
Association et forum Francophone créés le 8 avril 2009 avec Comité de Lecture. Ici, les terres de l’imaginaire sont foulées par des écrivains en herbe, en devenir ! Ici, la langue française parle le fantastique ! Ici ! Votre œuvre sera lue, évaluée. |
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| | RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET : Premier conte d’****** Tome 1 les deux frères. | |
| | Auteur | Message |
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olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET : Premier conte d’****** Tome 1 les deux frères. Dim 18 Avr - 17:42 | |
| Bonjour à tous ! Voilà donc le moment tant redouté de l’auteur, celui de recevoir l’avis d’un comité de lecture. Il s’agit aujourd’hui d’un verdict sur le manuscrit de : Marco Laperlier (Mananan)
Premier conte d’******** Tome 1 Deux frères Le comité de lecture de RdF est composé de : Verity/Yrkélia/Lusetti Olivier/MissCoco et de deux Mains du Roi : Mercure et Sunny Blue Le but du comité est tout aussi bien une autorisation de mise en avant sur le site, mais aussi un véritable travail pour aider l’auteur à progresser. Le résultat est le suivant :
2 voix favorables 1 voix neutre 2 voix contre 1 voix contre (se basant sur les quatre cents pages).
Ce manuscrit ne bénéficiera donc pas d’une mise en avant. Cette œuvre n’a pas conquis pleinement le Comité de Lecture qui ne possède pas La vérité, je le rappelle, mais simplement la sienne. Par contre, le Comité de lecture donne un avis favorable pour une représentation du manuscrit une fois celui-ci profondément retravaillé. Un droit de réponse est bien sûr donné à l’auteur dans la partie actualité. Merci Marco Laperlier pour le courage dont tu fais preuve en soumettant ton œuvre. Amicalement.
Dernière édition par olivier.lusetti le Lun 2 Mai - 12:42, édité 4 fois |
|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET : Premier conte d’****** Tome 1 les deux frères. Dim 18 Avr - 17:43 | |
| Membre A (pour)
PREMIER CONTE D’******* : LES DEUX FRÈRES
STYLE Les longues discussions sur le style ne sont pas ma spécialité. De façon générale, je trouve le style agréable, facile d’accès et servant bien les desseins de l’auteur tout en pouvant convenir à un personnage large. Phrases tarabiscotées et vocabulaire compliqué / Tournure des phrases Le vocabulaire n’est pas compliqué, me semble-t-il. Le niveau de langage est plutôt bon dans la partie narration. Le langage « jeune adulte » dans les passages avec Marie et les deux sœurs comprend de nombreux raccourcis sémantiques. Cela convient à la classe d’âge. C’est un peu pénible sur le long terme, mais ça passe. Quelques phrases mettent en arrêt : on a l’impression d’une erreur de dyslexie sur une expression, et puis non, on se rend compte d’une volonté sous-jacente de l’auteur d’adapter une expression de notre monde au sien ce qui donne une saveur toute particulière au passage surprenant et montre la richesse du background de l’histoire. On ne me verra jamais en train de reprocher à un auteur d’utiliser de l’anglais dans son texte, cependant ici, c’est un mélange d’argot et de phonétique. Le lectorat français étant… français, je ne suis pas sûre que tout le monde puisse comprendre, que ça sonne avec un accent francophone ou irlandais. Des fois, l’Héroïne elle-même n’y comprend rien, alors est-ce grave si le lecteur ne peut pas non plus traduire ? Je laisse l’auteur juge d’inclure ou non des traductions en note de fin de page. Il pourra toujours voir avec son futur Éditeur. Je tiens à signaler que je ne suis pas également très sûre de l’usage approprié des parenthèses lors de certains passages. Notamment celui sur la décence d’un certain passage passionnel dans le cadre d’un roman. Qui écrit un roman ? Le Goff raconte un Conte. Marie écrit un journal de bord de son séjour. Les personnages d’Isboona vivent une vie et non une histoire. Reste l’auteur… J’aime son humour, mais cet exemple de son jeu de parenthèse ensemble un peu limite. D’autres passages identiques dans leur forme, pourrait tout aussi bien selon moi bénéficiait de remarque entre tirets ou simples virgules. Merci de marquer « N° » en toute lettres. Personnellement, je préférerais, mais je laisse l’auteur voir ce détail avec d’autres, s’il n’est pas convaincu.
L’écriture Il existe 3 narrateurs : Marie, Le Goff, un autre Narrateur (les Voix des Rêves ?) Les Rêves étant inclus au début des passages concernant Marie, je suis parfois troublée (surtout au début) par les alternances entre la 3e personne du singulier la 1ère personne du singulier. J’ai eu également du mal à rentrer dans le style du phrasé de Le Goff, mais j’avoue qu’une quarantaine de pages plus loin, soit je m’y étais faite, soit l’écrivain avait fait évoluer son style. L’écriture est assez agréable, surtout quand on dépasse les 80 premières pages, mais comme dit Le Goff : « nous y reviendrons plus tard »… Le récit reprend également un autre système de poupée russe : le récit dans le récit, avec parfois des récits dans le récit du récit (bref des passages historiques anciens concernant les premiers temps d’Isboona). C’est un système qui demande un dosage savant afin de garder de l’équilibre. Après un début un peu difficile à mon goût, on atteint ensuite ce fameux équilibre et le récit s’en trouve enrichi. En fait, autant le dire tout de suite, je n’ai pas aimé les chapitres concernant Marie. J’ai eu du mal à me laisser emporter au début par la voix de Le Goff (cf ci-dessus) et les interruptions de la narration pour des digressions ou des précisions me faisaient bondir d’impatience voire de révoltes. Moi, je lis, j’écoute, je me tais, puis je bombarde le narrateur de mes questions s’il me fait fasse.
L’orthographe et la construction grammaticale. Quelques répétitions parfois, autres que celles qui se voulaient insistance. Un simple détail. Par contre, il semble y a voir un problème récurent de pagination avec les incises : majuscule en trop au début de l’incise, parfois un petit tiret au lieu de la virgule. Encore un détail. Pour le reste : orthographe et grammaire, rien que ne m’ait choqué. Être compris de tous et sans choquer inutilement. Être compris de tous fait partie des objectifs de l’auteur, d’autant plus que c’est la volonté du narrateur : être bien compris de sa visiteuse qui parfois n’est pas très futée… Afin de mieux expliquer le monde, nous aurons également des récits entiers, des « historiques » ou des « didactiques ». Quant à choquer « inutilement » ? J’ai souvent cette discussion avec d’autres membres du Comité, et je fais partie de la proportion de personnes qui pensent qu’on peut choquer utilement. Rappeler que la mort est toujours cruelle, qu’au nom de l’intérêt public, la vie d’innocent a déjà pu être sacrifiée, que dans les yeux de chacun l’importance d’une vie n’a pas le même prix, qu’il existe des fanatiques sûrs d’agir par des crimes pour le bien public de l’humanité, qu’il existe des chefs idiots et manipulés. Que le manichéisme est une valeur qu’il est bon de dépassé, et qu’un Anti-Héros devrait être appelé Héros tout court. Il y a des passages sanglants, cruels, durs, sinistres. Ils sont volontaires. Ils sont forts. Les plus sensibles pâliront sans doute. Mais c’est la vie, mieux vaut la lire dans les livres et apprendre avant d’y être confronté dans le Réel. Je crois que ce que j’ai encore eu le plus de mal à comprendre est cette histoire de séparation des deux faces de l’escargot par la volute, malgré que l’auteur ait insisté plus qu’une fois. Je pense que le problème vient de moi. J’ai fini par me faire une représentation spéciale qui n’est sans doute pas celle de l’auteur, mais qui me convient et me permet de suivre le récit et ses subtilités. Soutien du fond par la forme Un item avec lequel j’ai toujours un peu de mal. Le vocabulaire est bien choisi, la forme est judicieuse. Elle facilite la lecture. On a des passages en chanson ou en poème, que demander de plus dans un livre de Fantasy ?
Scènes juste décoratives (digressions, détails) Oui et non. En fait, il y a beaucoup de passage dont j’ai toujours du mal à saisir l’intérêt (sans doute signer l’ambiance), ex : le chauffeur de bus Irlandais, la longueur du passage sur la cartomancienne, etc… Pour ce qui est des digressions, elles sont très nombreuses. Au final, j’ai préféré quand Le Goff a commencé par donner des précisions en début de soirée sur tel ou tel point (ET SANS SE FAIRE INTERROMPRE, MADEMOISELLE !!!) puis qu’il exposait la suite du seul récit qui a vampirisé toute mon attention. La vie, les occupations oisives de Marie et des deux sœurs sont d’une futilité fatigante à mes yeux. Trop de détail ? Mais peut-être est-ce justement un travail par la forme de la maigreur du fond (du crâne de ces 3 filles…) Des détails comme le passage sur le décompte du temps servent à ajouter au côté merveilleux/non terriens de l’aventure (critère originalité ?), mais ont-ils réellement une importance (surtout que Faun tombe dans les pommes toutes les 5 minutes alors qu’il veut entendre ses doigts lui sonner les heures…) Les digressions me posent également un problème par leur multiplication. On donne la fin de l’aventure, puis on l’explicite. Je devrais me taire, car c’est un procédé stylistique que j’utilise moi-même dans mon écriture. Malgré tout, ici, il est si couramment utilisé que, plutôt que de créer ma curiosité, il me fait m’écrier : « quoi encore ! mais ma lecture est gâchée maintenant que je sais comment tout le passage va finir ! » Je n’aurais qu’un mot de commentaire : « dommage » Une autre phrase n’a cessé de me faire bondir, voire jurer vilainement… Il s’agit d’un thème et variation d’expressions tel que : « comme nous le reverrons plus tard » !!!! Et bien, pas la peine de nous prévenir ! On verra quand on y sera ! Je préfère : « comme nous avons déjà vu hier/tout à l’heure, blablabla », plutôt que l’annonce d’une information dont le lecteur n’a que faire pour le moment, sur laquelle il ne se posait peut-être même pas de questions et voilà ! maintenant, il tremble à l’annonce d’une future digression qui viendra briser le rythme de sa lecture ! C’était quoi ? Un tic de langage de Le Goff ? Un moyen stylistique de conteur/écrivain pour attirer l’attention sur un détail en disant mystérieusement : « hum, ça s’est important ! N’oublie pas, hein ? » Moi, ça m’a haché ma lecture. Â un moment, cette ignoble ritournelle de « plus tard » venait fleurir à l’intérieur de chaque chapitre. Personnellement, j’ai jugé ça pénible, voire irrespectueux envers mon intelligence de lecteurs qui sera « plus tard » capable d’additionner 1 + 1 sans qu’on ait eu besoin de trop insister auparavant si tout a été dit clairement et là, le style de l’auteur y pourvoit. D’ailleurs, ne devait-on pas nous reparler d’une certaine arme royale ? Pas dans le Tome 1, en tout cas… Alors pourquoi nous avoir irriter avec ça… Il faut 6 mois minium de publication entre un tome 1 et 2, cette promesse sera oubliée depuis longtemps, je pense.
LE SCÉNARIO Immersion au début du récit Très franchement, j’ai particulièrement souffert en ce début de récit. Si les règles de lecture m’avaient autorisé à arrêter avant la page 80, je pense que je serais passer totalement à côté de l’œuvre en refermant l’ouvrage, et je me serais ainsi privée d’un excellent roman. Ouf, le drame a été évité de justesse. Le pitch….Je sais que les éditeurs attendent ce genre de résumé, mais moi, je ne connaissais pas. Je ressens encore de la meurtrissure d’avoir lu ce résumé. Tout d’abord, car il annonce trop, et donc que tout doute sur le devenir de Marie n’a jamais eu la moindre raison d’être à ma lecture. Ensuite car ce style télégraphique ne me conviens pas. Dorénavant, je saurai : je ne les lirais plus. Désormais, je ne peux pas le relire non plus pour dire à l’auteur s’il est bien, car j’ignore les usages de ce type de texte, et je ressens encore trop de rancœur pour cette première page qui a trahi une partie de mon suspens. Le Prologue… Le Prologue ne m’a pas plu, non plus. Le récit commençait bien mal pour moi, hein ? Encore un travail du fond par la forme ? L’écriture était gamine comme le jeune enfant qui trouve la pierre. La « méchante pierre malveillante »… Rahhhhh !!! Mais les actes de la Pierre Consciente parlent pour elle !!! Pourquoi autant nous dire qu’elle est mauvaise ! ça empeste les marais ! On a compris ! L’enfant grandit, l’enfant accepte pour sûre la première parole de la Pierre sur son ami sans même qu’on ressente pourquoi il la croit. Et alors que l’enfant est devenu un homme, un homme qui ne tue pas encore, le style reste enfantin. Je conseille à l’auteur de faire une recherche des termes « méchant » ou « mauvais » et de voir s’il ne peut pas leur substituer des adjectifs plus distingués. Après, il y a encore des brides de rêves, le passage est volontairement confus (on s’y habituera et on appréciera, mais « plus tard » :-)) On comprend immédiatement que le destin de l’Héroïne est soudainement téléguidé. Le Fatum a un grand rôle dans cette histoire/double histoire. On n’aime ou on n’aime pas. Moi, je suis un sommet d’ambiguïté à ce sujet, alors je botte en touche et ne donne aucune opinion. Sinon, j’ai immédiatement prise en grippe l’Héroïne. Ça ne m’a pas du tout aider dans ce début de récit. Mais… « j’y reviendrais plus tard »… Au total, heureusement que Faun et Isboona ont fini par pointer le bout de leur nez, car sinon, je me serais perdue dans les Limbes. Suspens et intérêt Une fois dépassée ce début pénible, et bien ensuite… Je n’ai eu plus qu’une hâte : que Marie cesse de nous enquiquiner de ses termes, de ses doutes, de sa courte vue (NOUS, nous savons qu’on est dans un livre de Fantasy et qu’elle se situe sur un portail entre les monde qu’elle va franchir à la fin), de son beau garde-forestier qui n’en est absolument pas un, de son portail qu’elle défriche à la main tous les jours (une fille du Sud, hein ? Elle arrive aussi à déraciner du thym, de la garigue, des ronces sans avoir les mains en sang ? Sa mère est jardinière, n’est-ce pas…) Bref, vite qu’on finît la description du repas ! Vite que Le Goff reprend là où on en était ! Car un seul récit a happé toute mon attention : Isboona. Et là, c’est réussi. Intérêt à 100 % Suspens relancé par le fait justement que les personnages peuvent mourir, être assommés et que les rebondissements sont multiples. Les personnages (secondaires) sont riches et intelligents, le récit y gagne. Cet item est un atout majeur de cette œuvre. Vraisemblance et crédibilité de l’histoire Deux éléments sont à prendre en compte : La Destinée, le Fatum, le « C’est écrit » (dans la respiration cosmique d’un escargot ?) Que cela soit la venue de Marie et le choix de sa thèse, le fait que son chemin est croisée la cartomancienne puis Le Goff qui doit « passer le relais » du Conte à quelqu’un… Que cela soit la passion amoureuse (et insensée) de Kurian. Que cela soit la vision d’un futur apocalyptique suggéré par la Pierre à Faun, tout simple déterminé à l’avance avec une incapacité à sortir du rail. Et puis, si on rapproche la caméra de chaque personnage, de chaque clan, de chaque groupe, les réactions sont logiques, et donc l’intégralité de l’aventure devient vraisemblable. Action et réaction sont crédibles. Il y a des deus ex machina, mais ils sont plutôt bien gérés (la transformation de l’assistante de Yaris semble trop miraculeuse, mais son traitement secondaire en mort-vivante devient très intéressant. « tout a un coût ») Ce qui me pose le plus de problèmes est : - il me faudrait des éléments vraiment clairs pour comprendre pourquoi Faun croit sa Pierre - dire que Marie vient du Sud et non précisément de Marseille car elle ne passe pas l’épreuve de ses prétendues « origines », et faire quelque chose pour que son comportement soit adéquat avec son âge et son niveau éducatif, que sa formation transparait dans sa façon de penser. - m’expliquer pourquoi Faun trouve le jour de leur première rencontre avec Agus les éléments de nécromancie liés à Malo, alors que celui-ci a été assassiné plusieurs jours (7 jours ?) auparavant ? Quelle prévoyance !!! - pourquoi un Roi ne sent-il pas chez lui dans ce pays et chez les chefs de clan sous ces ordres ? Quelle différence cela ferait-il entre des chefs de clans et des préfets ou je ne sais quoi ? - Comment les parents de Kurian ont pu être enfermé 7 jours au Palais Royal sans que cela ne filtre ? Marine se déplaçait sans sa petite cour ? ça n’a pas jasé parmi les domestiques ? Et les notables ? Nul ne souhaitait leur parler en 7 jours ? - J’aimerais comprendre comment la Cartomancienne a un exemplaire du Premier Conte, car ce n’est pas Le Goff qui l’a écrit (il n’a le droit d’en parler qu’à une seule personne dans sa vie, et la cartomancienne n’est pas son enseignante, car « ils ne se sont jamais rencontrés ») Elle doit donc en savoir beeeeeeaaaaauuuuccccooouupp sur Isboona. Et notre chère intellectuelle de Marie, vampirisée par le sortilège de coup de foudre, ne se pose jamais la question en 550 pages… - l’invitation de Marie se fait suite à de nombreuses lettres, mais Le Goff ne semble pas savoir ce qu’elle vient étudier chez lui (croit venir étudier) et elle semble se justifier pour la première fois (donc elle ne sait pas faire de bonnes lettres d’embauche, qu’avait-elle pu lui écrire jusqu’à présent ?) - pourquoi Kurian s’étonne si peu d’entendre son fils parler. Alternance actions et dialogues Item amusant, car ici, le récit est un « récit », une oralité. Et donc un dialogue ? Sans philosopher, vingt ans, ni faire de jeu de mot, l’alternance est bonne. Je crois qu’une seule fois on a eu un passage où le dialogue reprenait la description narrative sans y apporter un petit « plus » (sentiments, sensation, oubli d’un fait important, (mal)interprétation) Sinon, tout va bien. Coups de théâtre, péripéties Ben, ça oui. Les Complots entre Mortels sont excellents. Un vrai délice, suggérerait un boucher de l’histoire. J’ai moins apprécié le côté attendu de la survenue du Loup Garou alors qu’il reste encore un souhait et que le narrateur nous ait rappelés à notre décompte. Il existe encore une ou deux situations un peu « attendues », mais grosso modo, le rythme du récit est excellent, l’intérêt est bien et souvent relancé. Envie de continuer sa lecture oui, Oui, OUI ! L’endroit qui casse reste seulement moi à 1/6e. Une fois ce cap dépassé, c’est avec allégresse que j’ai enchaîné les chapitres sans pouvoir m’arrêter. LES PERSONNAGES Personnages attachants, charismatiques, émouvants LA TERRE Je n’aime pas Marie, au cas où cela aurait échappé à quelqu’un. Toute cette histoire de Paris/Marseille sonne de clichés qui me semblent étranges, car souvent fantasques avec des références que je ne comprends pas. Je ne lui trouve pas l’état d’esprit d’une étudiante en socio, à la rigueur, je l’aurais plus vu en histoire, voire en littérature. Elle n’a pas l’ouverture d’esprit de la socio ni de l’anthropologie sociale. Elle juge, elle colle ses émotions sur le monde. Elle se dit scientifique, mais dans les sciences sociales, ce qui est scientifique c’est la méthodologie et non le culte de la rationalité. Je n’aime pas plus les deux sœurs, elles sont bien « braves » comme on dit dans le Sud, mais elles me fatiguent un peu. Je n’aime pas la Cartomancienne qui passe trop vite dans le récit, qui est à la fois trop familière et trop mystérieuse. Le guérisseur m’invite à moult questions et je n’aurais aucune réponse. Liam n’est pas qui il est, et pour l’instant je n’en sais rien de plus. Le Goff est usé, il doit passer le flambeau. On le décrit riche, fantasque, vieil ours. Moi, je le trouve plutôt agréable.
