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 RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans

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olivier.lusetti
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MessageSujet: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans   Dim 17 Jan - 13:24

Bonjour à tous !

Voilà le moment tant redouté de l’auteur, celui de recevoir l’avis d’un comité de lecture. Il s’agit aujourd’hui d’un verdict sur
le manuscrit de :

Stéphanie Sylvain - Les Gokans à la recherche du bonheur.


Le comité de lecture de RdF est composé de :

Lusetti Olivier/MissCoco/Verity/Yrkélia et pour conforter son choix de Taharka en tant que Main du Roi. Le but du comité est tout aussi bien une autorisation de mise en avant sur le site, mais aussi un véritable travail pour aider l’auteur à progresser.
Le résultat est le suivant :

5 voix défavorables sur la mise en avant de ce roman.


Le verdict est sans appel, cette œuvre n’a pas conquis le Comité de Lecture qui ne possède pas La vérité, je le rappelle, mais simplement la sienne.
Par contre, le Comité de lecture donne un avis favorable pour une représentation du manuscrit une fois celui-ci profondément retravaillé.
Un droit de réponse est bien sûr donné à l’auteur dans la partie actualité.

Merci Stéphanie (Mégami) pour le courage dont tu fais preuve en soumettant ton œuvre.

Amicalement.


_________________
Les avis, c’est comme le nez au milieu de la figure,
tout le monde en possède un, du flair pour certains.
Il ennuie le style sans histoire, elle s’appauvrit l’histoire sans style.

LA PROMISE (roman de fantasy, 15 et )

LE CYCLE D'HYPNOS (extraits)

Comment mieux écrire ?


Dernière édition par olivier.lusetti le Dim 14 Mar - 11:45, édité 2 fois
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olivier.lusetti
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MessageSujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans   Dim 17 Jan - 13:26

Commentaires du membre A

« LES GOKANS A LA RECHERCHE DU BONHEUR »

Le Style & L’écriture

Le style
Le style de l’auteur est son principal atout. En effet, le style est simple, mais très clair. Il est abordable pour tout le monde.
Il permet une lecture aisée et permet d’avancer dans le récit dans aucune difficulté. Il est donc une composante dynamique de l’écriture qui aide à aller toujours de l’avant.

La tournure de phrase
Pragmatique.
Elle est de temps en temps poétique, mais le plus souvent elle est simple. Elle correspond parfaitement à la narration.

L’orthographe et la construction grammaticale
Rien à dire. Sauf que peut-être que quelques chapitres ont été oubliés par le correcteur d’orthographe. Certains auxiliaires ont peu me surprendre dans les temps composés. Mais, ce ne sont que des détails, rien qui n’entrave la lecture ou peut être à l’origine de contre-sens.
En une petite heure de correction, toutes ces questions devraient être réglées aisément.

Phrase tarabiscotée et vocabulaires compliqués
L’auteur nous a dit vouloir publier au Canada francophone. Elle-même habiterait à Montréal.
Au cours de ma lecture, je suis donc tombée sur quelques expressions ou phrases que j’ai eu une peu de mal à saisir. Mon dictionnaire m’indiquant parfois des « régionalismes québécois » pour certains mots qui m’ont surpris, j’en ai déduit que les phrases que j’avais du mal à saisir (souvent des phrases imagées, ou à travers des dialogues) devaient être la résultante de ce même contexte régional.
En fait, cela surprend, mais cela ne dérange guère. Ces petites interrogations sont rares. Bref, un petit brin d’exotisme !
Sinon, le vocabulaire est courant.
À noter que j’ai souvent regretté un usage de certains mots vulgaires dans la narration. Par contre, je n’ai rien contre leur utilisation ponctuelle dans un dialogue. Mais, dans la narration, je suis sûre que certaines expressions tout aussi cinglantes, mais plus élégantes auraient mieux convenues. Certes, au vu de leur rareté dans le texte, je pense que l’auteur a voulu par leur utilisation soudaine « réveiller » le lecteur, et je dois avouer que c’est alors plutôt réussi.
Un petit problème est aussi lié à la ponctuation. Ayant moi-même rencontré la même difficulté, je me permets de conseiller à l’auteur de rechercher tous ses points d’exclamation et de se demander s’ils sont réellement utiles. Leur multiplicité frôle la surabondance. Ils font certes « chanter » le récit, mais tous ces « cris » et « envolées de fin de phrase » deviennent par moment pénible et pas franchement nécessaire.
Dans la ponctuation, je signale juste aussi un petit problème sur les interjections, qui ne sont souvent pas séparées du reste de la phrase, ce que je regrette de façon générale (ex : « blablabla, [virgule] mon étoile. »). Sur ce point encore, j’ai conscience d’aborder un détail.
Je regrette également - et de façon annexe- l’usage des chiffres dans le récit plutôt que de leur écriture en toutes lettres. Encore un détail, facile à retravailler.

Soutien du fond par la forme
Point de vocabulaire haut perché ou de registre recherché excessif.
Un langage courant pour faire passer un message clair.
Une expression orale et narrative par des personnages du tout-venant, et donc soulignant bien que les Héros vivent dans la vie ordinaire même si certains d’entre eux sont vraiment exceptionnels dans leur allure.

Alternance des formes narrative et dialogue
Les alternances sont bien respectées.
Par contre, j’ai souvent regretté que les dialogues soient un peu longuets, à cause d’incompréhension des personnages entre eux et des jeux de questions un peu poussifs avant que « l’éclair de lucidité » ne les transcende tous.
Je sais que j’ai qualifié plusieurs fois le Héro de plutôt « lent à la compréhension », finalement cela transparait dans certaine « sur-explication » narrative, et dans une partie du dialogue où l’on tente d’expliquer à chaque personnage ce que le lecteur, lui, a bien compris depuis plusieurs lignes.
Bon, j’ai conscience que par ce choix d’écriture, on ne perd pas de lecteur en route, tout comme on découvre les mécanismes de la pensée des personnages.
____________________

Le Récit

L’immersion au début du récit
Le Chapitre 1 est… étrange.
Il commence par appâter le lecteur, une histoire de dernière confession avant la mort ou la disparition. Une onde de regrets et de tristesses. On va donc remonter en arrière dans le récit et on nous prévient. Très bien. Pourquoi pas. C’est un mécanisme d’écriture que personnellement j’aime bien : « trahir la fin du roman ! »
Puis, on expose ce qui semble être une anecdote et on se projette vers le futur. Un peu de confusion s’installe. On a dû mal à saisir en quoi ce qui nous semble être qu’un épisode ponctuel a tant d’importance aux yeux du narrateur. Bien sûr, la réponse viendra bien plus tard… Mais plus que la curiosité, c’est des interrogations un peu déstabilisées qui entravent l’esprit en ce début de roman.
Le chapitre suivant nous expose les Gokans, là la narration a un côté un peu rhétorique qui fait un peu artificiel.
On enchaîne ensuite sur toute une première partie qui va servir à nous approcher du Héros, de sa vie, de ses « ennuis », de ses envies.
D’ailleurs pour moi, le livre se partage en trois parties : « En avant de la recherche des Gokans », « La recherche des Gokans », « le fruit de la recherche des Gokans ». Je reviendrais sur ce découpage de façon ultérieure. En tout cas, la première partie prend son temps de poser des bases (prend un peu trop de temps ?) et je m’interroge encore sur l’utilité de chapitre entier sur l’habilité du Héros pour le combat, surtout quand je vois le résultat par la suite.
Oui, la suffisance humaine va se prendre une grande claque. Mais tel est aussi l’un des messages de l’auteur…

Le dépaysement & l’atmosphère
L’atmosphère se veut un peu sombre au début. Les Héros sont touchés dans leur chair ou dans leur esprit. Ils ne sont pas censés être heureux, même si Tetsu a une belle nature optimiste et qu’un rien — un rêve, un fantasme — suffit à son bonheur (bonheur jaloux et égoïste, somme toute, pendant la moitié du récit)
L’auteur avait abordé des scènes jugées par certains comme un peu violentes et qu’elle y tenait. Au total, ces scènes se délitent dans le reste — plus calme — du récit et ne donne pas une couleur globale « violente, sanglante » au roman dans son entier.

Le dépaysement est un point qui me permet d’aborder une partie du traitement des descriptions de ce monde et des repères.
Personnellement, je ne suis guère une passionnée des descriptions et habituellement un minimum de repères m’est nécessaire sans que l’auteur ne doive s’appesantir à les multiplier. Pourtant dans ce récit, je me suis sentie perdue plus d’une fois.
Je ne parle pas de ce qui me parait être un mauvais calcul concernant la période de convalescence du Héros au cours du récit : je pense sincèrement que l’auteur ou le narrateur s’est trompé en parlant parfois de plus de quinze mois et d’autre fois d’une seule année.
Non, je parle de repère : où sommes-nous ? quand sommes-nous ?
En effet, nous sommes presque sur la Terre, on nous parle de « France, d’Allemagne, du Japon », puis on nous cite un Empereur (Asiatique ?) et de nombreux pays qui sont imaginaires. Mais pourquoi citer de vrais pays ??? Cela me noie, plus que cela ne me donne de repère.
Les noms des certains principaux personnages et de l’ennemi sonnent de façon très asiatiques. Pourtant, rien ne nous donne à penser que nous sommes en Orient. Bon, le narrateur est aveugle. Et alors ? Une attitude (le « respect » et les « salutations » à l’asiatique), l’habillement, la structure de certaines villes/villages devraient nous aider à citer ce monde. Les personnages voyagent, certes (désert, tribu des forêts, cité urbaine), mais toute la première partie se trouve dans une même structure géographique et là aussi je me suis sentie perdue.
Le dernier pays abordé est de toute façon présenté comme aberrant. Mais franchement, après toute cette normalité du récit, la déstabilisation est perturbante et me semble gâcher la cohésion totale.

Quant au repère temporel, là aussi, je me suis laissée perdre.
On nous parle de Samouraï, le Héros passe sa jeunesse à s’entraîner comme un damné ninja et… on se retrouve au final confrontés à des armes à feu.
Une partie du récit est intemporel, une autre est marquée par le Présent/le Moderne, et des incohérences se créent. Ex : des hôpitaux bien équipés de respirateur artificielle, mais pas une police ni une justice intéressées ou efficaces.
Si je ne sais pas « quand » je suis, ou quelle est la « culture technologique » d’un monde, je ne peux pas savoir ce qui est possible d’exister ou pas. Je suis donc otage de la bonne volonté de l’auteur, qui sans explication peut m’imposer des kunai ou des fusils d’assaut… Ils peuvent marcher d’un pays à l’autre ou se déplacer en carriole, mais pourquoi pas aussi prendre le train ou l’avion (ce qui n’a pas eu lieu, mais allez savoir pourquoi…)
Personnellement, je n’apprécie guère les récits où l’auteur peut « tricher » en trouvant des solutions modernes dans certaines situations (surtout médicales) pour sauver soudainement ses héros qui auraient dû être condamnés.

Suspens et intérêt
L’action est souvent bien menée dans le sens où elle suscite de l’intérêt.
Mais dans toute la partie : « recherche de soi-même », l’intérêt et la curiosité sont très variables.
En effet, ce récit se veut aussi être une quête initiatique. Je révoquerais ce point ultérieurement. Je tiens juste à signaler que mon esprit étant parfois un peu plus rapide que celui des Héros (ouf, pour moi…), je me suis parfois un peu ennuyée en attendant que les personnages se secouent un peu et retombent dans la Réalité.
Plusieurs fois, je me suis demandé où l’auteur nous emmenait. J’avoue avoir été parfois très agréablement surprise.
L’irréalité du but ultime de la quête m’a toujours semblé être un prétexte face auquel les Héros s’aveuglaient.

Scènes juste décoratives
Tout le début et toutes les scènes d’entraînement mettent en place le Héros.
Ce ne sont pas des scènes purement décoratives, mais j’ai eu du mal à trouver que la longueur qui leur est consacrée soit aussi nécessaire au vu des évènements globaux et de la quête.
Côté « décor », vu qu’il n’y en a pas, il n’y a donc aucune scène d’épouvantables descriptions sans fin. C’est très appréciable.

