la banalité de vos idées. Si vos idées sont originales et puissamment imaginées, votre style terne passera mieux la rampe. Si vos phrases sont un régal à lire, on ne remarquera peut-être pas que votre intrigue est tirée par les cheveux...
On pourrait croire que les textes de débutants témoignent de faiblesses surtout centrées sur un de ces quatre aspects. Mais selon mon expérience, ce n'est pas le cas. Très fréquemment, les textes soumis à Solaris souffraient de problèmes sur tous ces aspects à la fois. On peut toutefois essayer de ramener ces difficultés à un seul concept englobant.



Après délibérations, le Comité a décidé à l’unanimité de poser un avis neutre sur le manuscrit.


Pour le comité dire oui signifie que le roman tel quel outre de légères modifications peut s'attaquer aux maisons d'édition, un neutre signifie que l'auteur à du potentiel, mais qu'il doit l'exploiter encore pour lui donner son plein essor et un non signifie que malgré des qualités le manuscrit se doit d'être retravaillé de pied en cap.
Le comité s’il n’a pas la vérité, possède néanmoins la sienne. Afin d’aider au mieux l’auteur les commentaires des membres du comité sont justifiés par des exemples et transcris dans leur intégralité.

Comme le comité approuve la base de travail de ces quatre points fondamentaux, voici à l’unanimité un premier avis sur le manuscrit. Cette première synthèse a été dirigée par Sunny Blue et Arkam.

Note de Sunny :
Cette synthèse synthétise, c’est-à-dire essaie de trouver un dénominateur commun à tous nos avis sur ces 4 points. Aucun de nous n’étant fou (sauf preuve du contraire), chacun a raison dans son approche, dans sa subjectivité propre. Autant c’est simple en ce qui concerne le style et les personnages puisque tout le monde est d’accord (style bien, mais quelques défauts, et Evy est une calamité), autant pour les idées et le scénario, il y a quelques contradictions.

Style : Le point fort du roman
Un style agréable, compréhensif, clair, toutefois perfectible, qui manque généralement d’être plus percutant et plus vivant. De bons et beaux passages côtoient d’autres à parachever et quelques-uns à revoir. À noter que la qualité générale décroît à mesure que l’on s’éloigne du premier quart du roman.

Personnages : Le choix d'Evy en personnage principal a tout de l'erreur de casting.
Evy est soit agaçant soit intéressant, mais il n’est ni attachant ni touchant et ne suscite aucune empathie. La faute à l’absence d’une personnalité forte, voire d’une personnalité, tout court, la sienne se résumant trop souvent à prendre des coups et se plaindre, lui qui n’est animé d’aucun désir, d’aucune ambition ni volonté sauf à trop court terme.
Le duc de Lorval est bien plus charismatique et complexe, mais il n’est malheureusement que le personnage secondaire. Les autres personnages s'avèrent tout autant aboutis que Lorval, mais ils évoluent au second plan, derrière un personnage principal pourtant lui-même effacé.

Scénario : Le gros point faible du roman.
Avec la passivité du personnage principal, et devant la nécessité de raconter une histoire, il revient bien souvent à l'auteur de venir au secours d'une intrigue en panne, soit en désignant des acteurs de substitution dont ce n'est pas le rôle, soit en forçant la nature d'Evy, soit encore en recourant à un hasard à propos.
Car, parfait pour présenter Veldan avec un regard vierge en adéquation avec celui du lecteur et régulièrement indigné pour mieux condamner, le personnage principal s’avère inadapté à générer une trame narrative. Le scénario ne prend en effet aucune véritable direction, enchaîne des éléments disparates et se termine en définitive à rebours de la relation développée tout au long du récit.

Idées, originalité : Un fond solide, mais trop sage.
Un contexte, le XVIIe siècle français, riche, documenté, abordable aussi, au point néanmoins de ne plus dépayser. De bonnes idées, bien exploitées et cohérentes, surtout au niveau des descriptions. Or cette originalité par laquelle transparaît la personnalité de l’auteur, si elle est présente, ne s’impose pas ni ne surprend. Le scénario, les péripéties, les personnages, le décor, n’outrepassent pas le cadre de la norme, ne sortent pas des balises rassurantes d’un classicisme assumé. Tout en retenue, le roman n’ose pas davantage s'aventurer sur les terres de la « fantasy » et ses délires imaginatifs et se complaît dans un réalisme finalement illusoire.

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Les avis, c’est comme le nez au milieu de la figure,
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MessageSujet: Re: Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.   Mar 5 Avr 2011 - 21:05

Voici maintenant le résultat du tableau d’évaluation dont les critères servent à approfondir la réflexion des membres, les points qu’ils soulèvent dans leurs commentaires. Ce résultat est la synthèse des cinq membres du comité et il est validé à l’unanimité.


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MessageSujet: Re: Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.   Mar 5 Avr 2011 - 21:06

Maintenant, suivent les commentaires de tous les membres du comité, qui nous le savons tous, t’aideront à trouver des pistes sérieuses d’améliorations de ce manuscrit au fort potentiel, mais pas encore pleinement exploité.
Tous les membres se joignent à moi pour te souhaiter beaucoup de joie et du cœur à l'ouvrage, avec dans nos yeux le même plaisir de redécouvrir ce manuscrit, une fois pleinement retravaillé.
Un sujet pour faire entendre ta voix est ouvert dans la rubrique actualité.
L’équipe RdF.

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MessageSujet: Re: Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.   Mar 5 Avr 2011 - 21:09

Membre A MissCoco.

Commentaire du roman « Le Sang d’Aldesie »
Rappel : commentaire des cinquante premières pages :
supérieur à celui de tous les manuscrits que le comité de lecture a refusés. Agréable à lire, très travaillé. Les fautes d’orthographe sont inexistantes, il y a peu de répétitions, de verbes ternes, etc. Les descriptions sont maîtrisées, bien dosées. Il y a parfois une recherche sur les mots, quelques phrases : le garçon sentait [l’eau] sur sa peau, la frôlant comme un drap vivant de velours liquide, rassurante et revigorante (chapitre 1). Pour cela, bravo !
(Je reste seulement un peu sur ma faim, quant à la description d’Aldes. C’est dans cette ville que va se passer, il me semble, une grande partie de ton histoire. J’aurais apprécié que tu étoffes la description de cette ville « splendide ». Je pense que tu es capable de faire quelque chose de beaucoup mieux.)

Le scénario, je ne peux pas vraiment en juger sur cinquante pages. Pour l’instant, il se tient. Pas de grandes incohérences, ce roman est très réaliste.
Certains petits détails m’ont cependant perturbée. Pour ma part, si un roman est aussi agréablement écrit, je le lis rapidement. Mais je pense qu’un lecteur lambda se serait parfois ennuyé.
Pour l’instant, il y a peu d’action, c’est assez routinier : ils firent le meilleur voyage que l'on pût espérer faire en Aldesie. Quelques péripéties seraient un plus.
Cependant, l’arrivée à Aldes promet plus d’action. J’ai beaucoup aimé l’univers de la cour, je lirais la suite avec plaisir.
(Il y a également quelques incohérences au sujet d’Evy. Pour commencer, Jaiko peut-il se permettre de laisser Evy fainéanter, alors qu’« un garçon représentait une force de travail de plus, une aide bienvenue pour nourrir des ventres trop souvent creux » ? C’est pour être aidé qu’il désirait un fils.
Ensuite, je ne comprends pas pourquoi les villageois l’aident à s’enfuir s’il n’est d’aucune utilité, et qu’on ne l’aime pas vraiment. Ils devraient être soulagés d’avoir une bouche de moins à nourrir.
Pour finir, s’il a un physique si distinctif, comment peut-il être pris pour un paysan, malgré ses haillons ? « À Jayad, au contraire, on le toisait avec cette condescendance réservée au petit peuple. Les bourgeoises l'ignoraient ou s’écartaient avec dégoût devant ses habits de gueux, les soldats le bousculaient. C'était dans l’ordre des choses. »)

Quant à l’originalité, je ne peux pour l’instant en juger. Tu n’as pas utilisé les clichés du genre (créatures de Tolkien, etc.), mais pour l’instant, ton roman ne se démarque pas : un écrit médiéval classique, mais en aucun cas historique. J’attends néanmoins avec plaisir de lire la suite pour en juger.

Seul véritable problème, pour moi : Evy
Malheureusement, il n’a pas de charisme. Bien que beau et de noble naissance. Il est illettré, peureux, égocentrique, pleurnichard, ne parle pas la langue du pays, ne sait pas se battre, est bègue.
Je pense que tu as voulu faire contraster la pureté de ton personnage avec l’intelligence et la méchanceté de la noblesse. Mais Evy n’a pas une âme innocente, il est plein de défauts. Il laisse son père et sa sœur s’épuiser, alors qu’il peut très bien participer aux travaux des champs. Il n’hésite pas à se plaindre. Quand arrive le cavalier, il réfléchit avant tout à ses intérêts. Je parlerais donc plutôt de stupidité.
Je doute que ce soit une bonne idée de centrer ton roman sur un tel protagoniste.
Par contre, j’aime assez les personnages qui gravitent autour. Par exemple, la sœur adoptive d’Evy, que tu as rendue très attachante grâce au prologue. Son mélange d’innocence et de maturité ne peut qu’émouvoir.

En conclusion, je valide ton roman. Un style très agréable, un univers riche et plein de promesses, un scénario qui manque parfois d’un peu d’action, mais n’en est qu’à son commencement.
Une réserve, cependant : ton roman fait-il partie des mondes imaginaires ?

Le style est sans nul doute le point fort du roman, et la raison qui m’a fait valider les cinquante premières pages. Il est fluide, l’écriture est très agréable.
Les fautes d’orthographe sont rares, il y a suffisamment d’incises et de transitions, et même s’il n’y a pas de travail sur les mots, le niveau de ta plume est tout à fait suffisant.
Cependant, les descriptions ne me satisfont pas. Barla décrit de manière subjective : « beau, magnifique », plutôt que prendre le temps de décrire un lieu, un costume, une personne. Conséquence : tu n’arrives pas à créer une atmosphère, comme je le dis plus loin dans mon commentaire.
Il faut ajouter que l’alternance des formes est déséquilibrée. L’histoire est plus souvent racontée que vécue, c'est-à-dire que tu privilégies l’action de second plan (durée). C’est qui se passe, quand tu nous racontes l’évolution de la relation entre Evy et le cheval sur six mois. C’est un gros problème, car cela rend ton histoire moins vivante.
Je ne m’attarde pas sur cet, axe, qui est le plus maîtrisé.


J’ai bien plus de choses à redire sur les personnages.
Pour moi, Evy n’est ni attachant, ni charismatique. Il faut dire que l’auteur fait tout pour qu’on ne l’apprécie pas : elle rend ce protagoniste lâche, fainéant, bégayant (un clin d’œil à son métier d’orthophoniste ?), bref, l’affuble de tous les défauts possibles. La cerise sur le gâteau est le passage où Evy attaque de dos Lorval, armé d’un poignard. Comment peut-on apprécier un tel personnage ?
Son évolution n’est pas suffisante : certes, il sait désormais monter à cheval, et se défend à l’épée. Mais il a toujours aussi peu de personnalité et d’instruction.
Je dois rappeler qu’un personnage principal, que le lecteur devra accompagner tout le long du récit, doit être un minimum intéressant. Pourquoi ne pas l’affubler de quelques qualités ? Par exemple, la persévérance. Il se plaint que le Roi ne s’intéresse pas à lui ? Qu’il s’en donne les moyens. Qu’il devienne instruit, bon à l’escrime, tente d’impressionner son père. Si ce dernier le dédaigne malgré ses efforts, il n’en deviendra que plus attachant.
Au début du récit, Jaiko vante sa prétendue innocence. Pourtant, certains de ses actes (dont l’attaque du poignard que j’ai citée précédemment) montrent qu’il ne l’est pas. Eh bien, qu’il soit vraiment pur, noble. Un véritable prince. Qu’il ait des qualités morales, qui mettront en exergue la fatuité de la cour.
Heureusement, le personnage de Lorval est plus complexe. Il est mystérieux, et dur, ce qui donne un peu de saveur au récit. Son regard « dépourvu d’humanité » est une bonne trouvaille. Seulement, j’aimerais que tu affines sa personnalité, qui garde encore trop de faiblesse. Par exemple, un guerrier comme lui, s’il se fait attaquer par quelqu’un de dos, devrait tuer cette personne sans remord.


Passons à la trame.
Il y a beaucoup d’incohérences, aussi bien au niveau du scénario que de la psychologie des protagonistes. Elles m’ont sauté aux yeux et gâché ma lecture. Je vais en citer autant que possible, en vrac.
Pour commencer, le fait que les brigands, ainsi que les gens du peuple, ne devinent pas qu’Evy a du sang noble, alors qu’il a un physique caractéristique : un teint pâle, des cheveux blonds, un corps fin et gracile. Plusieurs fois, tu dis que le sang entre nobles et roturiers ne s’est jamais mêlé. Pourtant, le propriétaire de Lefker est un bourgeois anobli, et le fils du Duc est accepté avec seulement trois quartiers de noblesse. Une confusion entre les spécificités de ton monde et celui du Roi Soleil ?
Ensuite, le fait qu’Evy apprenne si facilement, et si rapidement, à monter, sans aucun cours. Contrairement à toi, je ne suis pas une spécialiste des chevaux. Pourtant, je vois bien que c’est impossible, d’autant plus que certaines lectures m’ont appris la grande difficulté de monter à cru, ce que fait Evy.
Autre problème : la richesse du Duc. Il est impossible qu’un personnage si puissant puisse se faire capturer si facilement, au gré de l’envie du roi. Ensuite, il y a de gros problèmes concernant la mine : l’exploitation d’une mine de diamants est très coûteuse : dix tonnes de minerai permettent d'extraire seulement un carat de diamant. Et les mines souterraines sont plus coûteuses que les mines normales. Comment le Duc pourrait-il financer ça ? Et ce n’est pas possible que personne n’ait pensé à dénoncer la carrière pour un peu d’argent. Même les yeux bandés, en comptant les pas, on peut s’y retrouver, avec de la volonté.
Evy libère le Duc sans aucune raison. S’il avait un pouvoir hypnotique, ou quelque chose de ce genre, ce serait compréhensible, et ce roman ressemblerait plus à de la fantasy, mais ce n’est pas le cas.
Quant au roi, lors du tournoi il accorde Lefker à Evy car un bourgeois ne peut manquer de respect à la famille royale, l’incluant ainsi dans ladite famille. Pourtant, quand on présente Evy à lui, il le dédaigne à chaque fois. Ensuite, un jeune homme comme le fils du Duc aurait déjà du, sans l’initiative d’Evy, tenter de s’enfuir, et aurait réussi, vu la quasi absence de gardes (sans doute pour faciliter l’évasion d’Evy ?).

Autre problème du récit : le manque de rythme. J’apprécie certains écrits qui « prennent leur temps », laissant leur trame se dessiner lentement. Je pense aussi bien à certains romans de fantasy tels que « Le trône de Fer » de Terry Goodkind qu’à des classiques. Si c’est ce qu’aime l’auteur, pourquoi pas ? Mais qu’elle sache que pour compenser, Goodkind a non seulement un bon style, très ciselé, mais aussi des personnages attachants, un véritable scénario et une certaine originalité. Et Flaubert, par exemple, a une écriture absolument magnifique.
Je propose donc à l’auteur, qui pour l’instant n’a pas ces compétences, de faire au moins quelques concessions. Par exemple, se demander ce qui intéressera son lectorat. Ainsi, je pense que certains chapitres, comme ceux parlant de Lefker, devraient être écourtés. Je pense que quelques scènes d’action devraient aussi être ajoutées.

Je trouve que le scénario n’est pas maîtrisé. Soit il est trop prévisible, soit il est au contraire trop brusque. Ainsi, quand Lefker participe au tournoi, j’ai tout de suite deviné qu’Evy allait intervenir. Et aucun signe ne pouvait suggérer une révolte paysanne, vers la fin du roman.
D’autre part, il est souvent cousu de fils blancs : pour ne pas se faire assassiner par le duc lors de leur première rencontre, il a fallu qu’Evy s’endorme, sans raison, pour que le cheval, signe de richesse, puisse s’éloigner. Et bien sûr, il portait des vêtements de roturier.
A cela s’ajoutent les nombreuses incohérences, que j’ai citées précédemment.
Je n’ai pas du tout apprécié la fin, qui est cousue de fils blancs.
Si Evy est, comme le dit Charles, « la plus grande erreur de sa vie », pourquoi ne l’a-t-il pas assassiné plus tôt, dès qu’il a connu son existence ? Cette incohérence remet en question tout ton récit.
Ensuite, la tentative d’assassinat d’Evy. Le sergent assassine l’un de ses hommes avant Evy, ne pense pas à le ligoter, et descend de cheval avec lui. Cela fait beaucoup trop d’erreurs, non ? De plus, je ne comprends pas pour quelles raisons le Duc décide de le mettre sous sa protection : il lui a pris son fils, l’a blessé…
Il faut ajouter qu’il reste une porte ouverte : on ne sait pas qui a assassiné la descendance de Charles.


Je m’attaque au dernier axe : l’originalité.
On peut penser que, comme il n’y pas de magie ni de créatures fantastiques dans le premier tome, Barla a écrit un roman de fantasy original. Ce n’est pas mon cas, car pour moi, son écrit n’est pas de la fantasy.
A quel genre appartient ce roman alors ? Je l’ignore. Et comme je pense qu’il ne conviendra pas aux lignes éditoriales des maisons d’éditions, je me permets de lui donner un conseil : soit transformer cet écrit en roman historique, soit ajouter au moins un chapitre qui puisse permettre de classer son roman dans la fantasy. Par exemple, une démonstration des pouvoirs des sorcières soartes, un pouvoir magnétique et/ou de régénération pour le Duc… etc.
Je ne sais pas non plus s’il cible les enfants ou les adultes. Evy est trop enfantin pour cibler un public adulte, mais la littérature jeunesse demande impérativement un rythme entraînant. Là aussi, il faut que l’auteur décide quel lectorat elle cible. Prenons l’exemple de Stephenie Meyer (bien qu’il soit sujet à débat). De grands auteurs, comme Stephen King, affirment qu’elle est une « mauvaise écrivaine ». Cependant, comme elle le dit elle-même, elle a une excellente connaissance de son public.

Je n’ai pas été dépaysée. En apprenant que le roman se déroulait au XVIIème, et qui plus est sous une monarchie absolue, j’étais ravie, car j’affectionne cette période. Pourtant, j’ai été frustrée.
Déjà, je trouve que c’est du gâchis de choisir comme personnage principal quelqu’un qui se trouve à l’écart des passionnantes intrigues de la cour. C’est comme si l’auteur passait à côté de son univers. Quel intérêt de choisir cette époque, si l’on se prive d’un de ses principaux atouts ?
Ensuite, je trouve que l’auteur n’a pas réussi à recréer l’atmosphère historique qui me plaît tant. Le contexte est très inspiré de la monarchie de Louis XIV : les jardins de Lenôtre, le palais, les favorites, les nombreux bâtards, l’hygiène, l’Etiquette, etc. Barla a sûrement effectué quelques recherches rapides, (certains détails comme le Carrousel le montrent) mais cela n’est pas suffisant. Par exemple, personne ne s’intéresse à Evy, alors qu’il a du crédit auprès du prince Philippe et du Premier Ministre.
Je pense qu’en perfectionnant ses connaissances sur le contexte historique, l’auteur pourra faire de meilleures descriptions. Ainsi, son roman gagnera en profondeur.

La volonté de transmettre du savoir est présente. Mais cette connaissance, qui prend la forme d’un message –la monarchie absolue c’est mal- ne me convient pas. Je ne pense pas qu’un roman doive se centrer sur une seule idée. Qui plus est, elle a été défendue tant de fois, que je ne vois pas l’utilité de s’y consacrer. Les Lumières l’ont fait bien mieux, et eux étaient avant-gardistes.

Mon intérêt pour l’histoire n’a cessé de diminuer. En effet, comme je le craignais en lisant les cinquante premières pages du « Sang d’Aldesie », Evy s’est confirmé comme un protagoniste sans attachement ni identification possible. L’histoire a continué à avoir un rythme insuffisant, qui ennuiera sans doute une majorité du lectorat. Je continue de penser que ce roman n’est pas de la fantasy, et ne peut donc convenir aux lignes éditoriales de la grande majorité des maisons d’édition.

En conclusion, ma première réaction aurait été de m’opposer à la mise en avant du Sang d’Aldésie. Cependant, après réflexion, je trouve que ce roman présente quelques qualités, mais mériterait d’être retravaillé. Certes, le scénario doit être changé. Mais bien que je n’apprécie pas Evy, Lorval a trouvé grâce à mes yeux. L’univers XVIIème ne manque pas d’intérêt, et n’a pas souvent été utilisé en fantasy. Et le style est agréable. C’est pourquoi je me positionne neutre. Je tiens à dire à l’auteur que je crois vraiment au potentiel de son roman, et que je suis prête à lui donner des impressions plus détaillées sur ma lecture, et commenter une nouvelle version de son roman, si elle décide le retravailler. Sur ce, je lui souhaite une bonne continuation.

Cordialement. :)


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MessageSujet: Re: Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.   Mar 5 Avr 2011 - 21:13

Membre B : Akram.