ISBOONA Oh, que j’ai dû mal avec Kurian ! Il est bien gentil, mais je ne sais pas, il n’a pas de saveur. Il est la cause de tous les problèmes et je n’ai rien vu qui m’attache à lui. J’aime par contre ses parents, son oncle. Je n’ai aucun sentiment pour aucune des deux femmes qui tournent autour de lui. J’apprécie beaucoup Seto et son Oncle. J’ai tout de suite senti de l’intelligence dans ses personnages. Les Fanatiques du Bien Public ont également de belles personnalités. De toute façon, j’aime les gens intelligents. J’ai donc du respect pour les manœuvres de Savigore (et de N°1), même si je ne peux dire si que je les aime particulièrement. J’aime bien aussi Agus et surtout le chef de sa police dont la malice m’a ravi et invite à mon respect. Je suis mitigé envers le Roi Lothier, que j’ai un peu de mal à comprendre, mais je respecte sa répartie dans les situations à risques. On verra « plus tard » (Tome 2 ?) le caractère de sa fameuse fille. Et bien sûr, je trouve le personnage de Faun très réussi. Franchement, il ne semble pas aussi puissant que ce qu’on pourrait croire au vu de ses années de labeur, mais il ne demeure pas moins un puissant sorcier et un excellent espion. Une belle intelligence offerte à un clan puis à un ami. C’est sûr que c’est mon personnage préféré, comme le souhaitait visiblement l’auteur.
Bref : les personnages secondaires sont tous plus magnifiques les uns que les autres (jusqu’à la bande de baladins). Parmi les personnages plus importants, seul Faun rafle toutes mes faveurs. Adversité Les évènements se dressent. L’histoire trace le cap de différents groupes. Il y a plusieurs « éminences grises » dans cette histoire qui s’affrontent et cela donne beaucoup de piments et de richesse à ce récit. Comportement logique des personnages Les Backgrounds des personnages sont bien travaillés. Ils ont des personnalités, des traits individuels. Les personnages me semblent se comporter logiquement. À part Kurian, que je juge être un cas désespéré ! Évolution de la Psyché des personnages Hum… Marie apprend à se taire et à nous laisser écouter Le Goff. D’un bout à l’autre, elle ne comprend pas qu’elle est dans un roman de Fantasy, mais bon… j’avoue que ce n’est pas évident pour un personnage de s’en rendre compte. Faun est déjà un être sage dès la rencontre avec Agus, il le restera. Kurian était un peu adolescent tête en l’air et spontané, franchement il n’a progressé en rien. Les autres personnages avaient déjà des personnalités fortes, ils n’évoluent guère dans leur façon de penser, même quand il change philosophiquement. Identification avec les (anti)Héros Autant, j’ai des facilités à me glisser dans les personnages que j’aime. Autant, je ne peux m’identifier aux autres. Rien à faire.
L’ORIGINALITÉ Le dépaysement et l’atmosphère Dépaysement : non, en Irlande : on est au milieu de français à part 2 ou 3 autochtones qui ont le droit à la parole sur quelles lignes. J’avoue que la propriété de Le Goff est singulière. L’atmosphère est sombre, réaliste dans sa violence et dans ses enjeux. Volonté de transmettre du savoir, une réflexion Heu ? Que le monde n’est pas manichéen ? Qu’il n’est pas bon de se tenir prêt d’un grand colimaçon qui inspire ? Que l’amour ne mène qu’à la bêtise et à la catastrophe ? La volonté de l’autre semble être de vouloir nous offrir la vision d’un nouvel univers. L’originalité des idées (univers personnel, non déjà vu) Un univers très personnel, avec ces codes (celui de la respectabilité est expliqué presque 2 fois pour être sûr d’être compris de tous), ses usages, sa monnaie, sa religion, ses peuples, ses pouvoirs. Pour un scénario qui doit être à l’origine de tous les contes, je trouve qu’il est plutôt très original. L’intrigue et le scénario Mais puisque je vous dis que c’est captivant, riche en rebondissements et bien écrit ! Pourquoi le redire ? (Pour le plaisir ? Ah, pourquoi pas.) La fin de récit. Avec tous ces peuples avec des artisans de qualité et des nobles qui partaient, j’avais l’impression d’un départ vers l’arche de Noé, où l’on aurait choisi les meilleurs éléments. Je pensais à un départ vers un autre monde. Finalement, ce fut dans le monde des ténèbres de poumons gastéropodes ? Belle surprise dans cette spirale de liquide rose qui signe un bien étrange déluge. Sur un dernier deux ex machina bien géré et chanceux (tiens, un nexus !), les meilleurs prennent la direction du tome 2. Bon, Le Goff nous avait prévenus que la fin venait rapidement. D’ailleurs, j’ai détesté que Marie nous fasse part de ses préférences sur l’histoire. Parce que je me suis sentie en phase avec son jugement, alors que je ne l’apprécie pas ? Surtout, parce que j’ai eu une preuve que l’écrivain avait biaisé son histoire pour nous présenter ses Héros sous la facette que lui voulait afin de manœuvrer nos sentiments à leur sujet. C’est dommage, car via ce jeu de réflexions écrites, cela devient tellement fragrant que j’ai trouvé cela vexant. Quant à la fin de Marie. À part les petits esprits verts irlandais, mais on s’attendait bien à ce passage de fin. Les problématiques du livre ont été refermées ? Je ne vois toujours pas en quoi le Premier Conte aurait une place dans la thèse de Marie. Les évènements d’Isbonna sont en marche. Une première étape est franchie, sans retour en arrière possible. Normalement, si le lecteur réagit comme moi, il ne doit connaître qu’une hâte : savoir quand le tome 2 sera édité. Alors, c’est pour quand ?
AU TOTAL ? Un avis réellement favorable. On écrit où pour un exemplaire dédicacé ? Personnellement, si l’auteur pouvait un peu atténuer ce qui me semble incohérent et revoir premières pages, je pense que cela serait magnifique ! Bonne chance.
Dernière édition par olivier.lusetti le Lun 2 Mai - 12:42, édité 5 fois |
|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET : Premier conte d’****** Tome 1 les deux frères. Dim 18 Avr - 17:48 | |
| Membre B (contre) LUSETTI OLIVIER PREMIER CONTE D’******** TOME 1 LES DEUX FRERES COMMENTAIRES
VOTRE VOTE critère (7) style (objectif : agréable et fluide)
1) Phrases tarabiscotées et vocabulaire compliqué.
Non ! absolument pas.
2) La tournure des phrases
L’auteur pour une partie du récit nous donne un point de vue interne (pensée intime du personnage) alors que l’histoire est clairement racontée dans un mode narratif neutre. Souvent le déséquilibre provient que l’auteur peine à se terminer dans son choix narratif qui nuit à l’immersion dans son récit et parfois à la cohérence. Mais cela est le fait qu’il y a deux histoires en une qui s’entremêlent. Page 280, l’auteur nous parle de Odette Petitefleur de la tribu des Collimiliaks qui se meurt. Cette tribu nomade attaque un convoi. Puis il délaisse cette action, pour, à la suite d’un saut de ligne, revenir grâce à un flash-back, dans le temps qui précède cette attaque pour nous donner des informations sur la mésentente qui règne entre les fils d’Odette Petitefleur. En procédant ainsi il casse de fait l’action précédemment amorcée. Comme souvent les repères temporels ne sont pas précisés, l’auteur refait revivre des scènes déjà jouées. Mais sous le point de vue d’un personnage différent. Ainsi, l’auteur remonte le temps pour essayer de remettre de l’ordre et d’apporter un semblant de chronologie. Exemple page 397 l’auteur décrit le roi Lotier quittant le mariage de Lavande pour effectuer le lien avec la page 358 déjà annoncée page 332. Tout cela crée de la confusion. Ainsi, ce n’est que page 397 que j’apprends que les actes de guérilla et de vendetta d’Agus durent depuis 2 saisons. Car la dernière fois que j’entendis parler d’Agus c’était lorsqu’il s’évadait de sa geôle avec l’aide de Nado page 253. Beaucoup de personnages, très peu de repères, nombreux flash-back, de trop rares transitions remplacées le plus souvent par un saut de ligne et un manque d’incises nuisent à la bonne lecture de l’ensemble. Ce roman à un manque de structure évident. Exemple : Page 456 : Kurian a audience auprès de Loupiz de Kroon. L’auteur focalise sur Loupiz sans décrire les lieux. La scène se termine par :
Extrait page 457 :
| Citation: | | « — J’aurais essayé, sourit le patriarche, tu peux te retirer. Je veillerai sur toi à ma façon, tandis que tu veilleras sur moi à la tienne. » |
L’auteur comme à son habitude saute une ligne en guise de transition. L’auteur fait se retirer Kurian et à ce moment, l’auteur nous dévoile — alors que le dialogue entre les deux (Loupiz et Kurian) s’étale pourtant sur deux pages —, que les deux protagonistes ne sont pas seuls, mais qu’ils étaient entourés de pleins de monde, changeant brutalement l’image de la scène que le lecteur pouvait avoir.
Extrait page 457 :
| Citation: | | « Lorsque Kurian fut parti, il se tourna vers les cinq grands maîtres qui l’assistaient en toutes occasions. Les autres quittèrent la pièce. Les cinq hommes se regroupèrent. Sans se concerter, ils entrèrent dans un autre niveau de conscience. » |
Page 470 l’auteur fait raconter par Seto dans le détail sa partie de Manants et Chevraliers qu’il joua avec le roi Lotier, alors que le lecteur l’a connaît déjà.
3) L'écriture
L’écriture de l’auteur est aisée et j’avoue que l’on ne souffre pas en le lisant. Mais ce texte possède un problème de narration, dans le sens que l’auteur dans le même chapitre ne cesse de sauter des lignes pour passer d’un personnage à l’autre parfois en décrivant la même scène, mais du point de vue d’un autre personnage, ou pour passer à un autre événement sans la moindre transition. Cette structure narrative donne souvent un aspect artificiel qui gâche toute véritable possibilité de création d’ambiance. L’écriture ne se défait pas d’un côté oral, par son manque de descriptions et d’incises. Il persiste un grand nombre de phrases mal construites par un manque d’attention de l’auteur. Page 241 : Extrait :
| Citation: | | « Un enquêteur royal arrivé le lendemain de la cérémonie étonnant prétendit mettre son nez partout. » |
Extrait p 313 : Il demeure dans ce texte des phrases d’une grande laideur, mais écrites dans un français correct :
| Citation: | | « Kurian et Ambrélébore, qui en apparence semblaient, comme tout un chacun, s’intéresser au spectacle magique donné sur le lac, étaient en réalité deux feuilles arrachées par la passion aux troncs lisses de vies réglées d’avance. » |
4) L'orthographe et la construction grammaticale
L’auteur se mélange dans l’utilisation des temps. Dans cet extrait ci-dessous se mêlent pèle mêle : le présent, l’imparfait, le passé composé et le passé simple pour la même description d’un affrontement pourtant raconté au présent. Nous trouvons : 19 présents, mais aussi un imparfait, 2 passés composés, un passé simple. La concordance des temps n’est pas respectée.
Extrait p 71 :
| Citation: | | « Pourtant, au milieu des cris d'agonie, Oltamas rugit, encourage ses hommes, les rameute, les conduit à l'assaut. Becs et Serres ! Ne reculez pas ! Becs et Serres ! Plume Sanglante ! Il a dans la voix l'éclat des grands chefs et son enthousiasme enflamme le sang de ses soldats plus sûrement que le poison du ver n'embrase leurs vêtements et leur peau. Ils montent comme des vagues et le métal de leurs piques, de leurs lames, entame l'armure du Dragon. Oltamas tout à coup se dresse face à la bête, l'épée haute. Il défie le monstre et celui-ci répond en jetant sa gueule hérissée dans la bataille. Il a compris (P.C) que c'est de cet homme-là que vient le plus grand des dangers. Sans lui, la troupe aurait déjà quitté les lieux. Alors il se précipite contre lui pour l'attraper, le happer, le dévorer. Reçoit-il à ce moment un coup trop douloureux qui le distrait et modifie son mouvement ? Oltamas a-t-il esquivé (P.C) ? Un rayon lumineux l'aurait blessé, peut-être ? On ne sait pas très bien ce qui se passa (P.S) à ce moment précis, mais l'instant suivant, le dragon gisait (Imp), l'épée du Capitaine enfoncée en entier dans on œil gauche, jusque dans sa cervelle. » |
Ce trouble dans l’usage des temps pourrait provenir de la difficulté pour l’auteur de choisir : — s’il raconte l’histoire par l’intermédiaire de Le Goff. ou bien — s’il la fait vivre, en omettant toute intervention du conteur. Et cette valse d’hésitations persistera, hélas.
5) Volonté d'être compris par tous et sans choquer inutilement
Comme les protagonistes sont vraiment nombreux et les coupures dans le déroulement de l’action régulières, et les transitions brusques et les incises rares (l’auteur saute une ligne et on passe dans un même chapitre à un nouveau personnage), l’auteur gagnerait selon moi pour la clarté à rappeler qui est qui, de rajouter des incises nous donnant le nom et aussi la fonction de qui s’exprime. Les descriptions ne plantent presque jamais entièrement un décor, mais paraissent sous forme de détails au fur et à mesure que l’auteur écrit une scène. Souvent la vision d’ensemble d’un lieu manque, empêchant le lecteur de se faire une idée précise de l’endroit et de ce qui s’y trouve. Par exemple dans la scène de la strangulation conduisant à la mort d’Anton Felnac, par Malo (le mort vivant), l’on apprend que les gardes sont aussi des colosses, qu’ils sont armés de lances, mais que le bûcheron en est un lui même, alors que l’action se termine. Mais par contre, nous savons que le Chambellan a passé une courte nuit.
Le paragraphe sur la mort de la famille de Mallo est inutile. C’est un cliché et de plus violent pour rien. Comme si l’auteur voulait excuser la violence de ces personnages par celle des animaux, il les fera dévorer par des loups page 216 Extrait :
| Citation: | | « La famille de Malo fut chassée de la ville. Les plus âgés de ses rejetons étaient dans un état tel qu’ils pouvaient à peine marcher. Le soir venu, ils n’avaient parcouru qu’une demi-lieue sur la route d’Arésil. Epuisés, les membres suppurant de toutes leurs plaies, ils ne purent même pas faire de feu. Les loups les trouvèrent, attirés par l’odeur du sang. Ils les dévorèrent tous. Ces bêtes là ne laissent pas traîner de reliefs. Nul ne sut rien de leur horrible fin. » |
Ce passage est d’autant plus regrettable que Nardo découvrant la mort de son père devant témoin (les gardes) fera torturer tout le monde et plus particulièrement la famille de Malo (femmes et enfants) alors que les gardes savent que le corps de Malo, malgré leurs attaques ne saignait pas et donc que le phénomène est d’origine surnaturelle et que ce seul fait suffit à disculper la femme et les enfants du pauvre bûcheron.
6) Soutien du fond par la forme (travail et recherches sur les mots)
Oui ! l’auteur possède un vocabulaire certain, de plus très plaisant à lire et à découvrir.
7) Scènes juste décoratives (remplissage, détails, digressions hasardeuses)
Là c’est vraiment une question de point de vue. Soit, on aime le récit et alors les nombreux détails, la multitude de personnages et de légendes, ne sont plus anecdotiques. Soit, on ne rentre pas dans le récit et alors cette accumulation devient vite remplissage et digressions hasardeuses, tant il est vrai que la trame principale de l’histoire n’avance que fort peu. Car c’est souvent le problème de ceux qui écrivent dans l’idée de faire une trilogie dès l'abord de leur premier tome. Car ils en oublient très souvent de faire que leur premier ouvrage tienne debout tout seul. Si bien que l’on peut voir une foule de personnages secondaires et sans consistance dans le prime ouvrage, qui deviendront importants par la suite.
VOTRE VOTE critère (7) scénario (objectif : captivant)
1) L'immersion au début du récit J’avoue qu’après relecture, du prologue celui-ci ne me séduit toujours pas. Il faut admettre que si l’écriture est aisée, sans être éblouissante l’histoire que tu déroules n’est que peu entraînante et n’atteint pas en ce qui me concerne l’objectif souverain qui est de captiver. Et c’est bien là que le bât blesse. Les premières lignes peinent à créer une atmosphère et l’enfant que tu décris ne possède rien à ce stade qui pourrait m’attacher à lui. Car je ne connais rien de son histoire il n’a rien fait d’éclatant. Malgré une narration au présent, je ne ressens que peu ses sentiments. Ton point de vue omniscient donne des informations que j’enregistre, mais dont le registre résonne, peut-être à tort, d’une musique mainte fois entendue : dragon, nécromancie, pierre maléfique, magie noire, pouvoir des éléments. L’enfant ne manifeste que peu de surprises en entendant s’exprimer les pensées provenant de la pierre, la force nouvelle qui irrigue ses veines ne l’amène pas à se poser des questions. Il semble subir, sans rien remettre en doute. Tu nous affirmes qu’il a un ami, on veut bien te croire, mais tu ne nous en dis pas plus, sur ce quasi-frère, ni même ne dépeints le lien qui les unit. Comme l’enfant, sans broncher, on poursuit le déroulement de l’histoire. Et puis tu le fais grandir et les années passent vite sans rien nous faire connaître du monde où il vit. Tu aurais pu aussi bien nous le faire découvrir adulte, en se remémorant son passé et sa certitude d’être maudit par cette pierre, dont pour se défaire, il doit accroître sa connaissance des sombres arcannes, et se faisant augmenter ainsi la mainmise qu’elle détient sur lui. Ensuite, les voyages qu’il fait en esprit l’amènent à pénétrer des endroits décrits comme matériels et à subir des douleurs du même acabit. Tout ceci contribue à un grand manque d’immersion qui dessert grandement le début, mais cela je te l’avais déjà signalé sur le forum. Comme je constate que tu n’as pas tenu compte de mes remarques, tu ne t’étonneras pas que mon avis d’alors reste inchangé puisque le texte demeure identique. Le premier chapitre du manuscrit change complètement d’univers, la narration passe à la première personne “je” et parle d’une sociologue (Marie Charon) qui ne trouvera rien d’intéressant sur l’histoire du petit peuple, sujet de sa thèse, malgré internet et le fait qu’elle se trouve à Paris. Seule sa rencontre fortuite avec une cartomancienne (Natacha) l’aidera à taper à la bonne porte en la personne de Le Goff. Il est intéressant de constater que l’auteur utilise le présent dans son prologue et passe à la couleur du passé (imparfait et passé simple) pour nous faire vivre les aventures de la chercheuse. Personnellement, j’aurai préféré l’inverse ou bien de tout laisser au passé. Sinon page 32, l’auteur passe à un style indirect malgré l’utilisation du je qu’il emploie en décrivant l’histoire de cette sociologue : Extrait :
| Citation: | | « Je ressentis cette insistance comme une intrusion dans ma vie privée, je m’en souviens fort bien. Je ne vis cependant aucun moyen de ne pas répondre sans passer pour la pire des mal élevées. » |
Le « je m’en souviens » passe dans une histoire qui se raconte et bien moins dans une qui se vit. Page 46 nous trouverons encore une trace de discours indirect :
| Citation: | | « Ma vie bascula à cet instant précis. Si je pouvais revenir en arrière, reposerai-je cette question ? Je ne sais pas. » |
Ici va se jouer, je pense, le gros souci du roman qui en fait raconte deux histoires qui se chevauchent sans cesse. Celle d’Isboona monde imaginaire inventé par l’auteur et celle de Marie Charon sociologue contemporaine en recherche d’informations pour constituer sa thèse. En effet, on pénètre dans le monde d'Isboona par l’intermédiaire d’un livre qu’ouvre et que lit Le Goff à Marie. Et lorsque l’ouvrage se ferme, on retrouve Marie Charon et sa vie si peu passionnante se déroulant dans le domaine d’Arthur Le Goff. Alors si comme l’indique le titre du manuscrit de Mananan nous avions affaire à un conte, une suite de récit dans le style des mille et une nuits, nous ne serions pas trop gênés. Mais en fait de conte le récit n’en possède que le nom, la réalité est tout autre. Nous lisons une véritable épopée se déroulant devant nos yeux en temps réel. Et tout de suite ces va-et-vient incessants entre l’histoire d’Isbonna et de Marie Charon n’auront de cesse de se cannibaliser mutuellement. Tout cela conduira à un amoindrissement considérable de l’atmosphère et à l’immersion du récit.