J’aimerais également parler ici d’un autre thème sur la structure du récit : « les informations au mauvais endroit, au mauvais moment. »
En effet, plus d’une fois, je me suis posé des questions sur des points que j’étais prête à reprocher à l’auteur. Quel ne fut pas mon plaisir de constater secondairement que l’auteur s’était emparé du sujet et avait traité la question (parfois pas de façon entièrement satisfaisante, mais le plus souvent elle est allée au-delà de mes espérances.)
Je regrette juste le positionnement de ces informations. Un petit doigt de détail à l’endroit nécessaire, quitte à y revenir secondairement plus tard me semblerait être la solution la plus facile à mener.

Coups de théâtre, péripéties
& Vraisemblance et crédibilité de l’histoire
& Le Comportement rationnel


Là, j’en arrive au gros point noir…
1/ Je ne comprends pas pour Aji s’en prenait à ses « collèges ».
Il voulait gommer la menace qu’ils représentaient ? Mais alors pourquoi les laisser en vie ?
Il voulait plus tard les influencer par son aura de ténèbres pour les effrayer et les contraindre à faire son vœu ? La scène du souper allait dans ce sens. J’étais sur la même longueur d’onde, mais la fin étrange de cette soirée m’a totalement perdue.
Il voulait acquérir les Sens de ses proies ? Mais, il n’y est jamais arrivé. Il n’avait que le Goût à ce que je sache.

2/ Cette histoire de « bonheur »…
Dès le début, j’ai eu du mal, sachant comme tout le monde que nous sommes les propres acteurs et décideurs de notre bonheur. Comment croire qu’aucun personnage ne le voit ? Même Tetsu le dit parfois à Ine. Mais pourquoi n’écoutent-ils pas la raison qui sort de leur propre bouche ? Un mystère.

3/ Les séquelles du repas du serpent
Là, c’est le chapitre de toutes mes incompréhensions.
D’abord, je suis d’accord avec Tetsu : mais que dont-ils dans cette galère ? Pourquoi laissent-ils un empoisonneur notable leur préparer un repas ?
ET SURTOUT : COMMENT S’EST FINI CE REPAS ????
Comme la narration se fait à « je », non, il n’est pas possible de suivre les évènements quand le narrateur est inconscient. Mais dans mon décompte, Yaama devait être mort, Tetsu mourant, les deux autres hommes mal au point, et Fujiko peut-être sur le point d’être violentée par le « méchant » ou en tout cas : tombée sous sa totale domination par la force.
Et puis… zap. Plus rien. On repart de plus loin. On ignore qui a appelé les secours, comment chacun s’en est sorti. Pourquoi ils ont continué à fréquenter Aji pendant des mois… Pourquoi celui-ci a laissé filer ses proies (pour mieux les attendre en fin de roman, pile au même endroit ?)
Le Héros ne posera jamais la question au sujet de tout cela. Parce qu’au final, je ne vois que ce qu’il y aurait eu, de la part des autres, de honteux à lui raconter les évènements.
Non, ce passage mérite pour moi un bien meilleur traitement.
Ce chapitre avait une vraie puissance, une montée en crescendo et puis… Un détestable goût de trahison du lecteur par un deus ex machina sur lequel nous n’avons pas d’explication même bancale pour nous satisfaire.
En fait, pour moi, c’est comme jadis l’Acte 3 au théâtre : une fin dramatique qui est souvent la vraie fin avant que l’auteur, pris dans les convenances, choisisse par 2 actes supplémentaires de rattrapage un peu acrobatique de nous offrir un happy end.

4/ Le côté médical.
Je ne vais pas trop l’aborder. Je crois qu’il ne va guère gêner de monde. Moi, mes questions ont été multiples et j’ai bien compris que je ne trouverais pas de réponse à même de me convenir.
De la Fantasy ?
Les pouvoirs de Tetsu et sa cécité aux orbites creuses ne me posent aucun problème. Ça, c’est vraiment de la Fantasy (mon style littéraire préféré). C’est plutôt le reste des blessures des uns et des autres qui m’interpellent.
C’est surtout parce qu’on tente d’aborder les détails des soins et des rééducations, je me suis retrouvée happée dans ces histoires de détails. D’habitude, j’ai l’habitude des incohérences médicales en SF.

5/ La Légende en elle-même
J’ai bien eu du mal à comprendre en quoi chacun des Gôkans était maudit.
À comprendre comment on allait forcer une enfant de 7 ans à réaliser des souhaits.
À comprendre que Kan était réellement si « démoniaque »
Bref, les liens des uns avec les autres.
Mais, bon, sur ces différents points, je crois que la mauvaise compréhension vient de moi et non de l’auteur. De toute façon, même pour les personnages, toute cette histoire de légende est parfois confuse. Que puis-je demander de plus ?

6/ Le plan parfait contre Aji et les combats
Je crois que je n’ai toujours pas compris comme Tetsu a deviné la fragilité d’Aji depuis le fond de son lit d’hôpital puisqu’il n’a eu la réponse concrète à ses soupçons qu’en découvrant des détails dans l’esprit du détesté samouraï.
J’ai aussi un profond problème avec les armements : la manipulation d’autant de poignards par Tetsu m’a toujours semblé irréelle, même pour un ninja. L’intervention d’arme à feu m’a peinée, car cela m’a perdu une nouvelle fois dans mes repères temporels et en plus, franchement je ne comprends pas comment ils ont pu échapper à la mort par balle (j’ai bien lu l’explication sur la peau, mais les autres ?)

7/ L’argent
J’en dis juste un mot. Mais d’où les héros tirent l’argent nécessaire à leur long périple de près de 2 ans. Un détail idiot me direz-vous.
Mais quelques détails montrent que même l’auteur a pensé à ce problème, puisqu’elle évoque souvent les dernières économies de Tetsu (qui n’a jamais travaillé, et qui a toujours encore quelques pièces en poche…)
Cependant, la question m’a traversé l’esprit plusieurs fois. Surtout qu’à part la courte phase comme « actrice » pour Fujiko, on ne connait ni travail, ni richesse à aucun des Gokan.

8/ L’Aveugle qui se moque de voir.
J’ignore si l’auteur a déjà fréquenté des malvoyants. De mon expérience personnelle, je trouve que Tetsu ne me convainc guère.
D’abord, il se déplace vraiment trop bien en terrain inconnu. Je ne parle même pas des passages où il est avec des béquilles.
Ensuite, je trouve que même s’il est touché par la Vue, il recourt très peu à ses autres sens. Son ouïe ne perçoit que rarement les souffles des gens qui l’approchent en catimini, il n’utilise presque jamais son toucher : palper les tissus, les visages, etc… Toucher Fujiko ? (oh, mais cela nous ferait-là une scène très sensuelle, non ? bon, il la prend une ou deux fois dans ses bras, mais il ne le fait guère, ni n’ose jamais le réclamer)
Les autres qui ignorent ce que cache son bandeau ne sont vraiment pas très compatissants pour son handicap. Même si Tetsu refuse de l’aide, j’ai trouvé — surtout au théâtre — qu’on ne l’assistait guère. Tetsu nous avait prévenus pour les gens de son village (qui est bien trop peuplé pour un village, en plus…), mais la situation se répète avec toutes les autres personnes inconnues approchées.
Ensuite, Tetsu a un pouvoir qui lui permet temporairement de voir. Et… il ne s’en sert que pour l’entraînement et non pour s’enivrer de couleur, de forme, bref de vision… À travers ce pouvoir, il devrait savoir ce qu’il perd à chaque fois qu’il se retrouve seul dans ses ténèbres en fin de technique. Il devrait nous décrire ce qu’il perçoit alors. Mais non. Il juge ces éclairs de vision comme peu important, voir comme négligeable. Il ne réalise qu’à 30 ans que le ciel bleu peut être beau. Là, j’ai vraiment eu du mal avec cette négligence pour un pouvoir dans lequel il devrait verser à chaque fois qu’il récupère un peu d’énergie.


______________________


Personnages attachants
& Identification du lecteur avec le ou les héros

Non.
La Fujiko du début (la dépressive) m’a donné envie plusieurs fois de hurler « réveille-toi de ton nombrilisme ! » Elle évolue ensuite. Nous nous la présente comme une cheftaine, une femme forte, une sage. Et… elle pleurniche toujours.
Tetsu a passé de longs moments à m’exaspérer de ses sentiments débordants. Sa compréhension est également parfois un peu lente. C’est un gentil garçon, il a de belles qualités (son optimiste, sa fidélité, le fait qu’il est tout en retenue), quelques défauts (ses obsessions sur son étoile filante, ses sentiments parfois étranges dans le contexte, son immaturité permanente). Et comme on voit tout le récit via ses (non) yeux, alors au mieux, je dirais que je suis neutre vis-à-vis de lui.
Yaama m’avait paru intéressant par sa répartie initiale, puis il est devenu assez terne en se dans sa culpabilité et dans son avilissement volontaire par terreur et désir de repentir.
Aji a du tempérament, mais les incohérences du scénario ne me permettent pas de l’apprécier. Cela m’a donné l’impression qu’il était un incapable ne sachant pas comment utiliser sa domination. Un cruel certes, mais avec aucune vision à long terme. (C’est d’ailleurs la conclusion, non ?)
Neolani est presque transparent pour moi. Son cri final de « tu m’as trahi » m’a semblé incongru avec son âge théorique. (mais je reviendrais sur ce point)
Kièle a toutes mes préférences. J’aime son dévouement, sa nature un peu sauvage et ses pieds bien sur terre.
Les autres personnages : le Dr Rica est déformé par la vision changeante de Tetsu, sa sœur aussi, les gens de la troupe sont juste esquissés, de même que les autres personnages croisés de ci et de là.
Kan n’est même pas vu sur plus de 3 chapitres. Son équipe de protection est bien plus travaillée en 3 chapitres sur les sentiments et les états d’esprit que l’ennemi final lui-même…

De ce problème de faible attachement aux personnages, j’ai connu différents problèmes :
- un côté pénible de la première partie où le couple phare m’a un peu fatigué, sans que ma sympathie ne soit acquise à l’un ou l’autre.
- une difficulté d’empathie qui m’a beaucoup perturbée. Je ne suis pas arrivé à entrer dans la chaine action-réaction de l’esprit de Tetsu par exemple et donc je me suis toujours sentie en décalage entre les réactions de Tetsu décrite et celle auxquels je m’attendais : il a du dégout et de la rage, là où j’attends de lui de l’amitié et de la compréhension ; il a honte là où moi j’aurais vu de la rage ; il se moque de ne pas être aimé là où moi j’aurais évoqué de brefs éclairs de sensation trahie ou triste, puis réclame de l’amour là où moi je le pensais habituer à l’idée de ne rien obtenir. Bref, en n’étant pas sur la même longueur d’onde que le personnage, chacun de ses sentiments m’ont apparu comme décalé et donc étrange.
- par cette absence d’empathie, je me suis retrouvée à « l’extérieur » de tous les grands passages émouvants du roman. Les grands sentiments, pourtant bien décrits stylistiquement, ne m’ont pas touchée, pas émue. Un peu comme quand on arrive sur une série TV qu’on ne suit pas habituellement et qu’on se demande comment ses meilleurs amis — gens pourtant sensés — peuvent supporter ces lamentos émotionnels.
Je me suis donc sentie frustrée, car l’émotion était là, à portée de mains/d’yeux, et moi je ne pouvais m’y laisser emporter.