— Évaluation : Le Sang d'Aldesie (Evy), par Barla —
Bonjour Barla.
Suite à la soumission de ton roman "Le Sang d'Aldesie - Evy" au Comité de Lecture de RdF, j'ai lu l'intégralité des dix-sept chapitres composant ton oeuvre, soit 434 pages au format pdf.
Je te livre donc mon commentaire concernant ton récit, commentaire qui se veut bien entendu personnel mais le plus objectif possible.
Style : dans l'ensemble, ton style est plaisant et intelligible, comme je l'avais déjà souligné lors de la pré-évaluation du prologue et des trois premiers chapitres par l'Antichambre du Comité de Lecture. De même, je lui avais reproché la pléthore de répétitions et de fautes en tout genre qui le dépréciaient et demeurent toujours d'actualité dans les chapitres suivants, en sus d'avoir gêné ma lecture. Fort heureusement, ces travers pourront facilement être corrigés, bien que tu aurais pu prendre soin de t'y atteler avant ta demande d'évaluation.
Voici donc un échantillon des répétitions que j'ai pu relever :
"Elle se réveillait souvent ainsi" (p.02), "Son père qui travaillait dur toute la journée sur son maigre lopin de terre ne devait pas être éveillé par sa faute. Ils vivaient seuls, tous les deux, et elle veillait sur lui tendrement comme l’eût fait une mère ou une épouse. " (p.03). Répétition produite par les verbes réveiller, éveiller, et veiller.
"Au début, mal à l’aise, installé sur le dos mouvant de l’animal en un équilibre précaire" (p.37), "... percevait
chaque contraction des muscles, devinait à l’avance la moindre réaction de l’animal" (p.38), "Pour lui, cet animal symbolisait le pouvoir, la richesse et surtout la noblesse" (p.38). Répétition du mot "animal".
"La traditionnelle joute à l'épée s’achevait" (p.121), "Bien que les épées fussent mouchetées et qu'ils portassent des armures légères" (p.122), "... il n'allait certes pas se mesurer à une épée" (p.122). Répétition du mot épée.
"En même temps, d'Asporville avait été quasiment formel : le bandit soarte – le duc de Lorval comme il l'appelait, acceptant contre toute logique de nommer un brigand et un assassin du titre et du nom d'une ancienne et honorable famille noble – resterait caché un temps. Il éviterait de s'exposer le temps de guérir de ses blessures"
(p.203-204). Répétition du mot "temps" (trois fois en deux phrases).
"Le soleil voilé diffusait une lumière sale dans les pièces closes, laborieusement calfeutrées du palais. Les salles les plus vastes sentaient la fumée" (p.256). Répétition produite par les mots "sale" et "salle".
"Pour la seconde année consécutive, Evy vit le printemps renaître sur Aldes et ses environs" (p.282), "Le garçon prit parti d'honorer le printemps à sa façon" (p.282). Répétition du mot "printemps" (deux fois en trois phrases).
"Le valet guida Evy dans un dédale de couloirs étroits si entrelacés que le garçon perdit vite tout repère"
(p.297), "Ces couloirs obscurs, car dépourvus de fenêtre, ne bénéficiaient que de loin en loin d'un maigre flambeau"
(p.297), "La pièce, très fraîche paraissait lumineuse après l'obscurité des couloirs" (p.298). Répétition du mot "couloir".
"... mais une violente décharge lui vrilla les jambes" (p.375), "... il faudrait du temps pour que ses jambes se remettent et qu’il puisse à nouveau marcher normalement" (p.376), "Il ne doutait pas qu'ensuite il recouvrerait l’usage de ses jambes sans la moindre séquelle" (p.376). Répétition du mot "jambe".
Et un échantillon des coquilles, fautes diverses et maladresses :
p.02 : "Elle se réveillait souvent ainsi, en pleine nuit. Discrète, elle retenait son souffle pour se fondre dans l’ombre nocturne. Elle espérait échapper à ces démons terribles venant hanter les cauchemars des enfants. Elle aurait pu crier ou pleurer pour appeler un adulte qui eût chassé ses mauvais rêves, mais c’était une enfant calme et solitaire". Trois phrases introduites par le même pronom personnel "elle".
p.06 : "Puis, il se leva lentement, s’approcha d’un pas lourd du bébé que la fillette avait délicatement posé sur la table grossière, à quelques pieds du grabat". Deux adverbes modaux au sein de la même phrase.
p.12 : "Aussi, sous la caresse impitoyable du soleil, sous le souffle brûlant d’un vent presque en permanent".
Le mot "en" est de trop.
p.80 : "Les Dauricy, l’actuelle dynastie sur le trône, aimaient d’ailleurs à exposer son blason d’or au lion de gueules armé, lampassé et couronné d’azur au chef danché de même chargé d’une étoile de sable à huit pointes".
À quoi fait référence cette mise en italique ?
p.94 : "Loin de le rebuter, cela le séduisit plus encore, comme l’histoire comptée par le palefrenier". Emploi du verbe compter au lieu de comter.
p.95 : "Le garçon avait le loisir de se rendre souvent aux écuries. Depuis que Silland vaquait à d’autres occupations, personne ne se souciait plus de lui et il n'avait aucune peine à se glisser discrètement hors de ses appartements pour retrouver l’animal". Répétition du verbe terne avoir.
p.173 : "Où que son regard se portât, quelles que fussent les personnes que son chemin croisait, rien ne semblait fait pour lui en ce lieu et il ne pouvait imaginer quel avenir lui réservait cette existence qui lui correspondait si mal". Succession de "que/qui/quel" alourdissant la phrase.
p.178 : "Le garçon les regarda s'éloigner, en serrant ses bras autour de lui tel un petit enfant cherchant à se rassurer".
Deux participes présents au sein de la même phrase.
p.259 : "Il décida de faire preuve d'un minimum de courage pour aller trouver le prince Philippe et lui demander de ne pas l'oublier et de lui permettre de prendre enfin part au monde de la Cour". Succession de "et" alourdissant la phrase.
p.270 : "Pas très loin, au plus profond l’épaisseur trouble de la forêt obscurcie, un loup hurla". Omission d'un mot.
p.294 : "Qu'il ne manifestât aucune souffrance pour une plaie aussi sévère avait de qui impressionner". Emploi du pronom "qui" au lieu de quoi.
p.337 : "À contre coeur, car il ne lui inspirait aucune confiance, Evy suivit le brigand armé". Mauvaise orthographe du mot contrecour/contre-cour (ces deux orthographes sont viables).
p.349 : "Dès qu’ils furent dehors, ils se mirent à courir. S’ils n’avaient pas été poursuivis dans le passage, il existait certainement d’autres issues que des hommes d’armes pouvaient emprunter pour les rattraper. Ils couraient au hasard, ignorant tout de l’endroit où ils se trouvaient". Succession du pronom personnel "ils" en début de chapitre qui nuit à la bonne compréhension de l'action.
p.372 : "Celui-ci ne dit mot mais ses yeux chargés de haine s’attachèrent au souverain et ne le quittèrent plus".
Omission de la virgule avant le mot "mais".
p.420 : "Nous devions faire une longue journée de cheval, à bon rythme, nous arrêter pour en soirée dans un lieu qu’il ne daignât pas me révéler et rentrer dès l’aube le lendemain". Le mot "en" est de trop.
p.420 : "Bien ne l’ayant jamais approchée jusqu’alors". Omission du mot "que" dans la formule bien que.
Outre ces incongruités, le vocabulaire simple que tu emploies et la tournure de tes phrases embellies d'effets de style (comparaisons et métaphores) permettent assurément une bonne compréhension du récit tout en l'imageant, dénotent d'une volonté d'être accessible au plus grand nombre. Des termes plus spécifiques apparaissent de temps à autre, notamment en ce qui concerne l'art équestre, mais demeurent assez succincts. Il en va de même pour les dialogues qui s'en trouvent teintés d'un aspect vieilli accentué par certaines constructions
inusitées, dialogues qui servent donc le fond et l'époque sur laquelle est basée ton texte.

Scénario : il est évident que le scénario n'est pas le fort de ton roman, puisqu'il débute par un cliché et manque quelque peu dans son intégralité d'unité, d'un dessein auquel raccrocher ton lectorat. Sans compter la révélation finale sur la mère d'Evy qui tombe tel un cheveu sur la soupe. Néanmoins, la qualité des descriptions permet une vive immersion qui transporte les lecteurs au cours de ton univers. Je t'avais signifié lors de la pré-évaluation de ton roman que "ton prologue me paraît remplir sa fonction première, à savoir exposer un événement antérieur et intimement lié à la trame du roman" et que "Bien que le thème abordé de l'enfant recueilli par des fermiers s'avère quelque peu classique, sinon cliché, il n'en suscite pas moins la curiosité d'en savoir plus sur les origines de ton protagoniste, les motifs de son abandon, et son devenir". À présent que j'ai lu ce premier tome dans son intégralité, je constate que les réponses à ces questions, quoique pour la plupart clairement exposées, sont mal amenées. Certes, Evy rencontre son père, le roi Charles, mais j'ai été étonné qu'il ne cherche pas à savoir qui était sa mère, ne serait-ce dans l'espoir de pallier au mépris affiché par ce dernier. En effet, n'était-ce pas ce qui était annoncé au cours des premiers chapitres ? La découverte de ses parents biologiques dans l'espoir de gagner leur affection, de comprendre la raison
de son abandon, et implicitement de connaître ses origines ? Dès lors, il paraissait cohérent que ton protagoniste s'efforce d'obtenir des explications à défaut de pouvoir profiter d'une vie doucereuse à Keloew ou de plaire à son père. Au lieu de cela, Evy va à l'encontre de cette logique et laisse venir à lui des événements d'ordre secondaire. Mais bien que ceux-ci donnent de la substance à ton univers, se montrent rationnels dans leurs traitements et permettent au récit de ne pas sombrer dans une profonde torpeur en générant des interactions et quelques rebondissements, ils ne servent pourtant pas la trame annoncée. Et il faudra alors attendre la toute fin du roman pour apprendre la vérité. À ce propos, la révélation sur l'identité de sa mère m'est apparue expéditive, insipide même puisque lâchée à la dernière minute tel un deus ex machina comme pour t'en débarrasser sans avoir pris la peine de livrer quelques pistes, au même titre que l'explication des motifs de la prêtresse de Dansault qui en découlent et ceux du souverain qui a fait venir de force Evy au sein du palais de Veldan.
Quant au devenir de ton protagoniste, il demeure en suspens et sera a priori traité dans le prochain tome. En outre, un certain nombre de questions restent sans réponses, comme les raisons de la haine qu'entretiennent Lorval et Charles, les secrets que le brigand semble connaître sur un lien concernant son propre fils Luhann et Evy, ou l'identité de l'assassin de la famille royale. De ce fait, et bien que des péripéties sans rapport avec la trame principale agrémentent ton récit et entretiennent un tant soit peu de mystère, celle-ci ne s'avère au
bout du compte qu'un prétexte, une toile de fond pour mettre en avant tes personnages. Et c'est bien cela qui déprécie ton ouvrage, car sans un fil directeur concret, cette tranche de vie manque de croustillant, d'une dynamique pour susciter l'intérêt que ton texte aurait dû attisé.
Quant aux descriptions, elles sont sans ambages riches et colorées, permettant une immersion aisée dans le royaume d'Aldesie. Outre les informations qu'elles apportent donc et le fait qu'elles accréditent ton univers, les sentiments d'Evy ou des réflexions sont généralement mis à contribution sur cet environnement au point qu'il en émane à chaque fois des sensations bien spécifiques permettant de les vivifier. Un exercice ô combien difficile que tu maîtrises à l'évidence.
En voici un échantillon :
p.71 : "Un entrelacs de verdure, tout irisé du chatoiement de mille verts subtils, attirait le regard à chaque instant. Le lieu s’offrait, reposant par son aspect campagnard, par ses feuilles tendres, par ses arbrisseaux délicats, par la chanson des nombreuses fontaines ornant les bassins. Pourtant, l’oeil se fatiguait vite d'un excès de détails, de ces alignements trop parfaits, de ce luxe surabondant qui exposait ses statues, ses ors, ses arbres rares. Les allées n’en finissaient plus, grises dans tout ce vert, bordées de massifs fleuris, presque trop colorés,
trop gais, trop resplendissants en cette saison automnale. C’était beau, mais terriblement humain, humain au point d’en faire peur. Car il n’y avait plus là nul lien avec la nature qu’avaient créée les dieux. Evy se demanda si ces divinités appréciaient cela, si elles toléraient que leur oeuvre soit à ce point détournée par l’homme pour devenir sienne" qui livre une réflexion théologique sur l'arrogance des hommes et leur capacité à dénaturer leur environnement.
p.138 et p.140 : "Mais ces bois-là bruissaient comme si des lutins se cachaient derrière chaque tronc. Les arbres gémissaient telles des créatures vivantes et le sentiment d’être observé sans cesse rendait presque cette solitude pesante" et "Ce fut comme s’il trouvait le lieu de ses rêves, ce lieu que chaque homme cache au fond de son coeur tel un inaccessible palais de conte de fée et que beaucoup cherchent leur vie durant sans le trouver, ce lieu magique où l’on se sent immédiatement chez soi. Il sut que c’était là sa maison, son pays secret et
familier qu’il croyait connaître depuis toujours. Les branches hautes des arbres en dessinaient la voûte d’ombre légère par laquelle filtrait une lumière rassurante. La bruine avait cessé et de timides rayons glissaient entre les feuilles comme dans l'intimité d’un temple habité de quelque divinité bienfaisante. Invisibles au sein de leurs abris de verdure, les oiseaux reprenaient leur mélodie interrompue par le mauvais temps. Au milieu de la clairière, écrin d'émeraude, chantait un ruisseau limpide où filait comme des flèches d'argent le dos scintillant
des poissons" qui reflètent le contraste de la forêt aux abords de Veldan et représentent à la fois l'antre de tous les dangers et de toutes les superstitions qu'un tel lieu peut compter, mais aussi le désir d'évasion et un havre de paix pour Evy.
p.152, p.154, et p.155 : "À cette époque, Aldes était en pleine extension. Elle vomissait ses maisons au-delà de ses murs épais comme une lèpre incontrôlable sur la campagne environnante", "Les rues pullulaient d’une foule bigarrée et hétéroclite : des pauvres et des riches, des hommes, des femmes avec de nombreux enfants piaillants, des vieillards sans cesse bousculés, des voitures qui forçaient le passage au milieu de la masse grouillante. Un nuage de bruits, d'odeurs, de ce cumul insensé de tout ce qu’est l'homme, enveloppait cette
débauche de couleurs. Un vacarme épouvantable régnait, un mélange du cri des chalands, des insultes et des commérages de la fourmilière humaine" et "Elles s'avançaient comme des carcasses belliqueuses, usées, mortes sur pied et qui lentement se décomposaient sans qu’on pensât à les détruire totalement. Celles qui ne présentaient pas leurs murs borgnes, n'exposaient pour toute fenêtre que des trous béants ou du papier huilé qui partait en lambeaux au moindre souffle. Evy frissonna, sentant derrière les façades lépreuses peser sur lui le regard des habitants. Les misérables qui se rencognaient sous le porche étroit des maisons avaient plus l’air de squelettes animés que d'êtres humains" qui brossent un portrait sombre de la capitale du pays et s'opposent au faste de Veldan.
p.184 et p.185 : "Avec lenteur et prudence, comme si la seule vue de l’horreur représentait un danger, Evy regarda autour de lui. Prenait forme une véritable chambre de torture comme on n’en imagine que dans les périodes les plus sombres de l'histoire humaine. Des outils inquiétants, des machineries aux allures de bêtes diaboliques rougeoyaient sous l'ardeur infernale d'un feu palpitant" et "La lumière des flammes qui éclairait par intermittence son visage, renforçait l’expression cruelle peinte sur ses traits et lui donnait l’apparence
d’une créature échappée des Enfers. Il ne ressemblait plus au souverain magnifique de quelque héroïque légende, mais à un démon échappé d’un mythe terrifiant" où l'acte de torture et tout ce qui s'y rapporte sont mis en relation avec les Enfers.

Personnages : indéniablement l'un des atouts de ton ouvrage grâce à la diligence dont tu fais preuve quant au travail sur la psyché de tes personnages qui se révèlent donc des plus peaufinés. Dommage qu'Evy, protagoniste de ce premier tome affublé de pleutrerie, n'évolue presque pas au point d'en devenir ennuyeux. Certes, ses émotions et pensées sont abouties, mais son laisser-aller et son inaptitude à s'adapter à la Cour de Veldan en deviennent étouffants. Ainsi, ton personnage principal se caractérise par son manque de courage, sa candeur excessive, sa naïveté et ses innombrables questionnements qui le démarquent du héros traditionnel, voire le catalogue comme antihéros.
Mais malgré sa psyché on ne peut plus travaillée, son manque de réactivité et ses interminables geigneries renforcées par son asocialité le rendent presque détestable, ne permettent pas aux lecteurs de s'identifier à lui. Pourtant, certaines situations auraient pu être des éléments déclencheurs pour le faire évoluer, tels l'amitié qui le lie à Lefker et sa prise de position à l'égard de son propriétaire, sa rencontre avec Lorval qui l'initie à l'art du combat et devient à ses yeux un père de substitution, l'étroite relation de fraternité qu'il entretient avec Luhann, ou lorsqu'il devient le seul descendant du roi même si cela aurait été un tant soit peu tardif. Bref, tous ces traits comportementaux qui auraient pu marquer sa différence en regard de héros plus classiques et le rendre tant émouvant qu'original se retournent finalement contre lui. J'en conviens, nul ne change du jour au lendemain, mais vu que l'histoire relatée dans ton roman se déroule sur plusieurs mois, voire quelques années, Evy avait largement le temps d'évoluer et de devenir plus appréciable. À l'inverse, les personnages secondaires de ton ouvrage s'avèrent bien plus captivants de par leurs complexités et leurs crédibilités. Dès lors, ils contrastent fortement avec ton protagoniste et permettent d'instaurer des interactions sociales intéressantes selon les relations que chacun entretient respectivement avec lui. Ainsi, les opinions divergent au sein de la Cour, tantôt dédaigneuses et hostiles, tantôt amicales et fraternelles. Le roi Charles, le prince Philippe, la princesse Marie-Amandine, le sieur de Silland, le comte d'Asporville, Luhann, tant de personnalités différentes et abouties, reflets de leurs conditions sociales, mais caractérisées par des traits souvent sombres, toujours bien définis, tels la cruauté, l'indulgence, le narcissisme, le désir de vengeance.
L'étalon Lefker en est même humanisé, d'abord fougueux au point d'en devenir dangereux à cause des maltraitances qu'il a subi avant d'être pris en charge par Evy qui saura le maîtriser par sa douceur. Et bien entendu, le duc Lorval représente le personnage le plus pittoresque. D'abord parce qu'il est d'origine soarte, peuple énigmatique et méprisé par les Audiens, ensuite car il est un brigand sans pitié combattant le régime monarchique, mais surtout du fait qu'il en vient à prendre Evy sous son aile alors que celui-ci est le fils de son
ennemi juré et malgré que ces fautes vont probablement lui coûter cher.
Ainsi, nombre de ces rencontres que fait Evy, fussent-elles discussions ou échauffourées, s'avèrent attrayantes puisqu'elles rythment un tant soit peu ton roman. Mais elles auraient dû apporter bien plus que de simples échanges et forcer la main à ton protagoniste, lui faire prendre conscience de ses enfantillages. Néanmoins, elles demeurent cohérentes grâce au travail en profondeur réalisé sur les personnalités de tes personnages. Seul le trépas de Lefker m'a paru trop vite expédié. Lui qui était le confident d'Evy et le sauve à plusieurs reprises meurt dans une ultime tentative sans que son maître ne s'épanche outre mesure sur son sort. Et ce passage qui aurait dû être chargé d'émotions s'en retrouve amoindri. Certes, Evy fuit à ce moment-là une mort certaine, il n'empêche qu'il aurait été de bon ton de trouver le moyen d'étayer cette situation dramatique puisque Lefker représentait son seul véritable ami.

Idées : le réel travail de recherches effectué sur le XVIIème siècle français sur lequel est basé ton récit est aussi l'un des points forts. Mais cette originalité, bien qu'amenant certaines réflexions quant à la lutte des classes et les commodités du pouvoir, est peut-être trop ancrée dans la réalité au détriment de l'imaginaire. Ton roman pourrait être classé comme étant de la fantasy historique, puisqu'il traite d'un univers fictif auquel se greffent des références au XVIIème siècle, mais l'aspect fantasy n'y est guère représentatif et risque de ce fait
de ne pas concorder avec les lignes éditoriales des maisons en partenariat avec RdF.
Assurément, le fait de t'inspirer du XVIIème siècle contribue à rendre ton univers crédible et détaillé, d'autant que cette époque n'est pas en fantasy la plus exploitée, mais sans constituer un réel dépaysement. L'intérêt est surtout suscité par les vraisemblances qui imprégnent ton récit, vraisemblances traitant des contrastes d'une manière générale via une opposition méthodique entre les roturiers et l'aristocratie, la nature et le progrès, les faux-semblants et la vérité. Elles concourent ainsi à instaurer une forte ambiance et à transmettre un savoir sur
cette période de notre histoire arrangée, cela va sans dire, aux besoins de ton roman et à la logique inhérente au royaume d'Aldesie. La monarchie y est donc absolue et de droit divin, caractérisée par un roi omnipotent entouré de courtisans avides de pouvoirs, la vie pénible pour les moins bien lotis, allant jusqu'à entraîner une insurrection. En somme, rien d'innovant mais néanmoins agréable et plausible. Et à ce propos, j'ai trouvé dommage que tu n'exploites pas davantage le sujet en distillant quelques informations sur les intrigues politiques et les conflits d'intérêt dans lesquels aurait pu être plongé Evy malgré lui, puisque bâtard du roi et donc à même d'être retourné contre son père ne serait-ce que par Lorval ou un quelconque fomentateur pourquoi pas au courant de la vérité sur ses origines. Sans compter que cet univers m'est apparu trop terre-à-terre, dénué d'éléments fantastiques hormis le monde en lui-même où évoluent des peuples fictifs avec leurs propres croyances. Et parmi ceux présentés, seuls les Soartes, caractérisés par leur stoïcisme et une culture mêlant innovation architecturale et bellicisme, se révèlent prompt à éveiller la curiosité car proche d'une hypothétique race extraordinaire. En outre, la magie s'avère inexistante, tout juste évoquée en tant que superstition à l'égard de ce peuple via le Prince Philippe lorsqu'il parle de Lorval "De plus, il est sorcier ainsi que tous ceux de sa race et il vous faut le fuir comme la peste" (p.164), à l'instar des créatures fabuleuses qui n'apparaissent qu'en tant qu'éléments narratifs lors de tes figures de style (voir plus haut pour des exemples). À ce titre, je crains que
cette déficience nuise à ton roman, et ce quoiqu'il relève de la littérature imaginaire, vis-à-vis des éditeurs en partenariat avec RdF davantage orientés vers une fantasy plus prononcée.
Conclusion : il est évident que tu jouis d'une belle plume, que tes personnages, tes décors, et ton univers se révèlent on ne peut plus travaillés, mais que la trame s'avère insignifiante et que ton protagoniste manque d'attrait. J'aurai donc voté oui, mais les remarques soulevées m'amène à m'abstenir, car tout le potentiel certain de ton manuscrit n'a pas donné son plein essor et mérite d'être retravaillé.


Cordialement.
Akram.

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LA PROMISE (roman de fantasy, 15 et )

LE CYCLE D'HYPNOS (extraits)

Comment mieux écrire ?


Dernière édition par olivier.lusetti le Mar 5 Avr 2011 - 21:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.   Mar 5 Avr 2011 - 21:14

Membre C : Solon.

Je me prononce ici quant à l’évaluation du roman « Le sang d’Aldésie » de Barla. Les premiers chapitres du titre ont déjà reçu l’approbation du comité pour une lecture complète. C’est dans ce cadre que je l’ai lu et commenté dans son intégralité. J’articulerai mon argumentaire selon les points suivants : le style, le scénario, les personnages et les idées développées.

Le style : Ce roman est agréable à lire. On ne se perd pas pendant le déroulement. On peut toutefois regretter que l’écriture, riche au tout début, subisse une baisse de qualité après les premiers chapitres. Non que la suite ne soit pas plaisante, mais il réside à une irrégularité tout au long du roman qui est assez dérangeante. Le problème se résorbe dans la seconde moitié du roman. Tout comme les fautes, encore trop nombreuses : elles sont particulièrement présentes dans les chapitres où l’inspiration a manifestement fait défaut à l’auteure.
Une révision de l’ensemble du texte, via différentes béta-lectures, semble nécessaire.
Concernant la construction du texte, le ratio narration/dialogues n’est pas forcément optimal. J’entends par là que certains passages intéressants perdent en saveur à cause d’une narration presque encyclopédique et sans anecdotes précises qui pourtant feraient vivre le récit. Je pense à deux points principaux : la rencontre avec Lefker et l’ascension de Luhann.