2) Suspens et intérêt
Les rêves de Marie Charon et la relation nouvelle qu’elle entretient avec le fort en ruine (l’histoire dans l’histoire) ont su pour un temps créer un semblant d’intérêt pour tout aussi vite disparaître. Et hélas ! pour le lecteur la vie de Marie Charon qui est sans intérêt est très présente dans le roman. En ce qui me concerne, ce récit en est complètement dépourvu. Car l’auteur au lieu de faire vivre les scènes, il les raconte. Le lecteur, sait pratiquement d’avance ce qui va advenir. Ainsi, mais ce n’est qu’un exemple, on sait que Faun va tomber dans une embuscade orchestrée par Hugotin, commandité pour tuer Faun, car Melisse Petipas à tout entendu par un heureux hasard. Le hasard qui est si présent dans ce roman que je pense qu’il est un personnage à part entière. Hé bien malgré le fait que l’auteur en informant le lecteur de tous les événements à l’avance, à étouffé dans l’œuf tout suspens, il arrive aussi à tuer l’intérêt de la scène, car il la raconte au lieu de la faire vivre. Pour cela l’auteur saute une ligne, crée une ellipse temporelle et nous fait vivre la scène par Faun qui s’en souvient alors qu’une ligne auparavant il était sur le point de la vivre et d’invoquer les forces des ténèbres.
Extrait page 519.
| Citation: | « Faun s’assombrit à cette idée. Se préparant au pire, il couvrit la distance qui le séparait encore des premiers fourrés en invoquant des forces qu’il avait toujours espéré ne jamais convoquer. (saut de ligne) La nuit suivante, Faun fit d’atroces cauchemars. Il revoyait la scène par bribes ; » |
3) Vraisemblance et crédibilité de l'histoire Marie Charon est une sociologue, pourtant au contact de Le Goff elle perd aussitôt tout esprit de logique. Pourtant, la sociologie (Étude scientifique de ce qui se rapporte à la société humaine) n’en est pas dépourvue. L’objectif de Marie en venant chez Le Goff est assez clair page 37 :
Extrait :
| Citation: | « Non non, pas du tout. Je suis étudiante. - En quoi ? Sun avait pris la direction de mon interrogatoire semblait-il. - En socio. J'écris une thèse sur le petit peuple. » |
Mais page 50 tout change pour Marie Charon car elle accepte de ne rien divulguer de ce que Le Goff lui contera. Son objectif initial ne devient plus qu’écran de fumée.
Extrait :
| Citation: | « notez-le bien, ce ne sera pas un serment en l’air, j’insiste là-dessus – à le transmettre un jour à une personne, une seule. Alors ? Voulez-vous l’entendre ? Encore un moment clef. Il m'aurait suffi de dire non. La soirée se serait terminée à cet instant. Je serais repartie le lendemain, j’aurais sauté dans un avion, retrouvé la France. » |
Souvent dans ce manuscrit tout arrive par un bienheureux hasard. C’est le syndrome de l’auteur tout puissant ou celui du destin si vous préférez. Ainsi lors des préparatifs pour chasser le sanglier, Kurian et Faun croiseront par hasard le fils du roi des Felnac. Ils comprendront qu’il construit des barrages pour baisser le niveau de l’eau pour permettre à leur buffle de passer. Ils découvriront qu’il pense annexer le clan des Gortanac. Puis lorsque commencera la véritable chasse, la course après ce sanglier durera si longtemps, que comme par hasard ils rencontreront le peuple sylvestre.
Page 247 il est écrit : Extrait :
| Citation: | | « Le clan de Felnac fut flétri, son nom rayé du hall de la gloire, sa renommée condamnée à l’oubli. Ordre fut donné aux bardes de supprimer la moindre mention de ses hauts faits passés. » |
Alors comment se fait-il qu’on en connaisse l’existence ? Sauf à se dire que l’auteur fait une erreur, où bien de penser que le roi Lotier échouera à faire valoir sa volonté, et que donc le clan persistera et prospérera, car Le Goff, n’en raconte-t-il pas l’histoire ?
Page 279, on découvre Gotine une « femme » capable de se métamorphoser en ce qu’elle veut et d’acquérir ainsi les capacités de ce en quoi elle se transforme. Une mouche elle vole, bref un pouvoir à la puissance phénoménale. Bref, Gotine après avoir pris l’apparence d’une mouche, prend celle d’un guérisseur pour tuer la servante et prendre sa place (tout cela dans un style raconté et non vécu). Mais la servante est muette et sourde ! Qu'à cela ne tienne, l’auteur fait fi de cette invraisemblance en lui trouvant même un avantage :
Extrait :
| Citation: | | « Ce rôle de servante sourde-muette lui irait à la perfection. Elle n’aurait ni à parler, ni à entendre, et les tâches serviles ne la rebutaient pas. Ce qu’elle avait appris durant son enfance d’esclave lui restait en mémoire. Elle jouerait une domestique très crédible. Dès leur départ de Peshnickel, elle obéit aux ordres des deux religieux sans faillir. Ils exprimaient leurs demandes à grand renfort de signes corporels, mais dans cet espace confiné, ils se résumaient à peu de choses. Heureusement pour elle, ils accompagnaient ce langage visuel de mots, comme pour renforcer pour leur propre usage le sens de leur gestuelle par l’injonction vocale correspondante. Ainsi, petit à petit, elle enregistra ce nouveau vocabulaire, entrant de mieux en mieux dans son personnage. » |
Gatine, personnage surpuissant, s’il en est, décide de se compliquer la vie au lieu d’aller directement à l’essentiel. Mais il faut dire que s’il en allait autrement elle serait sans doute maître du monde.
Le pouvoir de Faun, capable de prendre possession d’un corps est tellement important que l’on se demande pourquoi il ne l’utilise pas dès le départ pour mener à bien toutes ses missions d’espionnage. Comment fonctionne-t-il ? L’âme de Faun quitte son corps pour prendre possession d’un autre corps. Cet acte aura comme effet immédiat de bannir dans les limbes, l’âme de la victime. Quant à la durée du sort, elle n’est que de quelques jours, car le corps se putréfiera rapidement. Mais ce qui est fabuleux avec ce sort c’est que cette possession donne accès à la mémoire du défunt. Alors que cliniquement le corps est considéré comme mort. Mais faisons fi de cela, car nous sommes dans un récit de fantasy.
Extrait page 375 :
| Citation: | | « Le bûcheron parti pour les chantiers du roi avait été happé par les limbes, mort pour toujours sans laisser de traces. » |
| Citation: | | « Il lui fallait se familiariser avec le métier tant que les connaissances du bûcheron étaient encore inscrites dans la mémoire de ce corps. » |
Ce pouvoir est donc incroyable avec un effet secondaire terrible ! Certes, mais pour qui ? Pour quelqu’un qui possède une morale, sans doute. Mais si la personne qui utilise ce pouvoir qui entraîne la mort de la victime de ce sortilège n’offre comme contrecoup à son utilisateur qu’une migraine due à sa conscience, avouons qu’entre les mains d’une personne inique, le contrecoup du sort est plutôt faiblard. Car Faun possède donc le pouvoir stupéfiant de tuer qui il veut, et d’avoir en plus accès à toute la mémoire du défunt. De ce fait, il pourrait tout aussi bien posséder un proche conseiller du Roi Lotier, et avoir ainsi accès à toutes les informations cachées. Fin du suspense ! D'ailleurs, l’auteur s’en rend compte.
Extrait page 382 :
| Citation: | | « L’écuyer savait beaucoup de choses. Il en aurait su davantage en prenant le corps du commandant lui-même, mais la méthode aurait manqué de prudence. » |
Mais peut-être que Faun est un moraliste qui s’ignore ? Mais, là nous découvrons une chose impensable, nous apprenons
Extrait Page 378 :
| Citation: | | « Faun en avait tiré d’autres conclusions, plus personnelles. Le bien, le mal, demeuraient pour lui des mots dénués de sens. Si tout était dans tout, on trouverait du mal dans le bien comme on trouverait du bien dans le mal. Dans ces conditions, il avait adopté comme seule attitude possible celle de la cohérence. Il y avait les gens qu’il aimait, il y avait les autres. La loyauté pour les siens, c’était de la cohérence. S’occuper de la vie ou de la mort des autres, ça n’était pas cohérent. Il ne concevait pas son attitude comme de la cruauté. Il était convaincu, comme la plupart des Isboonars d’ailleurs, qu’aux yeux du Grand Escargot vie et mort se valent. » |
Voilà tout est dit : Car si vie et mort se valent, le bien et le mal aussi, et ceux qui prêchent une telle ineptie sont des immoraux et comme tous les habitants d’Isboona partagent cet avis… tous le monde devient un assassin en puissance et on peut s’interroger sur la capacité de ce peuple à survivre et à se socialiser avec un tel point de vue, pour lequel la vie et la mort se valent ! Là sur le coup Marie Charon en tant que sociologue aurait du bondir. Mais non… Pourquoi le ferait-elle ? Puisque son personnage n’est qu’un faire-valoir depuis le début pour découvrir Isboona ?
Les soldats de Lotier enrôlent de force des bûcherons en les faisant boire (tel roi, tels sujets) pour profiter de leur ivresse afin de les faire signer d’une croix un engagement dans l’armée. Voilà une invraisemblance de plus dans ce monde sans règles. Tant il est vrai qu’une croix en guise de signature est facilement reconnaissable d’une autre. Vu que tous ces agissements ne réveillent aucun contre-pouvoir, je ne peux qu’en déduire que ce monde est régi par une souveraineté absolue. Lotier est donc bien un roi ayant tout pouvoir. Car s’il veut augmenter son armée, il n’a qu’à demander à ses hommes de faire signer de force toutes les personnes éméchées se trouvant dans un lieu servant de débit de boisson. Les objectifs de Lotier sont clairs et connus du lecteur depuis longtemps :
Extrait Page 390 :
| Citation: | | « Il communiqua les ordres du roi Lotier pour les prochaines huitaines. Pas question de leur dire clairement qu’on préparait l’invasion des quatre autres royaumes. » |
Savigore reconnaissant par l’odeur d’un corps putréfié, l’œuvre de la nécromancie, en fait, Faun dans le corps du serviteur du commandant Mino Calamente, ordonne qu’il soit arrêté. Mais celui-ci s’enfuit. Au sortir du bâtiment Savigore fera arrêter dix hommes circulant seul. Et malgré le fait qu’il ne sentira sur eux aucune trace d’une odeur de putréfaction, il les fera pourtant tous exécuter. C’est absurde de cruauté gratuite, surtout qu’il sait que le nécromant a pris possession du corps du serviteur du commandant, et qu’il savait donc qui il devait rechercher.
Extrait P 387 :
| Citation: | « En se retournant, il vit l’écuyer du commandant sortir. - Arrêtez-le ! Amenez-moi cet homme mort ou vif ! Vite ! » |
Donc Faun arrive à s’enfuir, mais au lieu de réintégrer son corps, alors que sa mission est accomplie, il se cherche un nouveau véhicule humain :
Extrait P 421 :
| Citation: | | « Plein de regrets pour ce qui avait pu arriver au corps du jeune écuyer, il laissa celui de son dernier véhicule humain sur un lit de fougère. Son esprit s’envola, cherchant un voyageur isolé. Comme s'il planait à haute altitude, il percevait les personnalités comme de minuscules proies inconscientes de sa présence et cette perception l'amenait à perdre un peu de son humanité. » |
Il décide alors de prendre possession du corps de Brindelle Delapente, une femme (sans que cela ne le gêne nullement) et voleuse de profession. À la suite de cela, Faun devient l’inspecteur Colombo en découvrant par hasard des traces de chevaux :
Extrait Page 422 :
| Citation: | | « Faun put sortir des bois sans péripéties. Sous sa nouvelle apparence, il rejoignit la route où les traces d’une seule monture, récentes, se remarquaient aisément sur le chemin poussiéreux. » |
Nous avons donc la réponse sur le pourquoi qui fait que Faun ne réintègre pas directement son enveloppe corporelle, car s’il avait fait, il n’aurait pas suivi ces traces qui l’amèneront à un « nexus » magique, qui permet de se téléporter d’un endroit à un autre. Plus tard p 425, Faun le chanceux trouvera un lourd codex de parchemins, lui permettant d’accéder à tous les « nexus » dont l’utilisation nécessitait la connaissance d’un code.
On apprend page 434 que rien n’empêchait Faun de réintégrer son corps directement en abandonnant celui qu’il possédait par sa magie noire. Rien sauf l’auteur dont le récit est cousu de fils blancs.
Extrait :
| Citation: | | « L’esprit de Faun réintégra son enveloppe brutalement sous le contrecoup de son expulsion du corps sans vie de Clavine Closule. Il avait ressenti le choc sur la vertèbre, puis plus rien, pendant un temps infiniment court, avant de se retrouver lui-même sur son lit, frappé par une sorte de vertige. Il eut un violent haut-le-cœur qui le laissa prostré un instant. Il éprouvait une souffrance physique due à la nausée, ainsi qu’une douleur de l’âme, qui lui faisait encore plus mal. Il avait détesté la tuer, cette femme. » |
Trop de choses arrivent par un effet du hasard. Pour moi beaucoup est dit et résume bien mon avis avec ces mots sortis du baladin-espion de Seto. Extrait Page 481 :
| Citation: | | « -Parfait, nous sommes pile-poil au bon endroit au bon moment, acquiesça Igodor, » |
Nouveau coup du sort ! Baldric (sylvestre torturant des animaux) le cousin pervers d’Ambrélébore (vouant à sa cousine un amour possessif), pourtant chassé pour son inconduite envers elle lors du mariage de Lavande, par le propre père d’Ambrélédore, se retrouve pourtant et à la fois chargé de l’escorter, mais aussi de veiller à la sécurité du monastère ou elle séjourne et où elle doit retourner.
4) Alternance des formes : actions et dialogues (pas de longueur)
L’auteur alterne, mais son problème de structure narrative l’amène à refaire revivre la même scène mais sous un angle différent. Ainsi dans le chapitre fiançailles, Kurian apprend l’arrivée de Niset sa fiancée. Et ensuite l’auteur saute une ligne et par un retour en arrière, il nous conte les préparatifs et la décision qui conditionnèrent sa venue. Il aurait tout aussi bien pu nous parler de Niset, et ensuite nous la faire parvenir chez Kuria.
La chronologie des événements est peu précise et amène une sensation de longueur, car l’effet de surprise est si rare, qu’il en est absent.
Pas ou peu de transitions d’un passage à l’autre. Si cela peut donner un certain effet oral à l’écrit, hélas ! il affadit l’ensemble par un manque de concision, car l’écriture est univoque à l’inverse de la parole. Le souci dans la structure de ce texte est le manque de transitions, on passe d’un endroit à un autre, d’une scène à l’autre, d’une situation à une autre sans vraiment savoir comment. Par exemple, juste au moment où Nardo libère Agus, l’auteur se contente de sauter une ligne et la scène suivante ouvre sur le roi Lotier qui mande Savigore. En fait, l’auteur saute les lignes pour éviter les transitions explicatives.
Entre les pages entourant la 306, l’auteur décrit une cérémonie dont le but est de rejouer la rencontre qui eut lieu entre Lirette d’Oltamac et Inigo, cinq cents ans auparavant avec moult détails, tout en essayant de nous faire croire que les préparatifs de guerre sont vrais et non factices. En ce qui me concerne, j’ai trouvé toutes ces informations d’une remarquable inutilité. Pourquoi ? Tout simplement parce que comme je ne connais pas ce nouveau personnage au nom de Lavande qui de surcroît (tant mieux pour elle) va se marier et que le récit peine à m’emporter, tout ce qui m’éloigne de la trame principale me fait l’effet d’une désagréable digression. Des digressions très nombreuses cassent souvent le rythme. Page 245 une simple question sur l’origine de la hache de Feln déclenchera deux pages d’informations sur l’objet. Alors que l’information principale tient une phrase :
Extrait :
| Citation: | | « La Hache de Feln deviendrait le symbole de cet accord. » |
5) Coups de théâtre, péripéties.
Oui il se passe beaucoup de choses, les événements sont nombreux. Même si la trame principale n’en avance que peu.