Évolution de la psyché des personnages au fur et à mesure
Mais j’aimerai ici aborder le thème de la « maturité ».
En effet, on nous a promis un récit avec une évolutivité des personnages.
Indéniablement, les personnages changent tout au long de l’histoire.
La petite Fujiko suicidaire du début disparait totalement dès la moitié du récit. (et tant mieux !)
Par contre, côté « maturité » du héros… Oh, ce n’est pas faute de nous dire qu’il a muri, mais aucun de ses actes ne le prouve. Bon, il est moins obsédé par son étoile, mais pour le reste…
Le principal point qui m’a gêné est l’âge des différents protagonistes : environ 17, 27, 37, 47 et 57 si je me trompe (je ne parle même pas du Méchant, qui a 7 ans,… extorquer un vœu à un enfant de 7 ans même plein de sagesse et de malignité… j’ai eu un peu de mal..)
Mon souci est que pour moi, aucun de ces personnages n’a un âge psychologique en accord avec son âge physique. Si je ne me trompe, l’auteur tourne autour de 20 ans. Je réalise très bien qu’il est difficile pour elle de s’imaginer la façon de penser de quelqu’un de 57 ans.
Je trouve que tous les personnages ont une vraie similarité de vision du monde. Souvent un brin adolescent, effectivement, mais plutôt une sorte de 17-35 ans s’étirant à l’infini.
Neolani surtout me semble mal correspondre à son âge (surtout que Tetsu le voit comme un « frère » et non un « père »)
Tout comme Tetsu, dont les 30 ans m’étonnent.
Les deux sont handicapés dans leur corps. Ils ont eu du mal à échanger avec les autres. Certes, mais on dit souvent que la maladie vieillit les esprits avant l’âge et on s’étonne de la maturité des enfants cancéreux sur la vie et la mort voir d’un certain pragmatisme ou cynisme chez eux. Ici, Tetsu m’a toujours semblé aussi adolescent que la Fujiko du début du récit.
Je pense qu’un simple écart de 5 ou de 3 ans entre chaque Gokan serait suffisant. Non ?

Adversité servant une logique
Des épreuves oui.
La logique ? heu.
Le début du roman aborde le thème difficile et délicat de l’adolescence : de l’intastisfation, de l’envie suicidaire des jeunes, de la difficulté à faire face à son passé, à ses déficiences, à ses douleurs, à ses remords. De ce côté-là, les évènements abondent.
Les scarifications et tentatives de suicide de Fujiko sont une étape malheureusement bien connue chez certains professionnels de l’aide à l’adolescence. Certes, on lui aurait préféré une autre façon de grandir, mais au total, elle ne s’en tire pas trop mal.
Les épreuves physiques auxquelles Tetsu se livrait m’ont souvent apparu comme un peu délirante. Réellement mortelle et dangereuse, mais il n’avait pas l’air de le percevoir.
Les divers combats ou défis rythment bien les différentes rencontres.
Aji constituerait un épisode de choix si la fin de ce maudit chapitre du repas avait bien voulu être achevée par l’auteur et le narrateur !

______________________

Volonté de transmettre du savoir
Oui.
Évidemment.
Aussi bien sur l’adolescence que sur le bonheur.
C’est marqué dans le titre et c’est le sujet récurrent du livre.
Après, ma conclusion est la même que celle de Kan.

Volonté d’être compris de tous et sans choquer inutilement
Compris de tous ? Oui. Indéniablement.
Volonté de ne pas choquer ? Résultat mitigé. Comme dit l’auteur, tout dépend de la tranche d’âge visé. D’un côté, les commissions de santé prônent qu’il faut aborder auprès des jeunes les thèmes du mal-être adolescent afin de le combattre. Mais encore faut-il que le lecteur suive l’héroïne jusqu’au bout de sa voie de maturité. En suite, est-ce que personnellement j’achèterais un livre dont la première partie recèle quelques scènes sanglantes ? Là encore, je dirais que cela dépendrait de l’âge psychologique de jeune, de son état d’esprit et de son ouverture au monde (adulte). Bref, au-dessus de 16 ans, je pense qu’on a franchi pour la plupart des jeunes une barrière de fragilité. Bien sûr, certains jeunes restent influençables jusqu’à la première moitié de la vingtaine, mais par rapport aux assauts de la vie, ce livre ne devrait les pousser à un quelconque acte dommageable. En tout cas, ce n’est absolument pas ce que vise et prône l’auteur au final. Au contraire.
________________________________________

Au 1/3 du récit, votre envie de continuer la lecture ?
Très franchement, le côté « adolescent » du récit ne fait pas partie de mes thématiques préférées. Mon adhésion a donc été modérée tout au cours de cette première partie. Par contre, le style de l’écrivain rend la lecture si facile que les pages glissent toutes seules.

Au 2/3 du récit, votre envie de continuer la lecture ?
Toujours pareil : ayant une attirance modérée pour la thématique de l’œuvre, mon envie de lire a connu bien des hauts et des bas dans la deuxième partie.
L’accumulation de détails gênants et de petites incohérences qui s’ajoutaient a parfois entravé mon esprit.

L’originalité des idées

Les 5 sens sont un thème courant.
L’abord de l’adolescence est une thématique rare parmi mes lectures, mais une partie de la Fantasy ne s’appelle pas « Fantasy jeunesse » pour rien, me dis-je.
Les aveugles en Fantasy, un thème très courant.
Le vœu unique est une question plus originale.
Les combats et certaines situations m’ont paru très… manga/anime ? L’influence m’a paru certaine. À travers le forum, j’ai noté que cette influence visuelle asiatique est très appuyée parmi nos esprits de jeunes auteurs français. L’originalité de certaines scènes est donc relative : on a déjà vu ces scènes, mais il est rare que cela fût à travers un écrit ou une narration.

L’intrigue et le scénario sont un prétexte ?
& La fin du récit
& Les problématiques du livre en fin de récit

Oui et non.
On nous a promis de nous parler de la quête du bonheur et on a tenu promesse.
Pour ceux qui comme moi avaient un peu de mal avec la thématique de la quête du bonheur, ils ont peu voir après 200 pages que l’auteur était pragmatique et réaliste.
La fin de livre est un brin psychédélique ce qui crée un décalage avec le reste du récit. Quant au final, il m’a poussée à relire l’introduction et je n’en dirais pas plus.

Au total
Un avis final bien difficile.
Je crois que l’auteur possède un style littéraire qui lui permettra d’écrire de nombreux récits avec une facilité d’accès pour le public à son écriture.
La forme ne pose aucun souci technique.

Les scènes que l’auteur avait signalées comme un peu « choquantes » se perdent selon moi dans le reste du récit où l’action est plus classique. Ces passages peuvent influer sur l’âge du public, mais guère plus.

Mais trois problèmes majeurs sur ce roman sont :
1/ Le manque de description et de repères clairs qui risquent de perdre les lecteurs de type « amateurs de description » qui ont besoin habituellement de toutes ces précisions.
2/ une difficulté d’attachement et d’identification de certains lecteurs pour les personnages, ce qui compliquent la plongée empathique et la compréhension de certains changements et sentiments des personnages.
3/ des incohérences scénaristiques dont deux majeurs : la cécité aux conséquences erratiques du Héros et le fameux dîner des 5 Gokans.

C’est l’accumulation de toute la série de petites imperfections que j’ai notées qui me pousse à demander à l’auteur de retravailler son ouvrage.

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Les avis, c’est comme le nez au milieu de la figure,
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MessageSujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans   Dim 17 Jan - 13:29

Stéphanie Sylvain - Les Gokans à la recherche du bonheur

Commentaires du membre B (LUSETTI OLIVIER)

Dès le début du roman, des invraisemblances s’accumulent. Elles donnent ainsi une mauvaise approche au lecteur, confortée par une psyché des personnages loin d’être fouillée et un manque de description et de repère (ou, quand) qui nuit à la clarté de l’ensemble.
On apprend que le héros Tetsuya est aveugle du fait qu’un inconnu un jour se glissa dans sa chambre et qu’il procéda à l’extraction de ses globes oculaires à l’aide d’une arme blanche. Mais il semble que la victime ne se soit aperçue de rien, attendu que ce sont ses parents qui lui reportèrent la situation. On sait que cette horreur arriva au personnage principal très jeune, car ses parents dès l’âge de ses dix ans l’abandonnèrent à son triste sort, lui ainsi que sa sœur — son aîné de dix ans — de peur que l’intrus ne revienne. Le tout est raconté d’un ton badin. Alors que le fait d’imaginer ne serait ce que la douleur et les cris dus à cette action d’énucléation des yeux aurait de quoi glacer le sang d’effroi. Mais aussi laisser de graves séquelles mentales à la victime découvrant l’abomination d’un tel handicap à son réveil. Bref, on nage en pleine épouvante, mais le héros reste plutôt coulant quant à l’origine de cet acte barbare, pour préférer se plonger dans un océan de vengeance persuadé qu’il est que son tortionnaire reviendra. Pour s’y préparer, celui-ci s’entraîne sans relâche avec le forgeron son maître d’armes dans la pratique des arts martiaux dans lesquels il excelle. Au point d’être capable de lancer 50 poignards en trente secondes et de fustiger sa négligence lorsqu’il manque sa cible que pour deux d’entre eux. De plus, le héros à la faculté de voir à travers les yeux de ceux qui l’entourent, plus particulièrement ceux de sa soeur en utilisant une technique que l’écrivain nomme : Manazashi o Toreedo ou échange de regards. Cette incroyable aptitude qui lui permet d’augmenter considérablement ses compétences martiales se trouve fortifiée par une formidable acuité de tous ses autres sens.
Pourtant, l’auteur nous décrit Tetsuya comme un être en totale dépendance de Misari sa sœur aînée, incapable de pouvoir subvenir seul à ses besoins. Là encore, l’incohérence demeure importante, pour la bonne raison que sans aller chercher des capacités spéciales, les non-voyants peuvent s’instruire – ce qui n’est pas le cas du héros — avec l’aide entre autres du braille. Tout comme ils peuvent accéder à un travail et vivre au quotidien dans une relative indépendance par un extraordinaire effort d’adaptation à leur environnement.
Le misérabilisme dans lequel l’auteur essaye de faire tomber le lecteur ne prend pas, car toute recherche de vraisemblance semble totalement absente de son esprit. Comme le choix d’insister sur le fait que Tetsuya âgé de trente ans se culpabilise sur le sacrifice de l’existence amoureuse de Misari, âgée de quarante ans. En effet, celle-ci délaisse cette part de sa vie, pour ne se consacrer qu’au bien-être de celui-ci. Comme si l’un ne pouvait exister qu’à contrario de l’autre. Alors que le héros possède des capacités hors-normes faisant de lui un être n’ayant presque rien à envier à un voyant. Mais tout comme sa sœur précédemment, lui aussi, mais sous le couvert de la honte que la cicatrice de son handicap lui procure, décide de tirer un trait sur sa vie sentimentale.
Lorsque Tetsuya recouvre la vision — au contact furtif d’une actrice se déplaçant près de lui dans un véhicule. L’écrivain choisit de décrire ce retour de la vue comme une tache de lumière, qui disparaît au fur et à mesure qu’augmente l’éloignement de celle-ci. Dans ce passage intéressant, l’auteur passe à côté d’une partie de son début de récit. Car il n’insiste sur le côté merveilleux du retour de la vue, que par des affirmations glissées dans la bouche de son personnage au lieu de sensations et de descriptions qui auraient rendu le tout bien plus immersif.
Lorsque le héros fait part de son expérience à sa sœur, celle-ci affiche une incrédulité complète au point de penser qu’il a pu perdre la raison. Et ce, bien qu’elle sait qu’il peut pourtant regarder à travers les yeux d’un autre…
Le rendez-vous avec le médecin ne fait qu’asseoir le manque de crédibilité du début de l’histoire par un diagnostic sans appel, affirmant que sans ses globes oculaires il lui est impossible de voir. Alors que ce médecin suivant son patient depuis de nombreuses années devrait de mon point de vue remarquer le côté exceptionnel de celui-ci. Car du fait de ses entraînements, Tetsuya ne peut, à mon sens, que dégager une certaine aisance dans ces gestes et déplacements ne pouvant passer inaperçus aux yeux d’un spécialiste. Et je gagerais que le héros, le jour où il découvrit le Manazashi o Toreed, dut bien consulter pour savoir si cet état pourrait perdurer, et qui d’autre qu’un thérapeute était le mieux placé pour le conseiller ? Et pourquoi ne pourrait-on imaginer que ce docteur soit le médecin en chef, monsieur Rima ? La même personne que sa sœur l’oblige à consulter, après qu’il lui avoua, le fait qu’il avait temporairement recouvré la vision ? J’extrapole certes un peu, avec ce docteur, mais le manque de repère permanent de l’auteur comme le simple fait de situer l’action de son roman dans une époque et un lieu est sujet à ce genre de spéculations.
La rencontre de Tesuya avec Fujiko la comédienne dont la présence lui redonne la vue, se produisant dans une pièce de théâtre constitue une bonne trouvaille. Cependant, L’écrivain n’est pas assez clair sur ce phénomène, en laissant planer un flou artistique. Parfois il semble que Tesuya n’entrevoit que l’aura de sa destinée, tantôt des informations nous font dire qu’il perçoit par ce biais tout ce qui l’entoure, l’exemple de la salière allant dans ce sens. Puisque c’est à ce moment que Misari se persuade que son frère dit vrai en affirmant qu’il voit lorsque l’actrice demeure près de lui.
La trame s’éclaircit au bout de cinquante pages, on sait que Fujiko et Tesuya seraient la réincarnation de deux des cinq samouraïs aux cinq sens, possédant chacun un pouvoir fabuleux en rapport direct avec l’un de leurs sens. Ces guerriers légendaires, les Gokans furent maudits par un certain Kan et se réincarnent tous les cent ans pour vivre une existence terrestre. Pour se défaire de cette malédiction, ils doivent se retrouver tous les cinq et formuler un vœu unique qui sera exaucé.
L’instigateur de ce maléfice serait aussi damné et obligé, tout comme eux, de se réincarner. La problématique que l’auteur nous soumet, à nous lecteur, est que si les Gokans demandaient à être délivrés de cette malédiction ils libéreraient ipso facto Kan prisonnier tout comme eux de ce sortilège.
À partir de là on ne peut que s’interroger sur ce soi-disant dilemme. Car il semblerait que tous ces personnages soient morts depuis des lustres, et que donc casser cette damnation, n’aurait comme effet que d’empêcher ces esprits de revenir sur terre. Conséquence dans laquelle ne se déduit à ce niveau de l’histoire aucun résultat néfaste.
Ces informations le héros les obtient de la bouche même de Fujiko qui se révèle une jeune fille suicidaire dépressive de dix-sept ans. Mais aussi du chef du village, qui avoue passer sa vie à résoudre l’énigme des Gokans. C’est au même moment que Tesuya apprendra que le docteur Rima, perdit sa jambe en lui portant secours le jour où on lui vola ses yeux.
Suite à ces affirmations sur le rôle que le médecin aurait joué dans les événements de cette sinistre nuit. J’étais impatient d’en savoir plus. Mais là encore, l’auteur, ne respectant que fort peu la cohérence de son récit, clôt le chapitre et nous ouvre le suivant après qu’une période de près d’un mois se soit écoulée. J’avoue avoir du mal à imaginer la modération dont le héros fait preuve, pour faire toute la lumière et découvrir enfin la vérité.
Chercher la vraisemblance dans ce récit me semble une bataille perdue d’avance, tout comme les repères et les descriptions des lieux. Car l’écrivain ne décrit que très peu, laissant le lecteur constamment dans un brouillard d’à peu près. Le choix d’écrire à la première personne n’est sans doute pas étranger à cette situation, puisque son personnage central vit aveugle…mais quand bien même. À ce niveau de l’histoire, ignorer toujours dans quelle époque elle se situe, et dans quel endroit se déroule l’action, tient plus à un manque d’incises qu’à un effet de style.