Le scénario : La première idée qui frappe à la fin de la lecture est le manque de magie, de magnifique, d’imaginaire, dans ce titre. Ce n’est pas un mal en soit pour un roman, mais ça le devient pour un titre qui prétend appartenir à la sphère SFFF.
Pour en venir aux fondements du scénario, il n’est pas dénué d’intérêt. Quoique classique, il se laisse volontiers parcourir. Le problème n’est pas tant dans celui-ci que dans la façon de l’exposer. Il faut effectivement attendre la moitié, voire les deux tiers du roman pour vraiment comprendre où l’auteure souhaite nous emmener. Cette lutte entre Lorval et Charles est intéressante, mais pas assez mise en avant, et surtout arrive beaucoup trop tard. Le véritable roman ne commence qu’à l’apparition de Lorval, au chapitre 6. Evy est clairement un point central dans cette lutte, on le comprend, mais ce n’est pas assez explicité. Ce titre gagnerait énormément à être revu dans l’ordre de son déroulement. Il faudrait à mon sens faire découvrir Lorval bien plus tôt. Du moins sa réputation. Faire comprendre au lecteur qu’il a un rôle majeur, augmenter la tension en mettant en scène l’un de ses méfaits.
En somme, le fil conducteur du roman doit arriver dès le début, dès l’arrivée d’Evy à Aldes. Cela éviterait d’autre part de passer plusieurs chapitres uniquement centrés sur l’impossibilité d’Evy à s’intégrer, ce qui, intéressant de prime abord, devient, à la longue, agaçant.
L’auteure gagnerait donc, à mon sens, non pas à changer son scénario, mais à le remanier de façon à augmenter la tension. Cette tension manque d’ailleurs cruellement à la fin. L’histoire finit par se lancer, à gagner en intérêt, le style se régularise, l’envie de continuer, qui était ténue pendant les 250 premières pages, existe belle et bien, on souhaite que ça continue… Et paf, c’est la fin, on apprend les origines d’Evy qui s’en moquait royalement, donc n’a pas envie de les connaitre. On apprend que sa vie est en danger, sans jamais avoir compris que l’on souhaitait porter atteinte à sa vie. On savait qu’il n’était pas aimé, mais sans plus.
Cette fin n’est pas à modifier, je ne pense pas. C’est ce qui l’introduit qui pourrait changer. Pour que la révélation sur les origines d’Evy soit opportune, pleine de sens, il faut qu’Evy souhaite les connaitre. Sinon, on ne comprend pas vraiment ce que ça vient faire ici.
Pour conclure sur ce point : je conseille à l’auteure de trouver un centre de pression dès le début du roman (la lutte Lorval/Charles, avec Evy au milieu est tout à fait correcte, mais il faut appuyer fortement dessus), d’augmenter la tension du personnage principal et son désir de se connaitre pour rendre crédible la fin.

Personnages : Le personnage principal apparaît d’entrée de texte comme manquant d’envergure. C’est volontaire, et pas gênant en soit, je n’ai rien à y redire. Ce qui gêne plus, c’est son manque de volonté à s’améliorer. Une fois encore, cela ne dérange plus une fois que l’histoire est véritablement lancée, mais tant que l’attention reste centrée sur Evy et ses problèmes d’intégration, le lecteur est noyé sous cela. Evy prend toutefois peu à peu de l’envergure, pas lui-même, mais dans l’intérêt que le lecteur lui porte, dans le dernier tiers du roman.
Lorval : Voilà certainement le personnage le plus complet du titre. On se retrouve rapidement à l’apprécier. Il est perturbé (ce qui n’est en outre pas assez montré), triste, violent à souhait, mais plus victime que coupable de ses méfaits. Il passe rapidement de « méchant » à « gentil » aux yeux du lecteur. Il est dommage que ce personnage, pourtant principal, ne soit pas plus développé.
Le roi : Intéressant également. Peut-être trop manichéen dans sa méchanceté.
Les personnages secondaires tiennent tous le rôle qui leur est dévolu, sans attachement particulier de la part du lecteur, ni désintérêt. Je regrette cependant que Luhann, pourtant si prometteur, soit au final superficiel. Il mériterait de gagner en prestance.

Idées : globalement, l’ensemble des idées que l’auteure met en place sont intéressantes. Rien d’extraordinairement recherché, mais le tout forme une histoire qui reste cohérente et agréable. Comme dit précédemment, il est regrettable que les passages de moindre importance soient à ce point développés, alors que certains capitaux n’ont pas fait l’objet d’une attention plus particulière (rencontre avec Lefker, lutte de sang entre le duc et le roi, etc).
Concernant une idée particulière : l’époque du roman. Le placer dans une Europe de la renaissance (environ) est une très bonne idée. Toutefois, il y a soit trop de ressemblance, soit pas assez. On ne peut s’empêcher de penser à cette époque tout en gardant une impression de manque de réalisme. Je ne puis dire d’où vient cette dite impression. Peut-être une précision plus radicale dans le vocabulaire utilisé lors des descriptions arrangerait-elle le problème ? Ce n’est qu’une hypothèse, puisque je n’ai pas la réponse.
Enfin, je me demande si toutes les portes ouvertes sont réellement refermées. Sans trop vouloir révéler les ficelles de l’intrigue à ceux n’ayant pas lu le roman, le duc est-il vraiment à l’origine du soulèvement et de ses conséquences ? Qu’advient-il de Luhann ?

En conclusion, l’auteure l’aura compris, l’inconvénient du titre n’est pas tant sur son fond que sur sa forme. La trame principale, quoique classique, se révélerait palpitante si plus de rythme, plus de tension, y étaient distillés ; si les péripéties majeures étaient développées, celles mineures réduites voire supprimées. Clairement, les bases sont présentes, réellement, le travail également. Il reste à présent à peaufiner les détails pour que le titre puisse se lancer à la conquête d’un éditeur avec sérénité.
En cela, puisque « Le Sang d’Aldésie » possède un véritable potentiel ; puisqu’il pourrait, je pense, devenir un très bon ouvrage une fois revu et complété ; puisqu’il n’est, à ce jour, pas totalement mûr ; puisqu’il comporte, en somme, nombre de qualités ainsi que plusieurs défauts, je préfère rester neutre quant à mon avis sur son passage devant le comité de lecture de RdF.
Naturellement, je reste à la disposition de l’auteure si elle souhaite mener plus avant les pistes de réflexions que j’ai ouvertes tout au long de mon commentaire.


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MessageSujet: Re: Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.   Mar 5 Avr 2011 - 21:18

Membre D : Olivier.
Partie 1/2

J’ai lu et apprécié les trois premiers chapitres du tapuscrit d’Aurélie Genêt dit Barla.
Rappel de mes propos. Ce manuscrit, Le Sang d'Aldesie de Barla séduit d’abord et avant tout par sa qualité d’écriture :

Extrait :
« La ville était une représentation permanente, entre bonheurs et querelles, injures et baisers volés, faisant planer les reflets de mondes lointains et inconnus, un écho de vie rêvée, de grandeurs perdues, de gloires éphémères, de victoires oubliées. Mille vies s'y jouaient, des destinées s'y dessinaient ou s'y brisaient, des existences s'y croisaient pour le meilleur ou le pire. Tout y semblait possible. »

Mais aussi par un choix narratif à la troisième personne, enrichi des points de vue internes très réussis du héros principal Evy qui permette à l’auteur, entre autres, de s’éviter des descriptions inutiles, car l’intrigue se découvre par les yeux d’Evy.

Extrait :
« La nervosité l’empêcha de détailler la cour où le carrosse l’attendait pour ne voir que lui. »

L’histoire pour le moment à la fin de ces trois chapitres se tient en quelques phrases. Un bébé de quelques mois de noble naissance est abandonné dans un petit village. Une quinzaine d’années plus tard, un soldat vient le rechercher, pour le ramener à la capitale. Celui-ci le reconnaît sans peine, car son teint blanc, ses traits délicats et ses cheveux blonds tranchent avec les visages noirauds et hâlés des paysans. Le jeune garçon s’avère être le fils illégitime du roi d’Aldésie Charles que l’auteur Barla décrit de cette manière :

Extrait :
« Il avait cru déceler sous cette apparence somptueuse quelque chose de terrible et d’indéfinissable à la fois, une arrogance méchante dont il avait pensé saisir la flamme au fond de sombres yeux bruns qu’adoucissaient trompeusement d’épais sourcils blancs. »

Magnifique description qui pourrait nous ouvrir les fenêtres de l’étrange, car sur l’enfant nous savons :

Extrait :
« Il se savait le vivant portrait d’Adrys, le jeune et lumineux maître de toutes les divinités, Adrys, le rayonnant, le plus loué des dieux du Nodius. »

Sur l’origine de la royauté, nous savons :

Extrait :
« Jadis, à une époque si lointaine qu’elle se perdait dans la nuit des temps, des hommes arrivèrent avec leurs familles, leurs coutumes et leurs armes. Ils venaient du nord, nul ne savait d’où exactement, de ces terres lointaines qui se confondent avec le domaine des dieux. Grands, leur teint clair ensoleillé par leurs cheveux blonds, ils montraient une délicatesse presque féminine couplée à l’ardeur de fiers guerriers. Quoiqu’ils fussent peu nombreux, leurs savoirs et leur science des armes les imposèrent vite comme les nouveaux chefs d’un pays alors mal structuré qu’on ne nommait pas encore Aldesie. Leurs enfants devinrent les nobles et les rois du nouvel État, répandant sur leurs terres fraîchement conquises leur culture et leur religion. Leurs différences avec les peuples qui les avaient précédés en ces lieux s’amenuisèrent avec le temps et quelques unions. Mais les nouveaux aristocrates conservèrent leurs traits fins et leur blonde chevelure. Ils se prétendaient, non sans arrogance, les descendants d’Adrys à qui ils ressemblaient tant, et affirmaient tenir de lui le pouvoir divin de régner sur autrui. Personne n’eut jamais le courage ou la force de le contester et certains crurent même avec certitude à leurs origines fabuleuses. »

Voilà donc que tout est en place pour préparer au lecteur une belle aventure. Tous les ingrédients sont là. Un enfant trouvé de sang noble ayant tout à apprendre du monde civilisé et des dangers de la cour. Une royauté descendant selon les légendes directement des dieux et un ennemi héréditaire les Soartes.
Extrait :
« Des Soartes ! Un nom loin de lui être inconnu. Quel Audien n'avait jamais tremblé à l'évocation de l'Empire Soarte ? Même à Keloew, on savait que jadis, en des temps très reculés, si reculés que la date en était oubliée, s'était déroulée une guerre terrible entre les peuples d'Ariase et l'Empire. Les Soartes, fidèles à leur politique d'extension territoriale, avaient tenté une invasion. On les disait des sous-hommes, presque des bêtes, seulement avides de sang et de violence. Ils avaient tué, torturé, violé, brûlé, semant la désolation sur leur passage. On les prétendait sorciers, eux qui semblaient presque invincibles. Surtout, leur religion trop différente était incomprise des Audiens. Ils n'adoraient qu'un seul dieu aussi guerrier et violent qu'eux, que les Audiens confondaient avec Lefker, divinité de la mort et des Enfers. Or les écrits sacrés du Nodius décrivaient Lefker comme l'ennemi juré du grand Adrys, le roi des dieux, juvénile et rayonnant protecteur d'Aldes et de ses souverains. »

Sur le peuple Soartes, nous savons :

Extrait :
« Dans l'extrême sud de la Tourolle, État voisin de l’Aldesie, lorsque l'on se tournait vers la mer, on apercevait par temps clair les côtes de l'Empire Soarte se dessiner à l'horizon. Et, disait-il, surgissant au-dessus de la ligne jaune des sables du désert, des villes gigantesques, blanches, lumineuses, élançaient leurs mille tours graciles à l'assaut du ciel. Même d'aussi loin, c'étaient les plus belles cités que pût concevoir l'esprit humain. »

Si des fautes d’orthographe se repèrent, elles sont peu nombreuses comme :
Extrait :
« lui enseignait avec une grand patience »
« de son manque de savoir vivre »

Si tout le monde écrivait comme l’auteur que d’agréables textes nous lirions plus souvent !
Quelques erreurs dans la narration perdurent à force de modification du manuscrit comme :

Extrait :
« Le soldat était déjà debout.
— Bien, constata-t-il, vous voilà éveillé. Nous pouvons reprendre la route. Il reste encore bien des lieues à couvrir.
— Où... où... où a... allons-nous ? osa Evy en luttant péniblement contre son bégaiement. »

Passage suivi d’une très longue, mais intéressante digression sur le passé d’Evy doublé d’une introspection, pour finir par écrire :

« — C'est bon, annonça-t-il au soldat. Vous n'aurez plus besoin de m'attacher. Je vous suivrai àAldes de mon plein gré.
Il était si sûr de lui qu'il n'avait même pas bégayé.
L'autre hocha la tête comme s'il n'avait jamais envisagé autre chose.
— Alors dormons. Un long chemin nous attend encore. »

Mais vraiment rien de grave et encore moins de rédhibitoire.

Je dis, oui tous les ingrédients sont là, mais, cinquante pages pour les réunir c’est un peu long tout de même. Mais malgré une absence complète de tension et de suspens et un héros bègue et légèrement trouillard, la sauce prend par la qualité d’écriture de l’auteur et les saveurs que les prochains chapitres laissent entrevoir. On pourrait en découvrant ce texte songer à l’assassin royal si la magie pointe le bout de son museau, et si tout ce début était raccourci, par exemple des pensées de la sœur et donc de presque tout le prologue. Car nous avons ici toutes les formules, de cet ouvrage à succès, mais transposé dans un monde semble-t-il assez proche de notre dix-septième siècle Français. Et écrit dans une langue bien supérieure. Il faudra sans doute couper dans les chapitres, mais une maison d’édition saura le demander afin d’éviter de perdre le lecteur impatient de mouvement et faire que ce livre soit de ceux que l’on commence, mais que l’on ne termine jamais.
Non, ma crainte, pour ma part, réside dans le fait que ce manuscrit, n’ait de fantasy que le nom. Ou bien la fantaisie d'un écrivain pour une analyse de mœurs, que l’on trouverait dans un roman historique, mais qui ici n’en serait pas un, puisque se déroulant dans un monde imaginaire. Il m'a semblé par moment, mais sans doute à tort que l’auteur retenait les chants de l’angélisme en attribuant aux paysans beaucoup de vertus et bien peu aux aristocrates. Ces mêmes sangs bleus qui méprisent les Soartes qu’ils transforment en esclave les considérants comme des bêtes, alors que pourtant ils savent construire des villes pointant vers le ciel.
Aussi ai-je peur que le fantastique du texte ne soit que dans ce qui aurait pu être avec cette écriture aisée et si agréable et non ce qui est dans l’histoire des faits et de l’intrigue. J’ai le doute que l’auteur aime l’humain au point de faire de son personnage Evy un tellement humain qu’il en perdrait tout héroïsme. Car il faut bien admettre que l’adolescent n’a pour le moment aucun charisme, ni n’est spécialement intelligent ni fort, ni courageux, ni ne semble même posséder un quelconque don. Mais je suppute et à l’instant où je terminais avec plaisir ces cinquante pages, je n’avais en bouche qu’un goût agréable m’invitant à y gouter encore. Alors mon oui pour lire la suite est total et sans la moindre ambigüité.

J’avais alors terminé la lecture du chapitre trois.

Voilà à présent un commentaire non encore définitif sur l’ensemble du manuscrit, mais complètement arrêté sur les 130 pages qui suivent et qui permettent de parler des quatre chapitres suivants. Nous sommes à la page 202 sur un manuscrit qui en comporte 432, bref pratiquement à la moitié, mais déjà ma franche envie de continuer s'est muée en un vague intérêt.
Pour quelles raisons ?
Eh bien ! je n’aime pas le personnage principal, il ne m’a jamais plu, car jamais je ne lui ai trouvé beaucoup d’intérêt et la fin du chapitre 7 a fini de m’en persuader. C’est long de suivre deux cents pages tournées sur un personnage principal sans charisme, sans talent, sans humour, geignard, stupide et larmoyant. Mais ce que je dis, je le prouverai en prenant des passages du livre. Donc en ce qui concerne le premier pilier d’un récit, celui des personnages attachants, c’est vraiment mal parti.

Le deuxième pilier d’un ouvrage est le style. Là par contre j’avoue que l’auteur s’en sort vraiment bien. Il est simple, clair, limpide, agréable à lire. On y trouve même des perles, que l’on aime relire. Mais voilà, il est aussi sans force, il coule limpidement, car ni il évoque ni ne transporte. Il est sans passion. Il suggère en utilisant les introspections nombreuses d'Evy, mais avec le temps ne décrit que fort peu, en utilisant un point de vue neutre. Presque tout passe par le prisme d'Evy. Si le travail sur les mots existe, il s’essouffle sur la distance. Hélas dans la durée on s’habitue et aucune force poétique ne vient pour vous gifler de sa beauté, pour transcender le tout, un tout qui s’éteint, car les embuches du récit, sa tension, ses rebondissements sont pauvres. Est-ce à dire que l’auteur écrit mal ? Non, diantre, mais son choix de narration passif, rarement actif, fait qu'il raconte une histoire sur un ton de compte-rendu bien éloigné de celui qui immerge et fait battre le cœur, car le rythme des phrases reste identique. Si bien que l’ennui s’invite et rarement ne vous quitte. Son écriture n’a pas le dynamisme nécessaire pour faire vibrer de suspens. Elle ne possède pas les vertus nécessaires pour habiller le vide de ces mots qui ensemble s'emboitent pour le plaisir des sens, créant cette alchimie particulière qui donne pourtant du mouvement, même à la description d'un décor immobile. En ce qui me concerne l’auteur s'il se fait plaisir à écrire, il semble oublier le lecteur en ne cherchant pas à lui faire plaisir en mélangeant action et description, dialogue et monologue, en terminant un chapitre sur un problème, une tension qui donne envie de poursuivre l’intrigue.

Le troisième pilier d’un récit est un scénario captivant.
Et là, de captivant je ne vois vraiment rien que le mot, car le roman est cousu de fils blancs, gâchant la surprise et je ne crois pas que l'auteur veuille donner à son lecteur les ingrédients qui donne du corps au suspens. Déjà ce roman n’est ni de la fantasy (pas de magie), ni du fantastique (rien de surnaturel, ni d’étrange) et encore moins de la science-fiction. L’histoire se déroule dans un monde imaginaire proche de notre dix-septième siècle français, que l’auteur saupoudre de ses personnages, bref un cadre historique, mais sans le tableau des véritables personnages de l’époque ni des événements. Si on devait résumer de quelques lignes ce qui se passe sur ces 130 pages, nous dirions :
Evy élevé par des paysans, fils bâtard d’un roi est amené à la cour sans aucune raison précise, mais par la volonté du souverain. Bègue, stupide, peureux et fainéant, l’enfant ne s’intéresse qu’à un cheval et délaisse tout le reste. Exit la cour et ses intrigues, une histoire de succession au trône, l’apprentissage vécu au quotidien pour devenir un noble, exit tout cela, le garçon ne s’intéresse qu’à son cheval. Un jour enfin il ira dans une clairière, au sein d'une forêt devenue le domaine d'un bandit recherché. Le bandit, dit le duc, ne voyant en Evy aucune raison valable de s’y intéresser, le laissera partir.
Peu après, ce bandit sera arrêté, il est du peuple Soarte, on le dit sorcier et de descendance noble, comptabilisant à son actif beaucoup de morts. Emprisonné, et torturé, sous le regard d’un roi mauvais se délectant de la scène. Le bandit, qui semble insensible aux sévices s’enfuira en demandant à Evy qui obéira par peur, de lui détacher les mains. Et voilà, tout est dit. Nous arrivons au chapitre 8, page 203 du manuscrit.

Autant dire que le quatrième pilier d’un récit qui est l’originalité fait cruellement défaut dans ce roman. L’enfant abandonné qui se trouve être de noble lignée est un classique et l’univers décrit est celui (en très appauvri) du dix-septième siècle français. Pas de pouvoir magique, peu d’intrigue, pas de destin, ni de tension. Je cherche toujours le climax du récit. Non, rien que la vie d’un imbécile (il le dit lui-même) qui trouve les cours ennuyeux, la cour méchante et dépensière, le roi pas gentil et cruel, et qui fait d’une clairière une cathédrale et d’un cheval son confesseur.

Ceci étant dit et comme je n’ai pas la science infuse je vais maintenant étayer mes dires d’exemples concrets et dans l’ordre s’il vous plait, tous tirés du roman, ce qui fait toute la différence entre un avis et un commentaire.

Remarques diverses :
Extrait page 61 :
« Il parlait toujours avec une extrême lenteur. Evy ne comprenait pas tout, mais s'y habituait petit à petit. »

Pourtant Silland se lance p 76 dans une exposition du pays et de sa politique, alors qu’il sait que Evy ne peut le comprendre. En fait, nous comprenons que cet exposé est pour le lecteur, mais il est mal amené.

P 78
Extrait :
« Non sans promettre à Evy de poursuivre chaque jour l’enseignement de ce qui lui semblait les arts les plus indispensables à la formation d’un homme de qualité.
Silland se tint à son programme avec une rigueur jamais prise en défaut. Evy, ne connaissant jusqu'alors quasiment que la vie au grand air, »

Extrait p 79
« Les jours s'écoulaient avec une lenteur désespérante, immuables dans leur carcan routinier. Evy souffrait à chaque instant davantage de l'ennui et de solitude. Jaiko, Mayalen, tout Keloew lui manquaient. »

Ici, nous avons un paradoxe, Evy trouve que les cours avec ses professeurs qui sont censés le cultiver et dans lesquels il découvre un monde qu’il ignore afin d’acquérir les connaissances qui lui manquent pour devenir un noble sont un carcan, à croire que dans son village il ne travaillait jamais. Et je pense que les obligations de cultiver la terre sont plus fatigantes que celles d’apprendre l’histoire, le maniement à l’épée, les bonnes manières, etc.

D’ailleurs l’auteur le dit lui-même :
Extrait p 82
« Il pensait à Keloew, à la lutte quotidienne pour manger un morceau de pain, à la disette fréquente. »

Pourtant très vite le ton est donné :

Extrait p 80
« Aussi se languissait-il chaque jour davantage, se laissant aller à de noires pensées, de moins en moins soucieux de plaire à ses maîtres. »

Et

« Dès les premières heures, il ne se distingua guère comme un élève brillant ou particulièrement studieux. Bien que doté d'une excellente mémoire, il ne possédait que des dispositions fort médiocres pour l'étude. Naturellement, comme il ne s'intéressait pas, il comprenait mal et retenait moins encore. »

Autant tout le monde peut pardonner à un élève qui fait de son mieux sans y arriver, tout comme son insistance à persévérer attise la sympathie, d’autant plus si ses résultats ne sont pas la hauteur des efforts engagés. Mais ici, ce n’est pas le cas, car ici, Evy s’en fou.

Extrait p 86
« D'Asporville se distinguait par sa discrétion, sa capacité à obéir au roi sans juger, son manque affiché d'initiative, sa crainte évidente de déplaire. Il s’agissait en fait d’une politique habile de sa part puisqu'il occupait cette position réputée instable, auprès d'un souverain exigeant, depuis plus de dix-huit ans. »

Remarque il est difficile de dire, qu’une position est réputée instable quand on l’occupe pendant si longtemps.