6) À 1/3 du récit votre envie de continuer la lecture
Les interventions du conteur Le Goff et de Marie cassent le rythme de l’histoire, et plombent l’ambiance. Me concernant, le roman jusqu’à la page 82 peine toujours à marquer mon intérêt. L’atmosphère du récit est totalement absente. Et si l’écriture est aisée, elle n’interpelle pas suffisamment par sa qualité pour faire oublier que pour le moment il ne se passe pas grand-chose. Je tourne les pages comme je feuillète un magazine en attendant de tomber sur un bon article. Cette histoire de ce peuple haut de soixante centimètres chevauchant des chèvres et chassant l’écureuil me laisse perplexe dans leur capacité à survivre. Car à l’exception de la taille de cette ethnie, tout dans le monde animalier de Isboona, est comparable à celle de notre propre univers. D’où ma perplexité sur la capacité de ce peuple à survivre face aux prédateurs qui peuplent une forêt moyenâgeuse : loups, sangliers, chats sauvages et j’en passe. À la page 120, je dirai que si la lecture de l’ouvrage est aisée, celui de lui trouver de l’intérêt à la lire ne l’est pas, car rien ne se passe de vraiment entraînant. L’écriture de ne me fascine pas, les descriptions sont quasi absentes, les personnages ne sont pas attachants et l’intérêt la curiosité, la dynamique, les ressorts sont absents. À ce niveau de l’histoire en sachant qu’il en reste encore 455 pages à découvrir, il est nécessaire d’aimer lire tout court pour continuer sa lecture. Mais pour quelles raisons ? Les principales sont : Un prologue non vivant. La vie de Marie qui ne suscite rien Et le début d’un conte (d’un récit) qui peine à commencer. Un cadre narratif en recherche d’équilibre. À ce niveau je me dis que l’auteur aurait gagné à faire débuter son roman directement avec Marie écoutant Le Goff narrer. Je ne suis pas partisan des écrits qui n’entraînent pas immédiatement. Et 120 pages de lecture ne sont plus un commencement. La plupart des romans tournent entre 250 et 400 pages. Et là, je me dis que j’ai donc encore tout un roman à lire. De plus si l’écriture est aisée, elle n’est ni agréable, ni belle, ni ciselée, elle est correcte. Le style ne servira donc pas de passeport à l’ennui. Déjà l’auteur risque de perdre tour lecteur cherchant l’immersion rapide, à moins que le sujet intéresse le lecteur ou bien qu’il le connaisse, dans ce cas l’auteur gagne son permis de continuer. Trente pages plus loin, l’écrivain nous parle de créatures mythologiques (licorne, aigle) qui auraient donné aux habitants d’Isboona leurs capacités. Certes, pourquoi pas ? Mais cette digression, car pour moi s’en est une, à moins de considérer que tout ce qui vient d’Isboona, est un sujet primordial, nous éloigne du propos principal. Ce tableau qui peine tant à se dessiner, mais qui paraît enfin avec les personnages de Kurian et de Faun, celle des deux frères de lait. Cette digression éloigne le lecteur du tableau pour nous parler encore du cadre. Et j’avoue que comme l’histoire peine à pointer le bout de son museau, tout éloignement de sa piste conduisant à sa tanière, qui pourrait chasser mon ennui, a tendance à m’exaspérer. Enfin ! heureusement, le chapitre XII Magie noire, page 155 apparaît comme par enchantement et malgré le fait que la reconstitution de tout un cadavre à partir d’un peu de sang et de quelques osselets fait un peu grandiloquent ; ce passage — avec ce bûcheron mort — est motivant et intéressant.
7) Au 2/3 du récit votre envie de poursuivre votre lecture
Hélas non ! et nous sommes pourtant à plus de 383 pages de lecture. D’où l’intérêt de faire des romans plus courts, de faire la chasse à la graisse pour ne garder que le muscle. D’arrêter de penser trilogie, mais roman unique. De se dire qu’un roman intéressant faisant entre 250 et 400 pages (taille de la plupart des romans) est bien préférable qu’à un tome de 575 pages, qui trouverait sa raison d’être que dans une suite. Ce roman ne crée pas d’ambiance et ne surprend jamais. Ainsi, il m’aura fallu atteindre la page 492 lorsque Baldric meurt sous les coups de sa cousine, pour que l’auteur me surprenne pour la toute première fois. On découvre que Baldric n’est pas mort. Il revient à la vie, il possède des pouvoirs magiques. Le rythme est bon, le passage prenant, un véritable retournement de situation. Baldric tient sa cousine sous son pouvoir, la clouant sur le mur, il s’apprête même à la violer. Et patatras, tout s’arrête, car on frappe à la porte de la cellule. La cousine est sauvée in extremis par la venue d’un prêtre venant apporter des informations. Le côté dramatique disparaît. Baldric décide de reporter sa haine sur Kurian. Et la vie reprend son cours comme si rien n’était arrivé.
Extrait P 496 :
| Citation: | | « Baldric, un sourire vicieux sur les lèvres, entra sans frapper dans la cellule de sa cousine. Sa folie était retombée, son envie de meurtre disparue. Il avait décidé de se venger doucement, de faire durer le plaisir. Il la massacrerait plus tard, lorsque le bâtard serait né, qu'elle en aurait bu toute la honte. » |
Enfin presque, car Ambrélébore réagira en donnant pour mission à son animal familier Pilul de faire courir le bruit que Baldric est un vilain personnage.
Extrait page 495 :
| Citation: | | "Pilul était revenue de sa mission auprès des animaux. Le bruit circulait maintenant parmi eux de la présence de Baldric, un homme mauvais dont il fallait se méfier." |
VOTRE VOTE critère (5) personnage (objectif : attachant)
1) Personnages attachants, charismatiques, émouvants
Le retour vers la page 113, d’une narration à la première personne (je) lorsque Marie quitte Le Goff, qui cesse de raconter l’histoire et lui propose de poursuivre le lendemain soir, ne me convient que peu. Et même je la trouve déroutante tant cette Marie m’indiffère et que rien n’est fait pour je puisse m’y intéresser et donc m’identifier à elle, vu que j’ignore tout d’elle. La vie de Marie dans la propriété de Le Goff ressemble à une très grande digression avec moult détails sur les petits riens qui font que la vie est parfois bien plate (se laver, nager, manger, faire du vélo). Marie Charon est de plus assez ignare sur des sujets aussi simples que l’origine d’Halloween. J’avoue qu’au sortir du récit sur Isboona c’est dur de café. Même lorsqu’elle trouve un fort en ruines (page 119) dans le domaine de Le Goff qui pourrait relancer l’intérêt, elle craque sur le garde-chasse comme une gamine, alors que Marie a quand même 25 ans.
Extrait :
| Citation: | | « Il émanait de lui une énergie fascinante. Je pensai que ce gars ne dépareillait pas avec les bêtes de la forêt. Il ne devait pas raffoler de ses frères humains. Il possédait en lui cette sauvagerie qu’on trouverait chez un ermite, un homme des bois, ou un enfant perdu sauvé par les loups. Il dégageait une force un peu effrayante. Pourtant, je me sentais tranquille, nullement en danger. Il ne semblait pas agressif. Je me présentai. » |
Et deux lignes plus bas, tout est dit :
Extrait :
| Citation: | | « Cette question n'était pas, et de loin la seule qui m’intéressait, mais je voulais savoir de quoi il s'agissait et mes autres questions relevaient d'un domaine plus… personnel » |
Marie Charon a de plus d’étranges réactions que je qualifierai d’enfantine, comme celle de pleurer sans raison alors qu’elle récolte des informations pour sa thèse :
Extrait page 371 :
| Citation: | | « Il m'installa à ma place et s'absenta le temps de ramener une soupière. Ça sentait merveilleusement bon, comme la soupe aux poireaux et pomme de terre de ma grand-mère. La nostalgie me saisit et, ajoutée aux émotions de la journée, me fit éclater en sanglots. » |
Mais je crois que le personnage de Marie se définit lui-même par cette phrase.
Extrait page 372 :
| Citation: | | « - Ah monsieur Le Goff, votre potage... J'ai dix ans à nouveau, rien qu'en le respirant. » |
Lorsqu’on pense que Marie Charon est présente pendant tout le roman, ne pas l’apprécier est donc un sérieux handicap, pour celui-ci. C’est comme Le Goff, personnage sans saveur, sauf à apprécier son talent de conteur et de maître cuisinier.
Gotine est un personnage aberrant avec son pouvoir de se transformer en tout ce qu’elle veut et même en mouche. Sans faire la fine mouche, ce personnage me coupe les ailes, surtout lorsqu’on parle des dangers qu’elle peut rencontrer, coups de queue de bovins et menace de toile d’araignée.
Les répliques de Kurian épris d’amour pour la prêtresse combattante Ambrélébore semblent sorties d’une mauvaise tragédie, heureusement que Faun le tempère de ses remarques qui auraient pu être drôles.
Extrait :
| Citation: | « Ah ! Ne remue pas le couteau dans la plaie, geint Kuria, je ne comprends pas ce qui m’arrive, Faun. Non, mais, que ne faut-il pas entendre ! Par la Volute, ne me dis pas que tu irais trahir ton engagement pour une Sylvestre aperçue un soir de fête, si ? Hélas, un sort d'amour m'envoûte. Je la trouve… Elle m'émeut… Faun, je suis éperdu. Présente nous, je t’en supplie. - Hors de question, essaya de rigoler Faun, je t'apporte de ce pas un seau d’eau froide puis je t'enfermerai pour les jours à venir. - Faun, je meurs si je ne lui parle pas dès maintenant, dit alors Kurian sur un ton lamentable. -Fol comme un follet, on a bien raison de le dire. De toute façon, tu ne peux rien espérer d'elle. - Elle est mariée ? - Pire. - Pire ? Mais rien ne peut être pire ! - Il s'agit d'une prêtresse combattante, Kurian. Tes aspirations sont sans perspective. - Laisse-moi me jeter dans le lac... » |
Sachant que Kurian en tant que fils du roi, est depuis son plus jeune âge promis à Niset d’Oltivyac pour la consolidation de son clan. Et que de plus il n’est pas indifférent à celle-ci. Et que Niset lors de sa visite fit tout pour lui plaire, car elle désire qu’il la désire. J’avoue que d’entendre Kurian vouloir se noyer pour les beaux yeux d’une inconnue, sans même essayer de se défaire de cette nouvelle attirance si soudaine, ne peut que me faire penser que ce personnage est d’une grande incongruité.
Faun ne m’intéresse pas, car il n’a pas d’âme. C’est un personnage creux et sans tension morale. Mais qu’importe ce que j’en pense puisque l’auteur par la bouche de Marie est elle en totale adoration ? En effet l’auteur s’autocongratule, sur ce personnage, ce qui est somme toute assez rare.
Extrait page 533 :
| Citation: | | « Isboona me marquait de son empreinte et je me mettais à craindre des assassins dans les recoins. Même Faun parvenait à m'inquiéter. Je lui vouais cependant une véritable adoration. Son ambivalence, probablement, lui valait ce traitement de faveur. Du temps de mes grands-parents, le public d'auditeurs, ou les lecteurs, auraient sans doute préféré Kurian, héros sans peur et sans reproche, blanc comme neige si on exceptait sa conduite vis-à-vis de sa fiancée que les circonstances de la passion foudroyante contribuaient à pardonner. Mais Faun… Il avait ce côté samouraï dévoué à son clan et à son maître, prêt à tous les sacrifices, y compris celui, ultime, de son âme, pour servir. Et ceux auxquels ils consentaient, ce n'était pas n'importe quoi. Il pratiquait la magie noire, à regret, en pleurant même. Il tuait des gens, parfois des innocents, son devoir passant avant ses remords. J'éprouvais de la compassion pour lui. S'il avait réellement existé, j'aurais pu tomber amoureuse de ce sorcier. » |
2) Adversités servant une logique (découvrir le monde, initier le héros).
En règle générale, oui !
3) Comportement (des gens, des choses) rationnel à défaut d'être logique.
Baliano (p184) semble bien méconnaître le roi Lotier, mais après tout connaît-on réellement quelqu’un ? Mais je ne pense pas que cela puisse être le cas des dénonciations sans preuve pouvant entacher la réputation d’un chef de clan et des conséquences qu’elles peuvent engendrer. Dans ce chapitre je déplore le manque d’intelligence de Baliano. J’aimerais aussi avoir une vision claire de la géopolitique de ce monde. Car le roi étant déjà souverain, celui-ci ourdi pourtant des plans de conquêtes sur des clans lui vouant pourtant allégeance.
Pourquoi enfermer Faun dans les geôles ? J’avoue ne pas comprendre son emprisonnement, ni la logique conduisant à celui-ci. Si c’est sur un ordre du roi, comment sait-il sa présence ?
Les soldats de Lotier pénètrent les terres et violentent les gens du clan d’Agus dont le père vient juste d’être assassiné. L’opposition est inexistante, face à un tel traitement. Je ne trouve pas cela logique dans le fait que tout se déroule dans une violence sans conscience, alors que dans un même temps un enquêteur est dépêché pour découvrir la vérité.
Extrait page 244 :
| Citation: | | « Chacun se comportait comme en terrain conquis, pillant littéralement la cité sans vergogne, laissant pour paiement des parchemins de réquisition dont nul ne pensait qu’ils vaudraient un jour le moindre coquillage. » |
Page 291 Gotine qui peut prendre l’apparence de ce qu’elle veut, au lieu de s’enfuir, en prenant la forme d’un oiseau par exemple, ou bien d’un sanglier, se laisse emprisonner et préfère modifier sa structure génétique pour rendre inoffensif le poison que les Collinominiaks pour se venger lui ingèrent.
Vers la page 300, Le Goff est victime d’un malaise, il demande à Marie d’aller lui chercher un remède préparé par un habitant dans les bois de son domaine. Marie prend le guérisseur d’abord pour un tas d’immondices.
Extrait :
| Citation: | « - Wo ? wadayawan' ? Je sursautais. Ça ressemblait tellement à du langage articulé. J'avais imaginé une seconde que l'amas de chiffons m'avait parlé. Un animal se tapissait peut-être là-dedans. Je n'étais pas rassuré du tout. De nouveau, le son jaillit du même endroit. - Wo ? Wadayawan' ? Izlegofsenin'ya ? Oh mon Dieu ! C'était un être humain. Il s'adressait à moi. Le tas était habité par une personne. Il s'agissait sans doute de l'habitant de cette misérable masure. Il puait comme un animal sauvage et s'exprimait à peine mieux. Je m'interrogeais sérieusement sur mon écrivain, tout à coup. Quel singulier locataire, et quelles affreuses conditions de vie. Je décidais de ne pas m'enfuir et de poser mes questions. - Bonjour. Je suis française. Je suis invitée par Arthus Le Goff. Je suis venue cette nuit pour la médecine. Vous me reconnaissez ? J'essayais de faire simple pour le vocabulaire. Cette… chose semblait s'exprimer d'une manière très sommaire. - Oh ! Une Française ! Enchantée mademoiselle, me répondit la créature dans ma propre langue et sans la moindre faute d'accent. Décidément, les surprises se succédaient. - Vous parlez français ? m'étonnai-je, génial ! Vous êtes de France ? - Moi ? Oh non pas du tout, poursuivit-il. Il ne me dit pourtant pas sa nationalité et je n'osais la lui demander. Je me contentais donc de l'imaginer Irlandais. » |
C’est frappant d’incohérence, car lorsque l’auteur nous parle de Marie, nous sommes dans un univers réel, et l’étrangeté de l’individu médecin, ne la choque pas plus que ça. Marie ne possède pas de sens critique. Juste après cet intermède, qui est juste là pour dire que Le Goff prend un remède des mains d’un individu que l’on sait particulier, mais qui n’est pas décrit. L’auteur, nous propose à nous lecteur de retourner dans Isboona, sans pousser plus loin notre découverte de ce si étrange personnage. Alors là nous assistons, je pense, à un massacre en règle du rythme de l’histoire. On sort d’Isboona, pour découvrir cet étrange personnage, puis on l’abandonne, pour retrouver l’univers d’Isboona mais non là où on l’avait laissé, mais pour découvrir un énième personnage que l’on ne connaît que peu, celui de Lavande qui va se marier.
Autant je comprends les conséquences fâcheuses qui résulteront de l’abandon des vœux de Kurian envers Niset, autant je ne comprends pas l’état de surexcitation de Faun en voyant Kurian s’amouracher de la prêtresse sylvestre. Si le résultat de cet amour devait engendrer des répercussions catastrophiques, j’avoue les ignorer. Et cette information n’est nulle part. Si cela avait été au moins présent dans le prologue, je lui aurais sans doute trouvé plus d’intérêt, mais ce n’est pas le cas. Car sauver Kurian est l’objectif qui décida Faun à pratiquer la magie noire sous l’emprise de cette pierre noire ! Pierre noire qui entre parenthèses ne jouera aucun rôle important dans tout le récit par la suite. Voilà une erreur qui montre toute l’insuffisance de ce prologue et sa totale inutilité. Rappelons-nous que dans le prologue Faun découvre une pierre noire maudite, apprenant la magie noire. Que Faun accepte d’arpenter ce chemin tortueux pour acquérir des pouvoirs qui lui permettront de sauver son frère. Qu’en agissant ainsi Faun court le danger d’être possédé par cette pierre. Et au final dans ce récit que voyons-nous ? La pierre n’est qu’un objet totalement maîtrisé, qui continue d’enseigner et Faun, continue d’ignorer la nature exacte du danger que court Kurian.
Extrait : Page 313
| Citation: | | « Le moment où le destin frappait survenait enfin. Il devait protéger Kurian. Ils se trouvaient à la croisée des chemins. Soit il parvenait à empêcher ces deux-là de se rencontrer, soit le pire arrivait. Ses idées étaient brouillées, mais il importait de réagir vite. Par une sombre ironie du sort, il avait accepté le marché de la roche noire pour posséder assez de pouvoir magique en vue de ce jour là. » |
Extrait : Page 8/9
| Citation: | « Un jour, elle déclare : – Je dois te confier un secret. – Un autre ? Il repense à la fois où elle lui a fait jurer de se taire sur ses capacités magiques. Il a tenu serment depuis et n'a jamais rien dit à personne. – Oui. Ça concerne ton meilleur ami. Même à ce quasi-frère, il n'a jamais parlé de rien. Il est surpris que ce nouveau secret se rapporte à lui. Ça l'inquiète un peu. – De quoi s'agit-il ? – Du futur. Ce jeune homme connaîtra un destin fatal. – Il va mourir ? – Vous autres, les humains, vous finissez tous un jour par trépasser. – Alors quoi ? – Il provoquera beaucoup de malheurs. Beaucoup de gens en seront victimes. Il en sera de même pour lui aussi, à la fin. Il quittera ce monde dans d'atroces souffrances et ça te brisera le cœur. Le garçon souffre à cette idée. La pierre souffre aussi, il le sent bien. Elle compatit à sa tristesse, à son malheur futur. Elle peut sûrement l'aider. Il doit lui demander. – Puis-je l'empêcher ? – Dans l'absolu, la chose se peut. Je doute pourtant que tu y parviennes. A-t-il perçu comme un vague mépris ? – Et pourquoi pas ? – Tu n'es pas assez fort. Tes connaissances sont très insuffisantes. – Apprenez-moi. – Je ne pense pas que tu y arriveras. Il perçoit bien qu'elle aimerait l'aider, mais il est si faible. Il souffre tellement dans le marais puant où elle l'entraîne parfois pour y quérir des sorts. Il va lui montrer. – Je vous suivrai dans les pires endroits, je serai concentré, j'écouterai, j'étudierai, j'obéirai… – Tu obéiras ? Si tu dis vrai, peut-être trouveras-tu la force. Je vais t'enseigner, mais prépare-toi à de grandes souffrances. Il ne répond pas que pour son ami, il subirait même la mort. » |
De plus, lorsque Kurian avouera tout à son père, celui-ci, à part lui raconter sa propre infidélité envers sa mère, du fait d’un ensorcellement, et lui apprendre que Faun est son demi-frère, n’entre dans aucune colère noire. Baliano en fait ne lui en voudra pas plus que cela, sauf à lui donner une affectation dans un monastère sur l’île pieuse pour qu’il puisse retrouver ses esprits et ne pas renoncer à son mariage avec Niset Toujours, au même moment (celui de Kurian subissant son attirance envers la prêtresse) Faun, refusant d’utiliser ses pouvoirs, décide d’aller requérir l’aide de Hugotin Millefeuille afin qu’il procède à l’enlèvement de Kurian. Mais par un autre coup du sort, il sera assommé par les hommes de Hugotin qui s’apprêtent à commettre un larcin. Ainsi, Faun assommé ne pourra empêcher le destin de tisser ses liens d’amour entre Kurian et Ambrélébore. Et le sort frappe de nouveau ! La vierge prêtresse ressent un amour réciproque envers Kurian. Aucun n’essaye de lutter contre la soudaineté de l’attirance. De la part d’une prêtresse, j’avoue que ce manque de combativité me surprend totalement ! Mais ce n’est pas fini, les deux tourtereaux se donnent l’un à l’autre dans la même nuit de leur rencontre et paf ! le lendemain la prêtresse sait qu’elle est enceinte ! Nous sommes dans un AGV : Amour Grande Vitesse.