Par contre, l’écriture reste plaisante à lire malgré certains propos grossiers, ponctuant par intermittence les dialogues.

L’auteur en donnant des précisions parfois se contredit. Ainsi au chapitre douze celui-ci affirme que le héros ne peut en fait que voir l’aura de « son étoile » et non ce qui l’entoure. Les incohérences demeurent. Tesuya dans ses entraînements risque sa vie ; en essayant d’éviter des pièges déclenchant des jets de lames et de poignards en marchant où frôlant des filins alors qu’il est aveugle et qu’il ne peut donc effectuer ce parcours qu’en appréhendant à travers les yeux d’un autre. Il ne devra son salut qu’à l’intervention de Fujiko qui bloquera les traits mortels par l’utilisation du pouvoir de sa voix. Tesuya ayant oublié de lui dire de continuer à fixer le terrain pour qu’il puisse voir le lieu de son entraînement. Le docteur se refuse par ordre du chef de village de lever le voile sur les événements de cette nuit qui fit perdre les yeux de notre héros. Sans arriver à en savoir plus, après une vaine tentative auprès du chef du village, celui-ci décide de laisser tomber et de rejoindre la troupe de théâtre qui l’accepte sans contrepartie.
À un moment le romancier fait dire à son héros aveugle, se confiant à Fujiko qu’avant son accident il était promis à un bel avenir. Pourtant, celui-ci nous informe que l’énucléation de ses yeux fut effectuée lorsqu’il était nourrisson et qu’il provient d’une famille de paysan. Que de contradictions ! Je garde l’impression en lisant ce texte que son auteur ne se relit que fort peu, d’où sans doute cette accumulation d’erreurs. Par exemple au début du roman l’écrivain déclare que Tesuya à trente ans, plus tard il affirme qu’il n’en a que vingt-sept.
Heureusement que l’écriture est agréable et tout sauf alambiquée. Car l’auteur, outre le manque de crédibilité, crée de faux suspens en laissant planer un mystère sur des explications non données à des questions qui mériteraient d’en recevoir. Réponses qui seraient obtenues si le demandeur faisait preuve de plus de réflexion et de ténacité pour les acquérir.
Fujiko annonce qu’elle ôta la vie à ses parents en utilisant son pouvoir sur le son, en voulant mettre fin aux violences qu’exerçait son père envers sa mère, mais que ce faisant elle les tua tous les deux. Mais dans le même temps l’auteur déclare qu’elle resta six ans dans ce village, mais qu’aujourd’hui, de retour avec la troupe de théâtre dans celui-ci, elle se doit de demeurer cachée, car si elle était découverte, on l’emprisonnerait. Sachant cela, pourquoi ne demande-t-elle pas au dirigeant du collectif de se produire ailleurs que dans ce village de sinistre mémoire ?
L’écrivain se contredit plus loin dans son texte en affirmant que Kan peut refuser une imploration même si elle est prononcée d’une seule voix par les Gokans. En lisant cela, de la bouche de Fujiko, lors de la rencontre avec Yaamarashi un autre Gokan, c’est d’un coup la trame même de l’histoire qui s’ébrèche. Puisque celle-ci reposait jusqu’alors sur la difficulté à trouver, mais aussi à unifier les Gokans dans le choix d’un vœu commun à tous, qui aurait contraint Kan à l’exaucer et mettre ainsi fin à cette malédiction. Pour peu que le souhait soit le bon.
L’anecdote du ravin est un peu tirée par les cheveux, déjà parce que le héros s’exécute en sachant qu’il ne peut réussir et qu’il va donc mourir en s’écrasant. Mais aussi par le fait qu’en étant aidé par Fujiko, il transgresse les règles érigées par Yaamarashi pour celui-ci.
Quelques maladresses dans l’écriture parsèment le récit, ainsi que des expressions québécoises, qui ne veulent pas dire les mêmes choses en français.
Lors de l’attaque du loup, un passage vient s’intercaler pendant le combat, où l’auteur décrit les protagonistes du roman s’adressant à des villageois, pour ensuite reprendre le cours de l’affrontement. Ce genre d’erreur prouve une certaine absence de rigueur de l’auteur. En effet il s’économise trop, en dépeignant que fort peu. Bien souvent, les événements surviennent sans transition entre eux. Le manque de repères (qui parle, où se déroule l’action, comment ?) reste vraiment le point faible récurrent dans ce récit tout comme les trop nombreuses invraisemblances qui le parsèment. Il n’est pas rare de comprendre ou se situe un héros, qu’au détour d’une remarque provenant d’un dialogue ou de voir surgir une personne non présentée auparavant.
La rencontre avec le bibliothécaire entraîne plus de questions que de réponses. Du fait qu’il affirme que les Gokans réussirent à faire le même vœu et que c’est ainsi qu’il acquit l’immortalité. Ici j’avoue que je ne comprends pas bien. L’esprit des Gokans s’incarne dans un corps physique, comme il le ferait de n’importe quel réceptacle. Comme la vie matérielle est limitée dans le temps, une fois celle-ci atteinte, le corps meurt et l’âme rejoint un monde immatériel. À écouter le bibliothécaire s’exprimer, les Gokans deviendraient plus une sorte d’esprit parasite, c’est à dire différencié de celui du corps. Nous obtiendrions alors deux âmes dans un même corps. Puisqu’une fois l’âme du Gokan partit, le corps qui l’abritait subsista du fait du vœu d’immortalité obtenu. Et le bibliothécaire avec une identité propre en serait la preuve vivante si ces dires sont vrais. Mais dans ce cas puisque le vœu exaucé était celui de vivre éternellement tous les autres devraient l’être aussi… éternel. Du fait que le postulat demeure, que pour qu’un vœu se réalise il faut l’accord de tous les Gokans et aussi de l’instigateur de cette malédiction. Autre question, pourquoi l’âme du Gokan du bibliothécaire s’en retourna-t-elle malgré tout ? Puisque l’âme quitte le corps qu’à la mort de celui-ci ? Ce passage demande, de mon point de vue à être clarifié. Mais semble suffisamment limpide pour les protagonistes qui une fois le livre sous le bras, partent sans chercher à démêler le vrai du faux. Mais il ne faut pas confondre la compréhension des héros avec celle du lecteur.
La rencontre avec Aji est difficile à imaginer tant les descriptions manquent. On est dans une rue on se retrouve autour d’une table. L’absence de concision nuit grandement dans ce passage. Les chapitres qui suivent sur la rééducation du héros aveugle aux membres brisés par sa chute m’ont laissé de marbre, je trouve que cela fait trop. On est dans la surenchère des handicaps. Sans doute est-ce dû au fait que je ne m’identifie pas à Tetsuya et que les agissements des autres personnages restent pour moi irrationnels à défaut d’être aux moins logiques.
La déclaration d’amour entre Tesuya et Fujilo bien qu’émouvante arrive en pleine échauffourée ce qui décrédibilise le tout. Car elle est trop longue dans cette situation, où les protagonistes sont sous les tirs nourris des gardes de la princesse. L’auteur devrait prendre plus de hauteur, et ainsi visualiser d’une manière objective les situations afin de se rendre compte de l’invraisemblance qu’il décrit. On dirait que l’écrivain vit tellement ses personnages de l’intérieur qu’il en oublie la réalité qui les entoure. En ce qui concerne la prestation d’Aji, qui gobe les soldats avec sa langue, je n’y entends plus rien. Est-ce un homme ou un serpent gigantesque, car si tel était le cas je n’étais pas au courant ? Enfin ! Avaler des hommes, c’est grotesque on nage en plein delirium tremens. On dirait plus la retranscription d’un rêve, une sorte de foire à l’illusion. Il semblerait que le roman change subitement de registre pour s’essayer à celui du conte.
Je suis sceptique dans le dernier chapitre. Car comment faire revenir les souvenirs d’une personne n’ayant jamais existé ? De plus une fin écrite à la troisième personne, trancherait avec la narration du roman, et conviendrait, il me semble, bien mieux.
Pour conclure, je trouve malgré tout l’histoire très intéressante dans son approche, le romancier arrive même à susciter l’intérêt et le style est loin d’être déplaisant. On peut regretter toutefois que les protagonistes ne possèdent d’asiatique que le nom. Alors que l’auteur sut pourtant parfaitement créer un monde personnel. En ce qui me concerne, c’est sans doute l’originalité par la personnalisation de l’univers que je retiens dans ce récit, soutenu par une écriture agréable. Mais concernant le reste : l’attachement aux personnages, le travail sur les mots, l’intrigue captivante du scénario et la vraisemblance… il y a beaucoup de choses à revoir, mais l’histoire le mérite amplement.
Pour toutes les raisons énoncées ci-dessus, je me prononce défavorablement pour la mise en avant de ce roman sur RDF. Mais je tiens à féliciter l’auteur pour avoir écrit et terminé un roman, tout le monde ne peut pas en dire autant. Bravo pour cela et j’attends avec plaisir sa nouvelle mouture, une fois celle-ci pleinement remaniée.
Amicalement.