Extrait p 88
« Plus il se sentait seul, moins il avait envie de se mêler à la foule qui, en le traitant avec indifférence, lui donnait l'angoissante impression de ne pas exister. Alors, malgré l'insistance toute relative du Sieur Silland, décida-t-il, dans le courant de l'hiver, de ne plus quitter ses appartements. Silland, agacé de ce comportement, tenta de le faire changer d'avis, puis abandonna et finit par espacer si bien ses visites qu'il cessa de venir tous les jours, se contentant d'une à deux fois la semaine de façon irrégulière. Livré à lui-même, Evy s'empressait d'oublier le peu qu'il avait appris. »

Que de paradoxes dans ce paragraphe ! Evy se dit traiter avec indifférence alors qu’il est fils de roi, bâtard, certes, mais de roi tout de même. Aussi imagine-t-on mal que personne n’essaye de s’attirer sa sympathie pour à travers lui se rapprocher du trône. Tout comme l'on s'étonne de l’abandon de Silland de toutes ses obligations de tuteurs devant les refus d’apprendre de son élève, alors que cette charge lui est donnée par le roi. Le même roi, tout puissant qui voulut avoir Evy près de lui.

Extrait p 95 :
« Le garçon avait le loisir de se rendre souvent aux écuries. Depuis que Silland vaquait à d’autres occupations, personne ne se souciait plus de lui »
Le changement est brusque par rapport à tout ce qui était :

Extrait p 79
« À chaque stricte discipline, son esprit était tenté d'opposer un charme de la nature : combien le chant des oiseaux délivrait plus de poésie que la viole, combien la grâce éphémère d'une fleur sauvage se montrait plus émouvante qu'un tableau peint, combien la parade nuptiale des animaux des bois apportait plus de délicatesse qu'une danse élaborée. Lui qui avait, pendant toute son enfance, courut par la forêt et la campagne, que lui importaient les ors et les joyaux quand manquait le soleil.
Sous ses dehors somptueux, l'endroit où il vivait ne représentait pour lui rien d'autre qu'une prison fort cruelle. Il avait cru que les disciplines du corps le rapprocheraient de la liberté. Il n'en était rien. La salle d'armes, un lieu clos résonnant du choc des fers en un condensé de violence maîtrisée, lui déplaisait particulièrement. Quant à l'équitation, alors qu'il croyait peu avant le cheval symbole d'une vie sauvage et de galops fous dans les prés, il n'en voyait plus que le manège où la lumière tamisée entrait par des vitraux colorés. »

Effectivement, tout a changé, mais sans graduation aucune. Ceux qui étaient chargés de l’éduquer ont abdiqué à leur devoir, tous et non que Silland, et celui qui se sentait piégé par l’étau de l’apprentissage, c’est-à-dire Evy, devient aussi libre que l’oiseau, sans être obligé à la moindre observance des cours. Cela n’a pas de sens.

Extrait P 94
«L’étalon lui ressemblait : perdu dans un monde qu’il ne comprenait pas et qui ne voulait pas de lui. »

Evy qui par le passé jamais ne s’occupa de chevaux se découvre un don inné pour les comprendre et se faire comprendre d’eux.
Mais ici on peut s’interroger sur la structure du roman. En fait, il semble que le roman aurait dû être écrit à la première personne et à travers les yeux d’Evy, ainsi l’auteur nous aurait fait découvrir son monde à travers lui et il n’aurait eu garde à observer une certaine logique dans les événements, qu’ici il foule aisément. On ne peut accepter que tous décident d’un coup de ne plus s’occuper de lui. Par contre cette sensation, aurait pu parfaitement passer pour la réalité pour celui qui la ressent, c'est-à-dire Evy. Ici, il y a mélange des genres. Un mauvais choix narratif et des points de vue (externe, interne et omniscient).

Extrait p 96 Evy parle avec son confident le cheval.

« Il évoquait combien il aurait aimé attirer, sinon leur affection, du moins leur attention ; combien était dure cette indifférence de la part de ceux qu’il aurait voulu nommer sa famille ; si douloureux aussi lorsqu’un groupe de courtisans laissait tomber sur lui un regard hautain ou que d’élégantes jeunes filles pouffaient sans discrétion en le dévisageant sans politesse. »

Ici on ne peut croire que les jeunes filles ne pouffent, de plus sans discrétion, ni que des courtisans ne le dévisagent sans politesse, à sa venue, car il est fils de roi. Mais on ne peut aussi comprendre cette perte du réel de celui qui veut attirer l’affection, mais qui ne fait rien pour la mériter, car il refuse de suivre les cours qui l’élèveraient justement à l’atteindre.

Extrait p 98
« L'hiver se passa entre ennui et longues heures à l'écurie. Evy n'avait presque plus rien appris des arts indispensables à la vie de Cour. »

Extrait p100
« Le prince Philippe a fait remettre un costume adéquat chez vous afin que vous soyez à votre avantage, car il compte profiter de l'occasion pour vous présenter à Sa Majesté le Roi. Demain, la fête se prolongera par des épreuves équestres. »

Et

Extrait p 100
« Sur ce conseil, Silland quitta le garçon sans avoir besoin de feindre l’indifférence. Il ne faisait que porter le message. Lui se souciait peu, en vérité, de ce à quoi Evy occupait ses journées. »

Voilà encore où le bât blesse encore, Silland se soucie comme d’une guigne de l’effet que produira Evy envers le roi, alors qu’il a pourtant la charge de son éducation.

Le roman est trop à la voix passive, du fait des introspections incessantes d’Evy dans le texte. Et l’auteur semble se laisser prendre par ce jeu, car il raconte au lieu de faire vivre une scène. Aussi affirme-t-il des choses en employant des adjectifs appelant la magnificence, mais sans décrire le sujet pour nous amener à la voir et donc à y croire. Il semblerait qu’une confusion sourd du texte, du fait du mode narratif de l’auteur qui tantôt nous fait tout voir par les yeux d’Evy, tantôt essaye de nous décrire une réalité qui existe hors de lui ce qui semble un exercice de plus en plus difficile à maîtriser.

Extrait p 107
« Magnifique, le souverain parut à cheval, entouré de ses fils alors que les épouses de ceux-ci et la princesse suivaient dans les plus belles voitures que l’on pût imaginer. La bonne mine des princes, leur élégance naturelle que ne déparait pas leur tenue, la belle prestance que conservait le monarque malgré son âge déjà avancé, produisirent un effet des plus remarquables sur la foule. »

Dans cet extrait on voit bien que l’auteur économise les descriptions et c’est dommage. Le texte en perd de sa beauté. Il y avait là matière à faire chauffer le clavier.

Extrait p 108
« Il observa le roi, ce père inconnu dont il aspirait à recevoir l'amour et ne put s'empêcher de l'admirer. »
Toujours le paradoxe d’Ivy : je voudrais bien avoir, mais je ne fais rien pour avoir.

Extrait p 113
« Il se sentit rougir. Pour la première fois depuis son arrivée, les murmures sur son passage n’étaient pas moqueurs. Dans ses élégants atours, pour une fois coiffé et paré avec soin, il était tout simplement beau, exactement tel qu’on pouvait l’attendre de lui, tel que devait paraître un Dauricy devant la Cour. Quand il ôta son chapeau, ses cheveux blonds firent l’effet d’un rayon de soleil illuminant la foule. Les fières aristocrates qui se passionnaient de romans pastoraux ou de contes mythologiques ne manquèrent pas d’évoquer quelque joli et innocent pâtre ou le plaisant dieu Adrys et les demoiselles lui lançaient de timides sourires. La princesse évoquait devant ses dames d'honneur sa rencontre avec ce frère inattendu, mettant dans son récit un attendrissement à peine mêlé de discrète dérision. Toutes ces femmes le regardaient sans méchanceté, presque avec amitié. »

Ici nous voyons toute l’incohérence de ce qui précède dans ces faits racontés où l’on essaye de faire croire que tout le monde se désintéresse d’Evy. On pourrait croire que tout se passe dans sa tête, mais l’auteur aussi ne semble pas très attaché à la cohérence des agissements.
Toujours dans la scène du bal.

Extrait p 115
« Le Sieur de Silland, présent bien entendu à la fête, n'avait que faire de son élève, trop occupé à guetter des grâces royales. »

Donc, Silland n’a que faire, de ce qui adviendra.

Extrait p 116
« Ce dernier était suivi du prince Philippe qui écartait d'un bras agacé une meute de jeunes courtisans obséquieux. »
« — Il est très ému et intimidé d'être en présence de Votre Majesté, souffla la voix de Philippe en guise d'excuse. »

Le monde à l’envers, Silland se désintéresse d’Evy et c’est le prince qui se charge des présentations. Le monde à l’envers !

Extrait p 117
« — Puisqu'il ne peut être évité de croiser ce jeune homme à Veldan, apprenez-lui au moins à saluer. Même les chiens savants font la révérence. »

Voilà l’exemple d’une scène qui aurait pu être géniale, mais qui est complètement ratée. L’effet tombe à l’eau. Car les mots durs du roi envers Evy, ne peuvent blesser ou bien toucher le lecteur, car pour ce faire il aurait fallu que Evy fasse tout pour se faire aimer ce qui est loin d’être le cas, et que le lecteur assiste, impuissant, à son désaveu.
On sait que les enfants battus font tout pour se faire aimer et pardonner à leurs parents bourreaux. Et lorsqu’on voit leurs efforts négligés, on est ému, car on trouve cette situation injuste. Ici, où est l’injustice ? Evy vit à la cour et ne fait rien de ses journées à part parler à son cheval !

D’ailleurs le prince Philippe ne synthétise-t-il pas tout avec cette simple phrase qui s’adresse à Evy.
Extrait p 118
« Dansez, buvez si cela vous délie la langue, montrez de l'esprit. On n'attend que cela pour vous louer en prince. »
En un mot, agissez et toutes les portes s’ouvriront.
Evy n’est pas seul comme il le dit, car le prince veut l’aider, tout comme ses professeurs. Personne en fait ne se dresse entre Evy et son destin de noble, personne à part lui et son je-m’en-foutisme !

Extrait p 122
« Les démonstrations furent magnifiques et Evy prit grand plaisir à admirer la maîtrise élégante des cavaliers, surtout celle du prince François, le plus jeune de ses demi-frères, de sept ans son aîné. Celui-ci alliait la grâce et la rigueur parfaite d’un cavalier de manège arborant une position irréprochable à la témérité du soldat ou du chasseur. Il resta longtemps en scène, prenant un plaisir perceptible à être vu et admiré de tous. Se sachant plein de talent en cet art et comme tous les participants, il aspirait à devenir le roi de la journée par sa prestation. »

De plus en plus, l’auteur informe le lecteur plus qu’il ne décrit les événements. Il ne fournit ici pas assez de matière pour nourrir l'imagination du lecteur, c’est dommage le texte perd ici en qualité, déjà qu’il ne passe pas grand-chose.

Le passage du cheval qui fera ruer dans les brancards un prince énervé.

Extrait p 124

« Bronillier savait mettre en valeur ses investissements. Lui-même, vêtu avec un luxe que n'eût pas renié le plus grand prince, se tenait fièrement sur sa monture. Aussi orgueilleux parut-il, son visage trahissait sa crispation. Ses mains accrochées aux rênes à s’en blanchir les jointures, son sourire forcé, disaient assez qu'il craignait plus que tout un débordement malvenu de son cheval. Un valet maintenait d'ailleurs l'animal par les rênes, près du mors, avec une prudence respectueuse. »

Extrait p 120
« Il avait fini par croire que les dieux lui destinaient ce cheval abandonné et voilà qu'il se faisait enlever son seul ami. »

Ha ce cheval ! le grand amour d’Evy. Bronillier le propriétaire de l’équidé avait laissé dans l’écurie ce cheval très difficile à monter. Evy qui passe comme on le sait tout son temps avec, mais sans le monter, lui redonne force et vigueur, lui qui dépérissait. Bronillier le propriétaire retrouvant l'étalon à son goût qui est pour lui un moyen d’étaler sa richesse, comme de nos jours certains le font en alignant les chevaux sous le capot, décide de le monter pour parader devant les nobles. Bien évidemment, Bronillier qui n’est pas un bon cavalier et qui n’a pas pris la précaution de vérifier qu’il peut le monter sans danger chutera, le cheval s’effondrera, cassant une barrière sous son poids.
Evy voyant le cheval inerte, lui, qui pourtant :

Extrait p 133
« Evy, qui négligeait le peu appris lors de ses leçons d’équitation, »
Et
Extrait p 136
« Il n’avait pas été assez assidu à ses leçons équestres pour en retenir le moindre enseignement utile. »

Extrait p 126
« Il ne voyait qu'une seule solution pour faire réagir le cheval.
D'un geste, il passa une jambe au-dessus du corps massif et s'assit sur le flanc haletant. L'étalon roulait des yeux fous. Lorsqu'il sentit le garçon peser sur lui, il réagit comme si un loup l’attaquait, poussé par l’instinct de ses ancêtres sauvages. D’un violent coup de rein, il fut debout. Se sentant pris au piège, il retrouva sa fureur. »

Bref, Evy qui n’aime pas l’équitation, mais le cheval, et surtout ce cheval qu’il arrivera à faire sauter sans ne l’avoir jamais fait ni appris un peu plus loin dans le texte :

Extrait p 136
« Quoiqu'il n'eût jamais fait sauter un cheval, Evy ne douta pas un instant que son étalon pût franchir l'obstacle. Comme toujours, il montait à cru et, s'il utilisait une bride, il en laissait les rênes libres sur l'encolure. »

Evy arrivera donc à monter et à calmer la bête et demandera au propriétaire de lui en faire cadeau. Là, j'aurais aimé que cette capacité soit le fruit d’un pouvoir surnaturel, Evy m’aurait paru plus intéressant.

Bronillier le propriétaire refusera indirectement en ignorant la demande et répondra ce qui suit prouvant à la fois son manque de précaution élémentaire en montant un cheval qu’il abandonna pendant plusieurs mois

Extrait p 128
« — Eh bien, s’écria-t-il furieux à l’adresse de son valet, ce cheval peut tout à fait se monter ! Que ne l’avez-vous détendu avant de me l’amener, je n’aurais point risqué ma vie en chutant de la sorte. Regardez cela, il a juste besoin d’être maté de temps à autre pour devenir une monture respectable. J’entends qu’il soit rapidement remis aux ordres afin d’en user à ma guise sans danger. »

Et là nous avons un coup de théâtre, la sortie du prince qui remet tout en question sur les prétendus désintérêts et moquerie dont souffrirait Evy :

Extrait p 129 :
« Evy appartenait à cette famille royale, que cela plût ou non à ses membres. En raison de quoi, il ne pouvait le laisser se faire ridiculiser par un quelconque nobliau. Cela aurait représenté une infamie, une tache sur la grandeur du nom des Dauricy qu’il jugeait déjà mise à mal par l’existence même du garçon. Cependant, le prince se voulait juste et ne tenait pas rigueur à Evy de vivre, sachant bien que la faute ne venait pas de son fait et qu’il n’en était que le fruit. Le roi, certes, se montrait méprisant envers son dernier fils, mais il en avait le droit. Il détenait tous les droits. Il était le roi. Or, ce droit, personne d’autre ne pouvait s’en prévaloir. Humilier publiquement un membre de la famille royale constituait un crime de lèse-majesté, rien de moins. Il ne fallait pas que cela fût oublié à Veldan. Laisser un homme sans grandeur tel que Bronillier prendre ses aises, à peine anobli, ouvrait la porte à tous les abus, toutes les audaces, toutes les insolences. »

Ce passage est suffisamment explicite pour montrer le décalage entre ce que pense vivre Evy et la réalité et donc les incohérences nombreuses du roman. Si l’auteur avait choisi un point de vue interne, c’est-à-dire que tout le roman se déroulerait à partir du point de vue de Evy, je laisserais dire, car un abruti, affublé d’un grand poil dans la main et à la pensée aussi structurée qu’un papillon, peut se mentir à lui-même, pour expliquer les nombreux pourquoi, de ces non moins nombreux échecs. Mais ici ce n’est pas le cas, alors Silland et tous les professeurs, Evy en premier, le prince et le roi excepté, agissent face au rang d’Evy d’une manière illogique et en désaccord avec le protocole qui est de baiser les mains les pieds et toutes les parties qu’ils voudront bien laisser embrasser des membres de la famille royale. Nous sommes dans une monarchie totalitaire, ne l’oublions pas. Inutile de vous dire que Bronillier le propriétaire se fera un plaisir de laisser son cheval à Evy. L’auteur ne semble pas donner une grande importance au temps qui passe et s’en arrange de la manière qui lui va le mieux. Ainsi il annonce des faits qui n’étaient nullement mentionnés auparavant avec suffisamment de relief pour attirer l’attention. Ainsi là j’apprends que Evy était prisonnier du palais, alors qu’il passe tout son temps à l’écurie. Et qu’il pouvait bien avant que l’étalon soit à lui parcourir les espaces qui entourent le château à cheval. D’ailleurs dés la page 102 il est écrit :
Extrait :
« Evy se mêla à la foule des piétons, ayant choisi de se passer de cheval et d'un beau costume malgré les propositions des serviteurs lui rappelant qu'il avait tout cela à disposition. »

Extrait p 132
« Les jours suivants furent une succession de découvertes et de plaisirs. Enfin, Evy n’était plus prisonnier du luxe étouffant du palais ; enfin autour de lui, les espaces verdoyants succédaient aux murs lourds de dorures. Dès le premier matin, et tous les autres qui suivirent, Evy se leva à l’aube, négligeant d’attendre les valets qui venaient l’aider à se vêtir, pour courir aux écuries. Il avait presque craint de ne pas y trouver Lefker. Mais l’étalon était là, »

Ici, ce passage est d’une grande incohérence, car ces bois sont le repaire d’un bandit craint de tous, et tout le monde le sait, mais Evy ne sachant pas de quoi réellement il s’agit, ce qui est bien arrangeant pour l’auteur, décidera malgré sa dangerosité d’aller y faire un tour. Personne ne le met en garde. Étonnant non ? Ni ne viendra l’escorter.

Pourtant :

Extrait p 138
« On évoquait ces bois comme un lieu dangereux dont certaines portions étaient presque interdites, où ni chasses ni patrouilles ne s’aventuraient. Les riches voitures et les nobles cavaliers faisaient de longs détours pour ne pas passer sous les sombres ramures. On ne rappelait le danger qu’à demi-mot comme si le simple fait de prononcer certaines choses risquait d’attirer le mal. Peut-être les loups… »

Dans ce lieu Evy y découvre une clairière que l’auteur décrit fort bien :
Extrait p 140
« Les branches hautes des arbres en dessinaient la voûte d’ombre légère par laquelle filtrait une lumière rassurante. La bruine avait cessé et de timides rayons glissaient entre les feuilles comme dans l'intimité d’un temple habité de quelque divinité bienfaisante. Invisibles au sein de leurs abris de verdure, les oiseaux reprenaient leur mélodie interrompue par le mauvais temps. Au milieu de la clairière, écrin d'émeraude, chantait un ruisseau limpide où filait comme des flèches d'argent le dos scintillant des poissons.
Bref Evy tombe sous le charme de l’endroit et bien sûr s’endormira. Car il le faut, pour qu’une fois la nuit tombée les bandits qui pullulent dans ses bois le trouvent. Heureusement pour Evy, leur chef ne verra en Evy qu’un gueux, il ne porte jamais d’habits de qualité lorsqu’il monte son cheval (ouf) et le cheval magnifique n’est pas là (deux fois ouf). Il le laissera donc tranquille et passera son chemin. Evy retrouvera plus loin son étalon (trois fois ouf) s’endormira à la belle étoile avant de gagner la ville d’Aldes ou il jouera de malchance. Car en voyant un homme tombé dans la rue, lui qui est à cheval, voudra l’aider et sera emporté malgré tout par la marée humaine (bien nombreux ses piétons) qu’il ne pourra éviter qu’en prenant l’une des ruelles les plus mal famées de la ville, sans penser à aucun moment de faire demi-tour (ouf) sinon il n’aurait pas vue que :
Extrait p157
« à quelques lieues du palais royal et de ses richesses surabondantes, existait une pauvreté infecte, au-delà de l'imagination. »
Evy pousse le cheval sort du coupe-gorge et retrouve :

Extrait p 157
« La ville fut longue à traverser. Les boutiques se succédaient, drapiers, menuisiers, forgerons, parfumeurs... Le labyrinthe sombre dont il sortait à peine s'évanouissait comme un cauchemar. Il savait pourtant qu’il n'avait pas rêvé et se promit qu’à jamais, il garderait ce souvenir dans un coin de sa tête.
À présent, il traversait la zone la plus riche de la ville. On devinait que le palais se rapprochait. Des hôtels imposants étalaient leurs élégantes façades. »

Bien évidemment, tout ce qui précède est cousu de fils blancs, d’ailleurs l’auteur doit s’en rendre compte et essaye de redonner de la vraisemblance avec les propos que tient le prince envers Evy qui revient de son escapade :

Extrait p 161 :
« — Calmez-vous. Je ne vous fais point de reproche. Je n'y ai aucun droit. Mais comprenez que l’on s’inquiète de vous. Vous êtes fils de roi. Vous avez des devoirs. Il n’est pas séant de quitter ainsi le palais sans escorte et sans en avertir personne. »

Extrait p 163
« — Dans cette forêt, vous auriez pu vous faire tuer ! Ne vous a-t-on pas dit qu’il est interdit à quiconque de s’y rendre sans solide escorte ? N'y avez-vous point fait de mauvaises rencontres ? »

Extrait p 164
« — Vous ne savez pas. J'aurais dû songer à vous avertir. Cet homme – ce Soarte plutôt, car peut-on parler d'un homme ? – est sans doute l'être le plus dangereux qui soit en ce pays. Lefker veille sur ses créatures autant que le grand Adrys sur les siennes. Le Soarte a fait de la forêt son domaine et tue la plupart de ceux qui osent y poser le pied. Il est cruel, très cruel. Il aurait pu vous assassiner bien que vous n'ayez rien à voler, mais il a dû vous trouver proie trop facile. Il aime à ce que ses victimes se défendent pour se repaître plus longtemps de leur souffrance. Il semble saisi d'une haine particulière pour Sa Majesté le Roi. De plus, il est sorcier ainsi que tous ceux de sa race et il vous faut le fuir comme la peste. »

Là tout est dit ! Personne n’a prévenu Evy. Même l’auteur qui se dit sans doute que le prince aurait pu le prévenir, mais dans ce cas Evy ne s’y serait pas rendu dans ce fameux bois. Le mot sorcier nous fait dresser l’oreille en espérant que la fantasy puisse enfin pointer de son museau.
Sur ce, le prince remet à Evy une épée, ce qui prouve que Evy non seulement se déplace sans escorte, mais aussi sans arme. Et Silland qui surgit de nulle part, car l’auteur a oublié de préciser sa présence, nous parle des Soartes et de ce côté sorcier, pratiquement seul élément qui pourrait nous laissait dire que ce roman pourrait être un roman de fantasy.