Je fais juste souligner que les Isboonars possèdent la faculté de connaître l’heure par les picotements de leurs phalanges.
La rencontre de Kurian en recherche de Vanadjin’s avec la naïade est assez curieuse tant j’ai de mal à croire à la réaction de l’un et de l’autre. Le fait qu’après l’avoir reluquée, Kurian décide tout de go de cacher les vêtements de cette femme qui se baigne nue dans le lac est une réaction infantile. La réaction de Kurian tirant sa dague — dos à cette femme nue qui s’habille — parce qu’elle lui crie son propre nom me semble inappropriée. La scène dans la grotte est tout aussi bancale du fait que la fille ne bouge pas d’un poil, alors qu’elle est attaquée. Mais nous atteignons un sommet d’invraisemblance lorsque la jeune fille – qui s’avère être une licorne — explique à Kurian comment pratiquer une transfusion sanguine à l’aide d’une tige creuse de plante.
Extrait page 351 :
| Citation: | | « Ils étaient allongés, côte à côte. Elle lui avait indiqué comment nettoyer la tige creuse d'une plante en soufflant dedans. Suivant ses indications, il avait taillé les extrémités en pointe. Il s’était fiché l’une d’elles dans une artère du bras gauche, tandis que l’autre était plantée dans une veine du bras droit de la demoiselle. Par cette méthode – avait-elle expliqué –, il lui transfuserait une partie de son fluide vital, lui permettant ainsi de recouvrer la santé. » |
Le jeu auquel se prête le roi Lotier avec un Seto saoul au cours d’une partie de Manants et chévraliers (dont j’ignore les règles) dont l’enjeu n’est autre que la perte de l’héritage de Seto au profit du roi si celui-ci gagne me semble d’une grande invraisemblance. Surtout que le roi perdant la partie ne payera pas sa dette. De plus, tout cela ne sert à rien sauf à montrer que ce roi est déjà tout puissant et qu’il peut faire presque tout ce qu’il veut. Car parier et perdre au jeu et ne pas honorer sa dette, c’est quand même faire ce que l’on veut ! Surtout, que si le roi Lotier avait gagné il aurait pu obliger son débiteur à le payer immédiatement ! Lotier devrait donc mettre à profit son avantage en organisant des parties de ce jeu à travers tout le royaume, tout en saoulant ses adversaires et en pariant leurs terres. Puisque lui ne donnera pas les siennes même s’il perd. D'ailleurs, l’oncle de Seto ne montre-t-il pas ces propos que le roi Lotier est un despote :
Extrait page 367 :
| Citation: | | « – Bien sûr que oui. Avec ta réputation, Lotier a beau jeu d’essayer de te faire déshériter. Il a échoué cette fois-ci, mais à ma mort, il convoquera le conseil. Ce qu’il n’a pu obtenir par la ruse, il le fera voter sans peine par ces vils lécheurs de semelles. Tu dois changer de comportement mon garçon. » |
Page 508 la manière dont Savigore déduit qu’une personne autre que Clavine a dormis dans le lit tient d’un maître enquêteur. Je synthétise donc ainsi : « OK pas de traces corporelles dans les draps, donc rien pour déduire quoi que ce soit, mais comme les draps du lit sont mal pliés c’est, pour sûr qu’un nécromant a dormi ici et donc que le coupable est (abracadabra)… : Faun ! (applaudissements) » alors qu’il n’a rien pour étayer sa thèse. Mais qu’importe que son raisonnement soit si tiré par les cheveux, car :
Page 510 extrait :
| Citation: | | « Son rapport informait le chef du Conseil Rouge que leur contact d’Arésil avait peut-être été assassiné par le nécromancien responsable du meurtre d’Anton de Felnac. Il ajoutait que cette personne l’avait peut-être repéré et suivi, lui, Savigore, qu’elle avait peut-être découvert son réseau de nexus. Il conclut qu’il s’agissait très probablement de Faun Cardamine, actuellement en route vers les Terres Interdites en compagnie de Kurian d’Oltamac, son demi-frère. Ça faisait beaucoup de « peut-être », mais le Conseil Rouge ne s’embarrasserait pas de scrupules. À leurs yeux, un innocent mort valait mieux qu’un ennemi en liberté. Si Savigore s'était trompé, c’était dommage pour Faun. En attendant, son sort était scellé. » |
4) Évolution de la psyché des personnages au fur et à mesure de l'histoire
Non ! vraiment pas.
5) Identification du lecteur avec le ou les (anti) héros
Absolument pas.
VOTRE VOTE critère (6) originalité des idées (objectif : être original)
1) Le dépaysement et l'atmosphère
Les interventions de Le Goff qui raconte l’histoire et ces fatigantes interruptions cassent l’atmosphère. Ainsi pour tenter d’en créer une l’auteur à recours page 100 à un procédé usité jusqu’à la corde. Il dit que tel personnage prend un objet, mais sans le décrire, et cela, par deux fois. Et là je me dis, pourquoi Marie Charon, qui par ses interventions brise elle aussi le rythme de l’histoire dans ce cas présent ne dit-elle rien ?
Extrait page 100
| Citation: | | « Il alla droit au fond de la salle, s'agenouilla dans le coin où il descella une des pierres du mur dont le joint n'était qu'un camouflage de sable. Le moellon protégeait une cachette pas très grande de laquelle Faun retira un petit paquet de chiffon. Il le glissa sous son pourpoint rapidement, remit la maçonnerie en place, puis remonta. » |
Et deux lignes plus basses, cela ne s’invente pas :
Extrait page 100
| Citation: | | « Il profita de son absence pour extraire le tissu de sa poche. Il l'ouvrit et vérifia rapidement son contenu. Ce qu'il vit sembla le rassurer. Il referma immédiatement le chiffon tout en jetant un coup d'œil vers la porte et le remit en place dans sa veste. Kurian ne resta parti que peu de temps. » |
Page 550, Baldric affrontant Kurian et Ambrélébore est une bonne surprise, mais de nouveau le choix narratif de l’auteur (Arrêt de l’action. Saut de ligne, même scène, mais cette fois décrite sous un autre point de vue) casse le rythme et dissipe la tension. Faun intervient, sauve tout le monde, et le passage devient sans vie, tout comme Baldric qui en perd la sienne.
| Citation: | | 2) Volonté de transmettre du savoir, une réflexion (de faire débat, etc.). |
Un peu. Par contre, j’ai vraiment apprécié les pensées d’Isboonaki page 555 à 558.
3) L'originalité des idées (univers personnel, non déjà vu, différent)
Même si la carte merveilleuse d’Ossian est un artefact magique bien trouvé, une très bonne idée même. Je dois avouer que je ne trouve pas grand-chose d’original dans le traitement du sujet. Car si on enlevait la taille des habitants d’Isboona j’affirme qu’ils se comportent d’une manière que je qualifierais de parfaitement humaine. De ce fait, ce manuscrit n’est qu’un récit médiéval fantastique comme il en existe plein.
4) L'intrigue et le scénario
Une question me taraude, les habitants d'Isboona chevauchent des chèvres, car ils sont petits, mais tout l’univers qui les entoure est de la taille que nous lui connaissons, comme les sangliers, les chats. Donc les arbres doivent être de taille normale eux aussi. Alors, le bois ne peut donc que rarement manquer, vu la grandeur des arbres et la petitesse de ce peuple. Et ce sera pourtant suite au vol de nombreux arbres, que l’histoire commence ? Je m’interroge !
J’ai envie de dire que le scénario est en fait ici une suite d’intrigues plutôt qu’un scénario composé d’intrigues. Pour moi le scénario du manuscrit est un alibi à faire vivre une multitude de personnages, ayant des buts différents, mais dont l’objectif est de faire vivre Isboona. Pour moi la découverte d’Isboona est la trame principale du scénario, tout le reste n’est que prétexte.
5) La fin du récit se termine-t-elle en coup de théâtre, en une grande explication cachée, ou bien en apothéose ? Vous convient-elle ?
Page 573 l’auteur passe au présent pour terminer son premier volume, comme il l’avait fait lors du prologue. Pourquoi pas ? Le chaos qui commence à dévorer le centre d’Isboona avec ses gros tentacules ? Pourquoi pas ? D'ailleurs, j’ai assez apprécié. Mais la fin n’explique rien puisque tous les protagonistes principaux se retrouvent transportés dans un ailleurs qui n’est pas décrit : Faun, Kurian et Ambrélébore. Mais aussi Marie. Extrait clôturant le manuscrit pour Marie qui s’entretient avec un Léprechaun :
Page 575 extrait :
| Citation: | | « – C'est malin. Vous aurez bien du mal à rentrer chez vous maintenant. » |
6) Toutes les portes ouvertes sont refermées, les problématiques du livre résolues, confortant la crédibilité et l'originalité de l'ensemble ? Pour moi la réponse est non. Tout comme la mise en avant de ce manuscrit sur RdF dans son état actuel, pour les raisons citées ci-dessus. Mais j’encourage vraiment l’auteur à retravailler son manuscrit, car il possède un potentiel certain, et plus particulièrement, s’il choisit de cibler la jeunesse.
Dernière édition par olivier.lusetti le Lun 2 Mai - 12:43, édité 3 fois |
|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET : Premier conte d’****** Tome 1 les deux frères. Dim 18 Avr - 18:04 | |
| Membre C (pour) Tournure des phrases — Phrases tarabiscotées et vocabulaire compliquéLes phrases sont suffisamment bien construites pour parler au lecteur sans qu’il s’y arrête. J’ai suivi le récit en me laissant porter, l’esprit libre de me concentrer sur l’histoire. Non, les phrases ne sont pas tarabiscotées, et le vocabulaire est adapté, ce qui signifie pour moi qu’il est capable d’évoquer les images nécessaires à libérer mon imagination. Trop basique, le vocabulaire me bride. Lorsqu’au contraire, il est trop compliqué, il freine mon enthousiasme en jalonnant mon parcours de trop d’hésitations. Rien de cela ici, l’auteur trouve un bon équilibre pour me séduire. Soutien du fond par la forme — L’écritureJe dois dire qu’à première vue, ce récit n’était pas pour me plaire : un dieu qui tient de l’escargot, un peuple de moins d’un mètre de haut, qui monte sur des chèvres… nous sommes loin de mes critères habituels. Il faut vraiment que l’auteur ait un style efficace pour que je me sois fait avoir et en fait, il m’a eu. Tout d’abord, le prologue au présent. Je sais que ce temps ne fait pas l’unanimité, mais c’est le temps de l’instant, le temps qui happe et transporte le lecteur dans l’ici et maintenant. J’étais dans la grotte, légèrement en retrait, j’observais l’enfant, j’observais la pierre, tandis que le narrateur me chuchotait à l’oreille. Je me sentais son interlocuteur privilégié (le lecteur aime bien se sentir important, ou peut-être est-ce seulement moi), j’étais dans la confidence. Déjà, je me suis surprise à distribuer mes sympathies… Je parle ici d’un temps et d’un ton, d’un stratagème conscient ou non, par lequel l’auteur utilise la forme pour m’attacher au fond. Au sortie de ce prologue, mes réserves étaient levées, j’étais entrée dans l’histoire, avec l’envie de voir où tout ceci me mènerait. Ensuite nous passons au passé, bon j’aime bien aussi, d’autant que l’auteur maintient mon intérêt. Ses personnages (je parle essentiellement des habitants d’Isboona) emploient un langage adéquat, qui crée une atmosphère et ça me plaît. À titre d’exemple, Page 70, je lis : « À la prime heure du jour, au moment où les premiers rayons viennent frapper l'horizon… » La prime heure du jour, cette heure, je vous le dis, est bien plus belle que la première, parce qu’elle ne se lève qu’en des endroits où je me trouve avec plaisir. Avez-vous remarqué qu’on n’en parle jamais (plus jamais) dans aucune des grandes villes de France ? Lorsqu’on le faisait, les paysages étaient différents, les mœurs également. Alors bon, la France n’est pas en Isboona, mais il n’empêche que mes références sont terriennes, que certains mots les font résonner, voire raisonner et que ces termes m’emportent. Pas là où l’auteur veut m’emmener ? Je n’en suis pas si sûre, je crois au contraire que l’endroit où je me trouve ressemble au sien. Et la forme de cet endroit m’incite à apprécier son fond. Page 172 : Lotier répond « Non pas. Il n’est pourtant pas du genre à venir sans envoyer auparavant un messager ». Ce « non pas » totalement désuet est un clin d’œil que sans me connaître, l’auteur me fait. Mon imagination, à partir de ces simples mots, me fait voir comment les personnages se tiennent, comment ils sont habillés, où ils se trouvent. Bref, ils tracent tout un contexte sur lequel je m’appuie inconsciemment : soutien du fond par la forme ? Oui, encore, du moins pour moi. De nombreux exemples jalonnent le récit. L’orthographe et la construction grammaticale Je n’ai rien vu qui m’a arrêté. Soit tout va bien, soit le récit est d’une qualité suffisante pour me faire oublier ces petites contrariétés. L’emploi des parenthèses, qui servent la plupart du temps pour renseigner le lecteur, me gêne un peu dans le roman, mais ce n’est qu’un détail. Quelques répétitions audibles dans le texte. Volonté d’être compris par tous sans choquer inutilement C’est évident. De nombreux thèmes « adultes » sont évoqués : – la relation de Kurian et Ambrélébor, sans être adultère y ressemble fort (et pourtant, elle l’emporte sur le devoir chevaleresque, pardon chèvriesque, et les intérêts du nom dans l’esprit du jeune homme. Et pourtant, elle l’emporte sur les vœux/usages d’abstinence en vigueur chez ces nones.) – de nombreuses trahisons : Hugotin, le roi et tant d’autres. – les choix de Faun qui certes est nécromant, mais « un nécromant vertueux » qui sacrifie des innocents à la grandeur des siens (et hop, les définitions du bien et du mal se troublent, tant et si bien qu’en aimant Faun, on ne sait plus très bien si c’est le paradis ou l’enfer qui nous guette… Sacré auteur !). Pourtant, l’écrivain met en place son questionnement et chaque fois, le lecteur n’est pas choqué inutilement, puisqu’il s’interroge. Y a-t-il des couleurs entre le blanc et le noir ? Tout adulte le sait, n’est-ce pas ? Le contexte, les circonstances, les motivations font la différence. L’immersion au début du récit Le prologue m’a charmé, je l’ai dit plus haut. Oui, l’immersion au début du récit existe, bien qu’il y ait un léger bémol, pour moi. J’en parle dans l’item suivant. Suspens et intérêt — Intrigue et scénario – Originalité Je ferai le distinguo entre le présent terrien et le temps d’Isboona. Il y a pour moi un écart très net entre ces deux périodes qui alternent. Le présent terrien me laisse plutôt indifférente. Je ne dis pas que ces passages sont mal écrits, je ne dis pas qu’ils sonnent faux, mais ils ne me retiennent pas vraiment et en vérité, je pense que je les oublierai rapidement. Du coup, faire la connaissance de Marie en sortant de la caverne m’a légèrement refroidie. Tout au plus, est-ce un outil qu’utilise l’auteur pour orienter son récit, du moins à mon sens. De la même façon, je me représente la demeure de Le goff comme un remake d’Eurodisney et si j’aime bien le parc d’attractions, l’idée d’y vivre ne me fait pas vraiment vibrer. En revanche, la partie qui se déroule sur Isboona m’a conquise. Je l’ai également dit plus haut, ces petites créatures n’entrent pas dans les archétypes qui me font rêver, mais… J’aime les intrigues entremêlées, les histoires qui ne sont pas linéaires et l’auteur m’en a offertes. J’aime les psychologies torturées, les remises en questions, les doutes et les choix douloureux, et là encore, j’en ai trouvé. J’aime quand l’action me laisse en haleine, quand les rebondissements s’enchaînent et quand je me demande : « mais qu’est-ce qui va lui arriver !? » Quant à l’originalité, j’ai souri quand Faun chévrauchait Faldi. J’ai dit que je n’aimais pas cette idée ? C’est vrai, mais j’ai ajouté que l’auteur m’avait eu… Finalement dans ce récit, ça passe et ça passe bien. Vraisemblance et crédibilité — Comportement rationnel à défaut d’être logique Je n’ai rien à reprocher à l’auteur en la matière. M’a-t-il mystifié ? Peut-être, et en vérité, c’est l’essentiel. Je me suis laissée porter et rien ne m’a fait bondir, donc je suis convaincue. Alternance action et dialogue Correcte selon moi. Il y a un bon équilibre. Rien à signaler. Personnages attachants, charismatiques, émouvants — Évolution de la psyché des personnages Le Goff : J’ai plutôt un ressenti positif pour cet homme. Sur Terre, lui seul m’intéresse vraiment. Je le trouve assez charmeur, assez sûr de lui et en vérité, malgré sa réputation, je lui trouve une certaine délicatesse. Marie : Je ne la comprends pas vraiment. Je suis peut-être trop loin de son âge. Elle me semble contester pour le plaisir de contester, elle ne porte pas le talisman qu’on lui donne alors que tous la mettent en garde contre sa toquade, aussi séduisante soit elle, elle retourne où on lui défend d’aller, sans vraiment se laisser guider par autre chose que l’attraction du moment. Oui, je dois être trop âgée. Kurian : Dans mon esprit, l’archétype du preux chevalier... heu chèvralier. Un preux quelque peu écorné ? Oui, mais ça le rend humain et véhicule malgré tout, les principes familles, honneur, « Bec et serre ». Il est charmant. Bon sa psyché n’évolue pas vraiment, il reste du début à la fin ce fils de noble un peu insouciant et qui fait fi de bien des choses… un chèvralier ! Il me fait sourire et d’une certaine façon m’attendrit. Faun : La partie d’ombre de Kurian ? Il réfléchit bien davantage, il prend des risques qu’il pèse, des décisions qui le rongent. Pourtant, il est aussi lumière (mais Kurian est aussi, bien qu’inconsciemment, ténèbres). Il est le fils bâtard, même lorsqu’il l’ignore, une partie de lui le sait et conditionne ses actes. Faun porte un fardeau lié à ce qu’il est. Il m’intéresse. Les autres personnages sont tous différents et dignes d’intérêt. J’ai une pensée spéciale pour ceux de Felnac, Morinus et Seto qui sont particulièrement bien campés. Ils sont ceux que l’on cherche à duper, mais ils ont toute ma sympathie, je leur trouve un certain charisme. Identification du lecteur Aucun personnage ne me correspond vraiment, je ne parlerais donc pas d’identification, mais en revanche : empathie, sympathie, oui. On peut parler de cela, d’intérêt également. Envie de continuer à 1 et 2/3 Absolument. D’ailleurs puisque la suite est bien avancée, rien ne m’interdit d’espérer pouvoir bientôt la lire dans le cadre du comité. Et la fin ? Là, par contre, j’ai un souci. Je trouve la fin abrupte. Je ressens une immense frustration. Nos petits hommes sont dans une grotte, en train de fuir. Y arriveront-ils ? Faun se trouve près d’une « créature » qui semble vouloir s’en prendre à lui et en avoir l’envergure. Que va-t-il se passer ? Kurian et sa douce ont de forts soupçons sur la nature du pouvoir de Faun et sur Isboona le fait d’être un nécromant est rédhibitoire. Que vont-ils faire ? Et Marie ? Que va-t-il se passer pour elle ? Trop de questions subsistent, même pour un tome 1. J’aurais préféré que l’auteur les tire de là (admettons que Marie reste où elle est), avant de les précipiter vers de nouvelles aventures. Là, le final me semble d’une rare violence. En synthèse : Je suis absolument favorable à la mise en avant sur le forum. Les contes d’Isboona m’ont enchantée et je souhaite que le Grand Escargot soit favorable à l’auteur lorsqu’il présentera son récit auprès des éditeurs. Cependant, la fin mérite selon moi d’être refondue, de façon à ouvrir une porte vers la suite sans priver le lecteur de la satisfaction de se dire qu’il est arrivé sinon au terme, au moins à un terme.