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MessageSujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans   Dim 17 Jan - 13:30

Commentaires du membre C

L’auteur de ce carnet, Tetsuya, nous explique où il trouva le bonheur et pourquoi il écrivit ce carnet. Pourquoi pas ?
Mais cette introduction n’apporte aucun indice utile pour la suite du récit, aucune méditation. Personnellement je n’ai pas vraiment apprécié.
Ensuite, commence le premier chapitre.
Tetsuya, un aveugle, fait les courses avec sa sœur quand il aperçoit une aura lumineuse.
« Cette scène est intéressante, mais je pense que tu aurais pu la retranscrire beaucoup mieux. Après des années dans le noir, il voit enfin la lumière. Il devrait être plus choqué. Pour lui, c’est un petit miracle. C’est une scène qui aurait pu être poétique, ou ta plume aurait du être sensible, l’occasion pour que le lecteur s’attache à Tetsuya. »
Voilà ce que j’ai pensé sur l’instant.
Mais je n’ai pas compris pourquoi tant de surprise alors qu’il peut voir par le biais d’une personne grâce à une de ses techniques ?
Et pourquoi sa sœur est si incrédule alors qu’elle est au courant ?
Bref les petits détails qui gâchent tout.

Le style/la tournure de phrase. Phrases tarabiscotées et vocabulaire compliqué
Le vocabulaire employé et tout à fait abordable, voire parfois trop (mots familiers).
L’écriture est agréable, on se laisse porter par les mots. L’absence de descriptions augmente cette sensation de fluidité.
Les tournures de phrases sont également agréables, bien que j’aie parfois repéré quelques expressions typiquement québécoises. Mais rien de décourageant.
Cependant, l’auteur emploie couramment des grossièretés. Si elles peuvent encore être tolérées dans les dialogues suivant le personnage, l’emploi de mots familiers dans la narration n’est pas justifié et appauvrit ton style d’écriture. Et malheureusement, c’est dans ton récit une chose courante. Un roman ne doit pas être qu’un défouloir pour l’auteur.

L’orthographe et la construction grammaticale
L’orthographe est entièrement à revoir. Je te conseille quelques relectures, car certaines erreurs sont faciles à repérer ou sont des fautes de frappe. Une petite perle : ?
« Tout le village t’a vu courir tête baissée et crier des absentés. »
Une fois entièrement corrigé, ton récit n’en sera que plus agréable à lire.

Comportement (des gens, des choses) rationnel à défaut d'être logique
Pas du tout. Cela rejoint encore une fois l’un des grands points faibles de ton récit, la cohérence. Je pense qu’il est inutile de s’attarder sur ce critère, car j’en reparlerai par la suite.


Dépaysement et atmosphère
Non. C’est l’un des points qui m’ont le plus déçue.
Il ne suffit pas de placer quelques prénoms japonisants et un plat exotique lors des premières pages pour dépayser le lecteur.
L’Asie est un univers très différent de l’Occident, avec des coutumes, une philosophie et une manière de penser qui lui est propre.
Ces éléments qui auraient pu créer une atmosphère extrêmement dépaysante ont été oubliés, et c’est fort dommage.
Ce récit aurait parfaitement pu se dérouler en Europe.
Le manque de descriptions et de repères temporels et spatiaux a empiré cette impression de négligence.
En deux cents pages, l’auteur ne nous a toujours pas dit dans quelle période et dans quel pays se déroule l’histoire.
Des lieux assez déroutants : tu mélanges des pays réels avec des contrées imaginaires, ce qui empire le brouillard que tu places sur les yeux du lecteur.
On tâtonne, aussi aveugle que ton protagoniste, et l’effet est loin d’être des plus agréables.
On est ainsi forcé de croire le narrateur sur parole lorsqu’il sauve un de ses personnages in extremis en l’amenant dans un hôpital alors que la scène se déroule dans un petit village, croire à l’existence d’un forgeron alors qu’il existe des mitraillettes, etc.
Personnellement je ne suis pas adepte des descriptions. Mais un minimum de repères et descriptions est nécessaire afin de ne pas perdre le lecteur.
Et cette absence de repères rend malheureusement ton récit bancal, je n’arrive pas à croire à ton univers.

Vraisemblance et crédibilité de l’histoire
Les incohérences prolifèrent, c’est l’un des grands points faibles de ce récit. Or une histoire pleine d’incohérences n’est pas crédible, ce qui a pour conséquence une immersion difficile… et un manque de crédibilité des personnages.
J’en citerai un maximum durant ce commentaire.
En voici quelques-unes qui m’ont particulièrement marquée.
Au début du récit, Tetsuya se fait arracher les yeux. Pourtant, il ne ressent aucune douleur. C’est totalement irréaliste. De plus, le personnage parle de cet évènement comme d’un acte anodin, alors que cette opération ne peut qu’amener un traumatisme. De plus, si ses parents n’ont pas assisté à la scène, comment se fait-il qu’ils aient pu la raconter à Tetsuya dans les moindres détails ?
2) Autre point assez étonnant : sa sœur s’étonne qu’il voie une tache lumineuse (bien que connaissant le fonctionnement des âmes sœurs), mais trouve parfaitement normal qu’il puisse « voir à travers ses yeux ».
3) Si ni la sœur ni le frère ne travaillent, et que les parents les ont abandonnés, d’où leur vient leur argent ? Car ils ont l’air plus qu’aisé : achat d’armes, de robes, de billets pour aller au théâtre, sans compter le coût de l’aventure.
4) Un autre point illogique : ton héros peut accomplir mille prouesses au combat, même à l’aveuglette, mais a besoin de sa sœur pour se déplacer.
5) Le fait que malgré le fait que Fugiko ait assassiné ses parents, ils aillent dans son village natal sans véritable raison.

Scènes juste décoratives (remplissage)
Les scènes décoratives sont inexistantes, ton héros radote un peu.
Quant aux descriptions, elles doivent se compter sur les doigts d’une main.
Je t’encourage au contraire à plus décrire dans ton récit, car ce manque de précision a pour conséquence une totale absence de repères qui perd le lecteur.

Soutien du fond par la forme
Le travail et la recherche sur les mots sont inexistants, mais tu compenses fort heureusement par un style agréable. Je comprends que pour un jeune d’auteur ce genre d’exercice soit difficile et t’encourage à persévérer.
Il y a toutefois eu quelques instants poétiques comme l’apparition de Fugiko et la déclaration d’amour de Tetsuya qui ont un certain potentiel.

Personnages attachants
Tetsuya:
On ne peut que s’attacher à un personnage handicapé, sensible et attachant comme Tetsuya. Dès les premières pages, j’ai apprécié son courage et sa persévérance.
Mais le peu de crédibilité du personnage a stoppé net cet élan.
Tu confonds tout d’abord son âge, qui varie selon la page de vingt-six à trente ans, ce qui est encore une incohérence non négligeable.
Cependant, on ne peut que rester incrédule quand on voit en Tetsuya un guerrier surentrainé… pourtant dépendant de sa sœur dans la vie courante.
Et on devine tout de suite que l’auteur n’a pas assez fréquenté ou même ne s’est que peu intéressé à la vie d’un aveugle.
Pour compenser sa cécité, un aveugle développe fortement ses quatre autres sens. Ainsi, il peut se repérer aux odeurs, au toucher, et reconnait n’importe quelle personne en palpant son visage ou en entendant sa voix.
Tandis que Tetsuya quant à lui réussit à retrouver son chemin en comptant ses pas et développe seulement sa mémoire.
Un aveugle a également accès à l’éducation grâce au braille, alors pourquoi ne pourrait-il être cultivé ?
Quant aux personnages de ton récit, la plupart semblent considérer qu’un aveugle est un sot voire un handicapé mental.
Et une multitude de petits détails parasitent ainsi mon esprit : pourquoi Tetsuya est-il surentrainé au lancer de poignard alors qu’existent des mitraillettes ?
Etc.

Les autres personnages.
Honnêtement, j’ai eu du mal à les identifier. Quelques rappels sur leur âge, leur nom et le sens qu’ils représentent seraient les bienvenus. J’ai notamment dû reculer de cent pages pour me rappeler l’âge de Yaamarashi.
Et c’est étonnant. Une personne âgée de dix-sept ans s’exprime différemment d’une personne âgée de cinquante-sept ans. Or il semblerait que tous les personnages aient une maturité psychologique de vingt à trente ans.
Yaamarashi m’avait semblé plus adulte au départ, mais ses aveux et faiblesses le long du récit m’ont fait changer d’avis.
Ce qui est fort dommage, car je m’attendais à plus de sagesse de la part de ces aînés, surtout dans un roman dit philosophique

Adversités servant une logique (découvrir le monde, initier le héros)
Oui, le plus souvent. La grande majorité des péripéties vont vers le même but : rassembler les Gokans pour exaucer leur vœu : le bonheur.
Certaines adversités sont cependant plus crédibles que d’autres (encore ce maudit problème de cohérence, malheureusement).
Par exemple, l’épreuve imposée par Yaamarashi est tout sauf logique :
Pourquoi Tetsuya accepte-t-il cette épreuve alors qu’il sait que seul il ne pourra jamais la réussir ?
Et pourquoi Yaamarashi valide-t-il la réussite de Tetsuya alors qu’il n’a réussi l’épreuve que grâce à l’aide de Fugiko ?

Alternance des formes : actions et dialogues
Oui, il y une alternance des formes, ce qui fait que l’on ne s’ennuie pas le long de ton récit. Il y a suffisamment d’action pour être diverti.
Je déplore juste l’inélégance de certains dialogues où se côtoient trop souvent mots familiers et phrases disgracieuses.

Volonté de transmettre du savoir (civilisation, réflexion, historique, etc.)
L’auteur a en effet voulu transmettre du savoir : c’est tout d’abord un message, qu’illustre Fugiko qui a tous les éléments pour créer son bonheur, mais reste dépressive.
Le bonheur nous est souvent accessible, mais c’est à nous de le voir et le saisir.
Je déplore simplement l’absence de culture asiatique.

Volonté d'être compris par tous et sans choquer inutilement. L’âge du lecteur
Tu penses cibler un public assez jeune (plus de treize ans). Mais la plupart des scènes de ton récit sont susceptibles de heurter un jeune lectorat. Les tentatives de suicide de Fugiko qui se taillade couramment les veines, l’énucléation de Tetsuya et la scène de viol en font partie.
Ainsi, parler de l’énucléation d’un bébé comme d’un acte sans grande souffrance et sans traumatisme pour le nourrisson est malsain.
Montrer un personnage qui se taillade les veines afin de se suicider et qui ne doit pourtant pas être hospitalisé est également malsain.
Une histoire d’amour entre une mineure et un homme de dix ans son ainé est un sujet polémique, et encore une fois, je ne pense pas qu’il ait sa place dans un roman jeunesse.
Enfin, présenter son héros comme quelqu’un de bon et sensible amène certaines obligations. Comme ne pas faire parler Tetsuya de tuer quelqu’un comme si c’était chose courante.
Il ne faut pas oublier qu’un jeune public est très influençable.
De plus, des adolescents de plus de treize ans s’identifieront difficilement à un adulte de vingt-sept ans.
C’est pourquoi je t’encourage à considérer ton roman comme visant un public adulte et effectuer les modifications que tu jugeras nécessaires.

Évolution de la psyché des personnages au fur et à mesure de l'histoire
Oui, c’est indéniable. Prenons Tetsuya, le personnage principal (toujours lui, eh oui).
Au début du récit, il vivait une « vie paisible » d’aveugle s’entrainant au lancer de poignard dans le but de se venger d’un ennemi qu’il ne connaît pas. Mais au fur et à mesure du récit, il évolue. Il découvre son âme sœur, apprend le pardon, est criblé de balles puis entre dans le coma durant un an. Il rééduque enfin tout son corps puis suite au vœu, quitte son âme de Gokan.
Le changement psychologique de ce personnage est grand.