Extrait p 166
« — Ce n'est pas aussi simple. Leur chef, ce Soarte... On ne sait d'où il vient, mais il est différent des esclaves auxquels vous êtes désormais habitué. Il ne serait qu'à demi Soarte et Audien pour l'autre moitié bien qu'il ne nous ressemble en rien. Ce n'est pas impossible quoique fortement improbable. Les femelles soartes sont très belles et ce sont des sorcières. Il arrive qu'une esclave ensorcelle son maître et le séduise. Et s'en fasse engrosser. Imaginez-vous telle abomination ? Mieux vaudrait copuler avec une chèvre qu'avec ces créatures-là !
Silland paraissait pris d’une telle exécration pleine de mépris pour les Soartes qu’il en oubliait sa politesse et son élégance coutumières.
— Cependant, les êtres ainsi conçus vivent rarement, car leurs mères les tiennent en telle haine et sont si dépourvues de morale et d'amour qu'elles les tuent à peine nés ou s'immolent avec eux. »

Bien qu’il y a un certain illogisme dans le discours de Silland, mais le personnage est ainsi, je tiens pourtant à les signaler. Je trouve que dire qu’il est préférable de se farcir une chèvre plutôt qu’une dinde est exagéré, puisque l’on dit que les femmes Soartes sont belles.
L’Histoire nous prouve que l’on peut très bien considérer une race comme inférieure tout en copulant avec leurs femmes qui deviennent des esclaves au service du plaisir du maître. Ensuite, je trouve illogique que l’on puisse dire que les femmes Soartes, des sorcières, tuent leurs enfants qu’elles auraient conçus avec leur maître, car on leur attribue le pouvoir de les ensorceler. Sauf à insister sur leur viole. Ici, je regrette le manque d’intervention d'Evy devant ce triste état des lieux. Car là il y a bien de quoi être écœuré de cette politique sans noblesse. Car on parle bien d’un peuple réduit en esclavage, qui construit des villes et non qui vit dans des huttes ou des tipis, ce qui serait tout aussi condamnable, mais qui pourrait mieux s’expliquer d’une certaine manière par la différence de technologie. Ce qui m’amène à m’interroger sur le fait de cette comparaison incessante avec des bêtes, car elle ne peut convenir, à un peuple qui bâtit des villes qui sont tout, sauf troglodytiques.

Extrait p 59
« Mais il n'aurait su expliquer ce souvenir d'un voyageur arrivé un jour par hasard à Keloew, un aventurier ayant parcouru toute l'Ariase, de la brûlante Tourolle aux confins orientaux de la lointaine Vumucie, et dont les histoires avaient captivé tout le village plusieurs jours durant. L'homme racontait que, dans l'extrême sud de la Tourolle, État voisin de l’Aldesie, lorsque l'on se tournait vers la mer, on apercevait par temps clair les côtes de l'Empire Soarte se dessiner à l'horizon. Et, disait-il, surgissant au-dessus de la ligne jaune des sables du désert, des villes gigantesques, blanches, lumineuses, élançaient leurs mille tours graciles à l'assaut du ciel. Même d'aussi loin, c'étaient les plus belles cités que pût concevoir l'esprit humain. Le voyageur disait encore qu'il avait bien fallu tout le génie du dieu Lefker pour les bâtir. Evy, lui, pensait en secret que des créatures capables de réaliser de telles merveilles ne pouvaient être tout à fait des bêtes. »

Extrait p 168
« Evy passa le reste de la journée à réfléchir. Différentes idées se bousculaient dans sa tête. De bonnes et de mauvaises choses lui occupaient l'esprit. Son frère se souciait de lui, la nouvelle était formidable. Il eût voulu être digne de cet aîné, que celui-ci fût fier de lui. Il y avait également cette jolie clairière dont il avait apprécié le calme paisible et l'isolement. Son envie d'y retourner demeurait très vivace. »

Extrait p 168
« Les bandits de grand chemin n’étaient pas sans danger, mais le garçon ne les craignait pas énormément, au moins tant qu'il ne se trouvait pas directement face à eux. »
Ici c’est à se demander si Evy n’est pas que stupidité et désir. D’où mon aversion grandissante pour ce personnage.

Extait p 169.
« De plus, Evy possédait un caractère tel qu'il se mentait facilement ou oubliait la violence des sentiments éprouvés en peu de temps. »

Mon doute est confirmé par l’auteur et là je m’interroge sur le pourquoi d’un tel personnage. Quel est le thème que l’auteur essaye de faire passer en construisant un personnage si fade très en dessous de la moyenne et chargé de défauts, et en quoi pense-t-il qu’il pourrait intéresser un lecteur ? Comment espérer que l’on puisse s’évader en compagnie d’une telle personne ? Qui dans la vie réelle accepterait de la côtoyer ? Sauf à avoir une vocation de bon samaritain ? Surtout que nous sommes à le suivre sur plus de 170 pages maintenant ! c’est long. Car Evy ne veut qu’une chose :
Extrait p 174
« — Laissez-moi me promener à ma guise avec Lefker, je n'en demande pas davantage. »

Dans ce passage Silland lui propose une escorte, ce qui est somme toute très logique, mais Evy refuse et part à pied découvrir des endroits qu’il ne connaît pas encore alors que cela fait six mois qu’il vit dans ce lieu, mais pourquoi pas. L’auteur s’en sort en écrivant :

Extrait p 175
« Puisqu'il se promenait cette fois sans cheval, l'occasion paraissait belle pour satisfaire sa curiosité. »
L’occasion est due au fait que comme il s’est disputé avec Silland au sujet du cheval il décide sur un coup de tête de ne pas le prendre. Il est amusant d’ailleurs de constater que sans raison Silland soudain devient très prévenant vis-à-vis de la sécurité d’Evy.

Extrais p 174/175
« — Je vais faire prévenir la garde afin que l'on vous accompagne
— Je ne sors pas de Veldan, je n'ai pas besoin d'escorte.
— Un valet au moins, je n'aime pas vous savoir seul. Qui sait ce qu'il pourrait arriver. »

Ce qui conduit Evy à monter sur ses grands chevaux et à partir à pied découvrir le Pavillon Blanc (une prison dissimulée) ce qui tombe plutôt bien, car on y amène justement le chef des bandits, capturé, dit le Duc le fameux Soarte.

Petite coquille page 177
« Ils hésitèrent un moment, sas savoir comment »

L’arrivée du duc de Lorval (le bandit) enchaîné est réjouissante, ce personnage a du charisme, enfin un ! Le comte D’Asporville vient par ordre du roi, chercher Evy pour le conduire dans le Pavillon blanc, tout cela donne du mystère et éveil l’intérêt que l’auteur refait tomber avec la pleutrerie fatigante d’Evy, qui maintenant craint pour sa vie en se rendant dans la prison. Je dis cela, car il n’y a aucune raison valable pour qu’Evy puisse penser cela. Maintenant s’il avait essuyé une dispute avec un haut placé de la cour qui lui aurait enjoint de prendre garde, les choses auraient été différentes. En fait, l’auteur utilise les pensées qui traversent Evy pour créer artificiellement une tension qu’il ne montre pas. L’auteur raconte plus qu’il ne montre, et Evy est plus spectateur qu’auteur. Une preuve s’il le fallait Evy n’interroge pas le comte pour avoir la raison du Roi à le vouloir près de lui. Ni n’a jamais demandé au prince, qui semble bien l’aimer, quelles raisons avaient le roi de le sortir de sa campagne où il vivait en paysan pour lui donner son héritage nobiliaire.
Extrait p 183
« Evy hésita à suivre d'Asporville. Il se demandait ce qui l’attendait et remettait en doute la confiance spontanée qu'il avait accordée au favori. Personne probablement ne savait qu’il se trouvait ici. Et personne ne se souciait assez de lui pour s’inquiéter s’il disparaissait soudain. »

Evy assiste à une scène de torture que le roi apprécie, ayant pour sujet le duc, le fameux bandit, Evy écœuré s’enfuit. Je regrette que cette scène ne soit d’ailleurs pas plus détaillée.

Extrait p 188
« La peur se mua en terreur. Evy se mit à courir pour ne plus entendre ces cris. Il s’arrêta quand il se rendit compte que seul son esprit, et non ses oreilles, les créait. Alors, il s'assit à même le sol sale pour pleurer. Jamais il ne s'était senti aussi malheureux. Une main se posa sur son épaule.
— Ne restez pas là, mon prince, rentrez au palais. »

Asporville lui rappelle les faits :

Extrait p 188
« — Je sais que cela vous a paru fort désagréable, mais n’oubliez pas que Lorval est un monstre qui mérite les pires châtiments. »

Evy à cela répond :
Extrait p 188
« — Sans doute mais… c’est un homme, n’est-ce pas, pas un animal. Aucun homme ne mérite de tels supplices et… »

Asporville insiste et explique :

Extrait p 188
« Il n’a de soarte que l’apparence et, hélas, l’insensibilité et le goût du sang. Vous ignorez avec quelle facilité il tue, combien de soldats nous avons perdus. Nous même n’en savons pas le nombre »

Là Evy me surprend par la sagacité de son esprit en demandant pourquoi le bandit n’est pas directement exécuté, à cela le comte répond qu’il ignore ce qui fait agir ainsi le roi et enjoint à Evy de rejoindre ses quartiers.

Extrait p 189 où se glisse une petite coquille :

« — Venez, vous ne devriez pas de rester ici. »

Et là contre toute attente Evy décide de revenir sur ses pas et retourne voir le prisonnier. Alors que remonte à sa mémoire la sagesse du vieux Galoer. Petite coquille sur quant.

Extrait p 190
« Il faut avoir pitié de ceux qui font le mal, prier pour que les dieux leur viennent en aide et leur permettent de retrouver le juste chemin, car ils sont à jamais malheureux. Quand à ceux qui punissent les criminels en leur infligeant mille souffrances comme on le voit souvent faire, ceux-là le font par vengeance. En se livrant à ce triste instinct, ils s'abaissent ainsi aussi bas que ceux qu'ils condamnent. »

Si bien que Evy retourne sur ses pas sans savoir pourquoi, et trouve une prison vide à l’exception du prisonnier gisant sur un chevalet entravé. Et là le prisonnier lui ordonne de le libérer et Evy s’exécutera, en lui libérant juste les poignets avant de s’enfuir sous ordre du duc. Comme j’aurais aimé dans ce passage sentir la puissance magique du Duc pour le trouver encore plus intéressant.

Extrait p 192
« Il ne savait que faire et se demandait pourquoi il était revenu. »
« Étrangement, Evy n'eut pas le réflexe de refuser. »
Extrait p 194
« Je vais lui libérer les mains, pensa celui-ci. »

Asporville apprendra par la suite à Evy que le duc s’est enfui et l’informera de ces faits :

Extrait p 200
« — Puis, continua le comte, il a proprement tué le malheureux en lui plongeant dans la poitrine l'un de ces fers »
« — Et le soldat ? questionna Evy d'une voix à peine audible, il a certainement tenté d’interdire la porte.
D'Asporville soupira :
— Mort lui aussi, bien sûr. Il laisse une veuve et trois enfants, »

Et là où j’aurai aimé avoir le sentiment profond d’Evy, qui par son geste ne peut ne pas se sentir en grande partie responsable de la tuerie, car il aida le duc à s’enfuir.
Nous n’avons droit qu’à un court :

Extrait p 201
« — Non, même pas, bredouilla Evy au bord des larmes. Je suis juste un imbécile, voilà tout. »

Mais Asporville le réconfortera en lui disant :

Extrait p 202
« Cela dure depuis des années. Voyez comme un aspect positif de l’affaire qu'il restera terré quelques jours dans son repère. »

Si bien que Evy ne pense qu’à une chose :
P 204
« S'il voulait revoir la forêt, la clairière où il s'était trouvé si bien, c'était maintenant ou jamais. »

Conclusion :

À ce niveau de l’histoire, je ne supporte plus Evy. Je regrette l’absence totale d’événements fantastiques avérés, ne laissant pas de place au doute quant à sa nature. Nous ne lisons pas un roman de fantasy. Je trouve que le scénario est raconté d’une manière plan-plan. Le Personnage principal, vous l’aurez compris, est en ce qui me concerne trop lourd à souhait.
Mais j’aime la plume de l’auteur, je pense que l’histoire a de quoi être dynamisée, car elle a de la consistance. Il faudrait pour cela insister sur le côté surnaturel des Soartes, je verrai bien le duc comme une espèce de vampire et rendre Evy moins boulet et plus canon dans ses actes et ses réflexions. Faire vivre les scènes que de les raconter. Au lieu de dire par exemple qu’Evy subit telle injustice, nous décrire la scène en temps réel afin que le sentiment soit ressenti par le lecteur et non expliqué par l’auteur. Bref passer à la voix active ce récit pour l’amener dans une voie plus dynamique.

Alors pour toutes ses raisons mon non, se transforme en neutre. Car cet ouvrage à un potentiel certain.

Je vais maintenant lire la suite du roman, mais je suis fatigué de flairer les incohérences et de justifier mon point de vue par tous ces exemples. Aussi je lirai, mais comme je ne changerai pas d’avis (sauf à agréablement me surprendre) je me contenterai de le donner, mais sans cette fois passer des heures à décortiquer et à expliquer, comme je viens de le faire. J’agirai ainsi pour tous les chapitres qui suivent, car je suis à la page 203 et il m’en reste tout autant pour terminer le manuscrit (cette idée de faire si long) et si je continue dans cette manière de procéder, à force, je vais finir par voir rouge et la plume plaisante de l’auteur je finirai par ne même plus l’apercevoir.




_________________
Les avis, c’est comme le nez au milieu de la figure,
tout le monde en possède un, du flair pour certains.
Il ennuie le style sans histoire, elle s’appauvrit l’histoire sans style.

LA PROMISE (roman de fantasy, 15 et )

LE CYCLE D'HYPNOS (extraits)

Comment mieux écrire ?


Dernière édition par olivier.lusetti le Mar 5 Avr 2011 - 21:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.   Mar 5 Avr 2011 - 21:19

Membre D : Olivier partie 2/2.

Chapitre 8 le combat.

Malgré les mises en garde Evy retourne dans la clairière, et il tombe sur le duc, il ne peut pas s’enfuir, car son cheval est éloigné. Ils se combattent (l’auteur peine dans la description du combat) le duc gagne et laisse Evy évanoui et couvert de blessures superficielles à l’orée de la forêt ou il sera retrouvé. Il se remet de ses blessures et reprends ses cours d’escrimes. Lors d’une soirée organisée par Brôve l’homme le plus important d’Aldésie.
Extrait p 221 pour juste montrer que l’auteur baisse le niveau de vigilance de son écriture en se laissant allé à l’information et aux adjectifs.

« Un couple très élégant, vêtu avec superbe, arriva à son tour dans la place, descendant d'un carrosse magnifique frappé à leur chiffre. »

Evy subira la raillerie du roi, son père, et pour se consoler retournera dans la clairière, en oubliant qu’il y rencontre à chaque fois le duc.

Extrait p 232

« C’était vraiment un lieu de félicité, un lieu protégé par sa splendeur où aucun mal ne pouvait arriver. Oublieux de tout, le garçon s'abandonna à l'instant présent. Allongé sur le dos, il se laissa porter par le léger courant, les yeux tournés vers le ciel floconneux, alors que des larmes silencieuses emmenaient avec elles tous les déplaisants incidents récents. Il ferma les paupières et se mit à fredonner une berceuse de son enfance, celle que Mayalen choisissait pour le consoler lorsqu'il se sentait triste. D'abord murmure, sa voix pure, encore enfantine, s'éleva bientôt entre les arbres.
À la fin de sa chanson, il se tut et perçut soudain l'ampleur du silence alentour. Il voulut se redresser trop vite et il avala une gorgée d'eau.
Un applaudissement moqueur derrière lui rompit le calme trop parfait. Il se retourna vivement, croisa de durs yeux bleus et un sourire ironique. »

Bon, le duc est là, et il décide de s’entraîner avec Evy pour voir sa progression dans l’art de l’escrime. Le duc, Lorval, fait sauter l’épée des mains D’Evy et gagne le duel au moment ou il se penche pour aller lui ramasser son arme (gentil ce duc) Evy tente de le poignarder en l’attaquant de dos. Le duc blessé se défait de son traître ennemi et au lieu de le tuer ce qui serait très compréhensible, l’auteur lui met dans le cœur un code de l’honneur bien arrangeant :

Extrait p 228
« Tu as de la chance que je ne tue pas les enfants. Sache que c'est la seule raison pour laquelle je te laisse la vie sauve. Prends ça, dit-il en lui lançant son épée, et pars d'ici en vitesse. Tu n'as pas intérêt à recroiser mon chemin. »

Mais tout est bien qui finit bien, car le duc trouvant finalement Evy pas si mauvais à l’épée décide de l’entraîner
Chapitre 9

Evy retourne au palais pour parler de son aventure au prince Philippe.
Extrait p 241
« Dès qu'il fut arrivé à Veldan, il courut chez son frère, sa bonne humeur revenue. »

Remarque au passage, l’auteur oublie de faire soigner sa blessure.

Extrait p 239
« Trop sûr de lui, il n’eut conscience de l'incontestable supériorité de son ennemi que lorsqu’une cuisante coupure au bras le rappela à la réalité. Il lâcha son arme, pressant son poignet droit de sa main gauche. Le sang coulait entre ses doigts. »

Philippe au lieu de serrer la vis à l’imprudent décide tout le contraire :

Extrait p 243
« Après cette désobéissance flagrante et stupide, le sieur de Silland fut de moins en moins présent. Philippe, découragé, l'avait libéré de ses obligations vis-à-vis de son jeune frère et Silland n'était pas mécontent de pouvoir vaquer à d'autres occupations.
Plus que jamais, le garçon se retrouva livré à lui-même dans l'immensité de Veldan. »

Evy retourne prendre des cours auprès du Duc qui comme toujours l’attend dans la clairière pour continuer son entrainement à l’épée.

Extrait p 247
« À peine arrivé dans la clairière, le garçon vit le duc qui semblait l'attendre, assis sur la même souche que lors de leur précédente rencontre, comme s'il n'en avait pas bougé depuis. »

Pourtant

Extrait p 250
« Le prince Philippe, au courant de ses expéditions solitaires, était las de vouloir persuader son frère de la stupidité d'aller en forêt. Il lui répétait d'un ton fatigué :
— Le duc s'amuse avec vous. Il se moque d'améliorer votre jeu à l'escrime. »

Et là, on ne peut que s’étonner sur ce fait connu, et voir que personne ne fait suivre Evy afin de tendre un piège au duc pour le capturer, un utilisant Evy comme appât.

Au bout de plusieurs semaines (des mois sans doute, les repères temporels ne sont pas le point fort de l’auteur), le duc cesse de vouloir entraîner Evy et change de tout au tout. Evy se retrouve sans la compagnie de ce duc qu’il considère comme un ami.

Extrait p 253
« — Non ! Quant à l'épée, tu te débrouilles aujourd’hui suffisamment bien, tu n'as plus besoin d'enseignement. Pars, retourne à Veldan, je ne veux plus te voir ici. Si tu reparais devant moi, il ne sera plus question d'entraînement. Tu as vieilli, tu sais te battre. Désormais, tu es un ennemi. Tu ne t'y attendais pas aussi je te laisse partir sauf, mais ne tarde pas, je pourrais changer d'avis. »

Chapitre 10

Quelques pensées D’Evy pendant la chasse au cerf selon moi ne peuvent refléter la pensée de l’époque.
Je dirai au contraire qu’elle reflète une préoccupation de l’auteur ancrée dans notre vingt et unième siècle.
Extrait p 262.
« Ils trichaient avec elle, jouaient au jeu de la mort en usant de forces disproportionnées pour rester sûrs de tout contrôler. Evy crut voir rouler une larme sur le pelage collé. La mort des humains était chose si courante que celle des animaux lui paraissait très secondaire. Jamais il n'avait été ému par la fin brutale – souvent nécessaire – d’un animal, par une vieille vache titubant sous le joug ou par un cochon égorgé. Il n’aimait pas voir couler le sang. Ni celui des hommes, ni celui des bêtes. Cependant il s’agissait là d’une question d’utilité, de survie. L’homme, chasseur depuis sa création par les dieux, devait tuer pour manger, c’était aussi simple que cela. Cette vérité n’engageait aucune considération morale. Ou, du moins, Evy le croyait-il jusqu’alors.
Mais maintenant, l’existence de Lefker changeait sa vision des choses. »

Evy écoutant le roi en secret qui parle de lui à Philippe, Evy apprendra que celui-ci ne l’aime pas. Mais ce que l’on apprend, surtout c’est que :
Extrait p 268
« La traque avait eu lieu dans une partie des bois, où, disait-on, le duc de Lorval ne sévissait pas. »
Ce qui tend à dire qu’Evy n’était pas obligé d’aller dans les bois ou règne le duc, pour retrouver ses bois et forêts tant aimés.

Bref Evy blessé par les propos que tient son père à son égard partira au grand galop. Et bien sûr comme si le passé n’existait pas décide de retourner voir la clairière :

Extrait p 269
« Juste un tout petit aller-retour jusqu'à la clairière, songea-t-il. Il n'avait jamais vu ce lieu cher sous la neige. »

Evy a quand même 16 ans ! il n’est plus un enfant et tout dans son attitude semble prouver le contraire, car non seulement il oublie les bandits, le duc, mais aussi la présence des loups si nombreux une fois l’hiver venu. Au point qu’il s’endort du sommeil du bienheureux :

Extrait p 270
« Evy sentit le sommeil le gagner. Il ferma les yeux, appréciant sur sa peau les délicates caresses du soleil couchant.
Pas très loin, au plus profond l’épaisseur trouble de la forêt obscurcie, un loup hurla. Le garçon l'entendit comme dans un rêve. Il sombrait déjà, incapable de prendre en compte les dangers des bois, la nuit. Des dangers qu’il connaissait pourtant fort bien, mais qu’il refusait de considérer comme un obstacle qui eût gâché ce moment de paix précieux. Les fauves se remettaient mal de leur hiver de privations. S'ils n'avaient pas l'habitude d'attaquer l’homme, il en irait bien autrement d'un dormeur esseulé en pleine nuit, sur leur territoire. Evy s'endormit lourdement, d’un sommeil sans rêve, profond, de ce sommeil qui surprend les enfants épuisés d'avoir trop pleuré. »

Le duc Lorval bien évidemment dans la clairière, au moment où Evy s’y trouve, le verra endormi et passe dans l’esprit de ce bandit, craint par tous et maître d’une horde de tire-laines, cette drôle de pensée :

Extrait p 272
« Il prenait conscience qu'il s'y attachait malgré lui. Evy ne se montrait peut-être ni brillant ni courageux, mais il était le seul depuis des années à ne pas le mépriser ou l’exécrer. »

On append aussi que le roi s’amuse à le capturer et à le torturer pour ensuite le relâcher et que ce jeu de chat et de souris dure depuis très longtemps :

Extrait p 273
« Le duc connaissait son propre avenir, son dénouement fatal, inévitable. Le tyran ne le faisait arrêter que pour le laisser filer ensuite, il s'amusait à garder en vie un ennemi presque dans ses murs, se nourrissant de cette haine qui l'animait depuis tant d'années. »

Au moment où Evy se réveille du fait du hurlement des loups proches, le duc se dérobera à sa vue. Et l'on note au passage que le cheval est toujours là, qu’il ne panique pas, malgré la présence des prédateurs.

Extrait p 274
« Evy s'éveilla soudainement, conscient du danger de sa situation. Les loups, réalisa-t-il. Encore une fois, les dieux semblaient le protéger et avoir veillé à ce que les fauves ne l'attaquent pas. »
Evy s’enfuit sur son cheval, mais sa monture glisse. Evy tombe et se blesse à la cheville. Les loups qui les poursuivent sont proches. Sa monture suivant son instinct le pousse à abandonner son maître.