Dernière édition par olivier.lusetti le Dim 18 Avr - 18:08, édité 1 fois |
|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET : Premier conte d’****** Tome 1 les deux frères. Dim 18 Avr - 18:05 | |
| Membre D Sunny Blue (contre)
Les contes d'******* - Tome 1 - Deux Frères
Il m'a été agréable de constater que le style est clair, relativement simple, et par conséquent, que le récit est compréhensible. Il est important que ce que l'on écrit soit à même d'être compris par le lecteur pour qu'il soit concerné par l'histoire et en retire un certain plaisir. Néanmoins, si clair soit-il, le style n'est pas encore abouti, et loin de l'être dans le premier tiers du roman, car il s'améliore par la suite, malgré des flottements qui demeurent.
J'ai été d'abord très surpris de découvrir un prologue au présent dans un style littéraire auquel suit un 1er chapitre au passé simple / imparfait dans un style familier, oral, alors que c'est l'inverse qui est attendu. Les premiers chapitres souffrent d'ailleurs de ce style oral, qui enchaîne expressions familières et argotiques : la narratrice "pleurait son midi" page 12, "une allumée" page 20, elle "percutait" page 22, elle était "désarçonnée" page 36, "crachait sur sa chance" page 57. Certains de ces dérapages oraux, qui sont peu nombreux mais accrochent l'oeil, se sont d'ailleurs échappés du récit cadre : le terme "amour répulsion" page 75 ; il "s'incrustait dans la lutte" page 268, "son lit vide et même pas défait" page 320 ; "on casa" page 241 ; "de le lâcher" page 242 Cela ne m'ennuie pas dans un dialogue, beaucoup plus dans le corps du texte. En vérité, ces expressions sont autant de raccourcis qui permettent d'éviter de trouver la bonne tournure de phrase et le mot précis. C'est pourquoi il faut absolument les éviter, ou les employer avec précaution, quand il n'y a pas d'autre solution.
A cela s'ajoutent des maladresses : - "univers lépreux" page 8 alors que "lépreux" ne résume pas cet univers, mais n'en est qu'une composante (et encore...) ; - la "servante allaitante" pour "nourrice" page 55 ; - ils "descendirent la route en lacet comme des étoiles filantes" page 65, alors qu'une étoile file droit, d'où son qualificatif de "filante" et que la route fait des lacets, serpente ; - ils "accostèrent la galère" page 75 alors que c'est la galère qui accoste, et que c'est un bac, pas une galère ; - l'"effervescence de gens" page 78 qui est incorrect ; - "l'air imbibé d'eau" page 119 au lieu de "saturé" ; - "la brebis suivant sans discussion" page 145, au lieu de "rechigner", car une brebis ne discute pas ; - "garde-bébé" page 146, maladroit parce qu'il ne se considère pas comme un bébé justement ; - l'emploi de "fatal" dans "moment fatal" page 161, "morsure fatale" et "gardien fatal" page 163, "destination fatale" page 208, "fatale mission" page 222, "extrémité fatale" page 228 ; - "il avait semé en route une bonne partie de ses soucis", page 173, maladroit et à double-sens ; - "ces bêtes là ne laissent pas traîner de relief" page 217, qui est incorrect ; - "ses contemporains" page 212 qui est inexact ; - "il s'y lança dans un grand ménage" page 222, qui est à la fois lourd et incorrect ; - "préjudice moral" page 247 qui est un concept trop moderne et juridique ; - "mollusque marin" pour "escargot" alors qu'un escargot, sans précision, est terrestre, page 259 ; - ils "jouaient rien de moins que leur vie, ou leur mort" page 321, où "leur mort" est de trop, car jouer sa vie, c'est risquer de la perdre ; - "un véritable village à la mode des Sylvestres", page 358 ; Et des lourdeurs : - elle "ne s'arrêta pas à réfléchir au marché" page 58 ; "ainsi que nous allons bientôt le découvrir" page 144 ; - "il en avait fait provision en accueillant avec reconnaissance cet augure" page 145 ; - "érigée à la ressemblance de" page 259 ; - "il n'évacuait pas la possibilité" page 343. Je m'arrête là, même si j'en ai encore tout un stock, parce que je ne suis pas là pour tout énumérer. Ces divers problèmes demandent à être repérés et corrigés, et ne sont pas bien importants, même s'ils cassent parfois le rythme de la lecture, ou font simplement sourire.
Toutefois, certains passages nécessitent vraiment d'être retravaillés. Je n'en citerai que quelques uns : le prologue, bien qu'il soit déjà bien en soi, n'est pas encore assez convaincant, assez fort ; les chapitres 1 à 3 dédiés au récit cadre sont entièrement à revoir ; le 1er paragraphe du chapitre 10 page 133 sur Kurian à la forge est à réécrire ; et la description des terres interdites au chapitre 38 est à repenser et à améliorer. Ces passages contrastent avec d'autres, beaucoup plus efficaces dans leur écriture, laquelle est alors mieux maîtrisée, comme par exemple la description de la ville d'Oltamac pages 66 et 67, la présentation de Yaris à la page 259, le chapitre 36 avec Baldric et Ambrélébore, le passage du "Temple" pages 500 à 502.
Ces remarques ont principalement vocation à démontrer que le style n'est pas encore abouti, strict, régulier, et que ces erreurs et maladresses nuisent au bon déroulement de la lecture.
Car, en dehors de la forme, ce qui m'a le plus dérangé, tout d'abord, c'est que l'on a beau nous annoncer des "contes", il ne s'agit pas d'un conte, et encore moins de plusieurs contes, mais d'un récit principal (Isboona) introduit par un récit cadre qui le coupe régulièrement, l’ensemble pouvant être décrit comme un roman héroïque, policier (par son côté « enquêtes » à répétition) et de romance rocambolesque (par son côté mariages arrangés, fils caché, changement de concubine et enfant sacrilège). Je m'attendais à découvrir une succession de contes, et non un récit intégral, avec un début et une fin, laquelle "fin" est révélatrice de l'aspect bancal de la construction narrative.
Il manque en effet une véritable unité dans la construction du récit - ce que montre le nombre de chapitres, 42 pour 575 pages, soit en moyenne un chapitre toutes les 14 pages -, qui part un peu dans tous les sens, bien qu’il ne s’agisse pas de « contes », c’est-à-dire d’histoires indépendantes les unes des autres, sans que l'on aboutisse à une vraie fin, une fin de celle qui apporte les réponses et clôt le livre, à cause, d'une part, de l'insuffisance de réponses au regard des questions posées, malgré un vrai dénouement et une ouverture sur le tome suivant, et d'autre part, de l'absence de certaines questions pourtant primordiales, d'enjeux clairement identifiés et mis en avant comme tels.
Peut-être est-il légitime de tout expliquer, tout décrire, et d'aborder tous les points de vue, sauf qu'ici, la tension dramatique, qui doit normalement monter en escalier, s'avère, dans ce tome, être en forme de vague inversée. Le roman commence par un prologue (qui n'est en fait pas un prologue) puis continue avec un récit cadre, dans lequel s'enchâsse le récit sur Isboona à partir du chapitre 4. Nous découvrons Isboona par l'intermédiaire de Faun et Kurian, deux frères de lait qui se ressemblent étrangement (j'y reviendrai), et qui tombent par hasard sur Agus Felnac. Faun est chargé d'enquêter sur sa présence, il découvre la vérité puis... gros creux qui commence à la page 202 et qui s'achève à la page 373. Ce creux ne signifie pas qu'il ne se passe rien - sauf dans le récit cadre où la narratrice cherche beaucoup mais ne découvre pas grand chose -, mais que l'intrigue marque une pause, fait du surplace, se met paresseusement en place. On ne sait pas trop où l'auteur veut en venir, ce qui occupe le lecteur, sinon de lire des chapitres entiers sur untel ou d'untel. Le roi Lotier échafaude un nouveau plan pour revenir après à l'ancien ; Agus Felnac, le voleur, est condamné mais s'enfuit dans la forêt ; Yaris envoie sa domestique trouver une arme pour vaincre Faun ; un mariage est célébré ; Kurian forge une arme magique ; Lotier essaie d'abuser Seto. Mais quel est le but de tout ça, sinon d'organiser un récit, que l'auteur estime sans doute avoir commencé trop rapidement, pour attaquer la dernière ligne droite ? Car, enfin, passée la page 373, ça redémarre avec Faun qui va enquêter dans les chantiers navals puis le camp militaire de Lotier, et la tension est à nouveau maintenue, et ce jusqu'à la fin.
Je ne m'attarde que brièvement sur la révélation totalement manquée selon laquelle Faun et Kurian sont demi-frères, et non seulement frères de lait. Et oui, s'ils se ressemblent presque comme des jumeaux, c'est qu'ils ont un parent commun, ici le père. Cela tombe sous le sens. La génétique est implacable, et c'est d'une logique à toute épreuve. De même, on devine, puis on comprend à la page 160 que le garçon du prologue est Faun, et donc que le prologue n'en est pas un, et qu'il n'est pas à la bonne place, surtout quand on assiste à nouveau au voyage de Faun dans le marécage des Limbes à la page 163, déjà présent en plus détaillé dans ce prologue. Je me suis donc demandé pourquoi le prologue ne figurait pas dans ce 12ème chapitre, plutôt qu'en tête du roman.
Pour entretenir une tension dramatique, l'astuce de la prophétie est utilisée dès le prologue (page 9), relayée page 108, mais cet artifice est trop faible, et insuffisant, pour seul maintenir l'attention du lecteur et le forcer à poursuivre. D'autant que je n'ai trouvé aucun fil directeur autre de celui-ci. Comme je le disais, il n'y a en effet, outre pour Faun de défendre Kurian contre ce danger annoncé dans le prologue, mais non identifié, aucun objectif qui traverse ce tome. Certains personnages, ou éléments, pourtant essentiels, c'est-à-dire déterminants pour la fin du roman, apparaissent trop tardivement. Ainsi, Baldric et Ambrélébore ne sont introduits qu'à la page 309, chapitre 22. L'Isboonaki, s'il est mentionné aux pages 107, 369, 376, puis lors de la convocation au chapitre 36, il n'est vraiment question de lui, présenté en tant que tel, que plus tardivement encore, à la page 500. Et le nexus (moyen de téléportation), quant à lui, n'apparaît qu'à la page 386, au chapitre 28. D'où l'impression que j'ai eu à la fin que le dénouement tombait d'un coup, issu d'on ne sait trop où, de façon prématuré, et donc qu'une bonne partie du roman n'était là que pour noircir des pages. Bref, le dénouement est principalement la résultante du dernier tiers du roman, ce qui pose un problème du bien-fondé de la construction et des choix narratifs. Bien sûr qu'il y aura un lien qui sera établi entre le Conseil Rouge, Gotine, Lotier, et le(s) tome(s) suivant(s), j'en suis conscient, mais ce tome-ci s'arrête là où il s'arrête, au point final, en dehors de tout autre. C'est d'abord un tout unitaire. Si dans le tome suivant il est davantage question de Lotier, de Gotine, et du Conseil Rouge, parce que dans ce second tome on parlera sans doute moins de Faun, Baldric, et Kurian, alors il faudra davantage se pencher sur Lotier, Gotine et le Conseil Rouge, et s'en tenir à juste les évoquer, les introduire, dans ce premier tome.
Au-delà de la tension dramatique, à vouloir tout expliciter, et donc anticiper, on finit par tuer dans l'oeuf tout suspense - au sens d'attente angoissée -, les éventuels effets de surprises exploitables et pas mal de mystère. Dans ce roman, tout ou presque est explicité ou éventé antérieurement, et de façon le plus souvent banale. Par exemple, on sait que le meurtre du roi Felnac est le fait indirect de Faun, mais il y a tout de même un (début) d'enquête, dont on connaît de toute façon, si elle aboutit (ce qui ne sera pas le cas), le résultat. Au chapitre 38, Ambrélébore parvient à avertir Kurian du danger que représente Baldric, alors qu'elle craignait de ne pouvoir le faire. Au chapitre 37, on apprend que des assassins en veulent à Faun, puis Faun est mis au courant, et donc les évite. Au chapitre 34, et comme le Conseil Rouge a été déjà présenté, on devine sans problème que l'assassin, tout vêtu de rouge, vient de ce conseil. Aux chapitres 19 et 20, Gotine parvient à dérober - trop facilement grâce à son trop grand pouvoir de métamorphose (j'y reviendrai) - une arme sans laquelle elle ne pourrait tuer Faun, donc il n'est pas possible qu'elle ne la dérobe pas. Au chapitre 24, Kurian reçoit une initiation à forger des armes magiques, ce qui l'amènera logiquement au chapitre 25 à trouver le minerai pour réaliser son épée magique. Au chapitre 17, Faun pressent que Lotier va l'empêcher d'apporter les preuves du vol et donc s'adjoint l'aide du seigneur pêcheur pour parvenir à présenter les preuves, et il y parvient sans encombre. Au chapitre 28, le nexus est d'abord présenté par l'intermédiaire de Savigore (conseiller du roi Lotier), puis Faun le trouve par hasard lors de son enquête au chapitre 31, et cette découverte perd donc toute saveur.
En bref, si je me résume, le récit devrait tourner, tel qu'il a été écrit et pensé, autour de quatre points primordiaux : - l'interaction entre le monde réel et le monde d'Isboona, à travers le récit cadre ; - le personnage de Faun, ses deux enquêtes successives (le vol des arbres puis le camp militaire), son affection pour Kurian, et son clan, et sa magie nécromancière, et donc son ambivalence ; - la relation entre la prêtresse Ambrélébore et son cousin Baldric, qui ouvre sur la relation d'Ambrélébore avec Kurian ; - l'Isboonaki et tout ce qui touche au religieux, et donc ce monde d'Isboona. Tout le reste n'est qu'accessoire, superflu, et ne doit figurer qu'en arrière-plan de ces quatre points, ou être supprimé. Ces quatre points doivent apparaître dès le début du roman, car ce sont eux qui en sont l'aboutissement. Et ces quatre points, si l'auteur va au bout de chacun d'eux, les épuise en quelque sorte, surtout en ce qui concerne le personnage de Faun et la relation d'Ambrélédore avec Baldric, qui sont insuffisamment développés, ont largement de quoi fournir le matériau nécessaire à l'écriture d'un roman, et tenir en haleine le lecteur jusqu'au point final, sans être obligé d'emprunter les chemins parallèles et tortueux de la digression à répétition.
Et côté digressions, ce roman n'en manque pas, ce qui, selon moi, mine le récit, parce qu'elles apportent si peu qu'elles en deviennent inutiles, et ont finalement pour seul effet de casser le rythme. La description de l'univers d'Isboona se fait sur 4 chapitres, les chapitres 4, 5, 6 et 7. Au chapitre 7, il est confié à Faun le soin d'enquêter sur la présence au chapitre 6 d'un chef de clan adverse dans leur forêt. Après cette phase de descriptions, franchement dépaysante et agréable, bien que légèrement forcée, je me suis dit que le roman commence enfin. Eh bien non. Après une coupure du récit cadre, on a le droit a une digression sur la magie d'Isboona (chapitre 9), puis sur le don de forgeron de Kurian (chapitre 10), avant de revenir sur l'enquête de Faun, en fait sur la présentation de ses pouvoirs magiques, puis sur l'enquête en elle-même, et à sa résolution (chapitre 11 et 12). Ensuite, nouvelle digression sur le roi Lotier et son plan aux chapitres 13 et 14. Si le roi Lotier sera peut-être un personnage capital dans le tome suivant, il n'en est rien ici, où son rôle est très restreint, et nul dans le dénouement. Donc il ne méritait pas qu'on lui dédie toutes ces pages. Ensuite, vient le creux de la vague, alimenté par une série de digressions en tout genre : le clan Felnac, le Conseil Rouge, le mariage de Lavande, l'initiation de Kurian à forger des armes magiques, Lotier qui tente d'abuser Seto. Bref, à part l'histoire entre Kurian et la prêtresse, et la résolution du vol ainsi que la condamnation du voleur, cela n'a rien à voir ni avec le dénouement ni avec le fil directeur du présent tome. Au chapitre 28, Faun reprend son enquête. On a le droit à un chapitre 29 sur Agus Felnac avec une introduction en "revenons en arrière" alors que le lecteur voudrait aller de l'avant, d'autant que cet épisode n'apporte absolument rien, puisque la situation de ce personnage est la même à fin qu'au début du chapitre, son camp en moins. Puis l'histoire suit enfin son cours, sauf la digression sur Seto du chapitre 35, inutile au fonctionnement de l'intrigue. Mais, en général, à partir du chapitre 30, l'histoire s'accélère et se déroule jusqu'à la fin, même si j'ai regretté ces nombreuses pauses, impasses et redites qui pèsent sur le rythme.