Identification du lecteur avec le ou les héros
Absente. Malgré le point de vue interne, ce récit ne m’a pas permis de penser comme un vrai aveugle par son manque de réalisme.
Je n’arrive pas à m’identifier à Tetsuya.
Parce que je trouve inquiétante cette fixette sur « son étoile ».
Parce que souvent j’ai l’impression que ton héros pense « au ralenti » (par exemple pour les âmes sœurs : une explication avait été donnée et le héros ne découvrira la solution que quelques dizaines de pages après le lecteur).
Et parce que tout simplement, ce récit n’a pas réussi à m’emporter.

À 1/3 du récit votre envie de continuer la lecture. À 2/3 du récit votre envie de continuer la lecture
Mon envie diminue tout le long du récit pour les raisons évoquées précédemment.

L'originalité des idées
L’idée de la recherche du bonheur est un thème intéressant et peu abordé en Fantasy.
C’est un thème qui, surtout dans un milieu asiatique, aurait pu apporter des réflexions très intéressantes.
Mais une idée ne fait pas un roman et le manque de crédibilité de l’ensemble et la manière dont l’histoire a été narrée nuit gravement à cette idée.

L'intrigue et le scénario sont-ils
Un prétexte?

Ce scénario est trop cousu de fils blancs, de coïncidences qui permettent aux Gokans de se réunir.
Par exemple, tomber sur une bibliothèque qui est comme par hasard gérée par un homme ayant recueilli l’âme d’un Gokan et pouvant ainsi leur apporter souvenirs, documents et informations est tout sauf crédible. L’auteur va vers la facilité, et c’est dommage.
L’intrigue est quant à elle assez simple : Les cinq Gokans vont se réunir afin de réaliser un vœu, mais doivent pour cela trouver un terrain d’entente. Soit.

La fin du récit
Entre un pays transformé en maison de poupée et des soldats transformés en ours en peluche sous le caprice de Kan, une enfant censée receler une « sagesse ancienne » et un Gokan ayant une bouche assez grande pour pouvoir gober un homme, ce récit tourne vers l’irréaliste.
L’auteur voulait-il faire du comique ? C’est ce que je me suis demandé au départ. Mais ça n’a pas l’air d’être le cas. Cette atmosphère m’a rappelé le style « kawaï », mais je ne crois pas qu’elle ait sa place dans ton récit.
Bref, je trouve malheureusement que ce mélange irréaliste de violence et d’atmosphère enfantine n’est pas du meilleur goût.
Ensuite, le fait que le vœu du bonheur ait été refusé ne m’a pas surprise. Ce serait « trop facile » j’imagine. Il faut créer une fin originale.
Mais c’est illogique, car pourquoi Kan refuserait-il le bonheur et accepterait-il de n’avoir jamais existé ?
Enfin, la scène finale, la rencontre entre Tetsuya et Fugiko, est très sympathique. Mais si leur périple n’a jamais été vécu (conformément à leur vœu) comment ont-ils pu se souvenir de leur rencontre ?
Bref de petites interrogations qui s’accumulent encore une fois.

Toutes les problématiques du livre, sont-elles à la fin de celui-ci solutionnées ? C'est-à-dire que toutes les portes ouvertes sont refermées.
Toutes les portes ouvertes sont refermées. Kan n’existant plus, toutes les problématiques de l’histoire disparaissent. Simple et efficace, qu’ajouter de plus ?

Conclusion :
Toutes les raisons exprimées précédemment me poussent à dire « non » à la validation de cette œuvre et à sa mise en avant.
Bien que l’idée de départ soit originale, la manière dont ce sujet a été traité ne semble pas convenir.
Il faut dire que le choix de narration n’est pas des plus judicieux et a sans doute contribué au manque de repères et de descriptions : écrire son histoire du point de vue d’un aveugle est un exercice difficile.
J’encourage cependant l’auteur à retravailler son texte. J’espère que les pistes que j’ai tenté de mettre en avant durant mon commentaire l’aideront à améliorer son œuvre.
Amicalement.

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MessageSujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans   Dim 17 Jan - 13:34

Commentaires du membre D

Questions de l’auteur :

1) À qui s'adresse mon roman d'après vous ? Qu’elle tranche d'âges plus particulièrement ?
À cette question, je vais répondre une chose et son contraire, mais ma réponse sera le reflet de ma sensation.

Si je ne tiens pas compte des affirmations de l’auteur, j’aurai tendance à penser que Tetsuya est un petit garçon, ou un jeune adolescent. En tout cas, pour moi, il n’est pas un « homme » avec ce qu’implique la maturité.
La lueur de Fujiko est sa « Petite étoile », ce qui est charmant, mais même si j’admets qu’un homme pourrait désigner une femme par ce sobriquet, j’ai du mal avec une lueur. Par ailleurs, tout à sa joie, il s’émerveille, et la poursuit séance tenante. Pas d’inquiétude ? Pas de méfiance ? Pas de questions ? C’est pourtant étonnant. Lorsqu’on cultive l’idée du malheur, lorsqu’on considère n’avoir jamais rien vécu, qui soit favorable, je m’étonne qu’on mette tant de candeur en de telles circonstances.
Je dirai donc « Tetsuya » a une âme d’enfant, comme le confirme encore à mes yeux son engagement envers Fujiko (il accepte son voeu de façon inconditionnelle. Peut-être y en a-t-il de meilleurs : plus utiles à la communauté Gokan, plus pertinents, mais Fujiko dit et lui ne s’interroge pas.)
Quant à l’idée répandue que les hommes sont de perpétuels enfants, nous savons tous que c’est une légende, non ? Et Tetsuya a presque trente ans...

Un enfant de dix, douze ans se laisserait donc certainement convaincre. Pourtant, j’ai deux réticences qui pour moi sont rédhibitoires en ce qui concerne la cible.

« La fureur m’emporta une fois de plus. C’était si intense. Jamais je n’avais été aussi enragé. Je lui donnai trois coups de poing bien mérités, un sur la joue, un dans le ventre et un dans les couilles. Puis, je le pris par le collet et le jetai à bout de bras contre le mur opposé de la roulotte. Il semblait y avoir de la vaisselle sur le mur. Celle-ci se brisa en mille morceaux en basculant à terre. Il m’était devenu impossible de me freiner dans mon élan. Je me jetai sur son corps. Je savais pertinemment qu’il avait déjà perdu conscience, mais je ne pouvais arrêter de le frapper au visage. Je sentais son sang chaud coulé sur mes poings. Puis, quelqu’un ouvrit la porte de la roulotte. Nous tombâmes, mon ennemi et moi, à l’extérieur et roulèrent sur le sol. Je me relevai et sortis un poignard de ma poche. Deux personnes m’empoignèrent les bras en me barrant la route. Je me débattis de toutes mes forces. Ils se mirent à quatre pour m’empêcher d’avancer. Je l’aurais probablement tué s’ils m’avaient laissé faire. »
Ce passage est à mon avis un peu violent, pour correspondre à cette tranche d’âge. Le héros auquel par essence on s’identifie affirme : « Je l’aurais probablement tué, s’ils m’avaient laissé faire ». La mère qui est en moi grince des dents.
Par ailleurs, nous apprenons que ce héros a... des couilles. Je pense que beaucoup d’entre nous s’en doutaient déjà, quant à ces jeunes lecteurs, de 10-12 ans, dont nous parlons, j’avoue que la mère à laquelle je faisais allusion plus haut, trouve cette précision totalement inutile, voire déplacée.

Le second point est que toujours en ce qui concerne la cible, l’image d’un héros énucléé me paraît une fois de plus particulièrement violente.

Je ne doute pas être pleine d’illusion sur la candeur de nos chères têtes blondes, je ne doute pas non plus qu’un lecteur plus jeune passe sans tiquer sur ces détails, mais moi, je fais des bonds.

En ces circonstances, je ne peux pas vraiment rattacher ton récit à une cible. Je ne crois objectivement pas qu’un homme se retrouve vraiment en Tetsuya, je ne crois pas non plus qu’une femme pourrait le voir comme un « compagnon de vie » tout aussi sympathique qu’il soit, car non, les compagnes ne sont pas le substitut des mères. Elles ne souhaitent pas être sages, prévoyantes, etc., pour deux.
Quant à la jeunesse, qui pourrait mieux comprendre son « profil psychologique », je crains que certains détails dans le texte ne leur conviennent pas.

Reste les 14-15 ans, peut-être. Mais la cible est étroite et ils pourraient regretter ce qui manque au public adulte, sans être épargné par ce qui heurte le public « jeunesse ».


2) Est-ce que le début est accrocheur (chapitre 1 et 2) ? Pourquoi?
(Je demande ça parce que c'est ce qui est lu en premier bien sûr, c'est ce qui est capital dans la décision des maisons d'édition. J'ai vraiment travaillé dur, mais j'ignore encore si je pourrais faire mieux.)

Oui, je suis d’accord, les deux premiers chapitres sont essentiels.

Alors, est-ce que le début est accrocheur ?

Le chapitre 1 plante le décor, annonce au lecteur ce qu’il va vivre à travers le personnage. Il n’est pas d’un dynamisme à toute épreuve, puisque le lecteur est passif. Ce choix te fait perdre une large tranche du lectorat fantasy, ceux qui ont besoin d’action, de sang et de frissons. J’aime bien aussi l’action, le sang et les frissons, mais bon moi tu m’allèches tout de même et je continue sans a priori.

Pour le chapitre 2, je suis plus mitigée. La description du marché me semble réussie. D’un autre côté, j’ai du mal à comprendre pourquoi le personnage principal nous brossait un tableau si pitoyable de son existence. Je me dis même que d’une certaine façon, il pouvait être heureux. Les événements tragiques qui l’ont touché sont très loin et Misa s’est appliqué, à sa façon, à l’envelopper dans un cocon. Je comprends qu’il puisse rêver d’autre chose, mais ça, c’est moi qui extrapole. Toi, tu ne le dis pas.
En terme d’action, la course poursuite après la lueur ne me semble pas suffisante. On comprend bien que quelque chose change dans sa vie, et on devine que cette lumière sera le catalyseur de l’action. En dehors de ça, j’ai du mal à rester en haleine. Ce n’est pas « mal écrit », simplement ce n’est pas vraiment « exaltant ». Alors bien sûr, je ne suis pas aveugle et il se peut que ce fait bride mon imagination. J’insiste pourtant sur le fait qu’aucun lecteur ne le sera. Aussi si c’est sur ce point que tu fondes toute ton accroche, je pense qu’il faudrait le développer, donner plus de détail pour nous forcer à partager avec lui ce handicap et du coup nous permettre comme lui, d’apercevoir la lumière.
Je pense que tu saurais le faire puisque je ressens très bien les relations entre Tetsuya et Misa et qu’elles ne me laissent pas indifférente.
J’admets que les choses s’éclairent en partie dans le chapitre 3, mais le lecteur s’est déjà interrogé.

Alors, ma réponse est non. Le début n’est pas suffisamment accrocheur. Je n’ai pas d’empathie avec le héros, et ce, parce que je ne comprends pas bien ce qu’il ressent.

3) Qu'est-ce qui distingue mon histoire de celle des autres? Qu'est-ce qui la rend originale ou simplement agréable à lire ?
J’ai répondu à cette question dans mon commentaire : moi j’aime la piste des sens. Il faut absolument la développer, ne pas se contenter de dire leur importance, mais la montrer, ensuite, en action, tout au long du récit.
J’ai aimé aussi le background tracé pour Tetsuya, bien qu’il apparaisse trop tard et qu’ensuite, tu affadisses, selon moi le personnage. Son vécu lui a forcément forgé le caractère : n’est-il pas devenu un excellent combattant en dépit de son handicap ? Rends-le un peu plus ferme, offre-lui ses trente ans et dote-le d’adversaires un peu plus revêches (sur le long terme). Lui pourrait, si tu le soignes un peu, donner du relief à ton histoire. Tu l’as dessiné pour ça.

4) Qui est votre personnage favoris? Pour quelle raison ? Et le personnage que vous détesté par-dessus tout ?
J’aime bien Kièle, c’est celui qui a le caractère le plus trempé.
Je n’aime pas tes deux méchants (ils sont au même niveau), je les trouve trop fades, ils manquent de relief et de... méchanceté.