Enfin Evy sentant sa mort arriver décide de ne même pas se battre :

Extrait p 276
« La fuite était vaine, car à pied, il ne retrouverait plus ses habituels points de repère pour se diriger dans la forêt. Il entendit un craquement tout près de lui. Il ne releva pas la tête, ne se sentant pas la force d'affronter le regard affamé des fauves. Il attendait des crocs, ce fut une main qui le redressa non sans rudesse et l'obligea à se lever malgré sa cheville douloureuse. »
Le duc vient non seulement à son secours, mais lui propose une place auprès de lui. Evy refuse de devenir un hors-la-loi. Le duc le fait raccompagner par ses hommes et le laisse repartir. Et Evy retourne au palais ou rien ne l’attend sauf le mépris de son roi.

Chapitre 11

Nous savons avec exactitude le temps depuis lequel Evy séjourne dans le palais, près de deux ans.

Extrait p 282
Pour la seconde année consécutive, Evy vit le printemps renaître sur Aldes et ses environs.

À ce niveau nous ne savons toujours pas pourquoi le roi a fait mander son fils près de lui. Nous ne savons pas grand-chose du monde d’Aldélie. Un monde imaginaire proche de notre dix-septième Français. Un royaume qui fut en guerre avec le peuple Soarte. Pour le moment tout se résume par un fils abandonné à la naissance à l’éducation de paysans, un enfant qui s’avère être le fils illégitime du roi. Son nom Evy. Un jeune homme qui n’aime pas la cour, un jeune homme sans talent et fainéant passant son temps avec son cheval. Non aimé par son Père le souverain qui se moque de lui. On sait aussi que le royaume possède en son sein une verrue, un bandit qui se fait appeler le Duc. Evy et lui tisseront une certaine complicité en pratiquant l’entrainement à l’arme blanche, ce que tout le monde sait. Celle-ci cessera le jour où Evy ne passera plus aux yeux du duc pour un adolescent. Bref voilà les nouvelles en deux ans et 282 pages.

Je remarque que l’auteur emploie très souvent les oiseaux pour montrer que la nature est belle. Je pense qu’il pourrait mieux lisser sa plume. Nous parler d’un coucher de soleil, la beauté des arbres, les odeurs de la forêt, la splendeur d’un ruisseau, l’herbe des plaines mouvantes comme des vagues, cela changerait.
Extrait p 284
« Un couple de tourterelles passa en roucoulant en un battement d'aile amoureux. »

Une fois rentré au palais de Veldan, le roi s’entretient avec lui, et lui conseille de partir dans la forêt, fief du bandit, en début d’après-midi. Tout cela sent le piège à plein nez. Effectivement Evy est suivi et après un court moment en compagnie de Lorval (le bandit) les soldats surgissent (toujours dans cette même clairière). Le duc pense être trahi une fois de plus par Evy (on se souvient de sa tentative d’assassinat avortée). Le duc menace de tuer Evy si les soldats (dont le nombre n’est pas bien défini) continuent dans leur volonté de l’arrêter et s’en sert de bouclier. Mais le sergent décide de passer outre et de sacrifier Evy à la réussite de la capture du bandit. Le duc blessé bat ses opposants et oblige Evy (qui est resté sans initiative) à s’enfuir avec lui pour le mener à son repaire. Il lui couvre les yeux d’un bandeau.

Chapitre 12
La demeure est gigantesque et souterraine, remplie de splendeur. La seule lumière provient :
Extrait p 303
« sur une sorte de puits le long duquel des miroirs placés en une habile disposition reflétaient la lumière diurne. »
Evy part dans ses délires habituels :
Extrait p 303
« Ce château différait de tout autre. Il tendit la main, effleura les parois du mur. Elles se constituaient de terre rocheuse, noires, froides, suintantes telles qu’on imagine seulement les profondeurs du monde. Était-il mort ? Cet endroit sans commune mesure était-il un tombeau, un lieu maléfique voire les Enfers mêmes ?
Paniqué, Evy courut d’une pièce à l’autre, ouvrant les fenêtres à la volée. »

La demeure s’avère un palais, mais où Evy ne rencontre presque personne.
Extrait p 304
« Dans le beau couloir, Evy continua à pousser les portes, découvrant chambres, antichambres ou cabinets de bain. Le palais mystérieux semblait gigantesque, presque aussi vaste que Veldan à moins que le garçon ne fût trompé par l’aspect labyrinthique des lieux. »

Extrait p 308
« Plusieurs fois, il croisa des hommes, certains vêtus comme des valets ou même des esclaves, d'autres en armes. À chaque fois, il rentrait les épaules, craignant leur réaction, mais aucun d'eux ne lui prêta attention. Soit ils avaient été avertis de sa présence, soit elle leur était indifférente. »

On apprend que le père du duc eut un amour avec une Soarte et que de cette union naquit le Lorval.

Chapitre 13
Evy au détour de ses explorations, découvre les appartements de Luhann, le fils de Lorval, qui vit prisonnier du château souterrain depuis toujours. Il a 21 ans, c’est un érudit, passionné par la stratégie militaire, il déteste son père qui le vit tuer sa mère quand il avait six ans. On ignore la raison de ce meurtre.
Tout cela est raconté par l’auteur en point de vue omniscient alors qu’un dialogue entre Evy et Luhann aurait été plus vivant.

Intelligemment, une idée traverse la pensée d’Evy. J’avoue penser la même chose.
Extrait p 323
« — Je ne m’explique pas, remarqua-t-il après un temps de réflexion, comment le roi a pu ne pas découvrir une demeure aussi immense que celle-ci semble l’être. »
Surtout que nous apprenons :
Extrait p 325
« Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, le lieu où les deux jeunes gens se trouvaient n’était en rien un palais. Il s’agissait en réalité de la plus extraordinaire cachette dont pût rêver un fugitif : une grotte, une grotte dont rien ne signalait l’existence à l’extérieur, immense, à plusieurs toises sous le sol de la forêt. »
« Toute la grotte s’organisait autour de ce qui faisait la formidable fortune du duc : une mine de diamants, la plus grande et la plus prospère, pensait Luhann, de toute l’Ariase. On en extrayait en nombre des pierres énormes et d’une pureté exceptionnelle. »
« C’était lui qui avait fait creuser le souterrain de main d’homme et il continuait sans cesse à l’agrandir, l’enrichir, le sécuriser. »
« Luhann croyait savoir que les issues, très bien gardées, disposaient toutes d’un mécanisme secret. Nul serviteur n’en savait assez pour sortir ou entrer seul. »

Nous apprenons que Luhann a des précepteurs qui viennent pour parfaire son éducation, huit en quinze ans.

Extrait p 327 :
« Grâce à ses précepteurs, il avait constaté que le duc n’entendait rien aux usages de la haute noblesse. »

Description de la mine de diamant
Extrait page 333
« Ce n’était pas vraiment une pièce d’ailleurs, plutôt une vaste salle creusée dans la roche. Cette roche nue formait les murs et les hauts plafonds concaves, semblables à la voûte du plus grand temple qu’il fût donné de concevoir. Un bruit assourdissant résonnait sur les parois à les faire trembler. Les coups de pioche roulaient comme un tonnerre menaçant auquel se mêlait le cliquetis des chaînes des esclaves. Les cloisons solidement étayées se trouaient de galeries où s’enfonçaient des dizaines de travailleurs souillés de terre. »

Et là une révélation à couper le souffle :
Extrait p 333
« La mine ! Il s’agissait de la mine dont Luhann avait parlé. Evy sentit sur lui le regard du duc. Le bandit guettait sa réaction. Devant l’air ébahi du garçon, il se permit un petit sourire satisfait.
— As-tu jamais rien vu de plus impressionnant ? Charles cherche mon trésor depuis longtemps, mais il n’est pas prêt de l’avoir. Cette mine est bien protégée. Elle produit les plus beaux diamants d’Ariase, voire du monde connu, dans une quantité qui ferait la jalousie des plus puissants. »

Là, toute personne sensée, voulant de la vraisemblance ne peut que bloquer des quatre fers. Déjà on aurait pu se demander comment un tel lieu pourrait passer inaperçu. Comment ce lieu, ne pourrait être connu des espions du roi (le bruit des pioches, la terre que l’on remonte par tonne, les gardes, les esclaves, les précepteurs, les domestiques) tout ce monde à nourrir à vêtir à loger, à payer, ces diamants à revendre. Cette fortune colossale qui attise les convoitises. Comment tout cela logiquement pourrait-il rester à l’abri de l’indiscrétion ? On ne peut le penser à moins de cesser de penser pour ne se consacrer qu’à lire. Surtout, que nous nous souvenons du bal de :

Extrait p 220
— Un bal. Chez le duc de Brôve. La duchesse, sa femme, a souhaité vous inviter. C'est un grand honneur. Ses invitations sont fort prisées. Vous n'ignorez pas la fonction de monsieur de Brôve en tant que Président du Conseil Royal. Hors la famille royale, dont vous ne faîtes pas officiellement partie, et le favori, Brôve est l'homme le plus important d'Aldesie.

Ou nous savons que le roi jalouse ses sujets puissants
Extrait p 223
« Comment eût-il deviné que Charles ne supportait pas de voir la demeure d'un simple sujet supplanter le palais royal ? Ne pouvant se débarrasser du duc de Brôve – qui avait derrière lui tout le Conseil – pour si peu, il cherchait un exutoire à sa méchante humeur. »

Que l’on me dise pourquoi le roi, quand il tient le bandit entre ses mains ne lui arrache pas ses membres un à un pour le faire avouer le lieu de sa fortune surtout que le duc affirme que Charles est au courant de son existence ?
Si la langue se délie sous la caresse du fouet, elle agit pareillement avec la promesse de titres et de récompenses, personne ne me fera croire qu’une personne au service du duc ne serait pas tentée par pareil avancement. Quant à cette histoire que tout le monde vivrait enterré sans jamais voir le jour, seul un rat pourrait y croire. Et pour finir même si l’on sortait de la mine sans savoir, allez, exactement son emplacement, on pourrait pourtant compter ses pas dans sa tête et se faire une idée approximative de l’endroit et puis chercher à le retrouver. Un tel lieu avec toute cette terre rejetée en surface et le bruit des pioches ne pourrait rester longtemps ignoré. Après viennent d’autres questions :
Pourquoi le Duc avec toute cette fortune ne part-il pas se construire un château dans une autre région ? Pourquoi ne soutient-il pas les ennemis du roi Charles pour le renverser en les aidants de sa fortune ? Ou encore n’arme-t-il pas une armée pour renverser le trône ? Ou ne fomente-t-il pas un soulèvement des croquants harassés par leur vie de pauvres hères ?
Le Duc propose à Evy de le rejoindre, celui-ci malgré une très grande amitié avec Luhann refuse. Un bandit se charge de le conduire en dehors du domaine. L’homme de main du duc, haïssant les nobles plus que tout, décide de ne pas écouter les ordres de son maître et de tuer Evy, mais au lieu de le frapper de dos alors qu’il a les yeux bandés et une épée à ses côtés, il préfère l’affronter de face.
L’homme mourra, Evy connaît la sortie du domaine souterrain (près de la clairière) et retourne dans le palais enterré pour emmener Luthan avec lequel il s’est lié d’amitié. Il affrontera le duc qui affaiblit par son combat précédent par les gardes du roi, tombera sous l’attaque d’Evy et s’évanouira dans une flaque de sang. Les deux, Evy et Luthann s’enfuiront pour regagner Vedan.
Et l’auteur refait le coup des oiseaux :
Extrait p 348
« En un instant, ils purent enfin respirer l’air doux qui bruissait des sons bienveillants de la forêt. Le vent frais, amical, leur caressa le visage. Tout près, un oiseau chanta comme pour célébrer la nouvelle vie qui se promettait désormais à eux et les feuilles s’agitèrent, secouées d’un rire complice. »

Chapitre 14
Le chapitre est entièrement tourné sur l’ascension fulgurante à la cour de Luhann qui s’appuie pour cela de son dernier précepteur le capitaine Reffierre qui est très haut placé à la cour et qui porte la charge de Grand trésorier. Evy dans tout ce chapitre passera pour la première fois au second plan.
Bref, le roi, se prend d’amitié pour Luhann et lui fait gravir les échelons.
Extrait p 362
« Déjà, en quelques semaines à peine, on parlait de lui comme d’une étoile montante, le futur homme incontournable de la Cour et du gouvernement au point d’inquiéter quelque peu d’Asporville qui tenait à sa position de favori.
Evy se sentait malgré lui un peu jaloux des succès répétés de son ami, lui qui restait incapable de remporter de telles victoires, lui qui n'attirait que les regards moqueurs lorsqu'il bégayait gauchement. »
Extrait p 363
« Quelques mois s’écoulèrent dans cette quiétude nouvelle. Luhann était définitivement installé à la Cour où son titre de chevalier avait été changé en celui, plus prestigieux, de baron de Noctebois, une minuscule terre au sud-est d’Aldes qui, pour couvrir une faible superficie, n’en restait pas moins très rentable. »

Chapitre 15
On apprend avec stupéfaction que :
Extrait p 367/368
« En réalité, bien que la Cour prétendît le duc invincible et capable de sorcellerie, ce dernier ne possédait pas de solution magique pour échapper à l’emprisonnement dès que le roi voulait s’en donner les moyens. Si Charles n’avait pas encore fait disparaître son ennemi de façon définitive, sans doute était-ce parce que, pour une obscure raison, la situation lui convenait ainsi. »

Lorval de nouveau emprisonné est encore supplicié :
Extrait p 371
« il supporta la douleur, dents serrées, sans pousser la moindre plainte. Cette impassibilité renforçait la fureur du souverain qui eût goûté au plaisir sadique d’entendre gémir et supplier sa victime. Les tortures physiques qu’il imposait à son ennemi, quelles qu’elles soient, ne lui permettaient jamais d’affirmer sa supériorité et cette impuissance l’étouffait de rage. Lorval le savait et malgré les coups qui tombaient avec une force à lui briser les jambes, »
Le roi oblige le fils de Lorval à fouetter son père, devant Evy qui ne dit, ni ne fait rien. Mais lorsque le souverain lui propose de mettre fin à la vie du Duc, d’une balle, celui-ci tire au sol, incapable malgré sa haine, de tuer son père. Je trouve à ce propos que le personnage de Luthan est d’ailleurs très intéressant.
Les deux compères pris de culpabilité feront échapper le Duc en payant pour faire diversion.
Luthan dira à son père :
Extrait p 380
« — Ne vous leurrez pas sur mes intentions. Je n’ai pas agi par amitié pour vous, mais uniquement par devoir. J’ai ma conscience. Vous êtes mon père, je vous dois donc la vie que je le veuille ou non. Maintenant nous sommes quittes. Si la situation se reproduit, n’attendez plus de moi aucune aide. »
Ils ne seront pas inquiétés par cette évasion réussie.

L’ascension de Luthan se poursuivra :
Extrait p 381
« Durant les mois suivants, l’ascension de Luhann dans les hautes sphères audiennes se poursuivit à un rythme toujours aussi effréné. »

Chapitre 16 : La révolte.
On apprend, alors que jamais, dans tout ce qui précède du roman, des éléments ne pouvaient y faire penser, qu’une révolte couve et éclate.
Extrait p 387
« L’exaspération, latente depuis de longs mois, des années même, ne s’exprimait jamais à haute voix. La peur accaparait trop les pauvres gens. Peur de la dureté de Charles s’ils osaient se plaindre ou réclamer, peur de l’armée qui chargeait la foule sans hésitation, peur des supplices si on les jugeait coupables de troubles. »

Les nobles doivent fuir le palais qui à ce propos semble protéger par une grille et non par une enceinte fortifiée tout autour puisqu’Evy s’enfuira du carrosse qui le conduisait à l’abri sur le dos de son cheval et fuira les émeutiers en sautant une haie. Au cours de son errance, Evy rencontrera un soldat qui le conduira en lieu sûr (très bien décrit) au château du comte d’Asporville.
On apprend que :
Extrait p 402
« Les enfants du roi dont les voitures et les gens suivaient pourtant ceux de Charles avaient étrangement disparu. Depuis que la Cour avait quitté Veldan, on restait sans nouvelles de l’ensemble de la famille royale, le souverain excepté. »
On retrouvera tous les membres de la famille morts. Le lecteur ne peut que supposer sur le commanditaire de l’exécution, car cela en est une, mais sans certitude aucune.

La situation d’Evy change :
Extrait p 407
« Mis à part le souverain, Evy restait le seul membre vivant de la famille royale. »
Extrait p 408
« Les Dauricy occupaient le trône depuis des générations au point que personne n’osait imaginer qu’ils cédassent la place à une nouvelle dynastie. Leur nom restait désormais indissociable de l’histoire de l’Aldesie.
Si Charles disparaissait maintenant, il ne laisserait donc pas de successeur.
Alors s'il lui venait l'idée de légitimer son bâtard, ce dernier pouvait, en guise d’exception, faire office d'héritier respectable. Pour l’heure, si cela restait hors de question, cette possibilité ne pouvait manquer d’être évoquée. »
Quelque temps après toute la cour retourne à Veldan :
Extrait p 412
« Enfin on atteignit Veldan, entièrement rénové et dont on ne pouvait deviner qu’il eût souffert de la colère des gueux ; on sortit les malles, on réinvestit les lieux déjà peuplés d’une foule de serviteurs. »

Chapitre 17
On apprend
Extrait p 417
« Sa Majesté prêtait leur faiblesse au sang étranger venant de leurs mères. Il imaginait les Dauricy si parfaits qu’ils ne pouvaient que s’abâtardir en se mêlant à une autre famille. »

Extrait p 418
« — Je voulais vous faire comprendre combien la pureté du sang est une notion que Sa Majesté porte dans son coeur et combien il la place au-dessus de tout. »
Extrait p 418
« Sa Majesté le Roi Charles imagina alors que cette puissance absolue venait de la pureté de leur race : qu’une soeur donnât des enfants à son frère réduisait à rien le risque de mésalliance et d’entrée d’un sang impur ou inférieur dans la famille régnante. Notre roi, pris de passion pour cette découverte, voulut agir de même. À cette époque, Mademoiselle, sa soeur, vivait encore. Elle était beaucoup plus jeune que lui, de presque vingt ans et toujours en âge d’enfanter. Seulement, elle résidait sous la garde de prêtresses dans la forteresse sacrée de Dansault, temple d’Adrys, où son frère l’avait fait enfermer depuis son âge tendre, car elle passait pour n’avoir point toute sa tête. Certains la surnommaient même Anne la Folle. »

On apprend que le roi dut agir pour tout cela, en catimini, car le poids de la religion trop forte aurait fait se soulever le conseil contre l’envie de celui-ci de produire une lignée avec sa sœur. À ce propos je note que nulle part dans tout le roman la religion est montrée comme importante, au point que l’on sait juste que l’on prie des Dieux. Vous me parlez d’une révélation !

Extrait p 419
« Ce fut la seule fois de son règne où j’ai vu notre grand roi mis en danger par le Conseil. S’il s’était obstiné, il l’aurait eu contre lui et aurait risqué la chute. Le Conseil est trop puissant. En temps normal, il ne dit rien et laisse le pouvoir absolu au roi qui est meilleur maître du pays que n’importe quel ministre, mais devant un tel sacrilège, le respect et la crainte qu’il inspire à tous n’auraient pas tenu. Et puis, il fallait l’aval du Diaste, le Prêtre Suprême, pour espérer répudier sa femme et épouser sa propre soeur. Il n’avait aucune chance de l’obtenir. Tous les serviteurs purs et durs de la loi du Nodius l’eussent rejeté comme roi et eussent exigé son abdication. La religion est trop forte pour pouvoir passer outre. Officiellement donc, l’histoire en resta là. Officiellement. »

Pour faire court, le roi coucha avec sa sœur, qui mourut en couche et qui aura un enfant dont il ignora l’existence. La prêtresse de Dansault cachera ce secret et confiera l’enfant à un village de paysan. Sur son lit de mort pour délivrer sa conscience elle parla de tout cela. L’information en vint au roi.
Qui dans un premier temps (deux ans tout de même) décida d’en savoir plus sur ce bâtard en l’ayant près de lui.
Extrait p 424
« Sa Majesté se distrayait à s’amuser de vous. Sachez qu’il n’a jamais eu l’intention de vous donner un rang honorable. Jusque-là, il trouvait plaisant de se jouer de tous en vous exposant ainsi. Aujourd’hui, il est lassé de ce jeu. Puis, la mort de ses enfants légitimes remet beaucoup de choses en question. On s’intéresse à vous, on s’interroge. Il ne peut tolérer cela. Comprenez, ce n’est pas qu’il vous déteste ou vous méprise davantage, peut-être même eût-il fini par vous trouver des qualités, mais personne ne doit découvrir comment vous fûtes conçu, car ce serait là un grand danger pour notre monarque qui risquerait de voir sa puissance et son autorité affaiblies. »

D’ailleurs le roi confirme de vive voix :
Extrait p 425
« Pour ne pas trop s’attendrir, il précipita la fin du sursis en allant frapper à une porte du cabinet. Aussitôt, celle-ci s’ouvrit et le roi entra.
— D’Asporville vous a tout expliqué. Parfait ! Vous savez à présent ce que vous êtes : une erreur, une lamentable erreur, la plus grosse que j’eusse jamais commise. Ceci va être sitôt réparé. Je vous ai fait venir à Veldan pour m’assurer de votre valeur plutôt que me débarrasser de votre personne sans vous connaître. Au cas où mon inspiration d’alors eût été bonne. »

Le roi décide de faire tuer Evy. Je me demande, étant donné le danger qu’il représente, pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt. Et si la curiosité le poussait, la nullité d’Evy aurait dû le faire agir encore plus vite. Sinon celui-ci ni ne crie ni ne se débat, il demande, à mourir accompagné de son cheval.
Les quatre hommes en armes dont des archers l’emmèneront en forêt et ils agiront si nullement, que Evy parviendra malgré sa peur et sa maladresse à s’enfuir. Mais juste au moment d’être rattrapé, le duc interviendra pour le sauver.
Et le roman se termine par ses propos :

Extrait p 432
« Il désigna Evy, inconscient, allongé sur le sol à quelques pas de lui :
— Il ne touchera plus à un cheveu de ce garçon. Désormais, il est sous ma protection. »



Je dirai que ce manuscrit à un beau front, gâchée par la myopie du personnage à l’effort de se rendre aimable. Je trouve que le corps du texte a un ventre mou qu’il faudrait raffermir, et ensuite couper tous ces cheveux qui tombent dans la soupe, mais aussi en couper en quatre parfois pour avoir un meilleur scénario. Et nous aurons alors un roman fait.




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Les avis, c’est comme le nez au milieu de la figure,
tout le monde en possède un, du flair pour certains.
Il ennuie le style sans histoire, elle s’appauvrit l’histoire sans style.

LA PROMISE (roman de fantasy, 15 et )

LE CYCLE D'HYPNOS (extraits)

Comment mieux écrire ?