C'est un autre problème de ce roman, qui peine à se trouver un rythme de croisière. Même la dernière ligne droite, qui est sans doute la plus nerveuse, et qui pour moi commence au chapitre 28 (page 374), est ponctuée de ces petites choses énervantes que je vais expliciter. Par exemple, au chapitre 32 qui s'intitule "Fin de mission", et qui veut tout dire, l'histoire marque une pause, et Faun raconte à Baliano, son père, l'épisode qu'il a vécu avec Lotier à propos de la preuve du vol, ce que le lecteur connaît déjà pour l'avoir déjà lu, et Baliano lui révèle qu'il est au courant de la liaison défendue de Kurian avec la prêtresse, ce que l'on sait deux fois, la première pour l'avoir lu, et la seconde pour avoir lu la discussion entre Kurian et Baliano. Si ces discussions apportaient autre chose en plus, passe encore, mais là, l'auteur se borne à nous exposer à nouveau ces mêmes faits. Le lecteur assiste donc impuissant à la prise de connaissance d'un fait par un personnage, ni plus ni moins. L'auteur ne lui signifie que cela, rien d'autre, et donc se répète. Si cet exemple était isolé, je ne l'aurais même pas noté, mais il ne l'est pas. Au chapitre 17, page 223, Faun renseigne Kurian sur les résultats de son enquête, que l'on connaît, et la réaction téléphonée de Kurian n'apporte rien. Au chapitre 20, la scène pages 280, où le convoi est accosté par des nomades, se répète aux pages 281 et 282 mais suivant le point de vue des nomades. Au chapitre 30, Baliano fait part à son tour de la page 410 à 414 la liaison de Kurian avec la prêtresse à sa femme. Au chapitre 34, pages 464 et 465, Kurian raconte l'assassinat manqué du Suprêtre à Faun, puis pages 466 et 467, lui révèle qu'ils sont demi-frères, ce que l'on a déjà lu. Bref, quitte à se répéter, je me répète moi aussi : ces passages ne m'auraient pas dérangé s'ils avaient apporté autre chose, sinon que de porter telle scène à la connaissance d'untel. J'ai noté aussi ce que l'on pourrait appeler des "impasses", que l'on retrouve avec suffisamment de régularité dans le récit pour mériter d'être indiquées. Par exemple, au chapitre 29, Agus Felnac mène une attaque, mais elle échoue : retour au point de départ. Idem au chapitre 34 : un assassin s'attaque au Suprêtre, mais échoue. Plus embêtant, au chapitre 16 : le roi Felnac est assassiné par un mort-vivant, on cherchera le commanditaire, mais l'enquête disparaîtra du récit (en même temps, on ne le regrette pas puisqu'on en connaît les tenants et aboutissants). Au chapitre 28, Savigore fait massacrer toute une troupe de soldat pour attraper Faun, en vain (d'autant que Faun n'est pas présent en personne, mais par l'intermédiaire d'un hôte, donc il ne craint rien). Autre exemple : Lotier élabore un nouveau plan après la découverte du vol mais revient ensuite à l'ancien, à son point de départ. Un autre exemple : la narratrice qui rêve mais ne se souvient pas de ses rêves, qui sont de toute façon incompréhensibles faute de se rapporter à quoi que ce soit, le lecteur se demandant vraiment ce qu'il est en train de lire, et sans aucun lien avec l'histoire sur Isboona, jusqu'à ce que l'on découvre l'Isboonaki. Encore un exemple, et je pense que j'aurai fait le tour de la question : au chapitre 27, la narratrice cherche des réponses dans la forêt puis sur internet, mais ne trouve rien. Et un dernier exemple : aux chapitres 10, 24 et 25, Kurian, qui est un forgeron exceptionnel (ch. 10), apprend à forger des armes magiques (ch. 24), trouve du minerai magique (ch. 25), et finit par forger une arme magique, pour rien, car elle ne lui sera d’aucune aide, et je ne pense pas, étant donnés la longueur et le sérieux de ces chapitres, qu’il s’agisse d’un contre-pied en forme de clin d’œil au télescopage classique de ce genre de récit. Ces "impasses", ou "retours au point de départ", ne sont pas pénalisants pour le récit, et permettent même d'embarquer le lecteur sur une mauvaise piste, et de le surprendre, si et seulement s’ils sont utilisés comme tels, c’est-à-dire comme ressorts dramatiques sciemment destinés à cet effet, ce dont je doute tout de même dans ce roman, et à condition de ne pas les multiplier, car ils finissent, comme c’est le cas, à peser sur la narration, et à conduire à une impression de "surplace".
Et malgré toutes ces descriptions et l'analyse de plusieurs points de vue, les personnages ne gagnent pas en épaisseur. J'ai regretté que le côté obscur de Faun ne soit pas mieux et davantage mis en avant, que le côté paranoïaque et mégalomaniaque de Lotier ne soit pas poussé jusqu'au bout, et que la relation entre Baldric et sa cousine ne soit pas plus riche, tout comme la relation entre Yaris et Gotine. Si Faun n'avait son pouvoir maléfique, il serait aussi plat que Kurian, qui est aussi plat que Baliano et Agus, et même Ambrélébore, pour n'évoquer que les personnages principaux. Ces personnages n'ont pas réellement de personnalité propre, et réagissent tous de la même façon aux mêmes circonstances, de façon positive, avec honneur, droiture, sauf Agus, bien sûr, qui est quand même un voleur, même si c'est pour le bien de son clan. Baliano au contraire d'Agus, qui a pourtant trompé sa femme, est exempt de tout défaut car ce n'était pas de sa faute, il avait été envoûté par une sorcière. Kurian, lui, est tellement irréprochable que j'ai du mal à croire qu'il puisse avoir une liaison interdite avec une prêtresse, lui faire un enfant, et dans le dos de son père. Un mot sur Arthur Le Goff : Arthur Le Goff était annoncé comme un personnage singulier, énigmatique, et il m’est apparu bien commun, ni excentrique, ni mystérieux, ni original, ni inquiétant, juste un banal conteur. Et un autre mot sur deux autres personnages du récit cadre : Le personnage de Liam ne porte pas non plus en lui ni de façon claire ce qui fait sa particularité : un être apparemment beau mais en vérité dangereux. La narratrice, par le truchement de laquelle le lecteur appréhende le récit, ne rend pas compte de cette ambivalence, et se borne à s'imaginer dans ses bras, ce qui enlève au personnage de Liam toute son épaisseur, et tout son intérêt. Le personnage du guérisseur, s'il est amusant, n'a de fonction que de mettre en garde la narratrice contre Liam, mise en garde qu'elle ne prendra pas en compte, et de lui donner un médaillon protecteur, qui ne lui servira à rien dans le présent tome. Bref, je me suis quand même demandé pourquoi introduire un tel personnage pour ne pas l'employer à meilleur escient. En définitive, je pense que ces personnages, Le Goff, Liam, le guérisseur, méritent un autre statut que celui de faire-valoir de la narratrice et de l'univers d'Isboona, d'autant qu'ils sont, dans ce premier tome - mais peut-être pas dans les autres, ce qui expliquerait cela - les personnages principaux du récit cadre, et que, de fait, s'ils avaient été développés et approfondis, ce récit cadre auraient gagné cet intérêt et cette profondeur qui ne sont malheureusement pas au rendez-vous.
Le personnage de la narratrice est un personnage à part. Son principal défaut, ou problème, en tant que personnage, est qu'elle est extrêmement crédule, et prête à croire n'importe quoi, surtout que des êtres fabuleux existent. A la page 296, elle prend le guérisseur dans la forêt pour un elfe, alors qu'il n'y en a aucun dans l'histoire d'Isboona. Cela simplifie la vie de l'auteur, qui n'a pas à s'embêter à analyser la réticence du personnage et la faire plier, mais, en contrepartie, la narration s'en trouve appauvrie. D'autant que le personnage de la narratrice n'est pas vraiment crédible, la faute au récit cadre. Outre d'être affreusement lent parce que l'intrigue est pauvre et qu'elle évolue très lentement, le récit cadre souffre d'un gros problème, surtout aux premiers chapitres (1, 2 et 3), car il n'a fonction que de prétexte à conter l'histoire d'Isboona, ce qui est malheureusement flagrant. Tout est fait pour faciliter l'arrivée de la narratrice chez Le Goff, narrateur des "contes". Déjà, la narratrice est convaincue que, puisque les légendes se ressemblent, c'est qu'il y a une origine commune, donc réelle, que Le Goff lui révélera être Isboona, bien que l'on ne sache pas vraiment pourquoi, même après la lecture de ce tome, ce qui est regrettable - et c'est principalement pour cette raison que le récit cadre est si ennuyeux, car il ne révèle rien, ou trop peu. Mais la narratrice oublie que, si les légendes se ressemblent, c'est peut-être aussi parce qu'elles évoquent des invariants de la nature humaine, dont elle sont le fruit : la mort, la peur, le danger, la vieillesse, la vie, la lumière, etc... et que leur origine commune est l'être humain, non Isboona. Cette confusion est entretenue aussi par l'amalgame que l'auteur fait entre "Narnia", Tolkien, les contes de Perrault, et le folklore traditionnel - les mythes antiques ont été oubliés -, n'hésitant pas à affirmer page 131 que les contes d'Isboona sont plus anciens que ceux de Perrault, alors que Perrault n'a fait que rassembler et retranscrire les contes issus de la tradition orale. C'est le premier point noir du récit cadre. Le second n'est autre que la conduite de ces recherches universitaire à laquelle se livre la narratrice et qui, malgré les mois qui passent, ne la mènent nulle part, alors qu'en réalité, elle aurait dû déjà avoir réuni beaucoup plus d'informations et exploré bien plus de pistes que ce qui est signalé. A moins qu'elle ne soit pas si studieuse que cela. Elle finira tout de même par découvrir l'existence d'Arthur Le Goff grâce à Natacha, personnage un peu étrange, ésotérique, et qui possède, ce qui est peu crédible, une collection de livres très rares, que l'on ne trouve nulle part ailleurs, même à Paris (!), où la narratrice fait ses études. Troisième et dernier point noir de ce récit cadre : l'exagération. Le Goff propose à la narratrice de lui lire le livre, et on a le droit à tout un passage de cette narratrice complètement bouleversée, avec un appel au registre du fantastique ("folie", "santé mentale"), tout le monde croit qu'elle va nous faire une syncope, et là, Le Goff ouvre son livre et lui raconte son histoire de petites gens qui montent des chèvres. La réaction de la narratrice est complètement disproportionnée par rapport à ce à quoi elle réagit, d'où un effet comique.
J'ai découvert au fil du récit d'autres exagérations de cet ordre, par exemple lors de l'enquête sur le vol des arbres, où l'on s'attend à quelque chose de très grave, et qu'il ne s'agit en fait que d'un banal vol. Banal ? Finalement pas, car le larcin est puni de déchéance et de mort. Mieux vaut alors tuer tout le monde que d'être découvert, puisque la sentence est identique. Bref, ce n'est pas crédible, et beaucoup trop gros pour l'être. Imaginez un instant le nombre de clans que l'on pourrait décimer juste en accusant. Ah oui, mais celui qui accuse à tort est exécuté. On a la peine de mort facile en Isboona, et le meurtre aussi parfois, comme Savigore qui fait massacrer en vain une troupe entière juste parce qu'il soupçonne Faun de s'y cacher, alors qu'il pouvait le repérer simplement à l'odeur. Lotier, lui aussi, réagit bizarrement lorsqu'il apprend le vol par le clan Felnac, qu'il envisageait de placer sous sa coupe quand il aurait sacrifié sa forêt, et qu'il défend ensuite contre Baliano qui l'accuse. D'ailleurs, il est étonnant que Lotier cherche à s'emparer de terres sur lesquelles il a déjà tout pouvoir, à savoir le droit de rendre de justice, et sûrement d'édicter les lois. Dans le même ordre d'idée, la faculté de métamorphose de Gotine est disproportionnée. Celle-ci lui permet de s'emparer de l'arme seule capable de défaire Faun, trop facilement d'ailleurs puisque ces sphères sont laissées au pied de statue en libre-service et sans protection. Elle peut se métamorphoser en tout ce qu'elle veut, même en mouche. Mais quand elle se fait capturer, et qu'elle est sur le point d'être tuée pour l'exemple, pourquoi elle se métamorphose pas en insecte pour s'échapper puis en géant pour écraser tout le monde ? Qu'est-ce qui est gênant pour elle si elle dévoile sa véritable identité, maintenant qu'elle est sur le chemin du retour ? Non, elle attend patiemment d'être empoisonnée. Ce qui m'amène à dire qu'il faut toujours se méfier des pouvoirs trop grands que l'on accorde à un personnage, qui facilitent la vie de l'auteur qui peut se permettre des raccourcis bien pratiques, mais qui faussent la logique du récit.
Je fais un détour rapide par le manque de documentation préalable sur deux points, précédemment abordé au sujet des études de la narratrice, qui pèse sur la vraisemblance. Ma première remarque concerne la forêt et sa gestion. Lotier pense que le clan Felnac va, en toute logique, épuiser sa forêt pour construire les navires qu'il lui a commandés, alors qu'une gestion raisonnée, comme elle doit se faire depuis des lustres puisque la forêt est toujours là, suffira à le faire mentir. Le roman nous explique que les arbres meurent soit du fait de leur âge (page 145), soit d'être coupés, ce qui est faux. Un arbre peut être étouffé par les autres, ou être déraciné par une tempête, ou des pluies abondantes qui provoquent érosion et affaissement de terrain. C'est pourquoi une forêt est gérée, d'autant que le bois représente dans cet univers une ressource précieuse (d'ailleurs, on dit "essences" et non "espèces" d'arbre, page 181). C'est en effet une ressource précieuse, or il n'y a aucun garde forestier (ni garde chasse non plus) pour en prendre soin, et quiconque s'y promène comme il l'entend. De ce fait, le clan ne s'aperçoit pas qu'il manque des arbres, ce qui est pourtant flagrant dans une forêt pour peu que quelqu'un s'y rende de temps en temps, ce qui n'a pas l'air, et c'est surprenant, le cas. Dans le cas contraire, l'enquête de Faun deviendrait inutile (mais bon, est-elle vraiment utile au regard de la fin du roman ?). Et à ce propos, il m'a paru surfait qu'il ait besoin de s'infiltrer dans le corps d'un bûcheron pour trouver les guets par lesquels sont évacués les troncs, alors qu'un guet se repère facilement dans une rivière, puisque c'est l'endroit où il y a le moins de fond, et surtout un guet pour de si petites créatures, dont le guet sera encore moins profond qu'un guet pour nous autres humains. Il m'a paru également étrange que les Felnac n'aient pas effacé les marques distinctives d'appartenance des arbres au clan Oltamac qu'ils ont volés d'un bon coup de hache, car ce sera la preuve qui les condamnera. Ma deuxième remarque concerne la conduite d'une guerre. Contrairement à ce qu'affirme Faun page 376, les navires de guerre ne sont pas forcément destinés à attaquer un royaume inaccessible par voie terrestre, et contrairement à ce qui est affirmé page 390, les unités militaires ne sont pas entraînées chacune dans une discipline (archers, troupes de combat souterrain et troupes de choc) pour conquérir chacune un royaume (Sylvestres, roi de la montagne, et royaumes de la Lande et de Peshnickel), parce que ces unités sont complémentaires et mènent ensemble les batailles, et que ce n'est pas la spécialisation qui donne la victoire mais l'organisation stratégique.
Enfin, j'aborde un dernier aspect qui est de moindre importance mais très énervant : le récit cadre semble être parfois là pour de guider la compréhension du lecteur, sa relation au roman. Au chapitre 12, page 168, la narratrice est surprise de constater que le "vilain sorcier", c'est Faun, alors que jusqu'alors, il ne paraissait nullement avoir le rôle du "vilain" ou du méchant", voire du "démoniaque". Au chapitre 27, page 368, je passe sur la remarque trop infantile de la narratrice qui dit : "ce roi, j'espère qu'il se plantera". Au chapitre 33, il est écrit page 442 : "les fils de l'intrigue se nouaient", comme si l'auteur avait besoin d'interpréter sa propre construction narrative à l'adresse du lecteur, alors que l'intrigue tournait en rond depuis un bon moment (le creux de la vague). Puis, elle affirme que "c'est amusant de voir le parallèle entre le roi et son conseiller d'une part, et Baliano et Faun de l'autre", alors qu'honnêtement, je n'avais pas vu ça du tout, et même après avoir pris connaissance de cet aspect, et m'être interrogé sur le sujet, j'ai encore des doutes. Au chapitre 39, page 533, la narratrice se pose la question de "deux sorciers ?" alors qu'il y a des choses plus essentielles que cela. S'ensuit un paragraphe d'auto-analyse qui tourne à l'auto-congratulation. La narratrice a l'impression que des assassins se cachent dans les recoins sombres, avant de se lancer dans un long commentaire sur Faun, qu'elle adore (!), tout en reconnaissant que ses parents auraient préféré Kurian, pour son côté sans peur et sans reproche. En vérité, l'auteur, plus que de résumer la personnalité de deux personnages qui normalement devraient transparaître à travers son écriture, se félicite elle-même d'avoir créé deux personnages attachants et complémentaires, chacun s'adressant à une tranche d'âge. Non, cela est à éviter, ou à envisager autrement.
Un dernier mot sur l'univers d'Isboona qui, s'il est fort sympathique, avec ces petits êtres qui aiment rire et plaisanter et qui montent des chèvres, j'ai trouvé dommage qu'il n'y ait pas plus de folie, d'humour, et d'animaux, comme des chats, des chiens, des rats, des lapins, etc..., et même de dépaysement. Au bout d'un moment, même si l'on croise de temps en temps un "chévraliers", on a l'impression de lire une histoire de "fantasy" médiévale comme une autre, dénuée des particularités liées à ce petit peuple.
Pour toutes ces raisons, je vote un "contre" qui signifie un "non pour le moment", car les idées sont là mais le roman a besoin d'être corrigé, approfondi, réorganisé et abouti pour lui donner notamment cette unité et ce rythme qui lui font cruellement défaut.
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|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


Messages: 3430 Date d'inscription: 09/04/2009 Age: 45 Localisation: Perpignan
 | Sujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET : Premier conte d’****** Tome 1 les deux frères. Dim 18 Avr - 18:09 | |
| Membre E (neutre) Commentaires d’******* de Mananan les deux frères
Scénario
L'immersion au début du récit : C’est toujours avec une certaine appréhension que je commence à lire un nouveau roman. Il a été dit et redit à quel point le début est important. Eh bien, le prologue m’a charmé. Il a une bonne dose de mystère et de merveilleux pour me donner envi d’en savoir plus. Il m’a suffisamment accroché pour me permettre de traverser les trois chapitres suivants, concernant la partie contemporaine de l’histoire, qui sont beaucoup moins intéressants, mais il faut bien qu’une histoire s’installe.
Vraisemblance et crédibilité de l'histoire : En fait, puisqu’il y a deux histoires, mon avis est mitigé. L’histoire sur terre, avec les destins contrôlés via les rêves me semble assez peu crédible surtout qu’on en voit pas l’explication dans ce premier tome. Mais l’histoire principale est, selon moi, le conte lui-même, et j’ai trouvé celui-ci en général assez vraisemblable. Sauf pour la partie où Faun avait commandé les doigts d’un bûcheron de Felnac et qu’il s’en sert pour mener son enquête alors qu’au moment de sa commande, il ignorait l’existence d’un problème avec les de Felnac.
Suspens et intérêt, Coups de théâtre, péripéties : On ne peut pas vraiment parler de suspens dans ce roman sauf pour la fin. Par contre, il y a plusieurs petites péripéties, quelques coups de théâtre mais surtout, surtout, l’auteur réussi à garder malgré tout notre intérêt tout au long du récit et cela même s’il y a quelques longueurs entre les péripéties. Même la partie « réelle » de l’histoire, avec Marie, a sa part de petits mystères qui gardent notre intérêt.
Alternance des formes : actions et dialogues : L’alternance entre les descriptions et les dialogues est agréable. J’ai dit description plutôt qu’action parce que l’action est assez limitée dans cette histoire. On nous raconte plutôt la vie, les intrigues, les événements. Mais encore une fois, ce n’est pas nécessairement un défaut puisque l’auteur réussi à garder notre intérêt.
À 1/3 et 2/3 du récit votre envie de continuer la lecture : À 1/3, mon envie va en grandissant. Je prends plaisir à découvrir le monde d’Isboona et ses personnages : Kurian, Agus de Felnac et surtout Faun. À 2/3, mon envie de continuer à lire a cessé de grandir mais il reste tout de même élevé. La curiosité me pousse à vouloir connaître la fin même si certaines longueurs m’empêche de l’apprécier davantage.