Synthèse du roman

L'immersion au début du récit

Mon adhésion n’est pas totale. Le premier chapitre trop statique recèle des promesses. En dépit des quelques remarques que j’ai pu formuler, j’ai plutôt aimé.
Le second vaut pour la description du marché et de la relation entre le héros et sa soeur. Il soulève trop d’interrogations, trop de choses ne sont pas claires à ce stade.
Le troisième élucide certaines énigmes, mais les réponses arrivent trop tard. Le lecteur s’est déjà forgé une sensation sur le récit. Il est déjà dubitatif.
Certaines clés de ce troisième chapitre gagneraient à être rapatriées dans le second.
En bref, tu nous dis chapitre 1 que Tetsuya est malheureux, dans le 2 tu nous décris un quotidien tranquille et sans histoire, là on se dit : « De quoi se plaint-il ? » Ce n’est finalement que dans le 3è que tu nous attires dans son ressenti et dans son passé. Les éléments sont mal ordonnés.


La tournure des phrases — Le style — Phrases tarabiscotées et vocabulaire compliqué
La tournure de phrase, le style et le vocabulaire sont corrects.
J’ai relevé quelques coquilles, qui ont ralenti ma lecture ou ma compréhension. Une dernière relecture aurait été souhaitable.

Tournure des phrases :
Dans le premier paragraphe, le présent utilisé avec le verbe : importer me gêne. Je suis d’accord avec l’utilisation de ce temps dans un texte au passé pour

- — mettre en exergue les « vérités dites générales et intemporelles »,
- — accélérer un mouvement, donner de la vitesse, de l’importance,

mais l’isolement de ce cas dans le paragraphe ressemble bien plus à une omission et « arrache l’oreille ». Une fois de plus, au risque de me montrer insistante, je plaide pour la lecture à haute voix et de préférence par un lecteur qui n’est pas l’auteur. Les solutions artificielles existent et certaines sont gratuites sur PC. Elles rendent un bon service. L'ouïe filtre ce que l’oeil ne voit pas forcément. Ici, le présent « entendu » choque ou au moins me choque.

Typographie et ponctuation :
Soit mon traitement de texte me joue des tours, soit aucun soin n’a été apporté aux conventions typographiques : les espaces avant et après les signes doubles ne sont pas correctement respectés.
Les balises de ponctuation ne sont pas toujours appliquées. À titre d’exemple :

. - Que dirais-tu si l’on allait assister à une pièce de théâtre ce vendredi soir, commença Misari.
. - Pas encore, soupirai-je.
. - Allez, allez, s’il te plaît, me supplia-t-elle avec insistance.

Dans les trois phrases ci-dessus, qui se suivent dans le texte, la première et la dernière au moins ne sont pas correctement ponctuées. À moins que le tout soit prononcé d’un ton plat et sans émotion. Les questions sont suivies d’un point d’interrogation (bien que je trouve que le point d’exclamation soit parfois requis) et l’insistance est mise en exergue par un point d’exclamation.

Cette absence de signalisation me fait penser aux rues d’une grande cité lorsque les feux rouges sont en panne. Sans code, c’est un peu la pagaille et pour ma part, je trouve que ça crée des hésitations néfastes, qui ne se justifient pas.


L'orthographe et la construction grammaticale
Des erreurs, mais dans l’ensemble, compte tenu de la longueur du récit, ça reste supportable.

Attention aux fautes d’orthographe et de grammaire qui s’avèrent être également des erreurs lexicales. Bien sûr, on comprend, mais ça nuit à la fluidité de la lecture. À titre d’exemple :

. Attention au mot « oublie » sorte de beignet qui ne provoque pas l’oubli.
. Trépasser se conjugue avec « avoir ». L’erreur d’auxiliaire me laisse penser que l’auteur peut avoir cru que ce mot était synonyme de « mort », or il signifie « mourir » l’action en cours et non achevée.

Toujours dans le lexique :
Chapitre 1 : « Imaginez-vous incapable de bouger ou de parler. Vous ne voyez pas ce qui vous entoure, vous ne percevez aucun autre son que celui de votre pensée. Il y a de quoi en devenir dingue. »
Le mot « dingue » ne me semble pas approprié, parce qu’il est en rupture avec le ton plus mesuré, voire châtié du chapitre. Je considère donc que c’est une maladresse.
D’autres décalages de ce type dans le récit, où des termes plus familiers se glissent dans un passage dont le vocabulaire n’est pas du même registre.


Alternance des formes : actions et dialogues
L’alternance me convient. Les séquences narratives me semblent plus importantes que les séquences d’échange entre les intervenants, sans que ce soit gênant.

*
Adversités servant une logique (découvrir le monde, initier le héros) - Coups de théâtre, péripéties.
Je pense que c’était la vocation de l’auteur, puisque son récit est celui d’une quête. On ne peut dire ni qu’une succession de péripéties nous tienne en haleine du début à la fin de l’histoire, ni que les épreuves soient insurmontables et qu’elles permettent aux héros de mettre en oeuvre de multiples savoir-faire, mais il existe une légère tension et les obstacles s’inscrivent dans le sens du scénario.
J’aurai cependant préféré un rythme plus rapide et plus de machiavélisme de la part des opposants.

Le dépaysement et l'atmosphère
Rien de particulier à signaler sur ce point. Je sors de mon cadre de prédilection, donc le dépaysement existe. Je garde cependant des repères. Le récit me convient.


Suspens et intérêt - Vraisemblance et crédibilité de l'histoire
Ma réponse est à deux niveaux :

De bonnes idées existent dans ce roman.
J’aime l’idée des sens, leur importance est effectivement capitale et nous n’en avons certainement pas suffisamment conscience. J’aurai cependant aimé que cette importance soit plus mise en relief tout au long du récit. Je note cependant qu’ils sont bien servis dans le premier chapitre.
Le voeu commun qui force les Gokans à trouver un point d’entente est une bonne idée.
Le besoin de les rassembler est un bon moteur de quête.

Pourtant, je trouve que l’intrigue débute trop lentement. Tetsuya et Fujiko mettent trop longtemps à se mettre en route. Le suspens tout comme l’intérêt s’en trouvent également ralentis.

En terme de crédibilité, quelques bémols. Certains sont liés à la psychologie des personnages. D'autres ressemblent à des raccourcis employés par l’auteur, des détails qui auraient mérité d’être développés.

Yaamarashi est un peu falot. Cet homme qui ressemble à un samouraï doté de pouvoir se laisse facilement rallié et son attitude, par la suite me paraît un peu mélodramatique. Un samouraï avec un tempérament trop commun.

Le choc du face à face d’Aji et son père et ses répercussions ne sont pas assez développés, c’est un raccourci. J’imagine que ce genre de circonstance provoque des ravages dont on ne se relève pas à peine ébranlé. Elles me semblent bien plus imprévisibles que ça. Cette histoire est donc un peu « téléguidée. »

Quant à Kan Antoinette, j’ai du mal à y croire. Comme j’ai du mal à croire au regard que portent les habitants d’Elvira sur leur Reine. Mais c’est sans doute parce que la dernière reine qui portait ce nom chez nous, a perdu la tête pour moins que ça.


Comportement (des gens, des choses) rationnel à défaut d'être logique - Personnages attachants - Identification du lecteur avec le ou les héros - Évolution de la psyché des personnages au fur et à mesure de l'histoire
J’ai conscience de m’être montrée un peu « sévère » sur ces items. Pourtant, je ne réussis pas à me projeter dans les personnages.

Tetsuya me semble infantile. Je ne comprends pas ses motivations. C’est un personnage qui se cherche encore, du haut de ses presque trente ans. Il n’est ni homme, ni enfant. Je sais que de tels cas existent, mais si je ressens de la compassion pour ces Êtres particuliers, je ne peux m’y attacher.
Fujiko, elle, existe indéniablement. Le profil de la jeune fille dépressive et vaguement capricieuse est des plus réels. Mais une fois de plus, il n’a pas d’écho en moi.
Il en va de même des autres personnages.
Donc, non, je ne m’identifie pas et je ne m’y attache pas.
J’ai mieux noté l’item « Comportement rationnel à défaut d’être logique », car objectivement, les personnages sont en accord avec eux-mêmes, même si malheureusement, je coince en ce qui me concerne.
Mais la conséquence de cet accord, c’est que de mon point de vue, leur psyché n’évolue pas. Je dirais simplement que les circonstances nous les montrent sous un éclairage parfois différent.


Volonté d'être compris par tous et sans choquer inutilement
C’est certainement une volonté de l’auteur, mais pour moi, il y a des points contestables (cf ma réponse à la première question de l’auteur)


À 1/3 du récit votre envie de continuer la lecture - Au 2/3 du récit votre envie de poursuivre votre lecture
L’histoire commence trop lentement et le lecteur se lasse assez vite. Ensuite les caprices successifs de Fujiko qui ne sont pas contrés par Tetsuya excèdent. Il n’y a pas de réelle opposition au sein de ce groupe : Yaamarashi aurait pu, Aji également, mais finalement, non. La situation était pourtant conflictuelle. C’est donc pour moi une frustration. Je ne pense pas que j’aurai continué au-delà du second tiers.

Toutes les problématiques du livre, sont-elles à la fin de celui-ci résolues ? C'est-à-dire que toutes les portes ouvertes sont refermées. — la fin du récit se termine-t-elle : en coup de théâtre (surprenante) en une grande explication cachée ? Ou bien en apothéose ?
Je pense que globalement, on ne se pose plus aucune question à la fin du récit. Celui-ci se termine sur une note plutôt prévisible.

*

Soutien du fond par la forme (travail et recherches sur les mots)
En dehors de quelques imperfections qui disparaîtraient facilement au bout d’une bonne relecture, et d’une écoute audio, la forme ne me pose pas de difficultés particulières.
J’ai rencontré plus de problèmes quant au fond qui n’a pas suscité mon intérêt. Je peux donc dire que la forme aide le fond, car dans l’ensemble, le vocabulaire est adapté, voire agréable, et les tournures de phrase également.
Des idées dans le fond, mais dont l’exploitation m’a laissée sur ma faim.


Votre VOTE concernant la mise en avant de l'ouvrage
Aujourd’hui, je suis contre. Ce roman présente toujours quelques imperfections concernant la forme (qui seront facilement corrigées).

Le fond est plus à remettre en question et c’est hélas le plus compliqué à revoir.
Je suis incapable de déterminer la cible : trop violent pour les plus jeunes, des difficultés d’identification, des situations élucidées trop rapidement avec des méchants pas assez méchants, et des challenges un peu faibles pour les adultes.

Ce roman ne passerait pas la barrière d’un éditeur, parce qu’il n’est pas prêt. À ce titre, il n’est pas prêt non plus à être mis en avant sur le forum, puisqu’il serait trop long de faire une préconisation sérieuse des pistes d’amélioration.

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MessageSujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans   Dim 17 Jan - 13:45

Commentaires du membre E

Mes impressions sur les premiers chapitres du roman.

Synopsis :

Ton synopsis donne trop d'information sur le déroulement de l'intrigue et n'est pas assez accrocheur.


Chapitre 1 :

« Un serpent m’a condamné un jour à l’état comateux. J’étais inerte et
pourtant si submergé d’émotions. Ma peau était devenue insensible, mais je savais que
des larmes trempaient mes joues. Mes oreilles étaient rendues sourdes néanmoins j’avais
la certitude que mes pleurs résonnaient. Je n’étais plus capable de rien mise à part espérer
la mort. Oui, je ne pouvais qu’attendre mon dernier souffle. »
Quand on est dans un état comateux, on est par définition inconscient. On ne peut donc pas comparer le coma avec une perte de sens, car l'analogie n'est pas bonne.


Chapitre 2 :

Malgré la vue interne au personnage de Tetsuya, je ne comprends pas sa réaction lorsqu'il a vu la tache lumineuse. Je pense qu'il faudrait nous faire partager un peu plus ses émotions et ses pensées à ce moment-là, car dire simplement qu'il était émerveillé ne suffit pas pour expliquer son désarroi lorsqu'elle disparait.