Dernière édition par olivier.lusetti le Mer 6 Avr 2011 - 12:10, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.   Mar 5 Avr 2011 - 21:23

Membre E : Sunny Blue :

"Evy" tome 1 du cycle "Le Sang d'Aldésie"

Le roman se lit très bien, il s’avère facile d’accès, tout est parfaitement compréhensible et jamais je n’ai dû revenir en arrière ou relire plusieurs fois un passage pour comprendre. J’émettrai cependant quelques réserves quant au style. S’il est de qualité lors des scènes de description voire certaines scènes d’action, il est bien souvent terne lors des passages de réflexion/explication/analyse. Les verbes deviennent alors passe-partout ; j’ai remarqué plus d'une fois une certaine relâche comme si le fond l’emportait sur la forme.
D’ailleurs, la multiplication de ces paragraphes explicatifs m’a parfois laissé dubitatif. Serait-ce un effet « forum » de tout justifier ainsi par crainte du commentaire négatif ? De toute façon, il ne suffit pas de s’étendre sur le sujet pour rendre un événement crédible comme j’ai pu le noter dans certains cas, rares tant les invraisemblances sont limitées. Cela dit, mieux vaut quelquefois faire confiance à ses personnages, à leur psychologie, à leur logique (à son propre travail d'élaboration en fait) plutôt que de systématiquement recourir à une explication en bonne et due forme. Mais après tout, chacun son approche, mais je trouve que des non-dits en disent quelquefois plus longs que des dires à n’en plus finir.

En général, les descriptions sont intéressantes, donc ne lassent pas, quand elles ne sont pas tout simplement belles. A chaque fois, tu cherches à extraire du sens au-delà de l’apparent, du visible, tu nous proposes une lecture personnelle et particulière du lieu. Ainsi, le Pavillon Blanc (pages 183 et 196) est un lieu banal, à l’écart, dont l’entrée est dissimulée, en vérité une prison où les prisonniers sont condamnés à l’oubli. L’architecture et la fonction forment alors une symbiose, l’un étant lié à l’autre.
L'intérieur de ce Pavillon Blanc m'a moins convaincu car tu appuyais trop à mon goût sur le côté sordide de l'endroit, auquel on s'attend, comme si tu revisitais un lieu commun. Toutefois, cette description, si convenue soit-elle, met bien en relief la naïveté d'Evy, qu'illustre page 182 la question de d'Asporville : "Ne devinez-vous donc pas ?". En l'occurrence, nous ne somme pas loin de cette misère hostile du coupe-gorge de la ville (pages 154-155) traitée sans compassion ni prise de position pré-digérée.
La description des différentes saisons est bien rendue. Outre de signifier le temps qui passe, cela permet de varier les descriptions sur un même thème, par exemple celle de la clairière à laquelle tu apportes à chaque fois quelque chose de différent.
Les personnages ne sont pas en reste notamment avec cette présentation du roi page 114 bien menée en un court paragraphe, ou le personnage du comte d'Asporville, personnage complexe qui accompagnera de loin Evy tout au long du roman. Je signale que les personnages sont peu nombreux, facilement identifiables et reconnaissables, et bien caractérisés les uns par rapport aux autres, ce qui mérite des félicitations tant cette Cour semble pléthorique.
La scène de mise à mort du cerf (page 262) passe par un grand poncif de la nature outragée, où l'animal humanisé est victime des hommes criminels. Or le propos est nuancé ensuite par l'attitude d'Evy qui se découvre un intérêt soudain pour la chasse (page 265), pratique devenue à ses yeux à la fois un moyen de s'intégrer et une thérapie (page 265).
Ce réflexe de nuancer des oppositions caricaturales, donc de les complexifier, confère du réalisme à l'ensemble, donc de la crédibilité, et suscite un intérêt non négligeable à la lecture qui maintient l'attention et éloigne l'ennui. Cela se ressent à tous les niveaux, les lieux comme les personnages. Personne, pas même Evy, n'apparaît ni complètement bon ou mauvais, ni tout à fait héroïque ou lâche. Chacun possède une part de négatif en lui, Evy le premier, et une part de positif, Lorval par exemple. Sauf Luhann, en fait, parfait en tout point, même vis-à-vis d'Evy avec lequel il restera gentil de bout en bout, ce qui m'amènera à penser qu'il n'a pas tout à fait sa place dans ce roman, ou que son traitement n'a pas été assez fouillé.
Parallèlement aux personnages, les lieux obéissent à la même logique. Ainsi, à propos de la campagne, j'ai cru à la lecture des pages 78 à 82 que tu l'opposais systématiquement à la vie de château à travers une simplification réductrice, et par conséquent erronée. Puis, en relisant attentivement lesdits passages pour les besoins de la rédaction de cet avis, je me suis aperçu qu'Evy regrettait la campagne car il ne s'y s'ennuyait pas et il faisait partie d'une famille, mais il ne souhaitait pas, inconsciemment sans doute, y retourner tant la vie y est rude et la famine fréquente. D'où un sentiment de culpabilité tenace, page 257 : "Il redevenait malheureux de vivre au milieu ce luxe plutôt que de partager leur misère", qui traduit l'aveu de son impuissance. Ces phrases page 172 résument bien sa position : "Il se plaisait bien à Keloew. Il aurait pu y passer sa vie. Si tout n'y était pas rose, au moins s'y ennuyait-il moins qu'à Veldan". Car, malgré tout, dans ce village, son enfance fut pauvre et difficile (page 323), et souvent dangereuse (page 276). Si bien qu'à la lumière de cette analyse, on comprend tout à fait que durant tout le récit ou notamment lors de la révolte, il ne retourne pas à Keloew, le village de son enfance.

Je passe rapidement sur les quelques invraisemblances relevées ici et là, lesquelles n'en sont pas vraiment puisqu'anecdotiques selon moi.
Je m’attendais en lisant les premiers chapitres à un roman sans concessions, réaliste, dur. Puis je me suis rendu compte que tu avais tendance à idéaliser la relation d'Evy avec son étalon Lefker, du moins dans les premiers chapitres suivant de leur rencontre. Tout d'abord, Evy l'obtient d’un noble caricatural à souhait qui malmène l’animal et le braque (page 122). Bien entendu, Evy parvient à l'amadouer puis à le dresser et le monter, et d'instinct (page 133). Lors de la découverte de la clairière (pages 143-146), l'étalon s'enfuit mais revient de lui-même par un heureux hasard. Il parvient ensuite à sortir de la forêt pourtant inextricable, et de nuit. Il n'aura cependant pas autant de chance page 207 où l'étalon s'est éloigné et où cette forêt est bizarrement devenue un piège de jour, quand bien même il s'enfuyait au début du roman dans les bois, à valeur de refuge, certes différents de celle-ci. Par la suite cependant, l'étalon sera ramené à sa place d'animal et non plus d'ami. Tu oseras cette remarque dès la page 99 : "Si Evy lui accordait un sentiment d'amitié, ce n'était qu'un animal", mais qui ne sera jamais vraiment suivie d'effets ou d'une vraie réflexion dans ce sens. Page 135, il redevient un ami et le restera ainsi jusqu'au piège. Cela dit, tu donnes l'impression, malgré ta passion du cheval, d'être moins inspirée, et notamment au chapitre 7, dès qu'Evy est en contact avec sa monture pra rapport à d'autres passages, par exemple la description de la Cour. Selon moi, tu es tellement à l'aise dans ce domaine que tu te laisses bercer par les évidences, écrivant sans grande conviction (par exemple, le terme "démarrage au galop" page 137 fait trop langage oral du cavalier). Néanmoins, on devine au chapitre 7 une opposition entre cette Cour, un monde réaliste, cruel, immoral, et la relation d'Evy avec son étalon, nécessairement idéalisée, avec sa naïveté, ses facilités, cet aspect "fleur bleue". Tout est compliqué à la Cour quand tout est simple avec Lefker (sauter une haie et s'évader). Il m'est donc difficile de me prononcer objectivement sur le traitement du sujet équin car, s'il me paraît invraisemblable d'un point de vue technique (un adolescent effacé vient seul à bout d'un étalon retors, le cheval revient dans la clairière de lui-même, ou un poulain non manipulé mais naturellement charmant page 93), cela participe de la fiction romanesque que le lecteur appréciera comme un moment d'évasion salutaire dans ce monde de brutes. En cela, la haie représente une frontière entre deux univers, celui de l'ennui du quotidien et celui de l'aventure, divertissant mais autrement plus dangereux.
Dans le même ordre d'idée, Lorval apparaît tout à coup bien indulgent pour épargner un jeune prince parce qu'il n'est qu'un "enfant", alors qu'il est presque adulte (page 170). Mais sans doute n'est-ce qu'un prétexte puisque Lorval est plus complexe qu'il n'y paraît. En revanche, les loups s'éloignent d'eux-mêmes dès la scène de la clairière en hiver terminée (page 280 : "Tu peux retourner là-bas sans craindre les loups, ils sont loin maintenant").
De même, Evy va en forêt en se rassurant de façon douteuse à la page 231 ("si tôt le matin, se dit-il, ce serait bien étonnant de le croiser. Les bandits attaquaient surtout le soir, c'était bien connu"). Certes, Evy est naïf et la méchanceté du roi l'a blessé, mais j'ai trop senti la main de l'auteur dans cette justification pour vraiment y croire. En fait, l'ironie de cette réflexion ne transparaît pas assez à travers ce "c'était bien connu". Puis, pages 203 et 204, d'Asporville expliquera à Evy que "le bandit soarte restera caché un temps" car "il éviterait de s'exposer le temps de guérir de ses blessures". Faute d'ironie dans ces paroles, celles-ci perdent de leur vraisemblance car c'est pousser arbitrairement Evy à se rendre en forêt, où l'on devine qu'il sera confronté à nouveau à Lorval, ou pire, à ses acolytes, qui eux n'ont pas été précédemment blessés.
Je serai plus catégorique en ce qui concerne les points suivants :
A la page 189, Evy retourne dans la prison après une scène éprouvante pour lui où son père s'est déchaîné sur Lorval. On attend cette confrontation depuis l'annonce de la capture du brigand, sorte de passage obligé à la vraisemblance doublement discutable. D'une part, Evy a été choqué, écoeuré par cette prison, et il n'est pas dans son caractère d'y retourner ni de se livrer à la contemplation malsaine (malgré ce que tu affirmes page 189) d'un prisonnier en sang. Et d'autre part, d'Asporville l'a amené dans cette salle de torture et il est donc fort peu probable qu'il ressorte sans lui.
J'ai été également étonné de constater qu'Evy se promène seul dans Aldes alors que la famille royale parade (chapitre 5). Puis, au chapitre 7, Evy rentre au château après une longue absence sans qu'aucun garde ne l'arrête malgré son état pitoyable et ne l'escorte dans ses appartements, et même si Philippe est prévenu de son retour (pages 160-161).
Le passage où Evy s'endort le temps d'une sieste dans la neige (pages 271 à 274) m'a laissé perplexe tant il fait froid, et alors que les loups menacent.
Dernier point : Philippe, son frère, sait qu'il va en forêt rencontrer Lorval (page 249-250) mais il faudra attendre le chapitre 11 et la page 282 pour que le piège soit mis en place. Je n'ai d'ailleurs pas bien compris qu'il puisse se rendre librement dans ces bois alors que Lorval est l'ennemi numéro 1 du royaume.
Il en va de même pour la libération de Luhann ou la révolte. Mais je ne m’étends pas sur la question pour le moment étant donné que je l’aborde par la suite.

Je remarque également que la dimension sexuelle est totalement occultée. Pourtant, Evy est un adolescent, mais jamais il ne posera un regard coupable sur une demoiselle ni s’interrogera sur le sujet. Ceci semble toutefois être la conséquence de sa nature enfantine sur laquelle je reviendrai.
Plus surprenant, il n’y a pas non plus de figure féminine. Pourtant, Evy n’a jamais eu de mère et aurait pu chercher à se rapprocher d’une telle figure. Ne préfère-t-il pas le féminin de Pontviller (pages 401-402 : "Cette gracieuse bâtisse exprimait une délicatesse, quelque chose de féminin bien éloigné des goûts souvent violents des courtisans"), doux, agréable, à ce monde d’hommes, brutal, hostile ? N’a-t-il pas lui-même un côté féminin comme le sous-entend son prénom ? Mais n'est-ce tout simplement pas lui cette figure féminine, ballotté telles ces jeunes vierges de roman gothique ?

La dimension religieuse est elle aussi passée sous silence. Pourtant, ç'aurait pu être un refuge pour un jeune homme perdu comme Evy. Lui préfèrera s'évader dans la clairière avec son étalon. Soit. Néanmoins, tu ne dis mot à ce sujet, il est juste question de références répétées aux Enfers, d'un temple et d'un culte voué à Adrys, de divinités païennes tel Lefker, puis au dernier chapitre d'une sorte de couvent gardé par des religieuses, ce qui me laisse dans l'expectative. Je peux comprendre que tu n'ais pas souhaité t'étendre sur la question, donc je m'arrête là sur la cohérence de la religion en Aldésie, car ce n'est pas là l'essentiel de mon avis, loin de là.

J’en arrive donc au cœur de ma démonstration qui nuance cet avis globalement positif.

Dès les premières pages, on s’interroge sur le mystère de la naissance d’Evy. Or celui-ci est complètement passé sous silence durant tout le roman, Evy ne cherchant pas, ne posant pas de questions, n’enquêtant jamais et n’en parlant pas davantage. Elle ressurgit à la fin, au dernier chapitre, sous forme d’une explication de d’Asporville, sans âme, sans émotion, alors que c’est une révélation incroyable. On l'aura compris : ce n'est pas le sujet du roman. Et c'est un choix comme un autre et mon rôle n'est pas de réécrire le roman selon ma vision personnelle.

En revanche, le roman se termine sur la haine que le roi éprouve envers son fils, fin qui me pose deux problèmes.
Le premier, c’est que l’histoire se clôt sur une relation qui n’existe pas. Le roi ignore Evy, et Evy le craint et donc l’évite. Il n’y a aucun échange entre eux, au plus se verront-ils lors de cinq entrevues : au bal, à la chasse, deux fois en prison, et à la fin. Evy surprendra par hasard en revenant de la chasse une conversation dont il apprendra que le roi s’amuse de lui. Il n’aura pas le courage de lui en demander davantage et s’enfuira rejoindre Lorval. Jamais, donc, Evy ne lui adressera la parole, ni osera établir même un début de relation.
Le deuxième, c’est qu’après la lente évolution psychologique de la relation entre Lorval et Evy lors de leurs différentes rencontres, le brusque rebondissement final a de quoi laisser perplexe, comme si tu avais cédé à la facilité. La décision du roi est la conséquence de la disparition de sa famille et donc de ses héritiers, elle-même conséquence d’une révolte. Or celle-ci apparaît à l’avant-dernier chapitre, très tardivement, et surgit de nulle part comme pour accélérer le roman. Elle m'a semblé peu crédible tant la Place Rouge où se déroulent les exécutions (description pages 104 et 105) et la prison du Pavillon Blanc imposaient l'image d'une autorité stable et inamovible, basée sur la terreur et la force. De plus, cette fronde ne va pas bien loin, ne dure pas bien longtemps, et se solde par un massacre des mécontents. Si son origine n'est pas bien clair, il semble s'agir seulement d'une émeute de la faim, spontanée, conséquence du désarroi de la population, non d'une révolte fomentée par les républicains. Tu ne l'explicites pas. Néanmoins, cela n'explique pas totalement que toute la famille royale se soit enfuie pour si peu, sauf à céder à un mouvement de panique. Mais les raisons et les circonstances de cette révolte importent peu. Ce qui est important, c’est son aspect structurel. Elle introduit une rupture pour sortir de l’impasse vers laquelle le roman se dirige depuis les premières pages. Car sans elle, l’histoire d’Evy pourrait se poursuivre sur plusieurs tomes.
En effet, depuis le prologue, je me demande où tu veux en venir. Il n’y a pas d’horizon, de but à long terme, de quête, d'objectif (percer le mystère de sa naissance par exemple). Evy subit de bout en bout ou presque, il se complaît dans l’inaction, faisant tour à tour office de guide touristique et de spectateur (ou témoin). Jamais il ne voudra à savoir qui il est ou ne cherchera à être aimé de son père. Même sa relation avec Lorval est un continuel aller et retour guidé par l’indécision. D’abord cet enlèvement, puis la vie à la Cour, la rencontre avec Lorval, la libération de Luhann, le départ de Luhann, la révolte : les scènes s’enchaînent sans véritable lien outre celui de découvrir Veldan et ses environs (d'où le côté guide touristique). D’un point de vue strictement technique, ton roman donne souvent l’impression d’un bateau à la dérive. Le lecteur ne sait pas où il va. Cette phrase est révélatrice et résume bien la situation : "Où cela le mènerait-il ? Il l’ignorait" (page 150). Et là, le résumé/synopsis joue un double rôle contradictoire. D’un côté, négatif, il donne un tour sans surprise voire prévisible à une bonne partie du roman, et d’un autre, positif, il amène à espérer des péripéties, à motiver la lecture.
C’est pourquoi cette révolte arrive à point nommé, mais sans lien antérieur dans le récit, pour enfin donner une fin au roman, lequel se clôt en fait en deux chapitres sans rapport avec les précédents, ceux-ci étant dédiés à Lorval et son fils Luhann. A la lecture du dénouement, j’ai en fait trouvé étrange que tu t’attardes aussi longuement sur la relation entre Lorval et Evy, sur le mystère de Lorval, de ses origines, de son fils. Il me semble inutile de passer autant de temps sur Lorval, plus de la moitié du roman, de faire croire au lecteur à un possible lien entre le roi et le brigand, pour finir sur le roi et son fils, où Lorval n’a qu’un rôle de sauveur providentiel. Car, de toute manière, Lorval aurait pu le secourir même s’il ne l’avait pas connu, intrigué par ces soldats qui essaient de tuer l’un des leurs.

Et Luhann ? Que vient-il faire dans tout ça ? Pourquoi lui consacrer deux chapitres, 14 ("Le courtisan") et 15 ("Le choix") ? Evy libère Luhann, blesse mortellement Lorval et introduit Luhann à la Cour. Celui-ci y brille durant tout le chapitre 14 (le moins bien écrit selon moi). Evy s’efface, malgré sa récente capture par Lorval, personne ne s’enquit à ce sujet, ne lui demande ce qu’il a vu, Lefker (son étalon) disparaît lui aussi de la trame. Au chapitre 15, Luhann violente un peu son père mais le libère avec Evy. A deux chapitres de la fin, je me suis vraiment demandé ce que le dénouement allait m’offrir entre Luhann, Lorval et Evy. Je guettais avec fébrilité cette pirouette qui expliquerait tout et donnerait un point commun à ces éléments épars. Et non, ça embraye sur la révolte, puis la haine du roi à l’égard de son fils. Frustrant. Bref, nous sommes à deux chapitres de la fin et l’histoire s’autorise une grosse digression, un interlude, sans doute une publicité pour le prochain tome, à éviter, bien entendu.
En outre, le point de vue, exclusivement celui d’Evy jusqu’ici, sauf lorsque Lorval le regarde dormir dans la neige au pied d’un arbre (pages 271 et 274 : passage qui lève malheureusement toute ambiguïté sur leur relation), navigue tout à coup entre Luhann et Lorval. Le style accuse une baisse de qualité au chapitre 14, sûrement due à l’absence d’action ou de description, et il faudra attendre le chapitre de la révolte pour retrouver l’esprit du roman, c’est-à-dire le point de vue d’Evy et un style recherché à travers par exemple la description du château de Pontviller.
Le chapitre 14 "Le courtisan" casse le rythme que la suite essaie de relancer en vue du dénouement trois chapitres plus loin. Le chapitre 13 "Luhann" le casse également d’une autre façon, en introduisant un point culminant avec le dévoilement des origines de Lorval, la libération de Luhann et surtout le combat entre Lorval et Evy qui achèvent un cycle commencé 205 pages avant, à la page 143, lors de la première rencontre avec le brigand dans la forêt. C’est dire si le dernier chapitre fait pâle figure avec une révélation sur un mystère que l’on avait fini par oublier tant le récit s’en désintéressait et la décision du roi qui prend réellement sa source dans le chapitre précédent.

A la lecture de ce dénouement, enfin, j’ai été surpris que tu n’aies pas développé la relation d’Evy avec Lorval dans un sens paternel alors que celui-ci est présent. Par deux fois, Evy se jette dans les bras de Lorval par dépit d’être autant détesté de son père (pages 229-231 où l'analyse me paraît erronée car Evy court à la réhabilitation aux yeux de son père ou à la mort ; puis pages 270-271). Plus qu’un ami, il va chercher une famille mais n’arrivera pas à quitter le père biologique. Par deux fois, il retournera à Veldan, la première au lieu de partir avec Lorval (page 279) et la seconde plutôt que de rester avec lui dans son palais (page 337). Le cas de Luhann ne fait qu’introduire un doute, il nuance ce père en apparence idéal. Evy ne devrait pas libérer Luhann, libération inespérée et passablement incohérente quand il parvient à trouver son chemin dans le labyrinthe souterrain, et ce n’est d’ailleurs pas dans sa nature d’aller tout à coup braver le danger, surtout après avoir échappé de peu à la mort (page 341).

Si je m’étend aussi longuement sur ce dénouement, c’est parce qu’il est révélateur d’une grande faiblesse du roman, la principale selon moi. J’allais saluer la justesse de la construction car un fil directeur s’établit dès l’arrivée à Veldan avec la mention des esclaves Soartes qui prépareront l'arrivée dans le récit d'un autre Soarte, un renégat d'origine noble, le duc de Lorval ; l’histoire ne m’a pas ennuyé, ce qui est un exploit étant donné la passivité d’Evy, car elle évolue toujours au bon moment, avant que la lassitude ne s'appesantisse ; la naissance de l’amitié entre Lorval et Evy s'installe lentement mais ne tourne jamais en rond et évolue à chaque fois de manière douce, presque imperceptible, ce qui empêche à cette relation de se répéter. Or parvenu à la page 350, au dernier quart du roman, s’est imposé ce sentiment que le roman a pris une mauvaise direction en s’intéressant à Lorval car cette voie là ne débouche sur rien, c’est l’impasse, et plus encore ne fait pas écho, telle qu’elle est menée, au commencement. Car ce dénouement que tu as choisi, si critiquable puisse-t-il paraître, renvoie néanmoins au début de l’histoire et au fondement de la problématique.
Evy est un jeune homme au corps adulte (page 257-258, dans la galerie, un passage très convaincant) avec un esprit d’enfant (par ce côté toujours indécis, têtu à vouloir se rendre dans la clairière malgré le danger, présumant de ses capacités page 44 ou impatient dès qu'il est décidé à apprendre l'escrime page 171, ou à pleurer dans sa chambre page 225). Pas tout à fait adulte et plus un enfant, il reflète bien cette période de l’adolescence. Pas tout à fait paysan mais pas tout à fait noble, il est le pendant de Luhann qui se sent à l’aise dans son rôle d’aristocrate. Ecartelé entre deux natures et entre deux mondes, Evy est appelé à souffrir, à Veldan comme à Keloew. Lorval lui ressemble en ce qu’il n’est pas tout à fait noble ni tout à fait brigand, et qu’il n’est pas ni complètement Audien ni entièrement Soarte, écartelé lui aussi entre deux mondes, entre deux natures. Et tous les deux sont porteurs d’une douleur quant à leurs origines. La lecture du tableau est émouvante, par rapport à l’histoire contée ensuite par d’Asporville dont la mise en scène et le caractère soudain neutralisent l’effet tragique. A ce propos, j’ai regretté que cette révélation de d'Asporville ne soit pas plus forte faute d’avoir été correctement amenée. Mais même ainsi, elle est sordide et frappante sans virer au ridicule.
Il est donc dommage selon moi qu’Evy n’ait pas davantage cherché à se faire aimer de son père, que tu n’aies pas voulu t’étendre sur cette relation impossible. Car ce dénouement a réellement du potentiel, sorte de « tout ça pour ça » cruel, implacable, presque logique. Malgré ses efforts, sa patience, sa soumission, Evy n’arrivera pas à s’adapter. Son personnage n’évolue d’ailleurs pas, au contraire de son pendant Luhann. Le roman s’achemine inexorablement vers cette tragédie finale, fil directeur de celui-ci, qui se double de celle de sa naissance, de ce sang, fil directeur du cycle, « Le Sang d’Aldésie ». Dommage que cet acheminement ne soit pas plus explicite, plus fort, plus passionnel, plus émouvant, comme l’est l’histoire de Lorval, avec ce palais, ce tableau, ce fils caché, cette souffrance enfouie et cette haine réciproque envers le roi. Dommage, d’un point de vue technique, que le fil directeur soit à ce point brouillé, coupé, oublié et ressurgisse soudain à l'occasion du dénouement.