Style
L’écriture, la tournure des phrases : L’auteur a indéniablement du talent pour raconter une histoire. Il écrit bien, dans un style très accessible et facilement compréhensible. J’ai trouvé quelques phrases mal tournées qui ne faisaient pas jolies ou qui n’étaient pas claires, mais ce n’étaient que des exceptions. Il y a toutefois quelques problèmes avec la forme de certain dialogue. Selon moi, les ponctuations ne sont pas bonnes. Par exemple, l’auteur a écrit : – Peu importe, Lotier écarta le sujet d’un mouvement irrité de la main, alors, que pensez-vous de ma proposition ? Alors qu’à mon avis ce devrait plutôt être : – Peu importe, dit Lotier en écartant le sujet d’un mouvement irrité de la main. Alors, que pensez-vous de ma proposition ? Ou encore : – Peu importe ! Lotier écarta le sujet d’un mouvement irrité de la main. Alors, que pensez-vous de ma proposition ?
Phrases tarabiscotées et vocabulaire compliqué : Pas du tout. Le texte est facilement accessible sans toutefois être enfantin.
Soutien du fond par la forme (travail et recherches sur les mots) : Absolument, bien qu’il soit encore possible d’en faire davantage et d’ainsi rehausser encore plus le texte.
L'orthographe et la construction grammaticale : Il y a quelques fautes de frappe ou d’inattention par-ci par-là, mais rien de dramatique. Par contre, j’ai eu l’impression d’un réel problème avec les temps de verbes. L’auteur semble mélanger l’imparfait, le conditionnel et le passé simple. Je ne sais pas si c’est seulement moi, mais ça m’a beaucoup agacé dans ma lecture.
Scènes juste décoratives (remplissage, détails, digressions hasardeuses) : Comme je l’ai déjà dit, il y a quelques longueurs qui, si elles étaient coupées ou raccourcies, permettraient à l’histoire de s’écouler plus facilement. Je pense entre autre au chapitre avec l’assistante du chef du conseil rouge, qui se transforme en servante et brave les routes pour mener une enquête dans un temple, alors qu’elle aurait pu carrément s’y rendre sous la forme d’un oiseau comme elle l’a fait pour le retour et mener son enquête sans tout ce délai et ces risques puisqu’elle n’a jamais eu besoin des deux prêtres qu’elle suivait. L’auteur, en voulant introduire un personnage dangereux, nous entraîne dans une histoire secondaire qui ne tient pas et qui est remplie de noms inutiles.
Volonté d'être compris par tous et sans choquer inutilement : Sans aucun doute. Les scènes « choquantes » comme les tortures et le sort réservé aux membres de la famille du bûcheron de Felnac, sont utiles à l’histoire et sont intéressantes.
Personnages attachants
Adversités servant une logique (découvrir le monde, initier le héros) : Oui, si on considère que Marie, obsédée par les fées, se rend chez LeGoff pour écouter son histoire et que ce dernier, contrôlé par ses rêves, lui fait découvrir Isboona. Sur Isboona, la vie suit son cours et les intrigues du roi entraînent les réactions des autres personnages.
Comportement (des gens, des choses) rationnel à défaut d'être logique : En général, oui, sauf sur un point récurrent qui gâche le reste. On peut dire que l’amour n’a rien de rationnel, mais dans ce manuscrit, les histoires d’amour sont toutes très superficielles. Que ce soit Kurian et Ambrémachin qui tombent tous les deux amoureux fou au premier regard, ou Marie qui oublie soudainement son obsession du peuple des fées pour fantasmer à fond sur le beau et viril garde-forestier, en passant par Lavande et le jeune frère de Kurian et la fiancée de Kurian. Tout le monde semble trouver l’amour très facilement. Est-ce parce que ce n’est qu’un conte… de fée ? Je crois que ces histoires d’amour à la « prince charmant » nuisent à la crédibilité du comportement des personnages.
Évolution de la psyché des personnages au fur et à mesure de l'histoire : Non. Il faut dire qu’on ne fait que survoler beaucoup de personnage dans ce premier tome. Les intrigues sont présentent mais l’action est lente à démarrer ce qui ne permet pas de voir d’évolution chez les personnages. Faun s’était fixé son but très jeune et continu toujours dans la même voie, l’amour aveugle de Kurian change son avenir mais il reste le même au fond, Agus de Felnac était une brute avec un royaume et devient une brute sans royaume, etc.
Identification du lecteur avec le ou les héros : Pas d’identification particulière avec un héros, que ce soit Marie, Kurian ou même Faun qui est le plus intéressant.
Personnages attachants : Pas particulièrement. Il y a plusieurs personnages intéressants, mais ils manquent de profondeur pour être vraiment attachants. Il y a Faun le gentil nécromancien à la conscience légèrement torturé et Agus la brute qui aimait son papa et qui ne rêve plus, bien entendu, que de vengeance, ainsi que Seto qui semble prometteur mais qu’on voit si peu qu’on n’a pas le temps de s’attacher à lui.
Originalité des idées
L'intrigue et le scénario : Les intrigues sont présentes et le scénario est bon, mais le tout, bien qu’original, est un peu trop lent pour nous tenir en haleine. Pour cette raison, on ne peut pas dire qu’ils sont captivants.
Le dépaysement et l'atmosphère, l'originalité des idées : Oui, sans aucun doute. J’ai aimé découvrir Isboona en même temps que Marie. J’ai aimé m’insinuer parmi ces différentes vies, ces différents environnements. À chaque fois que je reprenais ma lecture dans le monde d’Isboona, j’étais transporté dans un univers haut en couleur. L’auteur ne manque pas d’originalité et ses chévraliers sont une bonne trouvaille.
Volonté de transmettre du savoir : À plusieurs reprise pendant ma lecture, j’ai remarqué des informations intéressantes, que ce soit sur l’Irlande, les romains ou même la torture. L’auteur a des connaissances et les transmet au fil du texte.
La fin du récit se termine-t-elle : en coup de théâtre (surprenante) en une grande explication cachée ? Ou bien en apothéose ? Il y a sans aucun doute une grande apothéose sur Isboona et une fin surprenante pour Marie sur terre, mais est-ce que ces fins me conviennent ? Oui et non. On se dit qu’enfin il se passe quelque chose de gros, mais c’est complètement sans lien avec le reste de l’histoire. Est-ce que tout ce roman n’était qu’une introduction ?
Toutes les problématiques du livre, sont-elles à la fin de celui-ci résolues ? C'est-à-dire que toutes les portes ouvertes sont refermées : Non, pas du tout. Beaucoup de questions restent en suspend. L’apothéose de la fin conviendrait mieux à la fin d’un chapitre que celle d’un premier tome. On devine de grands changements pour la suite qui, j’ai bien peur, laisseront tomber beaucoup d’éléments introduits dans le premier tome et qui n’auront mené à rien.
En conclusion, je trouve que le premier conte d’Isboona est une bonne histoire et qu’il a beaucoup de potentiel. Toutefois, un petit travail de correction et de modification ne pourrait que l’améliorer et lui donner encore plus de chance d’être publié. Avec tous les commentaires pertinents des membres du comité, l’auteur pourra cibler et corriger les faiblesses de son texte et ainsi envoyer un manuscrit de grande qualité aux éditeurs. C’est pourquoi je choisis l’abstention tout en disant à l’auteur que son roman est bon et que je lui ferai parvenir son manuscrit avec les commentaires et les corrections que j’ai notées en cours de lecture.
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|  | | olivier.lusetti Maître des Ombres


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 | Sujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET : Premier conte d’****** Tome 1 les deux frères. Dim 18 Avr - 18:14 | |
| Membre F MissCoco (contre) Commentaire du Premier conte d’******* tome 1 : deux frères Après avoir lu les deux tiers de ce roman, j’ai décidé de stopper ma lecture. Il me semble que si au bout de quatre cents pages l’œuvre n’a toujours pas réussi à me séduire, elle ne réussira probablement jamais : si j’avais été un lecteur lambda je n’aurais certainement pas poussé si loin ma lecture. De plus, plus de 80% de romans de fantasy présents dans ma bibliothèque — genres adulte et jeunesse compris — ont une longueur inférieure ou égale à quatre cents pages. Certains critères ne seront pas remplis, car ne pouvant être évalués en ayant lu les deux tiers du récit. Malgré tout, je tenterai de faire un commentaire argumenté et constructif, en espérant aider l’auteur à progresser. Vocabulaire compliqué, phrases tarabiscotées / La tournure des phrases / L'écriture / Soutien du fond par la forme : L’auteur écrit agréablement et sans maladresse, ce qui est un bon point. Le vocabulaire est assez simple, il n’y a pas de problème de compréhension. Il n’y a également pas de véritable travail sur les mots, mais le style serait tout à fait honorable pour un roman jeunesse. Cependant il y a un véritable problème de maitrise du point de vue narratif. L’auteur s’emmêle les pinceaux dans la narration, ne sachant s’il préfère conter ou faire vivre l’action. Il commence donc son histoire à la manière d’un conte, avec le traditionnel « Il était une fois ». Le conteur est Arthur le Goff, qui narre à partir de ses connaissances. Mais le problème est que c’est un roman qu’il narre, et non une succession de récits courts entrecoupés par l’intervention du narrateur et de son public. Si bien que les deux techniques s’entremêlent et créent une structure narrative complètement inadaptée pour un roman d’aventure, ce qu’est Isboona. Ce va-et-vient entre ces deux techniques non maitrisées tuent toute action, qui sont contées et non vécues, et donc toute atmosphère et tout suspense. Volonté d’être compris par tous : Non. Il y a un véritable problème de transitions, que l’auteur oublie quasi systématiquement de faire. Un passage terminé, l’auteur saute une ligne et passe à autre chose. Ainsi, le lecteur est coupé au beau milieu d’une action, et souvent conduit vers un autre lieu, ce qui est frustrant. Il y a également un problème de descriptions. L’auteur s’arrête vers des détails insignifiants, mais oublie souvent de décrire le lieu où l’on se trouve, les personnages qui y sont présents. Ce qui amène des confusions. De plus, fautes d’incises, on a du mal à savoir qui parle et qui est ce nouveau personnage. Oui, l’auteur l’a indiqué précédemment, mais le lecteur ne s’en souvient pas forcément. L'orthographe et la construction grammaticale :Bonne. Il y a un travail sur l’orthographe qui rend le texte plus facile à lire, quelques fautes sont présentes mais se remarquent du coin de l’œil. Il y a toutefois des difficultés dans la conjugaison, où le lecteur confond parfois les temps du passé et les temps du présent. Scènes juste décoratives (remplissage, détails, digressions hasardeuses)Beaucoup. De fait, l’auteur a un véritable problème de tri des informations : au lieu de sélectionner les moments-clés de l’histoire, il préfère nous plonger dans la vie de ses personnages, qui souvent est loin d’être passionnante. Je regrette l’abondance de détails et de personnages secondaires, ainsi que la lenteur de l’intrigue. Sinon, je regrette les digressions sur la vie de Marie Charon, qui est souvent loin d’être passionnante et ne fait en rien avancer l’histoire. Je regrette également les contes secondaires narrés au début du récit, qui interrompent l’histoire d’Isboona et frustrent le lecteur. Pourquoi ne pas les insérer avant que Le Goff ne reprenne l’histoire d’Isboona ? L’immersion au début du récit : (Cinq premières pages, prologue)Lente. Tout d’abord, l’utilisation du présent, qui est censée rendre plus vivant le récit, ne remplit pas sa fonction, car alliée à la troisième personne et au point de vue omniscient, il donne une certaine neutralité et platitude au récit. L’auteur a également du mal à créer une atmosphère inquiétante en quelques lignes, et ses digressions sur le clan Oltamac perdent le lecteur. La conversation avec la pierre ranime un peu le prologue, mais le dialogue est maladroit : « oh, magnifique », « quelle drôlerie ! ». Le lecteur ne se sent pas impliqué, et donc s’ennuie. Il serait plus intéressant d’user d’un point de vue interne afin de s’attacher au garçon, car il n’a aucune épaisseur psychologique. Pour toutes ces raisons, la prophétie sur le « frère » du garçon ne suffit pas à susciter l’intérêt. De plus, la première partie sur les recherches de Marie me semble trop faible et trop longue pour un début de roman. Le tarot de la cartomancienne ne parvient pas à ranimer l’intérêt, faute d’une véritable atmosphère et d’une prévision trop mécanique et trop détaillée. Ces cinquante premières pages, qui servent de prétexte afin de raconter l’histoire d’Isboona, devraient être raccourcies au maximum. À 1/3 du récit votre envie de continuer la lecture (80-120 pages) / Au 2/3 du récit votre envie de poursuivre votre lectureDiminue pour toutes les raisons évoquées précédemment. Personnages attachants, charismatiques, émouvants / identification au personnage. Non. Légère. Marie Charon : il m’est difficile de m’attacher à elle, car je ne sais rien de son passé. Ce personnage m’irrite par sa futilité. Marie n’a pas du tout l’esprit scientifique, pourtant la sociologie est un domaine qui en nécessite un minimum. Les questions qu’elle pose à Le Goff sont rarement pertinentes. Souvent, leurs dialogues se résument à : « Ça vous plaît toujours ? – Je commence à m'habituer aux Isboonars. Ça me plait oui. ». Ce qui prête à sourire, car j’ai l’impression que par le biais de ses personnages, l’auteur s’auto-congratule. Faun et Kurian : ils m’indiffèrent. L’auteur à du mal à caractériser les personnages, ce qui a pour conséquence une faible épaisseur psychologique. Ainsi, les deux « frères » ont le même vocabulaire et le même comportement, ce qui est dommage. Il aurait été intéressant de creuser le côté obscur de Faun, qui fait pâle figure pour un « mage noir ». Je regrette également la profusion de personnages inutiles. En effet le lecteur a du mal à tous les mémoriser, et cela nuit parfois à la compréhension de l’œuvre. Quelques rappels sur la fonction de tel ou tel personnage serait souvent judicieux. L'originalité des idées (univers personnel, non déjà vu, différent) / Dépaysement et atmosphère : Absente.L’auteur, qui part du principe que pour une mystérieuse raison Isboona est à l’origine de toutes les légendes, va vers la facilité en tentant de se les approprier. Ainsi, en partant de ce raisonnement, « l’histoire des Isboonars » n’est pas tirée de la Belle au Bois Dormant, c’est le contraire. Certes, mais pour le lecteur, qui connait les contes de Perrault, c’est du déjà-vu. On s’ennuie car on a déjà deviné l’issue du conte et on baille devant l’énumération des dons offerts par les créatures magiques. Idem pour les licornes, les phénix, les loups-garous, les sylvestres (elfes) et les dragons. De plus, le monde d’Isboona, malgré une religion propre tournée autour du « Grand Escargot Cosmique », comprend une société médiévale classique, que les contes et les digressions sur leur culture peinent à singulariser. Du côté de Marie Charon, le dépaysement semble aussi difficile. Le domaine d’Arthur Le Goff et ses maisons de hobbit ne m’ont pas conquis, car encore une fois déjà vus (Tolkien). Bref l’auteur s’inspire grandement de la fantasy européenne, et a du mal à innover. Mais la difficulté du dépaysement vient aussi d’un autre facteur : l’absence d’atmosphère. L’auteur ne sait pas faire le tri entre les descriptions utiles et les détails superflus. L'intrigue et le scénario / Coups de théâtre et péripétiesPrésents. Absolument. Les coups de théâtre et les péripéties abondent, il en y a même trop. En effet l’auteur néglige la trame principale au profit de nombreuses trames secondaires. Du fait que les personnages et les nouveaux éléments abondent sans cesse, l’histoire est beaucoup trop complexe. Au bout de quatre cents pages, je suis toujours incapable de définir la trame principale. Sinon, j’ai du mal à comprendre les motivations du roi Lotier. Etant le suzerain des seigneurs, il contrôle les clans. Pourquoi donc se mettre en guerre ? Certains rebondissements sont assez prévisibles. On peut facilement deviner, du fait de leur ressemblance physique, que Faun est le frère caché de Kurian. Il n’est d’ailleurs pas crédible qu’ils ne se soient pas doutés de quelque chose. Suspense et intérêt :Absents. Et ceci pour les raisons que j’ai évoquées ou évoquerai à la suite de ce commentaire (difficultés à trier les informations, problèmes de narration, personnages peu attachants, intrigue trop complexe). Sinon, l’auteur, faute de rythme, n’arrive pas à susciter l’intérêt. Il utilise donc parfois des procédés très artificiels : par exemple, page cent, il cache volontairement la nature d’un objet aux yeux du lecteur alors que celui-ci voit que Faun le sort de sa cachette. Cela ne suffit malheureusement pas. Comportement (des gens, des choses) rationnel à défaut d'être logique / Vraisemblance et crédibilité de l’histoireUn peu. De nombreux points devraient cependant être éclaircis. J’ai tentés de les énumérer, mais sans doute en ai-je oubliés. Tout d’abord, à cause de leur petite taille, l’adaptation des Isboonars à leur environnement me laisse sceptique. Il me semble en effet peu crédible que du haut de leurs soixante-dix centimètres, juchés sur une chèvre, ils chassent un sanglier sauvage, ou que certains d’entre eux, comme Agus, chevauchent des buffles, montures déjà très impressionnantes pour un être humain. De même, j’ai du mal à croire que les arbres appartenant au clan de Kurian soient si peu protégés. En effet, la frontière entre les deux clans devrait logiquement être un minimum surveillée, et des gardes-chasses devraient veiller au grain. De plus, je ne comprends pas pourquoi le père de Kurian s’est confié (au sujet du vol des arbres) au roi Lotier, alors qu’il savait parfaitement qu’il encourrait la peine capitale et que Faun pouvait arriver d’un instant à l’autre avec des preuves. Manifestement, il ne connaissait pas si bien son suzerain ni les règles régissant Isboona, alors pourquoi se jeter dans la gueule du loup ? Sinon, je trouve le coup de foudre entre la prêtresse et Kurian tout sauf crédible. Comment une prêtresse qui a fait vœu de chasteté, peut-elle après avoir échangé un regard avec un inconnu, oublier tous ses devoirs et s’abandonner sans une hésitation ? Idem pour Kurian, héritier du trône et promis à une autre femme. Les pouvoirs de Gotine sont trop élevés : pouvant se transformer en la créature ou la personne qu’elle souhaite, ses possibilités sont immenses. Il en va de même pour Faun, qui peu posséder des personnes et fouiller dans leur mémoire, et les utiliser comme de vulgaires objets jusqu’à ce qu’ils se putréfient (rapidement). Ces pouvoirs sont démesurés, je conseille à l’auteur de les diminuer. Sinon, l’auteur s’inspire encore une fois de la culture européenne, car les bûchers de sorcières, l’hérésie et ce genre de torture sont typiques de l’Inquisition, qui à ma connaissance n’existe pourtant pas sur Isboona. Adversités servant une logique (initier le héros) sans choquer en vainLe plus souvent. Sauf pour la « mort » de la famille du bûcheron qui est ridicule, violente, peu crédible et écrite de manière négligente et qui est une accumulation de clichés. Volonté de transmettre du savoir, une réflexion (de faire débat, etc.)Non. Malgré l’univers féodal d’Isboona, le récit est un pur divertissement. Conclusion : Pour toutes ces raisons, je me prononce contre la mise en avant d’Isboona. Je reconnais cependant quelques qualités à l’oeuvre, comme un style agréable, bien que possédant quelques lacunes, et une véritable recherche dans le scénario (qui gagnerait cependant à être simplifié). Amicalement.
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