Donc pour le moment je n'accroche pas au personnage et à l'histoire.


Chapitre 3 :

On comprend maintenant qu'il est aveugle. Et qu'il était joyeux de voir quelque chose pour la première fois. Cependant, la souffrance qu'il a éprouvée à la perte de ses yeux a été survolée, ainsi que les circonstances de cette action qui a fait basculer sa vie. La vengeance qu'il nourrit à l'égard de l'homme qui l'a mutilé ne semble pas l'obséder, mais comme tu survoles cet aspect pourtant majeur il m'est impossible une fois de plus de comprendre le personnage.

Chapitre 4 :

J'ai bien aimé ce chapitre. Toutefois, certaines choses me laissent perplexe. Je n'ai pas compris pourquoi les parents de Tetsuya avaient honte de lui et l'ont traité comme un paria. Ils agissent comme s'il était responsable de l'agression qu'il a subie. De plus, je trouve bizarre que les parents n'éprouvent aucune haine envers la personne qui a grièvement blessé leur fils. Honnêtement je trouve que le trait a été forcé sur le côté « handicap ça fait peur », il faudrait nous expliquer clairement pourquoi il n'a bénéficier d'aucunes compassion pour ce qui lui est arrivé (de la part de ses proches et dans son village).


Chapitre 5 :

Il est impossible de tenir 15 poignards dans une seule main. Leur poids et leur volume sont trop importants. L'autre incohérence que j'ai relevée est que sa sœur le croit malade parce qu'il a vu une lueur par ses propres moyens, par contre elle ne trouve rien de choquant dans le fait qu'il utilise une technique surnaturelle pour son entrainement. J'ai l'impression que le sentiment d'injustice ressenti par Testuya que tu veux créer par ce biais est artificiel.


Chapitre 6 :

« Mon étoile fila sur la scène et tourna à droite. Le public amorça son entrée dans la salle
emmenant avec eux un brouhaha intempestif. Moi, je restai assis en arrière. La pièce ne
commença pas à l’heure prévue. Finalement Fujiko, tout aussi magnifique, réapparut sur
sa croix. »
Il me semble que tu as fait une ellipse sans le signaler, car normalement Marie-Neige n'apparait pas sur la croix au début de la pièce. Où peut-être t'es-tu trompé ?


Chapitre 10 :

La psychologie de Misari m'échappe totalement. Je ne comprends pas qu'elle fut la première à le traiter comme une personne souffrante quand son frère lui annonça voir une lumière, et après qu'elle ne comprenne pas que dire aux villageois qu'il voit vraiment fujiko, ne fera qu'aggraver les choses.
Une fois de plus je trouve qu'il n'y a aucune explication au comportement excessif de Tetsuya, ce qui ne rend pas crédibles ses réactions. C'est vrai qu'une personne peut avoir les réactions qu'il exprime, mais le problème c'est qu'il n'a aucune réflexion interne après avoir constaté les effets négatifs que cela entraine.




La forme :

Tu as un style d'écriture léger mais qui est malheureusement gâché par des fautes de conjugaison, des maladresses ou des oublis de mots. C'est d'autant plus dommage que cela empêche le lecteur de se focaliser sur le contenu. Les nombreuses répétitions alourdissent également la lecture.

Tu as aussi tendance à privilégier les dialogues au détriment de la narration, ce qui appauvrit ton roman. On a l'impression que les quelques phrases narratives que tu mets entre les conversations ont pour unique d'annoncer la suivante. En fait, on pourrait dire que l'histoire se déroule majoritairement par la parole et très peu de place est faite pour le reste. Tu devrais retravailler ce point, car à mon sens il pénalise ton œuvre en la privant de la richesse qu'elle devrait avoir.

En ce qui concerne la façon dont tu narres les scènes d'actions, je la trouve floue. Même s'il est vrai que Tetsuya est aveugle, on manque très souvent de repères spatiaux. Le parfait exemple est le moment où il doit traverser le ravin. Je n'arrive pas à visualiser cette scène. De plus, il n'est pas expliqué, pourquoi Tetsuya lance ses poignards de l'autre côté du ravin.
De la même façon, on découvre que pour faire sa technique de transfert, il doit créer une boule d'énergie. Pourquoi ne pas l'avoir précisé dès le début ? J'ai le sentiment que tu ne t'attaches aux détails qu'une importance relative variant avec ton inspiration du moment. Ce n'est pas une bonne chose, car cela desserre l'histoire.


Le fond :



Vraisemblance et crédibilité de l'histoire :

J'avoue que je n'ai pas accroché à l'histoire dès le début. Pourquoi ? Pour les raisons rapidement évoquées dans mes impressions des premiers chapitres. Tout ce qui arrive semble artificiel et justifier le sentiment d'injustice et de malheur de Tetsuya.

Le fait qu'il soit considéré comme un monstre par ses parents ne me paraît pas crédible, d'autant plus qu'eux ceux-ci n'en veulent même pas à l'agresseur. Si tu veux absolument qu'il soit détesté par ses parents, il faudrait nous expliquer de manière satisfaisante comment ils peuvent être dépourvus de compassion à son égard étant donné ce qu'il a subi. Dire qu'ils ont peur que l'homme au crochet revienne est un peu léger, des parents qui aiment leurs enfants (ce qui est le cas, car ils aiment Misari) ne les abandonnent pas dès qu'ils sont agressés au contraire. Et je ne comprends pas comment ils peuvent avoir honte d'avoir un bébé qui a été mutilé, dans un village les gens auraient compati à leur douleur et n'auraient pas méprisé leur fils. Les relations dans un petit village ne sont pas comme dans celles d'une ville où les gens n'ont aucun lien entre eux.

En fait, le scénario est cousu de fil blanc, car dès le départ avec l'épisode du Médecin et de Misari qui le prenait pour un fou, on voyait déjà que ce n'était pas normal à cause des incohérences. Les réactions du héros n'arrangent pas les choses et les relations entre les personnages autres que les Gokans ne sont pas du tout développées. Pourtant, le personnage principal avait de quoi être relativement heureux avec sa sœur. Mais tu ne nous laisses pas découvrir pourquoi ce n'est pas le cas. Ce qui met en évidence la raison pour laquelle tous les évènements se mettent en place malgré que certains n'auraient jamais dû avoir lieu.

Ce qui me dérange c'est aussi la manière dont s'instaurent les relations entre les personnages que je ne trouve naturelle. En effet, elles changent subitement sans aucune explication :
— Fujiko qui s'impose comme le chef du groupe alors que sa personnalité ne laissait rien présager.
— Yamaarashi devient le serviteur du héros alors qu'il n'y a aucune raison valable. C'est plutôt Neolani qui aurait dû bénéficier de ses services, car c’est lui qui a le plus payé pour la traitrise de ce dernier.
— Delmiro s'aperçoit de la bêtise de la démarche de son peuple comme pour nous montrer qu'ils sont manipulés par Kan. Le procédé que tu utilises n'est pas du tout réussi et relève du cliché scénaristique.

À la fin je n'ai pas compris pourquoi Neolani en veut à Tetsuya et pourquoi il le traite de menteur. Il ne lui a jamais menti et il lui-même prévenu que le voeu n'était pas sûr d'être réalisé. C'est justement pour ça qu'ils avaient convenu de choisir le vœu de Neolani si celui du bonheur échouait. Et puis, Tetsuya cherchait vraiment le bonheur, car lui non plus n'était pas heureux, même si c'était pour le compte de Fujiko.
Il y a également le fait que Fujiko ne devrait pas connaître le passé de Dokuja car personne ne lui en a parlé. C'est une incohérence supplémentaire.
Je déplore donc le manque de vraisemblance dans les réactions des personnages, qui une fois de plus servent uniquement le dessein de l'auteur sans ce souci de cohérences avec ce qui s’est passé avant. L'achèvement étant le fait que Kan accepte de n'avoir jamais existé, faisant ainsi le plus grand plaisir de ses ennemis: les Gokans.


L'univers de l'histoire :
J'aurai aimé en savoir plus sur le monde où se déroule l'histoire. Ce que je sais c'est qu'il y existe des pays réels comme la France ou l'Allemagne, mais aussi une multitude pays n'existant que dans ce monde. On ne sait pas non plus où l'action se déroule, ce qui rend leur voyage peu impressionnant, car on n’a aucune idée de la distance parcourue.
Et comme ton monde a une base commune avec le nôtre il aurait été intéressant de développer ce qui les rapproche et ce qui les différencie. À ma connaissance les armes à feu y sont autant utilisées que les armes blanches.

Tu devrais aussi expliquer clairement que les réincarnations des Gokans sont composées de deux âmes. Celle du Gokan et celle du réceptacle. Cela faciliterait grandement la compréhension de l'histoire. D'ailleurs, je suis même surpris qu'aucun des personnages n'ait posé la question à Fujiko. Ils ne s'intéressent vraiment pas à qui ils sont vraiment ?

Et pourquoi y a-t-il une auberge dans Elvira si les étrangers ne sont pas les bienvenus ? Je trouve ça incohérent.

Bref, je trouve très dommage que tu aies survolé cet aspect de ton histoire, ça m'aurait sans doute plus captivé.

Ce que j'ai retenu des personnages :

Tetsuya : Un jeune homme aveugle et sentimental qui manque cruellement de confiance en lui. Il est un Gokan. Malgré une narration à la première personne, on n’a pas vraiment accès aux pensées qui expliquent sa façon de réagir aux évènements et c'est très frustrant.

Misari : La soeur du héros, qui semble ne pas vouloir se séparer de lui. On ne connaît pas vraiment les relations qu'elle a avec lui au quotidien.

Fugiko : Une jeune femme émotive et suicidaire. Elle a eu une enfance difficile et a tué son père qu'elle détestait, mais également sa mère sans le faire exprès. Elle considère Testuya comme un ami très proche et comme un confident. Elle n'est pas amoureuse de lui et ne comprend pas pourquoi il veut se mettre en danger pour elle. Elle est une Gokan.

Yaamarashi : Un homme suffisant qui a été manipulé par Dokuja. Il niera l'appartenance du héros aux Gokans dans un premier temps. Ses crimes finiront par être découverts et il se repentira. Il est un Gokan.

Dokuja : Un homme cruel et très puissant. Il veut s'approprier les pouvoirs des Gokans en usant des moyens les plus abjects. Il est un Gokan.

Neolani: Un homme paralysé qui se cache dans une forêt. Il maîtrise l'art de l'illusion. Il est le plus malheureux du groupe des Gokans.

Kièle : Il est le frère (à moitié loup ?) de Neolani.

Conclusion :
Avec une histoire inspirée de Naruto et surtout de Saint Seiya tu as une très bonne base pour nous faire rêver (je te conseille de dire que ton histoire est d'inspiration manga plutôt qu'Asiatique, parce que ça donne l'impression que tu veux cacher tes véritables sources d'inspiration). Mais tu dois porter plus d'attention à la narration et au déroulement l'action.
Tu as fait l'erreur que beaucoup d'auteurs font en mettant leur scénario sur « des rails ». Pour corriger, tu vas de devoir profondément modifier ton histoire. La psychologie des personnages est aussi un élément très important que tu devras rendre plus accessible, en prenant le temps de les faire interagir entre eux.
Si tu as le courage de réécrire ton roman en tant compte des divers avis je sûr qu'il sera nettement meilleur. Je t'apporte donc tout mon soutien pour cette nouvelle aventure.

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Les avis, c’est comme le nez au milieu de la figure,
tout le monde en possède un, du flair pour certains.
Il ennuie le style sans histoire, elle s’appauvrit l’histoire sans style.

LA PROMISE (roman de fantasy, 15 et )

LE CYCLE D'HYPNOS (extraits)

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MessageSujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans   Dim 17 Jan - 14:21

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MessageSujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans   Dim 17 Jan - 14:22

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MessageSujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans   Dim 17 Jan - 14:23

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MessageSujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans   Dim 17 Jan - 14:25

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MessageSujet: Re: RESULTAT DU VOTE DU COMITE SUJET Les Gokans   Dim 17 Jan - 14:27

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