En définitive, ce roman comporte d'indéniables qualités, à savoir une écriture limpide, quelques très bons passages, la cohérence et la complexité des personnages, la justesse des réflexions et la constance du ton et du propos. Cependant, le dernier quart du roman rend bancal l'ensemble de la construction narrative et achève un scénario déjà poussif. Faute de créer une véritable dynamique, de traiter de la problématique de ses origines ainsi qu'il est exposé dès le prologue, le récit peine à trouver un rythme et semble nous embarquer dans cette relation avec Lorval juste pour nous faire passer le temps en attendant la révélation finale. Si bien que ce dénouement semble venu de nulle part tel un renfort arbitraire destiné à apposer le mot "fin".

La dernière question que je me suis posée en refermant ce livre concerne sa classification "fantasy". A te démarquer, volontairement ou pas, des codes classiques de la "fantasy", tu finis par écrire un roman au genre difficile à définir. D'apparenté à la "fantasy", "Evy" possède : la race des soartes, le contexte imaginaire et cet improbable palais. Ecartons ce palais puisque bon nombre d'histoires intègrent des lieux hors normes. Le contexte, calqué sur le XVIIème français, campe un royaume n’existant pas avec une religion assimilable à la chrétienté, mais sans déborder dans une folie douce avec magie, technologie décalée et/ou créatures fabuleuses. Reste la race soarte, une race inédite, qui s'avère cependant trop humaine, se limitant à symboliser l'étranger honni et l'envers des audiens (page 57 : pâle / rosé ; blonds / bruns). Ce roman m'a donc semblé à la croisée de deux routes, l’une du roman historique et l’autre de la "fantasy", sans être ni tout à fait l’un ou l’autre.

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MessageSujet: Re: Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.   Mar 5 Avr 2011 - 21:25

Avis de Foenidis :


Voici mon très humble avis sur la soumission du roman "Evy" de Barla en tant que consultante au Comité de lecture de Rêve de Fantasy.

En préambule, j'émettrais une interrogation quant au caractère "Fantasy" de cette œuvre. Le simple fait d'avoir des noms de nations et de lieux inconnus peut-il être considéré comme suffisant pour faire partie de cette catégorie de récit ? Je ne suis pas vraiment qualifiée pour répondre, mais j'ai quelques doutes.


Les quatre points cardinaux pour convaincre un éditeur :

1 – Le style

Un style agréable à lire et qui coule bien, avec un vrai point fort : des descriptions attrayantes et riches.
Toutefois, il semble beaucoup plus travaillé dans la première partie du roman, d'autres passages sont beaucoup plus "plats" et souffrent d'un manque de "couleur". Par moment j'ai même eu la désagréable impression d'un premier jet, avec quelques phrases maladroitement construites, les fautes grossières sautant à l'œil même sans qu'on les cherche accentuant cette désagréable impression.
Un peu trop de fautes d'ailleurs pour un travail censé être abouti, je sais bien qu'on en laisse toujours, mais là…

2 - Le scénario

Aïe… le gros point noir à mon avis. Je n'ai pas trouvé de fil conducteur, de but à cette histoire. Le personnage principal est arraché à sa famille adoptive, arrive à la cour et ? Ce qui lui arrive ensuite tiens plus de péripéties que d'un scénario abouti. Il y aurait pu – aurait dû – y avoir le mystère de sa naissance en filigrane, surtout que c'est là-dessus que l'histoire démarre et se termine. Mais non !
Dès son arrivée, le problème est réglé en : sa mère devait être de basse naissance, et tout le monde s'en fout. Sans compter les manques de cohérence ici et là qui ont un peu heurté ma logique de lectrice.

3 – Les personnages

Ils manquent trop souvent de charisme. Le plus dramatique, c'est le manque d'intérêt et de qualités du personnage principal… ses défauts sont tels qu'on ne le prend même pas en sympathie ! Le seul qui révèle une complexité digne d'un bon personnage est le Duc… un peu juste pour tout un roman. Celui de son fils manque de cohérence pour séduire : ne pas comprendre pourquoi son père l'enferme ainsi handicape grandement sa compréhension, le fait qu'il s'intègre si facilement en société alors qu'il a grandi isolé dans une chambre n'est absolument pas justifiable par : ses précepteurs lui ont appris le B.A BA du courtisan. On ne sort pas d'un tel isolement à l'époque ou la personnalité se construit sans séquelles. Le roi est simplement mauvais, c'est tout ; quant à ses enfants – et frères et sœurs d'Evy, ben on n'en voit vraiment qu'un, et il manque singulièrement de caractère. Silland qui aurait pu avoir un peu plus de couleurs fait tapisserie. On croit à un nouveau personnage avec Pieru, mais non, son éventuel rôle auprès d'Evy est vite anéanti d'un revers de plume pas très compréhensible. Pourquoi monter ce personnage en neige pour ne pas l'intégrer à la sauce ?

4 – Idées

Ce roman risque de souffrir des trop gros points de concordances entre Evy et Fitz Chevalerie, le héros de Robin Hoob, d'autant plus qu'il en a les faiblesses sans les forces. Le Duc me fait aussi beaucoup penser un autre personnage de fiction : Geoffrey de Peyrac, lui aussi noble déchu et pourchassé par son roi, lui aussi à la tête d'une bande de brigands, lui aussi immensément riche grâce à un secret, lui aussi affublé d'un physique qui le caractérise, lui aussi énigmatique, craint et endurci par son vécu. Quant à l'histoire, aucune idée forte ne s'est imposée à moi, pas de réelle innovation non plus.



Je ne sais pas trop comment il faut procéder, aussi ai-je choisi de faire part de mes commentaires sur chaque chapitre, au fil de ma lecture (la seconde, car j'ai déjà lu le roman une fois en intégralité).
Je n'ai pas relevé les fautes, car il me semble que cela ne fait pas partie du travail qu'on nous demande ici.


Prologue

Entrée en matière réussie avec la délicate peinture de cette petite famille paysanne et le point de départ de l'histoire qui sera celle de l'enfant abandonné.


Chapitre 1

Ce chapitre, à l'écriture colorée et entraînante, remplit bien son office : décrire l'enlèvement et l'état d'esprit d'Evy ainsi que ce qu'il laisse derrière lui.


Chapitre 2

Pas de surprise, déroulement de la fin du voyage.
J'ai trouvé le paragraphe de la vision sublime de la ville, juste avant décrite comme un amas étouffant aux teintes grises et brunes, un peu too much.
Je suis étonnée aussi qu'Evy, fils de la campagne, puisse trouver l'atmosphère et les odeurs de la basse ville familières.
Une question : comment ceux qui ont envoyé la voiture connaissaient-ils le jour et l'heure exacte de l'arrivée d'Evy et du mercenaire ?


Chapitre 3

Suite de la découverte du nouveau milieu d'Evy.
Quel faquin ce valet, il laisse l'invité seul dans la chambre sans allumer ne serait-ce qu'une bougie ? lol

"Evy discerna sans peine le mépris sous le ton poli et l'élégante formulation des phrases."
Comment a-t-il pu en être capable alors qu'il comprend à peine le sens des mots de cette langue qui lui est inconnue, surtout qu'à ce moment là Silland épèle tout ce qu'il dit, comment y mettre un ton dans ces conditions ?

Petite erreur : Evy découvre la demeure royale en arrivant juste devant… or, dans une description plus loin dans l'histoire, il est dit qu'aucun toit ne devait approcher celui du palais royal, afin que celui-ci soit visible de partout.

Je me suis posé la question de l'utilité du long passage avec la sœur, mais je n'ai trouvé aucune réponse, tout comme on ne saura jamais où Evy a passé sa première nuit finalement, puisque ce n'était pas au château (pourquoi d'ailleurs ?).


Chapitre 4

Chapitre dédié au nouvel ami d'Evy, l'étalon ; avec une description que j'ai trouvé un peu longuette et ennuyeuse, à vrai dire, de la cour en préambule.

Bon point que d'avoir opposé les souvenirs paysans et familiaux du garçon à l'austérité luxueuse de sa nouvelle vie.

"Quant à l'équitation, alors qu'il croyait peu avant le cheval symbole d'une vie sauvage et de galops fous dans les prés,"
Où aurait-il pu prendre pareille référence ? Dans sa campagne où on ne voyait qu'exceptionnellement un cheval monté ou attelé non ?


Chapitre 5

Je n'ai pas compris le long préambule avant l'introduction au roi avec toutes ces allusions négatives envers la cour, les nobles, etc.
Je voyais Evy comme un naïf enfant de la campagne, ébloui par la monarchie, même s'il se sent rejeté par sa famille. Silland n'avait aucune raison de lui présenter noblesse et courtisans sous un mauvais jour, de lui parler de leur endettement et de leur suffisance, et encore moins de faire l'apologie des républicains, et je n'imagine pas Evy, décris comme ne comprenant rien aux rouages du pouvoir et qui passe tout son temps aux écuries, pouvoir saisir ces subtilités de lui-même. Surpris par cette débauche de luxe oui… mais de là à en faire le procès… ça ne colle pas avec le personnage.
Pas plus que de le voir réclamer un cheval qui appartient à un autre, un grand ! Lui qui se considère toujours comme un fils de paysan…c'est complètement OOC.
"Evy apprit également la complexité des affaires politiques." >seulement en chapitre 9, et encore, de la bouche de domestiques !


Chapitre 6

Première apparition du Duc bien amenée.

Par contre, dans la ville, j'ai eu du mal à comprendre si Evy était à pied menant son cheval ou s'il le montait par moments… par exemple quand il veut aider le vieillard jeté à terre et que la foule l'entraîne… faut quand même une foule sacrément compacte pour bousculer un étalon en pleine force ! Les gens ne se méfient-ils pas des coups de pied des chevaux dans cette ville ?
Ah ben non, même les gosses s'agrippent aux jambes du cheval ! Ne savent-ils pas qu'un coup de pied ferré mal placé peut tuer une personne, et blesser sérieusement sans mal ?
Et ce cheval peureux qui se méfie des hommes les a laissés se jeter sur
lui ?
Evy est quasi en haillons, qu'espèrent-ils de lui d'abord ?
"les bras tendus comme s’ils espéraient attraper quelque chose, une pièce de sellerie,"… euh… il montait pas à cru ?

Je suis surprise aussi de voir le cheval regagner la clairière après sa fuite… un cheval emballé rentre normalement directement à l'écurie.


Chapitre 7

Je pensais trouver plus loin dans l'histoire la réponse à la question de la motivation du roi pour avoir invité Evy à la séance de torture… réponse que je n'ai pas trouvée. Du coup, je me pose la question de la pertinence de cette scène.

Quant au fait qu'Evy retourne dans la salle retrouver un père et un homme qui le terrifient, sans parler du bourreau et de l'ambiance… euh… sont partis bien vite au fait, le roi et le bourreau… et les gardes, y'a pas de gardes dans cette prison ?


Chapitre 8

Le passage où le livre bascule.
Du statut de potentiel héros en tant que personnage principal (enfin j'ai caressé l'espoir qu'il allait enfin s'améliorer…), Evy devient détestable et le duc lui pique la vedette.

Le passage entre les deux scènes de combat aurait gagné à être abrégé… ces détails sur les intrigues de cour ne réussissent pas à passionner et n'apportent aucune plus-value à l'histoire.



Chapitre 9

Ah… un "comment vous êtes fou" et c'est tout de la part de Philippe ?
Zut, moi qui pensais qu'il tenait à son demi-frère… loupé !


Chapitre 10

"Heureusement, les récoltes n’avaient pas été mauvaises aux abords d’Aldes et, s’ils parvenaient à se protéger assez pour ne pas souffrir du froid, les gens ne mourraient pas de faim."
et quelques lignes plus bas : "Le mauvais temps durable supposait des risques de disette, voire de famine dans les campagnes pour le printemps à venir."

"Il ferma les yeux, appréciant sur sa peau les délicates caresses du soleil couchant."
Pas de soleil couchant dans une clairière en pleine forêt, surtout entourée de bois épais (même l'hiver).

Je vois mal, même un enfant, arriver à s'endormir le cul dans la neige un soir de gel, pas frileux le sieur Evy ! En plus il y a du vent… Brrrr

Quand il y a de la neige, on voit très bien la nuit au clair de lune.

Encore une fois, le cheval emballé ne prend pas la direction de son écurie, pire, il fait demi-tour alors qu'il est censé être poursuivi par une meute de loups !

"Je n'imagine pas non plus passer ma vie à me terrer dans la forêt"
curieux comme remarque de la part de quelqu'un qui ne rêve pourtant que de s'y réfugier.


Chapitre 11

Pas compris pourquoi le roi lui parle avant de le faire suivre… c'était prendre le risque d'éveiller ses soupçons que de lui montrer qu'il savait non ?

Que devient le précieux cheval pendant le combat ?
Ni Evy, ni le duc ne pensent à lui pour fuir… bizarre…

L'attachement du duc pour un tel imbécile déçoit un peu de la part du personnage je trouve.


Chapitre 12

Je note qu'Evy n'a pas la moindre pensée pour ce qu'à pu devenir celui qu'il prend pourtant pour son seul ami : Lefker.

"Le valet guida Evy dans un dédale de couloirs étroits si entrelacés que le garçon perdit vite tout repère…/…Ces couloirs obscurs, car dépourvus de fenêtre, ne bénéficiaient que de loin en loin d'un maigre flambeau."
et quand il ressort de sa chambre le lendemain : "il longea un large couloir éclairé de dizaines de lustres…" ?

Redite pour les portes toutes identiques…

Pourquoi n'a-t-il pas eu la curiosité d'ouvrir la fenêtre de sa propre chambre ?... (oui bon je sais, la logique et Evy… -_-").
Ben dis donc… un puits pour chaque chambre… ça doit être un vrai gruyère le terrain au-dessus, le terrain s'effondre pas ?… en plus, il faut que leur accès soit dégagé pour que la lumière entre dedans et en même temps protégé d'un garde fou pour que bêtes et gens ne puissent tomber dedans… pas très discret pour une cache secrète.

"Il devina intuitivement qu’il venait de découvrir par hasard les appartements privés du maître des lieux."
Que de fines déductions dans la chambre du fond pour ce personnage qui fait pourtant preuve depuis le début de son aventure d'un manque cruel de présence d'esprit !


Chapitre 13

Ah… un nouveau personnage, et on en apprend un peu plus sur l'histoire du duc.

"L’idée que la chambre fût occupée ne lui avait pas traversé l’esprit malgré les indices criants."
Le crétin, le retour ! -_-"

Il y a dans la description de la dispute des parents de Luhann des éléments qu'un bambin de six ans aurait été bien incapable de saisir !
Un pistolet ?!
Mais d'où ça sort ça ?
Même dans le combat de la garde royale contre le duc, les soldats sont équipés seulement d'arcs et d'épées, même pas une arbalète !

"Jamais il n’avait pu la confier à quiconque."
Je croyais pourtant qu'il s'était lié d'amitié avec certains de ses précepteurs… alors en plusieurs mois il ne leur a rien dit, et là il déballe tout à nunuche qu'il ne connaît que depuis quelques minutes ?

"Que j’aie seulement une arme, une fois, lorsque je me retrouve face à lui !"
C'est une plaisanterie cette phrase ?...
Parce que dans la description de la chambre :
"Épées, pistolets, mousquets, poires à poudre jonchaient le sol ou décoraient les murs."

"Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, le lieu où les deux jeunes gens se trouvaient n’était en rien un palais. Il s’agissait en réalité de la plus extraordinaire cachette dont pût rêver un fugitif : une grotte,"

Non, sincèrement, Evy ne l'avait pas compris ?... (désespoir)

Lui qui est si seul, le duc lui offre un ami, un vrai, pas un cheval, et il refuse sans même demander s'il aurait le droit de sortir de temps en temps prendre l'air ?

Il est pas bien le duc de relâcher un imbécile de cet acabit après lui avoir révélé tous ses secrets ? Comment peut-il lui faire confiance à ce point après le coup du poignard et les soldats qu'il a menés à lui comme le dernier des benêts ?!

Bien urbain ce brigand que de faire enlever le bandeau à Evy et de lui expliquer pourquoi il va le tuer… juste devant la porte du maître qu'il craint en plus ! lol

Scène du retour vers le duc : quel enfoiré fini cet Evy !

Ah… les serviteurs croisent cet "invité" couvert de sang avec le trousseau de leur maître à la main (vu leur taille, des clés de l'époque, ça se remarque !) et ils ne bronchent pas ?!


Chapitre 14

"Ils poursuivirent dans la même direction et Evy reconnut non sans surprise les abords de sa clairière."
alors que à l'aller : " Ils firent tant de tours et détours entre les arbres que bientôt il fut complètement perdu. Il n’aurait su dire où ils se trouvaient dans la forêt ni même indiquer la direction de Veldan"

Retomber pile sur cet endroit précis en partant au hasard dans la forêt, quel bol quand même ! (alors que moi il m'arrive de me perdre dans les bois en sachant où je vais… si si… quelle cruche !^^)

Ah, c'est quand il en a besoin qu'il pense enfin à son cheval chéri ! (quel enfoiré cet Evy… MDR).

Euh… ils pensent vraiment à entrer à la cour en présentant Luhann comme le fils de l'ennemi public numéro 1 ?... oO

WTF… un précepteur de Luhann est vraiment un des notables de la cour !
Et il n'a jamais rien dit sur le repaire du duc, la mine de diamant (je ne vois pas pourquoi Luhann se serait gêné de lui en parler) ?
Même en ne sachant pas où exactement, à la place du roi j'aurais envoyé une armée raser le bois pour trouver cet endroit !
Et ce Reffierre, il a accepté de s'occuper du fils de l'ennemi juré de son
roi ?!
Et le duc a fait confiance à ces hommes ?

Bizarre autant qu'étrange comme situation.

Ah ben tiens… Luhann accueilli à la cour et par le roi comme si de rien n'était… oO

Et lui, enfermé à l'écart du monde depuis ses six ans qui est instantanément comme un poisson dans l'eau dans ce complexe monde de requins.

Mais de quelle qualité ne jouit-il pas ce jeune homme !
Ça existe vraiment des gens aussi parfaits ?
Il est même habile dans le maniement des chevaux, lui qui n'est jamais sorti de sa grotte !

Tout va bien dans le meilleur des monde quoi… sauf qu'on a vraiment, moi en tout cas, du mal à croire tout ça plausible.


Chapitre 15

" avec la brûlure de son dos à vif"
Il n'était pas attaché sur le dos sur la roue ?
Pourtant : " Avec un claquement sec, les mèches touchèrent le prisonnier une première fois sur le torse."

Un palefrenier qui parvient à vider une prison de toute sa garde, ses histoires paillardes doivent être vachement captivantes !

L'histoire ne dit nulle part si le prisonnier était nu ou habillé au supplice… j'aurais pensé nu comme la première fois, mais les deux garçons le mettent en selle sans qu'on se souciât un seul instant de le rhabiller…

Hum… encore une incompréhension…
Le peu de logique que j'aurais trouvé au roi de favoriser ainsi Luhann aurait été de narguer son ennemi, bien qu'il y avait bien d'autres moyens de se servir de ce surprenant atout plus efficacement… mais là, il l'envoie loin de la cour, sur le front… la logique s'écroule à nouveau.


Chapitre 16

"Les réserves des saisons précédentes s'épuisaient à une vitesse dramatique."

Pourtant, l'hiver a été court et les récoltes abondantes l'été précédent… et l'atmosphère de la ville à l'opulence et la prospérité dans chaque description. Bref, la révélation de cette révolte tombe comme un cheveu sur la soupe !

Une révolte qui trouve déjà son paroxysme aux premières lueurs de l'aube alors qu'elle vient juste d'éclater ?

Résumons : le cheval est plaqué contre la voiture, Evy se jette sur lui par réflexe. Comment fait-il pour sortir du carrosse ?

Le cheval fait volte-face : il en a vraiment la place dans une cohue
pareille ?
Personne n'arrive à tirer à bas de son cheval ce jeune juste monté à cru ?

"Inutile d’aller en ville…" sans blague ! lol

"le harnachement précieux de sa monture… il préféra desseller Lefker " : je le croyais monté à cru d'après la scène où il le monte… ce qui serait logique, on ne fait pas voyager un cheval non monté sellé.

"Pour l’heure, la place était quasiment déserte. Personne ne reviendrait ici avant des jours."
Ah bon ? Après pareil évènement, pas de gardes au château ?... Où est passée l'armée qui a maté la révolte ? Ils sont venus et repartis sur l'heure ?

Oui, bien étrange disparition en effet que les trèèèès nombreuses voitures de la grande famille du roi avec très certainement une escorte qu'on imagine conséquente.

Autre point curieux : pourquoi dissimuler ces assassinats très politiques dans un bois ?

Plus de descendant… pas de fille mariée ailleurs ? Personne en voyage ? (ses nombreux enfants sont pourtant tous adultes et même parents)


Chapitre 17

Décidément, ce roi a un comportement vraiment difficile à comprendre.
Pourquoi faire expliquer le secret de sa naissance à Evy avant de le faire tuer, ça n'a aucun intérêt !

Erf… encore des flèches, là où des mousquets auraient été plus logiques… plus efficaces.

De plus, un cheval qui fuit, c'est juste une croupe, et le dos de son cavalier est largement aussi exposé que le derrière de sa monture. Comment des flèches tirées par l'arrière peuvent-elles se révéler mortelles pour un cheval ? Surtout qu'il n'y a que deux archers, le temps qu'ils encochent une nouvelle flèche, ça en fait du chemin un cheval au grand galop ! Or là, on a l'impression d'une pluie ininterrompue de flèches…

Vraiment pas rancunier ce duc.

Zut… moi qui pensais qu'il pouvait peut-être y avoir un lien de parenté entre lui et Evy par le biais de la mère de celui-ci… ben non.
Bien décevante fin.
Le secret de la mère fait pétard mouillé qu'on n'attendait même pas, je n'éprouve aucune curiosité quant à l'avenir d'Evy qui ne m'est absolument pas sympathique, et on n'apprend rien sur la seule chose qui a éveillé un tant soit peu de curiosité en moi : le passé du duc.


Foenidis

_________________
Les avis, c’est comme le nez au milieu de la figure,
tout le monde en possède un, du flair pour certains.
Il ennuie le style sans histoire, elle s’appauvrit l’histoire sans style.

LA PROMISE (roman de fantasy, 15 et )

LE CYCLE D'HYPNOS (extraits)

Comment mieux écrire ?
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Résultat du comité sur le manuscrit de Barla le Sang d'Aldesie.

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